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Société

Comment aimer un enfant

Janusz KORCZAK, présenté par Alain SANTERRE, ex directeur de l’hopita pédo-psy « La petite maison » à Chastres

Chères Collègues, Chers collègues,

Permettez-moi de vous solliciter pour le service suivant.

Vous connaissez mon grand intérêt pour l’œuvre de Janusz Korczak.

Le 10 décembre 2022, j’ai envoyé aux Universités et aux Hautes Écoles ( facultés et départements de psychologie et des sciences de l’éducation) le document que vous trouverez en pièce jointe.

Ce document, à travers plusieurs références, traite de l’actualité de Janusz Korczak.

Si vous pouviez le transférer à toute personne qui pourrait être sensibilisée, je vous en serais fort reconnaissant.

Cette initiative a pour but de voir les professionnels connaître, ou reconnaître,  ce médecin, pédagogue, éducateur, écrivain, poète qui a marqué ma vie professionnelle et celle de nombreuses personnes à travers le monde.

Je vous remercie et je vous souhaite, Chères Collègues, Chers Collègues, une bonne et heureuse année 2023.

Bien à vous

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Société

Climat et santé mentale

Santé mentale et climat, merci les jeunes

« L’humanité a le choix : coopérer ou périr. Il s’agit soit d’un pacte de solidarité climatique, soit d’un pacte de suicide collectif », a déclaré le chef de l’ONU à plus de 100 dirigeants mondiaux réunis pour la première séance plénière officielle de la COP27. 

La Cop 27 nous sortira-t-elle de la suicidarité mondiale ?

En arrière-plan de cette réflexion, le débat sur l’anthropocène. La dérive de l’humanité glisse depuis plus de 50 ans sur la pente de la déification de l’économie de marché. C’est chose établie. Ce ne fut possible qu’au prix de nos méconnaissances, actes non-conscients de non-connaissance… et nous suivons le joueur de pipeau. Mais cette info sur les risques que nous faisons courir à l’habitabilité de la planète sont connus déjà début des années septante. Cela revient à dire qu’en arrière-fond de nos jouissances de consommations, « sourde » un climat morbide que je qualifie de suicidaire. Nous n’entendions plus son bruit présent comme un acouphène auquel nous nous serions « habitués ». C’était le prix du succès de grandes entreprises, maintenues en survie par de puissants lobbyings. Le prix de la financiarisation.

C’est dans nos silences que s’interrogent les jeunes…et nous regardons partir les nouvelles générations vers la falaise en suivant le joueur de pipeau.

Peu importe que les jeunes s’arment de soupe à la tomate, de purée… elle crie, elle hurle pour que nous nous réveillions. Elle veut nous sortir de cette démarche suicidaire. Je crains qu’il faille ici faire un lien avec la forte augmentation des consultations psychiatriques de la jeunesse.

Nous en avions attribué un peu vite la cause à la covid. C’est de nos aveuglements, de nos cécités, de nos méconnaissances que trop de ces jeunes sont « malades ». Ils expriment les angoisses qu’ils ont épongées chez leurs grands-parents et parents. D’ailleurs, ils descendaient dans la rue pour le climat avant la crise sanitaire.

L’éco-anxiété n’aborde pas la transmission intergénérationnelle entre parents et enfants. Cette anxiété-là, bien qu’existante, a été mise en sourdine. 

Me référant au concept de « sentiments exportés », ces non-dits, non-ressentis, ces sentiments méconnus sont exprimés par l’entourage. 

Les enfants sont en permanence confrontés à ce phénomène. On dit qu’ils épongent les émotions de leurs parents. Phénomène d’autant plus puissant que leurs perceptions de l’émoi du parent n’est pas accompagné de mots. L’enfant s’en débrouille. 

Ce phénomène est en route depuis longtemps. Nos parents, nous-mêmes avons participé à la mise en sourdine d’informations sur ce que l’on nomme aujourd’hui anthropocène depuis les années 50. Prix à payer pour faire fonctionner la consommation, le capitalisme et la jouissance immédiate de commodités à la source de la destruction de la couche d’ozone.

