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Protection de l' Enfance

Le covid nous a fait toucher au vécu des enfants placés

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Sans case

Il manque une case

Ces jeunes nous laissent à la veille du we confronté à l’impossible. Ils nous émeuvent, ils nous bousculent, ils nous em… ils viennent appuyer où ça fait mal chez nous et dans nos institutions et dans nos rapports avec nos partenaires.

Un peu plus bas sur ce site vous avez lu « Que cache l’incasable », une réflexion circulaire pour nous aider à prendre place, à ne pas perdre pieds dans la complexité de ces accompagnements.

Avec des jeunes sans case je propose une clé pour comprendre le processus dans dimension individuelle, une tentative de lecture dans l’intra-psychique.

« Equiper le travailleur psycho-social » in https://wp.me/p19zX5-kC sur www.lucfouarge.com propose une indispensable démarche toute à la fois personnelle et institutionnelle à mettre en oeuvre.

Sortir de l’échec nécessite d’être à l’oeuvre dans les trois dimensions que je vous suggère. 

Elles sont le fruit d’une longue expérience professionnelle enrichie de formations dans les approches psychanalytiques, systémiques, transactionnelles, bio-énergies, métabolisées à l’aide d’un travail thérapeutique. 

Les règles d’or sont l’éclectisme, l’interdisciplinarité, l’interinstitutionnalité, la transversalité de la conception et du pilotage des services… À SUIVRE SUR TELECHARGER

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Protection de l' Enfance

Protection de l’ Enfance – Que cache l’incasable…

Incasable ne parle pas de ces jeunes, ce n’est pas un diagnostic. 

Incasable désigne l’incapacité des adultes, des professionnels, des institutions à travailler de façon transversale, dans l’ interdisciplinarité et l’interinstitutionnalité. 

L’incasabilité nomme la difficulté de co-construire entre les champs de l’éducation, de la santé mentale, de la justice, de la protection de l’enfance… soulageons les jeunes de cette étiquette qui en font des patients désignés de carences politiques.

Sortir du processus d’ « incasabilisitation » nécessite un changement de culture dans les professions de la protection de l’enfance. Les différents opérateurs doivent découvrir comment les partenaires pourraient augmenter leurs chances de succès. 

Quels sont nos complémentarités ?

De quelle façon puis-je soutenir l’action des partenaires ?

Quels sont mes besoins et attentes de ce partenariat ? 

Si l’un de ceux-ci active cette chaîne, depuis le Magistrat jusqu’à l’ AEMO-R, en passant par l’ASE, le CMP, les institutions d’accueil, les acteurs de santé mentale, l’école et….surtout la famille et le jeune, une réflexion nouvelle pourra s’appuyer sur les compétences de la famille.

Rien, sur le plan réglementaire, ne s’y oppose, ce sont le plus souvent des facteurs de la sphère « équation personnelle » qui empêchent la mise sur pied de cette rencontre. 

Face à des situations anxiogènes pour les professionnels nous constatons des replis stratégiques devenant des habitudes de travail, des soumissions…qui se déguiseront  en procédures réglementaires. 

La co-construction n’est même pas envisageable.

Mille et une raisons privent les professionnels de s’asseoir pour penser ensemble, avec les personnes concernées  les besoins de celles-ci. Le temps, l’énergie  sont érigés en obstacles. 

Cela entraîne chez l’ « usager » une disqualification de son pouvoir d’agir.  Il s’installe dans la soumission.                     

Parfois l’apparente passivité de ceux-ci est jugée et place désormais le professionnel dans une position haute, position d’inefficacité, souvent sans qu’il ne le conscientise. Il est fréquent que les dits usagers poussent les professionnels dans cette position. Comme un « contrat secret » que l’on ignore car il nous met en cause, parce qu’il touche à nos résonances. 

Se profilant ainsi, l’échec est externalisé. Le partenaire est disqualifié , l’absence de co-construction laisse peu d’espoir à l’édification du pouvoir d’agir de la famille, du jeune. 

Les professionnels s’agitent et se mettent en quête du canon qui tuera la mouche, et le vendredi fin de journée  le dernier professionnel concerné se met à chercher une case où mettre le jeune.  Ou, en fin d’audience, le travailleur social a endossé la charge de vendre un projet de placement qui aurait l’air de satisfaire chacun.

« Traité » d’incasable, le jeune en endossera le costume, les tentatives de placement échoueront.

