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Catastrophes, les conditions de la résilience

« Réinvestir les lieux sinistrés peut être un acte de résilience »

Comment appréhender le « jour d’après » d’une catastrophe « naturelle » comme celle que vient de subir la Wallonie ? Le Vif + du 22/7/21

Les premières conditions de résilience sont la vérité et la transparence. Il ne s’agit pas d’une catastrophe naturelle, mais  d’un dérèglement induit par l’activité humaine. Si les analystes, les politiques, les communicants… partent de cette réalité, le sentiment d’une prise en compte réaliste par les autorités commencera à être pris au sérieux. La résilience à besoin de tuteurs pour s’exercer. Ce sont les efforts de régulations que doivent assumer les États dans une assemblée mondiale, GIEC…. Au regard de ce que nous venons de subir en Wallonie, en Allemagne, en Chine…, à l’analyse des causes de l’émergence de virus foudroyants, les tuteurs de résiliences sont la certitude que les nations ne permettront pas aux “profits” de démolir la planète que nous habitons. Pendant ce temps-là, ceux-là même qui tirent profit des dernières crises “s’envoient en l’air” pour le fun. Ils produisent activement, s’enrichissent sur les crises. Ils  répondent aux besoins qu’ils nous ont inventés. Ils comptent parmi ceux qui bousculent les équilibres naturels de notre univers, nos tuteurs. On nous enverra des psy mandatés pour adoucir l’impact de ces désordres. Ils anesthésieront nos peurs. Elles sont pourtant nécessaires pour qu’urgemment nous réclamions les régulations indispensables pour que survivent les enfants de nos enfants. 

Ce climat de tricheries avec la réalité irrigue des mécanismes de défenses, de méconnaissances qui nous feront consommer les tranquillisants nécessaires au “bon fonctionnement” de la suicidarité ambiante, lucrative. Empathie et compassion des acteurs  politiques, bien qu’indispensables, si elles ne s’appuient pas sur des mesures radicales ne seront pas crédibles. Luc Fouarge

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Parents d’enfants placés et travailleurs sociaux en co-formation

Parents d’enfants placés et travailleurs sociaux en recherche

Bon nombre de familles sont en rébellion contre les acteurs et institutions de la protection de l’enfance. Elles ont vécu des disqualifications, des abandons, de la violence, de la honte…. Elles se sont protégées, par des mécanismes de défense et de défiances à l’égard des autorités, des institutions et des intervenants. Ceux-ci, maladroitement en ajoutent à une image de soi lourde à porter. D’autres familles, malgré une ascension culturelle, sociale enviable, mais à la  suite de dérapages accidentels, sont venues elles aussi frapper à la porte de SOS PP.   Elles se sentent disqualifiées. De plus, elles subissent  le cheminement d’une IP, la rencontre avec le tribunal et les acteurs des services mandatés.

Les rencontres avec les professionnels en amont des décisions protectionnelles,  et les acteurs de suivis restent coincées dans un vécu qui cristallise les méfiances de part et d’autre. L’émotion est le plus souvent avalée, noyée par le professionnel. Il se réfugie dans “la bonne distance”. Plus insidieusement, “invisiblement”,  par les mécanismes de défense qu’enclenche une rencontre sur le terrain miné des « résonances ». (M.Elkaim), les perceptions des uns et des autres sont désormais tordues.

L’action sociale est vécue alors comme intrusive, agressive. Les mesures de protection et de soutien deviennent des condamnations incompréhensibles. Soumission, et donc illusion de coopération ou hostilité et violences paralysent ce qui pourrait être une rencontre. 

Les temps de déconstruction de ces “ratés” ne sont pas reconnus comme un temps de travail nécessaire et inhérent à cette noble tâche.

Sur ces constats, des parents éclairés sur cette “machine” d’échec et un professionnel de l’éducation spécialisée ont créé l’association SOS PP il y a 20 ans dans le Nord avec une aide du CG59, de la CAF, de la Fondation de France…

L’objectif est le soutien à ces familles pour entrer dans une rencontre qui les sortira au plus vite de cette infernale machine.  Cela permettra de passer du combat à la protection et à l’exercice d’une parentalité saine. L’équipe de l’asso est donc en permanence en recherche d’équilibre dans l’application de ce principe, “quand je suis avec toi je ne suis pas contre eux, si je suis à côté d’eux, je ne suis pas contre toi”. Soutenir le pouvoir d’agir des familles, les accompagner dans le meilleur “usage” des services généraux est donc l’horizon de cette association de parents d’enfants placés.

Le succès vient de cette volonté que l’asso soit, visiblement, numériquement une association de parents.  Le fonctionnement associatif doit en être la démonstration. Les quelques rares membres “techniciens de la protection de l’enfance” doivent s’y montrer discrets et en nombre inférieur par rapport aux parents qui y deviennent militants. C’est sur ce point que l’association se distingue des services d’accueil des familles missionnés sur la parentalité. Y travaillent des professionnels, travailleurs sociaux et psychologues.