Le contenu de ces silences importe peu ici. Ce phénomène lié à l’économie dirigée par le marché s’est installé dans les rapports humains sans que nous n’en prenions la mesure. Comme le modeling est la méthode d’apprentissage la plus répandue, les dégâts psychologiques liés à ces silences sur des réalités mortifèresgénèrent dans les jeunes générations des manifestations symptomatiques particulières que l’on tentera de faire entrer dans des « cases » de la nosographie. Voilà que nous traiterions chez nos enfants des symptômes qui serait ceux de leurs parents, ceux que produit le néo-capitalisme. Ce faisant, nous amplifions ce phénomène qui « condamne » la jeune génération dans ce rôle particulier d’exprimer les conséquences des évitements de leurs aïeux. 

Encore une fois, c’est le prix de la méconnaissance des dégâts que causent productions et consommations et donc, jouissance immédiate. 

Les conséquences psychopathologiques imputées à la crise covid ont amené nos autorités à appeler les psychologues au secours du système en facilitant l’accès à la consultation psy. Est-ce que ceux-ci perçoivent à quels services ils sont invités en renvoyant à César ce qui lui appartient. Je crains que non et que dès lors les jeunes n’aient eu comme option que celle d’amplifier les symptômes qui ne sont pas les leurs. Ce qui eut pour effet de remplir jusqu’à les faire déborder les salles de consultations des services pédo-psy.

N’aurait-on pas pu, s’appuyant sur l’école, lui apportant l’aide des professionnels de la santé mentale, engager des débats de déconstructions de cette machinerie économique qui les encombraient à leur insu. Traiter la société plutôt qu’entrer dans un processus de « désignation » des jeunes. Dès 2018 et 2019 en descendant dans la rue pour défendre notre environnement ne nous montraient-ils pas qu’ils avaient les capacités d’orienter leurs énergies nous disant ainsi que nous avions à reprendre nos billes. Mais les écouter risquait d’ouvrir la boite de pandore de la destruction de l’habitabilité de la terre.

Il me semble que tout en se mettant à leur écoute nous les aurions soulagés de renvoyer au monde des adultes le difficile devoir de regarder la réalité en face. 

Les féliciter et les soutenir dans l’expression de leur sensibilité les aurait apaisés. Dans une telle attitude ils auraient constaté notre reprise en mains de notre propre santé. 

Une action de santé mentale qui ne se laisse pas fascinée par le symptôme mais qui remercie du signal que nous renvoie à juste titre la génération montante qui sans le savoir et à notre insu dit par l’expression de son mal-être celui qui aurait dû être le nôtre.

Une forme d’éco-systémie de la santé mentale qui donne les appuis pour dépasser les symptômes plutôt que les asphyxier par des interventions psy et médicales. 

Là, c’est la société qui prend soin d’elle et qui courageusement renonce à se faire diriger par l’économie de marché.

Luc Fouarge

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Protection de l' Enfance

Malaise en protection de l’enfance

L’ASE est mise à mal. 

Les TS y souffrent, les défections se multiplient. Le public concerné « exporte » sa souffrance… 

Justice, éducation spécialisée, santé mentale la société semble mettre la poussière sous le tapis, quand s’impose de la transversalité.

Le DRHwashing ne traite rien, les revendications n’apaisent pas, le public diversifie et amplifie les « symptômes », ce qui le conduit au TE  et à l’UT…

Édouard Durand, JE, dans Enfance et jeunesse infos titre : « Le plus grand aléa dans la protection de l’enfance est la subjectivité des professionnels »

Mes activités en guidance familiale m’amènent à accompagner des familles avec leurs TS.

Comme formateur, superviseur je chemine avec des services les plus variés de la Protection de l’Enfance, j’y pense et  je panse les carences institutionnelles qui expriment des difficultés liées à l’équation personnelle des personnes missionnées par ces institutions. Elles échappent à l’une de leurs missions essentielles. Offrir à leurscollaborateurs.trices une « équipe ».

Équiper le TS est la tâche première de l’institution. Celle d’apporter à ses  collaborateurs la « contenance » minimum et indispensable dont ils ont besoin par essence même de la relation d’aide. Elle nécessite qu’elle soit soumise à un regard « tiers ». Les TS, esseulés dans leurs activités, y agissent sous l’égide de leur subjectivité, ils courent le risque de l’auto-référencement. Et c’est donc bien à un « arbitraire » qu’est confronté le public. 

Ce constat est « normal » et il est d’ailleurs le bienvenu si et seulement si l’équipe qu’on lui offre pratique une culture d’équipe où s’exerce de façon circulante cette nécessaire « tiercité ».