La question du sens des démarches de cette chaine n’est pas partagée. La recherche d’une case devient l’objectif du travail social. 

Le changement culturel évoqué aidera les opérateurs à sortir de cette volonté de réussir leurs propres  objectifs, il ciblera  le pouvoir d’agir des personnes concernées, il cessera de penser son action dans l’autoréférencement. Dans cette culture, on veillera à se mettre au service de la co-construction d’un protocole d’aide et d’accompagnement  dont symboliquement chacun est signataire. Les approches concertées…clinique de la concertation, conférences familiales, accès aux droits culturels sont des pratiques qui tricotent du lien, dans une humanité, une citoyenneté ou les uns ne prennent pas le pouvoir sur les autres. 

Ces réflexions sur la « protection de l’enfance clinique » doivent être validées, soutenues par les administrations et les politiques qui relèvent de départements différents.                         Les politiques de protection de l’enfance ne réussiront que si elles sont pensées dans la transversalité, l’inter-institutionnalité et interdisciplinarité, chacun considérant les conditions de succès de l’autre.  Luc Fouarge

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Société

L’école au secours de la santé mentale des jeunes

L’école a pour mission de transmettre des savoirs et structurer le temps des jeunes. C’est évident.  Ils se construisent de ces missions. Aujourd’hui la pandémie met en évidence la dimension de la construction psychologique qu’on attend de l’école.

Particulièrement après les déclarations des services pédo-psy, le débordement des consultations psy, l’augmentation des suicides… « On » attend, aujourd’hui, que l’école participe au soin. Cette attente demande que les enseignants soient soutenus dans cette dimension de l’Education pour qu’elle intègre la bonne attention que l’état psychique des jeunes requiert.

Voilà que de l’école, la culture, les sports et les mouvements de jeunesse nous attendons qu’ils, elles accueillent cette charge émotionnelle que retiennent jeunes en manque d’extérieur à la famille.

Ces réponses nécessitent que nous les pensions dans la transversalité des autorités politiques et administratives, dans l’interdisciplinarité. Offrir aux enseignants un accompagnement dans l’exercice de cette accueil est devenu primordial.L.F.

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Société

#Educateur ….accompagnateur… TS…

Un peu en vrac…à la suite d’échanges sur les réseaux

Éducateurs, c’est ainsi qu’on nomme ces professionnels aimants qui accompagnent le quotidien des personnes adultes porteuses d’handicap(s).

Une dénomination qui installe la rencontre dans une infantilisation de la personne.

Comme si la réponse à la dépendance en fait des personnes « régressées ».

Dès lors les humiliations s’enchainent, les attentes se multiplient, la personne se tasse sur elle-même et rentre dans une conformité qui transforme cette noble tâche en asservissement. Et la voilà patiente. Que peut faire d’autre cette personne que d’abandonner l’expression de sa citoyenneté quelle que soit la taille de sa contribution, fusse-t-elle celle du colibri qui apporte aux pompiers sa goutte d’eau pour éteindre le feu ravageur de nos horizons.

Cette idée que certaines personnes auraient besoin d’être éduquées pousse le professionnel dans les positions hautes. De nombreuses fois il rencontre ainsi la « demande » de la personne de se laisser porter, guider… ce qui sera limitant si cet accord implicite perdure au-delà des besoins de la personne. Cela pourrait peser sur le travailleur social qui s’en défendrait. Il pourrait alors devenir rejetant… ou peut-être est-ce dans le rejet qu’elle serait alors perçue. Cet instant s’appelle « la prime ». Elle confirme les positions initiales, de façon désagréable, toxique même de l’une et de l’autre. Une participation des deux dans une méconnaissance, une « complicité » qui dés-sert les deux.

Attirer l’attention sur les postures. Elles en disent long sur la façon d’envisager l’autre, sur la place qui lui est faite, sur un langage limitant, enfermant dans ces postures…. Les réponses doivent se construire dans la transversalité et surtout, avec les personnes accueillies. Finalement, ne sont-ce pas elles, ces personnes, nos employeurs ?