Dans ses activités ( groupes de paroles…), SOS PP anime des rencontres de co-formation entre les parents et les professionnels invités lors de rencontres mensuelles. Ces rencontres entre experts du vécu et les professionnels contribuent largement à permettre tant aux parents qu’aux travailleurs sociaux d’augmenter leurs capacités d’écoute empathique, de reconstruction de l’image de soi… bénéfices dont témoignent parents et professionnels à la sortie de ces rencontres. 

Luc Fouarge, parrain de l’association et animateur des rencontres parents/Pro.

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Protection de l' Enfance

Guidance familiale…une rencontre

Conçue pour l’accompagnement de familles dont les enfants sont pris en compte par la protection de l’enfance, la guidance familiale prend l’option de porter son attention sur la famille et les acteurs mandatés ou non, pour « les suivre ». 

Le plus souvent ces rencontres se font en présence du référent du service gardien et peuvent être élargie aux acteurs de l’accueil familial et ou institutionnel.

La particularité est que la demande est formulée par l’équipe enfance et avalisée par la DT.

S’ils donnent leur accord, les parents ne sont pas les demandeurs. Les § qui suivent portent exclusivement sur ce public.  Nous devons donc assumer cette posture de soumission de la famille au désir du TS, ce qui nous rend attentif à ne pas nous laisser enfermer dans une perception par la famille d’une coalition du service/guidance familiale. L’appellation guidance familiale nous distingue de la thérapie familiale. Quelle représentation de nos rencontres garderait les parents si nous acceptions de mettre en œuvre une thérapie qu’ils n’ont pas demandée ? Eux aussi pensent-ils que nous avons des troubles d’une nature qui nécessite des soins ? Nous acceptons d’accompagner ces familles lors de rencontres où nous tenterons de repérer et partager sur l’expérience de vécu de la famille, des vécus dont nous ne faisons qu’effleurer les émotions que peuvent traverser les membres d’une famille repérée et qualifiée dans un jugement détaillé par un tribunal. 

Nous n’évoquons donc pas une démarche thérapeutique, nous rencontrons des personnes, nous leur parlons, nous sommes des personnes, espérant que dans la rencontre les membres de la famille se sentent à leur tour des personnes. C’est à partir de cette rencontre que nous pourrons proposer de les aider à penser leur modèle familial, face à des attendus gravés dans le jugement. Nous ne dictons pas, nous tentons de comprendre les inquiétudes du magistrat, des TS concernant le danger que courent les enfants et qui justifient une mesure de restriction de l’exercice quotidien de la garde des enfants. Une démarche qui invite les uns et les autres à une compréhension empathique du regard de l’autre. Nous ne « contractualisons » pas sur le changement attendu par les autorités, mais sur l’accompagnement des besoins que la famille révèlera au cours de nos rencontres. Nous rejoignons en cela la mise en œuvre du pouvoir d’agir de la famille. 

Il se dégagera (peut-être) des prises de conscience de la nécessité pour l’un ou l’autre de faire un bout de chemin avec un psychothérapeute… ce que nous soutiendrons. 

 Un moment de bascule du concept de guidance familiale vers des modalités de thérapie familiale… et si possible par une orientation auprès de psychothérapeutes proches de la famille, soutenant ainsi une plus grande autonomie et prise de distance vis-à-vis des TS. 

L’intervention systémique nous apprend à exercer dans la position basse. Bien évidemment nous aussi, sachant que cela ne réussira que si nous sommes authentiquement des apprenants de leur fonctionnement et donc si nos rencontres deviennent des temps de co-formations au cours desquelles il nous sera donné l’occasion de les remercier d‘être pour nous de bons professeurs. 

Cette démarche de co-formation et de co-construction nous fera entrer dans une rencontre soignante dans laquelle nous veillerons à ce qu’elle prenne soin de nous et offrira ainsi à la famille de grandir de nous apprendre. La dimension de l’émerveillement soutient les uns et les autres.

Luc Fouarge

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La santé mentale du futur

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1/5 Travailleur du psycho-social envisage une réorientation

Le virus n’est pas la cause d’une fuite des travailleurs psycho-sociaux, il est peut-être la goutte…

Des départs se constatent depuis bien avant la crise. Interrogé sur cette question, une personne qualifiée dans des fonctions éducatives et de chef de service plus tard m’en dit ceci ; “ Le modèle managérial, en lien avec la taille de l’institution, s’efforce à adopter des conduites, concepts liés à l’entreprise à finalité commerciale”.

Le management  descendant estropie le temps consacré à l’élaboration des pratiques. Privé de ce temps de co-construction, Cfr Michel Foudriat, le croisement des regards dans l’institution diminue lui aussi. Or, c’est dans ces instants que se métabolisent les ressentis, les émotions à l’égard des situations des personnes accompagnées  et c’est aussi celui de la construction du SENS. Les sociologues, psychologues… qui se sont penchés sur l’étiologie du burnout nous enseignent que la perte de sens est le facteur majeur en cause dans l’épuisement professionnel. 