Je peux voir de toi ce que tu ne peux voir de toi (et inversement) et je t’en fais « cadeau ». 

Je m’interdis de te regarder t’abîmer dans ta fonction et je t’offre cette « confrontation » qui peut t’aider à te protéger et qui préserve le public d’être conduit, dirigé, accompagné dans des attitudes chargées de tes projections bien inconscientes. On te les pardonne d’autant plus que c’est inévitable. C’est de ces silences, de ces rétentions de « cadeaux » que s’abîme le personnel. Créer cette culture d’équipe courageuse et bienveillante est la première tâche de l’ASE. Il s’agit là d’une tâche essentielle du chef de service qu’il convient de former et de soutenir à son tour dans cette expertise qui fait passer son équipe de l’action éducative à la clinique éducative. Le CG, son employeur le formera donc, au-delà des compétences techniques, à créer et entretenir cette culture d’équipe qui fait du prendre soin d’elle-même sa tache première. Seule approche qui permet d’aller au-devant d’une famille, d’un jeune… sans lui faire courir le risque que les aléas évoqués n’envahissent la relation d’aide. Sans cette précaution, le risque est trop grand que l’aide nécessaire génère de la rébellion et/ou de la soumission. Dans les deux cas, le pouvoir d’agir du public est disqualifié. Et voici que l’institution, parce qu’elle n’a pas géré sa mission première « d’équiper son personnel », répond aux invitations homéostasiques du public… qui se défend.

J’invite donc à penser que panser se fera par phénomène de cascade. 

Là, j’invite à professionnaliser le travail d’équipe. Il ne suffit pas de créer une ambiance sympa… c’est mieux, mais insuffisant. Cela fait courir au public le risque d’être soumis à l’auto-référencement du TS.

L’ASE, si elle veut changer de route, doit  former ses cadres. Elle doit soutenir un changement de culture d’entreprise qui reconnaît, soutient ces priorités. J’observe une mobilisation sur les conditions contractuelles, sur les référentiels, les procédures que l’on tente d’implémenter avec le soutien de chercheurs. Cela ne sera utile que si le « care » des équipes se développe à l’égard des collaborateurs pour que percole sur le public le prendre soin qu’il est en droit d’attendre…mais qu’il repousse aujourd’hui parce qu’il ne perçoit pas suffisamment combien le TS est prêt à « mouiller sa chemise », réfugié derrière des concepts rationnels telle  la « bonne distance »…. qui n’est en fait qu’une armure. 

La porte visée est sans nul doute l’épanouissement des professionnels. L’ambition est une fidélisation des référents, elle-même condition d’une souhaitable permanence dans les interventions. Nombreuses sont les situations qui dénoncent l’intervention d’un trop grand nombre d’intervenants.

La porte piégée est l’excès d’enquête, d’évaluations, de recherches et d’options limitées à des dispositions DRH. L’expression des doléances du personnel est trop souvent asphyxiée par les enquêtes pilotées par des labos de recherche et des bureaux de consultance qui n’apaisent pas.

La porte d’entrée est, ici, du registre des émotions, des sentiments. Celui de participer au « prendre soin » de l’équipe. Cela nécessite de travailler à une culture institutionnelle qui cultive le « Moi, d’abord ».

Il s’agit là du premier pas dans une éthique du soin. C’est, comme dit plus haut, la condition nécessaire pour protéger les interventions auprès du public avec le moins possible d’auto-référencement, de « résonances » qui priveraient les familles, les jeunes de l’exercice de leur « pouvoir d’agir », les confirmant ainsi dans la soumission ou la méfiance à l’égard du TS.

Une qualité de croisement de regards, d’exercice d’une tiercité circulante dans l’équipe qui prévient des risques de pollution des familles du public et de celles des TS, par les « croyances ».  Cela fonctionne pour autant que l’équipe s’approprie la mission d’accompagnement, soucieuse de ne pas laisser son équipier, isolé, dans un face à face perdant/perdants où couve le burnout et le repli stratégique de la famille qui solidifie ses remparts.

Je parle ici des devoirs de l’institution à l’égard de ses collaborateurs, et de l’engagement de ceux-ci dans une culture d’entreprise qui fait de la commission enfance un lieu de métabolisation des craintes et inquiétudes, des transferts et contre-transferts,   des résonances l’accompagnement de familles dites « dysfonctionnelles ».