Sommes-nous prêts à accueillir ce que ces personnes nous enseignent sur nous-même, sur la bonne façon de les accompagner ? C’est dans ce « return », dans l’écoute des résonances que nous augmentons nos qualités d’accompagnant, de soignant…

Avec des jeunes, Le Dr Botbol , pédopsychiatre propose que l’éduc se tienne un peu en retrait, derrière le jeune et l’accompagne dans ses nouvelles expérimentations, et de le laisser jubiler du résultat. Lui laissant engranger les gains de ses succès comme le seul auteur. Cela demande à l’éducateur, une forme de discrétion, et l’humilité qui l’envoie jubiler à son tour dans son for intérieur, dans son équipe… Ainsi le jeune se recrée, se crée une image de soi qui l’autonomise, qui le  » sort » de ses dépendances…

Juste un pas en arrière, ce n’est pas loin d’être à côté avec un regard bienveillant et proche, donc. Il y a de la permission et de la protection dans cette position. Posture qui dégage, un peu, la relation de s’enliser dans la rébellion.  Avec notre public, c’est précieux … à adapter selon les âges et les compétences. Bien sur.

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Société

La psychothérapie, pourquoi ?

Se libérer de l’égo

Il se peut que cette construction mentale de l’idée que nous avons de nous-même, notre égo, nous gouverne. De même, nous verrons l’autre dans une construction que nous avons faite d’elle, de lui. De là naissent, se cultivent les ressentiments qui font le lit des conflits, des racismes… et autres …ismes.

Nous avons à découvrir ces adaptations, concessions, sur-adaptations que nous avons faites pour coller à cet égo, si peu nous. 

Dans ce monde de l’image, cette dérive se renforce et nous pourrions privilégier les rencontres qui soutiennent et nourrissent notre égo. Les algorithmes, GAFA sont à l’affût et servent. Il nous ferait acheter des extensions de notre frontière narcissique.

Il nous faut commencer par nous découvrir, tel que nous sommes et que nous même nous ne percevons pas. La quête d’autonomie débute là où nous sommes capables de renoncer à l’image de nous construite pour plaire, pour bénéficier des soins en famille, pour anticiper ou calmer les colères d’un autre.

Quand le dialogue avec l’autre avec lequel nous vivons ne l’autorise pas, parce que les égos de l’un nourrissent celui du compagnon, de la compagne, si la méditation ne suffit pas, la psychothérapie peut nous y aider. Luc F.

A suivre sur #Eckhart_Tolle  https://youtu.be/Wwx7ZtCyrgs

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IMP 140

Le soin, un tricot institutionnel

C’est dans l’articulation des discours [1] qu’émerge le potentiel thérapeutique de l’IMP 140.

Plus qu’une rencontre, en réunion clinique ou de synthèse… c’est la culture institutionnelle qui y règne qui autorise son élaboration dans une interdisciplinarité qui soutient l’expression de chacun quelle que soit sa qualification. Comme si de la qualité de cette rencontre, la bonne attention aux émois et aux réflexions de chacun était constitutive de ce qui fait soin en institution. 

Si dans la bonneveillance[2] les confrontations saines s’échangent, la tiercité indispensable s’exerce. C’est de cette qualité que naît l’action, la parole soignante à laquelle chacun participe dans son rôle. A l’instant où s’exerce ce processus d’Intervision ni le grade, ni la profession, ni la fonction prévalent. Ceci ne dénie en aucun cas l’équipement intellectuel, l’expérience dans la contribution de ce moment d’échange sur les résonances. Un instant où chacun augmente son potentiel soignant. 

La clinique institutionnelle naît là où se cultive cette attention à l’autre, cette qualité de donner et recevoir, ou l’équipe met en priorité sur la table les soucis qui la concerne avant de se mettre au travail sur l’observation et l’élaboration d’un projet pour le jeune et sa famille. 

L’éducateur reste éducateur, le psychologue reste psychologue… chacun participant au soin institutionnel avec un savoir être augmenté par le regard de l’autre. 

Alors, se tisse la clinique institutionnelle.

Luc Fouarge


[1] Luc Laurent – Quel avenir pour les pratiques de soin en institution ? – Champ social, 2017

[2] Daniel Marcelli

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Protection de l' Enfance

L’amer est sale

L’idée de « né puni » est empruntée à Dimitri Rouchon-Borie in « Le démon de la colline aux loups »

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Transmission intergénérationnelle

« … ce serait terrible d’avoir à commencer sa vie par la punition pour des choses que je n’avais pas encore faites »

Ce roman de Dimitri Rouchon-Borie (Le tripode, 2021) sort d’une plume qui tient une rubrique de chroniques judiciaires pourrait être lu et commenté dans les auditoires de candidats travailleurs des secteurs psycho-médico-sociaux qui se destinent à l’accompagnement de jeunes en grandes difficultés psychologiques. Duke, son héros, en fin de vie, écrit ce récit de sa cellule de prison. Il est né « puni ».

