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Protection de l' Enfance

Quel accompagnement pour l’AF

ASE. Quel accompagnement pour l’AF

B. 15 ans, confiée à l’ASE dès l’age de 2 ans, chez une AF. 

Le père après incarcération n’est plus « visible », la mère, inculpée, mais pas incarcérée, devient menaçante pour la relation dont la petite a bénéficié chez Tata, par les déclarations d’amour que la mère manifeste à sa fille, avec sans doute un désir de la récupérer. 

Elle a d’autres enfants depuis le placement. Ils vivent chez elle sans nécessité d’un suivi de professionnels. 

Les comportements que manifestent B. à l’adolescence font vaciller les certitudes de l’AF. Une réorientation est en vue. La scolarité est correcte. A l’internat scolaire, qu’on lui imposa pour préserver la relation avec l’AF, elle ne présente pas de troubles du comportement. Mais, sait-on jamais, elle est invitée à une consultation chez un psychiatre… pour peut-être l’orienter vers un ITEP.

Les rencontres de l’AF avec les services, avant les troubles du comportement, ont été, à la grande satisfaction de chacun, très rares. Jusqu’à ce que les répliques adolescentaires, les conflits de loyauté, les angoisses d’abandon placent tout le monde, un peu tardivement vous en conviendrez, face à la perte de contrôle, à la peur du risque, à la crainte du passage à l’acte, aux risques d’avoir à répondre à des questions de responsabilité.  On fait alors intervenir une équipe mobile missionnée pour « accompagner » cette crise, éteindre l’incendie.

Le manque d’anticipation, l’absence d’exercice de tiercéité sur cette rencontre délicate entre une AF, devenue mère N° 2, la légèreté des rencontres AF et professionnels des services sont pointés, il est trop tard. 

Sans que nous puissions leur en attribuer la « faute », la « sauvagerie maternelle » de l’AF, seule dans l’exercice de son accueil aimant, ne se découvre que grâce aux symptômes.

Elles en feront les frais toutes les deux.

En raison des troubles de l’attachement fréquents dans l’accueil familial de l’ASE, plus que tout autres de nos métiers, celui d’AF nécessite de bénéficier de regards bienveillants. Sans regards croisés sur l’enfant, sur les liens qu’il construit avec son AF, ceux qui s’éffilochent, sur cette façon d’y faire des noeuds, à la sortie de l’enfance ces nœuds deviennent Gordien. Trop souvent, ce sont les symptômes qui dès lors trouvent des regards effrayés qui deviennent vite persécuteurs

Luc Fouarge

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