Luc Fouarge

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Protection de l' Enfance

…né puni

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Société

…plus rien n’est tranquille

Accélération, changement climatique, méconnaissance, covid, enfermement, crise économique, chèques, guerre, migration, silence, crise d’énergie et superprofits… peur sourde, annonces, privations…

Ma mère, son ami… à table, plus rien n’est tranquille… comme quand mon père était là.

Ça discute, ça se dispute aussi… ça se sépare… j’ai peur.

Comme eux, comme les adultes… ils ne l’entendent pas, ils sont occupés.

A l’école, c’est un peu mieux… mais seulement un peu, les adultes vont… partent eux-aussi… ils ont peur.

Ils disent que je suis dys… ils disent aussi que je m’agite… un docteur me fait prendre des médicaments… je ne suis pas malade… pourquoi, ils veulent quoi, m’éteindre, que je devienne muet, que je ne joue plus… plus j’en prends, plus je cours, plus je me cogne…

Un psy veut que je lui dise ce que je sens… je ne comprends pas… il est gentil… il voudrait que je sois comme tout le monde… 

J’aime mes parents, mais je ne veux pas être comme eux… je ne peux pas leur dire, ils sont déjà si inquiets… 

Alors, je ne dis rien… je prends des médicaments, je vais voir un psychologue, ma mère m’attends dans la salle d’attente… un peu énervée… je sais que mon père n’est pas d’accord

Ce sont eux qui devraient y aller.

J’ai pris des ciseaux, je me suis fait des griffes sur les bras, sous ma manche.

Alors ma mère a téléphoné à mon père… ils avaient peur, j’ai cru qu’ils m’aimaient quand même, tous les deux, à deux en même temps… mais ils se sont criés dessus, comme avant.

Rien n’est plus tranquille, ils disent que s’est depuis que je me cogne partout, que je ne suis plus le même. 

Et moi, je les crois, ils m’aimaient… ma vie n’est plus la même, j’ai peur quand ils ne m’aiment plus… ma mère en fait un nouveau, un nouveau bébé qu’elle pourra aimer… moi, j’apprends que je n’en ai plus besoin, que je n’ai plus besoin qu’elle m’aime.

Peut-être qu’à l’école on ne m’aimera plus non plus, je m’y cogne plus souvent qu’avant. Ils disent que je devrai aller dans une autre école. 

Le psychologue, je l’ai entendu, a dit à ma mère qu’il ne pouvait rien pour moi, parce que je ne prends pas…  Il ne m’aime plus, non plus.

Mais alors, qui va s’occuper d’eux… ils vont faire la « guerre » entre eux.

Luc F.

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IMP 140 Non classé Protection de l' Enfance

Passage à l’acte du personnel

Les agressions physiques et/ou sexuelles d’éducateurs.trices, sur des enfants, des personnes porteuses de handicap créent de véritables explosions volcaniques dans les lieux d’accueils. Il n’est pas rare qu’elles viennent après de longs silences au sein des équipes. Ces épisodes sont destructeurs pour l’enfant, la personne victime, mais aussi pour l’équipe, pour le service. La question de la responsabilité, des « comptes à rendre » précipitent toute l’équipe dans des émotions bouleversantes, chargées de culpabilité. 

Nous devons anticiper ces risques. Il faudra échanger sur les « invitations » des jeunes à reproduire des rencontres et immanquablement évoquer les « résonances » misent au jour chez des collaborateurs qui n’en ont pas encore la perception. « Je peux voir de toi ce que tu ne peux voir de toi, je t’en fais cadeau ».

Un échange indispensable pour sortir du trop de retenue, de l’excès de promiscuité. Il n’est pas rare que le jeune qui vécut jadis une forme d’abus, un climat incestuel « demande » une proximité physique très proche pour mieux contrôler l’adulte pourrait l’insécuriser.

Exercer une tiercité circulante au sein du service protège cette relation, le jeune et l’adulte qui l’accompagne également. Ceci suppose un travail sur la culture institutionnelle qui « autorise » cette rencontre particulière entre équipiers, proche et soutenante, dans la multidisciplinarité… dans la bonneveillance… alors, se construit la thérapie institutionnelle et le service passe de l’action éducative à la clinique éducative. Acceptant ainsi, que c’est à partir de là que l’on peut commencer à parler de la « clinique ».