Il revisite toute son histoire faite de maltraitances, de viols, de violences de privation, d’humiliations. Ce genre d’histoire nous renvoie à ces anamnèses qui parfois font vomir les professionnels les plus expérimentés. Duke qui découvre sur le tard qu’il a un prénom rencontrera des personnes qui lui font découvrir le bien, l’amour, l’« aimantée» Billy, une rencontre amoureuse qui ressemble à celle qu’il eut avec sa sœur, une institutrice bouleversée et empathique, assistante familiale authentiquement aimante… Les forces démoniaques qui l’habitent l’amène à commettre des actes épouvantables qui justifient la perpétuité.

Dans sa cellule par l’écriture il analyse son parcours. Nous découvrons une capacité d’humanité, de don de soi, quasi christique, que peu de personnes ont pu saisir. Ce roman très émouvant nous illustre l’urgence d’aider les professionnels de l’enfance à tenter de lire l’invisible, l’indicible de la transmission. L’horreur pourrait cesser avant que ces jeunes ne deviennent adulte.

Avec « Bord de mer » de Veronique Olmi, deux romans à faire décortiquer par les futurs Juges, psy, éduc spé, TS, AF, Référents et délégués, enseignants afin d’exercer leur attention sur ces échanges, ces non-échanges, ces non-dits et ces appels …ces rencontres manquées qui conduisent des enfants, des familles aux drames

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Santé mentale, travail social et évaluation

La comptabilisation des actes dans les secteurs de la santé mentale.  Le risque de  glissement vers la quantophrènie, et l’essoufflement du « prendre soin » 

Le politique a besoin d’évaluer l’impact de ses investissements dans les secteurs subventionnés, hôpitaux, SSM.  J’ajoute qu’il est important que les devoirs de comptabilisation n’affectent pas le « prendre soin », le care « enveloppant »,  l’humanité  qui fait lien et soutient le soin.

Les devoirs imposés glissent vers des logiques gestionnaires. Elles rencontrent  les besoins de sécurisation sur l’utilité, le rendement des investissements des politiques et des directions économiques de services subventionnés. La culture de l’évaluation est sans conteste la bienvenue. Je signale le risque qu’elle pourrait bien répondre aux besoins des décideurs en créant dans les services un sentiment d’être invité à se presser. 

Ce sentiment abime le « prendre soin » quand il ne l’écrase pas. 

Bien malgré moi, coincé dans une chambre d’hôpital, j’entends la conversation entre une infirmière et un délégué du personnel. Elle lui fait remarquer que dans le logiciel d’enregistrement des actes, il n’a pas été pris en compte le temps de déplacement entre la salle de garde et la chambre du bout du couloir. Remarque qui traduit que l’empressement à réaliser l’acte permettra de récupérer le temps imparti pour satisfaire la rigueur du logiciel.

Lors d’une visite que j’ai effectuée dans une vaste institution pour personnes en grands besoins de nursing et de mobilisations physiques, j’ai vu de magnifiques locaux, type Snoezelen. Quand j’ai interrogé sur la fréquence d’utilisation pour un usager, on m’a signalé le fossé entre le projet de service et la réalité en raison du niveau d’absentéisme chronique du personnel. 

Les nomes ISO font pourtant briller les annonces, les flyers dudit service. 

L’accès au soin dans son enveloppement par le prendre soin est donc mensonger.

L’humanisation du soin n’est-elle la condition de son bénéfice, de son succès.

Ces questions nous placent au pied du mur de l’éthique du soin. Nous nous rassurons de trouver l’acte de soin dans les statistiques, graphiques et autres fromages. Le doute sur la qualité du soin tronqué du temps du prendre soin n’y apparait pas.

S’ajoute à cela, que les données cliniques transmises aux autorités (en vue d’ajustement des politiques de soins aux données épidémiologiques) restent parfois au frigo de l’administration en manque d’équipements pour les faire parler. Non seulement les soignants se trouvent privés de follow up utiles pour faire progresser leur projet de service, mais cette absence décourage la mise en œuvre de l’évaluation. 

Un obstacle à questionner tant du point de vue politique qu’éthique.