Alysson, alerte

Béatrice Delvaux, éditorialiste au Soir, évoque le drame en utilisant le concept de glissement. 

La suite d’un trauma, dans ce cas les dommages collatéraux de la pandémie, la  crise économique comme  révélateur… conduit à ce glissement évoqué, agi en suicide ….                       De quoi cet épouvantable drame est le révélateur ?

Cet acte est-il un aboutissement d’une difficulté à vivre ? Est-il symptôme d’une expérience personnelle, est-il signal d’un dérèglement sociétal ? 

Je ne lis pas dans l’âme de cette jeune personne, je ne suis donc pas capable de donner la réponse qu’elle nous donnerait si elle le pouvait encore. 

Le geste désespéré d’Alysson me met au travail sur toutes les hypothèses comme chacun. Politiques ou acteurs de santé mentale, parents ou enseignants, amis ou citoyens nous devons revisiter nos agir à la lumière de cet acte.

Je n’aborde pas la dimension personnelle de ce choix. J’interroge le contexte propice à des passages à l’acte qui nous concernent tous. Ce suicide s’inscrit dans une suicidarité ambiante[1]

Les dérives du système économique, politique sont connues et signalées depuis longtemps. Nous y contribuons en répondant à l‘appel des sirènes du marché, nous élisons des politiques qui méconnaissent les alertes. Nous qualifions les cris des jeunes et des séniors[2] qui font le choix du suicide comme le résultat d’histoires personnelles qui se finissent mal, comme l’aboutissement de dépressions, de pathologies mentales, de glissements… si tout cela n’est pas faux, cela ne peut nous épargner un regard sur les modes de vie auxquels nous participons. 

Le « vivre ensemble » à besoin que nous nous attablions pour le redéfinir. Pour que nous soyons à même d’équiper nos jeunes à construire ce monde nouveau. Il se prépare dès l’école. Après la famille, elle est le premier lieu d’apprentissage de construction du lien, de préparation à exercer l’humanité dans notre environnement, notre économie, l’accès à toutes les richesses, à la culture, à la santé, la formation… 

Une gouvernance ascendante et non pas exclusivement descendante comme l’actuelle crise le dénonce. 

Ce qui « fait santé mentale », ce qui soigne c’est le lien. 

Nous voyons tous venir à grand pas les régimes autoritaires, les dictatures. Le « chacun pour soi » est le terreau des régimes fascisants, le mésusage des réseaux sociaux nous prépare à accueillir ces régimes, les politiques ne s’activent pas à créer ce nouveau monde, ils se (nous) préparent à des dépenses insurmontables pour rattraper l’ancien.

Dans ce contexte qui nous conduit dans le mur, d’autres cris « inaudibles » viendront nous secouer.

Les évoquer, seulement, comme des troubles de la santé mentale, 

les médicaliser participent à cette folle tentative de récupérer ce monde moribond. 

Luc Fouarge, 


[1] https://lucfouarge.com/2020/04/26/pour-en-sortir-parlons-de-cette-suicidarite-mondiale/

[2] Les deux catégories d’âge ou l’ont se suicide le plus

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