En l’absence de cette culture, la relation éducative est livrée à la « sauvagerie » du jeune                    et de l’adulte, et parfois même de toute l’institution.


Ces questions, si elles ne se parlent en équipe pluridisciplinaire, risque de mettre tant d’énergie à se calibrer sur celle de la « bonne distance », préoccupation qui pourrait bien nous mettre au travail avec des « retenues » dans l’amour qui seront perceptibles. « Je pue, ou quoi ? »

C’est donc bien cette qualité d’échanges dans l’équipe qui nous préserve d’éduquer avec une économie exagérée de gestes, et de proximités « sauvages » qui tenterait ainsi de gérer la question de l’amour.

Luc F.

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Protection de l' Enfance

Désembourber la Protection de l’Enfance

 

(Préférons SPFE, Soutien à la Parentalité, à la Famille, à l’Enfant)

Témoignages, actions de grèves, exercice du droit de retrait, CM…. se manifestent au sein des services de la Protection de l’Enfance.  

Les acteurs perdent la confiance dans la boussole.

Les temps de débats, de questionnements, de réflexions, de remises en question se perdent.       La machine s’emballe, les inconforts se traduisent en défections, burnout. Les embauches sont difficiles. Le malaise se répand. Le soin devient aléatoire. 

La « capacité contenante » (Tu es le bienvenu avec toutes tes émotions, et je reste),

nécessaire à l’édification des jeunes adultes, s’étiole.

Nous devons retrouver les priorités du travail social, médicosocial, de santé et d’éducation. Les priorités se placent dans l’ordre suivant  : il est nécessaire de soigner l’institution, les services. Les accompagner dans le « prendre soin » qu’elles doivent à leurs acteurs. Seulement alors il sera possible de penser le soin dont a urgemment besoin la jeunesse si tout cela se pense dans la transversalité des autorités responsables de ces secteurs, dans la pérennité. Alors, nous pourrons tabler sur l’engagement que requiert un espoir de passage de l’action éducative à une éducation soignante.

Le « prendre soin du personnel » passe par l’engagement de chacun à participer à des échanges nourris de l’exercice d’une tiercité circulante au sein de ses équipiers, premiers tiers de la relation d’aide(Résonnance, sauvetage dramatique, contre-transfert)

Il s’agit là d’une condition nécessaire à l’élaboration du « care ». 

Le développement de la « capacité contenante » des chefs de service à destination des équipiers devient prioritaire. 

L’heure du don de soi inconditionnel de l’époque des congrégations est révolue. 

Les priorités ainsi énoncées autoriseront l’exercice indispensable d’un regard méta sur l’action éducative et de soin. Ce temps de travail en « chambre » doit recevoir la reconnaissance des pouvoirs subsidiants et des pouvoirs organisateurs. 

Ce rétablissement des priorités permettra de désembourber la Protection de l’Enfance si elle est pensée avec l’éducatif et l’enseignement, la justice, la santé et la santé mentale, la culture et le sport, l’éducation spécialisée et le psychomédicosocial…

Une réflexion à laquelle on veillera à faire participer les experts du vécu dans le respect du pouvoir d’agir des personnes concernées et des accompagnants.

Aujourd’hui, les travailleurs sociaux se sentent comme les Poilus de Verdun ! (Une référente ASE, expérimentée)

Luc Fouarge

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Trop d’enfants dans les salles d’attente des psy …

La peur se déguise et conduit nos enfants dans les salles d’attentes des psy

Oui bien sûr, « La peur pervertit les perceptions humaines et asservit les esprits ». A.Pena

L’intranquillité permanente et sourde envahit les ressentiments et le comportement des parents. Les enfants, depuis toujours, épongent les émotions de leurs parents sans qu’aucune commande leur ait été faite en ce sens. Distraire les parents des émois pénibles qui les habitent est une caractéristique des relations enfants/parents.  Bon nombre d’entre eux, parmi les trucs et astuces que bien inconsciemment, ils développent à cette fin, produisent des comportements qui distraient les parents de ces inquiétudes, angoisses qu’ils transpirent. On repérera ces comportements et on pourrait bien leur donner un nom de symptôme. Et voilà, qu’en raison de l’amour qu’ils développent à l’égard de leurs parents, la « machine » les orientera chez des spécialistes… qui parfois se rue dessus sans prise de distance. 

Les milieux professionnels spécialisés du soin ont repéré que de nombreux adolescents à la suite du confinement ont « fugués » en eux-mêmes. Refuge dans l’esprit qui a pu faire penser qu’ils déraillent et les voilà dans les salles d’attentes des consultations. De trop nombreux ont flirté avec le délire et d’autres avec le suicide. Il nous faut faire parler, écouter ces peurs. Je n’observe pas que le monde d’hier meurt pour faire place à un monde nouveau, à une société, à des états plus protecteurs. Les consultations pédopsy pourraient bien déborder encore quelques années. Nous n’avons pas écouté le joueur de pipeau, il conduit nos enfants en troupeau en haut des falaises. Les acteurs de santé mentale doivent lire ces symptômes dans le contexte politique particulier des crises. Ils doivent s’ouvrir à la « politique ». 

Nous devons déplacer le focus du symptôme vers le contexte.

Les acteurs de la SM doivent se déplacer vers l’école pour conforter, soutenir la position des enseignants dans la fonction contenante de l’école  (Tu es le bienvenu avec toutes tes émotions…)

Luc Fouarge

Le Vif du 23 juin 2022

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IMP 140 Non classé Protection de l' Enfance

Crises, climatique, covid…

Impact sur les jeunes endifficultés et sur les professionnels et services qui les accompagnent

Pour ouvrir le Power Point,

clic ==> https://www.calameo.com/read/00108997295ebad3f7f58

Commentaires

Réfléchir, débattre, penser, se questionner, se mettre en question…ce sont aujourd’hui des luxes que très peu peuvent s’offrir et certainement pas ceux qui sont en première ligne.    L’heure ne me semble plus être au débats.  Les travailleurs sociaux sont au niveau des poilus des tranchées de Verdun.    De la chair à canon! Une AS, ASE, expérimentée, en charge du suivi de placement.

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Le village de la joie

C’est en prenant soin de nos enfants qu’il est possible de changer le monde

Dans ce village épargné du modernisme, les gens vivaient heureux et en bonne santé. L’observateur regardait ces gens s’offrir sans compter des « doudouces » qu’ils sortaient d’un sac qui jamais ne se vidait. 

Intriguée une féepsy tente d’y installer une consultation. Les gens l’accueillent bien comme ils le font avec tout un chacun, elle reçoit, elle aussi, profusion des doudouces… mais personne ne se présente à sa consultation.

Dépitée elle s’adresse à un homme qui contemple avec ravissement son épouse distribuant généreusement ces précieuses gentillesses. La féepsy se penche vers l’oreille du mari et lui suggère qu’il devrait craindre qu’à tant distribuer elle pourrait en manquer pour lui et ses enfants. Mais non, dit-il, nous vivons ainsi depuis toujours, et nous n’avons jamais manqué. 

Elle revint le lendemain et insidieusement relança son interrogation qui mina l’homme.

Il invita sa femme à plus de parcimonie, à une dose de retenue. D’abord surprise, elle commença à compter ces dons pour les réserver à son mari et ses enfants. Elle était moins gaie, et les enfants se mirent en compétition pour obtenir ses gestes tendres et aimants. Le bruit s’était répandu dans les rues du village. Les gens remplaçaient les doudouces par des gestes et parfois même des mots désagréables. 

La consultation ne désemplissait pas. Les enfants devenaient malades et s’échangeaient beaucoup des gestes accompagnés de mots désagréables. 

L’un d’eux dit qu’il se sentait malheureux, un mot qu’ils n’avaient jamais entendu. 

Inquiets, états qu’ils ne connaissaient pas, ils décidèrent de tenir un conseil à l’insu des parents. Le plus ancien de ses enfants se souvenait de cette époque, où jamais les mots maladies, souffrances ne se prononçaient. À l’analyse, ils se souvinrent qu’il était question d’une époque de bien avant, l’arrivée de la fée qui s’enrichissait.

Ils décidèrent de la chasser. Ils se mirent à imiter les parents de cette époque où le mot malheur ne se prononçait pas chez eux. Ils échangèrent entre eux des doudouces sans compter. Ainsi, ils « contaminèrent » les parents qui petit à petit imitèrent les enfants.

Le village retrouva sa beauté, les maladies disparurent, les enfants jouaient, le village de la joie s’échangeait à nouveau des doudouces qui jamais ne venaient à manquer.

Luc Fouarge, interprétation du conte des chaudouxdoux de Cl.Steiner revisité par Salomon Nasielski