Les « nécessités » de contenir, comprimer les dépenses réduisent ces temps de “travail en chambre”. Des compétitions malsaines apparaissent dans ces services privés de ces temps d’échanges. Il me semble qu’il s’accroît avec la taille des institutions sociales ou de santé.  Les équipes ressentent le stress des cadres, elles les subissent et sont en délicatesse pour l’évoquer. Un sentiment d’omerta s’installe et grignotte…

Dans nos secteurs de la santé, de l’éducation spécialisée, de l’accompagnement social les processus d ‘évaluation sous tendants des objectifs  de rendement amenuisent ces temps de “perlaboration” en équipe des agressions émotionnelles que vivent les TS desquelles les approches en relation d’aide nous enseignent que nous sommes partie du problème, que nos émotions sont des indicateurs utiles pour exercer dans ces métiers.

Est-ce cela que voulait dire Joseph Rouzel lorsqu’il évoque “l’impossible éducatif” ? Une autre personne concernée par ce choix de départ me confiait: “De la place où je suis je ressens fort bien l’insensé de ce que doit être un impossible labeur”

Le covid n’a fait qu’augmenter un mal être déjà existant en  espaçant les temps de réunion dans les équipes.

Luc Fouarge

https://plus.lesoir.be/371489/article/2021-05-11/un-travailleur-du-secteur-psychosocial-sur-cinq-hesite-changer-de-metier

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Protection de l’Enfance…une culture du « prendre soin »

Martine … au pays de la complexité

En protection de l’enfance…

Le soin, son terreau est une culture de l’inter ; Interdisciplinarités, interinstitutionnalités et transversalités de la réflexion des autorités en responsabilité.

Martine a 12 ans, accueillie dès l’âge de 6 ans dans les services de la protection de l’enfance. 3 eme d’une fratrie de 4, dont deux demi-frères sont les aînés. La mère a connu de nombreuses unions, le père a obtenu une déchéance, la recherche en paternité montre qu’elle n’est pas de lui, depuis elle ne sait pas qui est son père. Un grand-père a fini sa vie en prison, le compagnon de la grand-mère a abusé d’une sœur de la mère.

Après de nombreux placements en accueil familial, Martine est admise en ITEP, du lundi au vendredi et quelques jours durant les vacances, elle est en attente d’un autre lieu de vie, dans la dernière MECS ses actes de violences sont insupportables. Depuis quelques années elle fait des séjours en hôpital consécutivement à des « crises ». 

Martine rencontre une psychologue en CMP. Durant les WE elle est encadrée individuellement et en présence d’un agent de sécurité dans l’attente, impatiente, de son transfert qui tarde à venir.

A une première équipe mobile, s’est ajoutée une deuxième. Dans ce genre de situation on entend dire que si les psychiatres acceptaient de lui « coller » un diagnostic plus sévère on pourrait l’envoyer dans un établissement belge. Ceux-ci organisent un accueil 365 jours.

Avec d’autres je définis le concept « jeune en situation complexe » disant que les réponses dont il a besoin relèvent des trois des champs suivants : la santé mentale, le secteur psycho-médico-social et la protection de l’enfance.  Ces jeunes cumulent souvent avec des retards scolaires, des signes de déficit de soins somatiques, de troubles graves de l’attachement, des troubles du comportement et une aptitude particulière à titiller les résonances du personnel encadrant ainsi que les difficultés de communication entre institutions. Il n’est pas rare que s’ajoutent des comportements limites, justiciarisables. En raison de leur situation.s familiale.s la plupart ont un dossier chez le juge des enfants, au moins pour des raisons protectionnelles. Ils ont en commun de refuser ce dont ils ont besoin pour grandir, obtiennent régulièrement des rejets, des évictions, collectionnent et confirment les rejets qu’ils initient, gérant ainsi des conflits de loyauté. Ils manifestent des séquelles graves de déliaisons. 

En face d’eux ils rencontrent des acteurs du soin, de l’éducatif et du pédagogique attachés à des services résidentiels et ambulatoires, des lieux de vie qui bien malgré eux confirment   les échecs de tentatives d’attachement, gravant ainsi les croyances, les mécanismes défentiels. Ces institutions pratiquent du « saucissonnage schyzophrènogène » sans en prendre conscience. En réponse, les jeunes, par de vaines tentatives pour les faire dialoguer, font batailler entre elles les institutions. Ils démontrent ainsi qu’elles ne réussissent pas mieux que leur.s famille.s.

Sur le terrain les agents se plaignent de solitude, d’impossibilité de se parler vrai entre professions et institutions différentes. Comme si chacun s’empressait de relancer la « patate chaude ». Ce vocable  les « désigne ». Comme le concept d’ « incasable » d’ailleurs. Je rappelle que ce concept ne parle pas du jeune, ce n’est pas un diagnostic. Il dit ce qu’il en est de l’incapacité de réussir à co-construire « une case » accueillante, protectrice et soignante entre institutions de champs différents. Parfois elles agissent  sous couvert d’une même tutelle administrative et financière.

Cette réflexion est loin d’être neuve, elle est régulièrement évoquée. Qu’est-ce qui fait obstacle ? Qu’est-ce qui nous empêche de construire à plusieurs ce « TENIR » contenant qui semble être la réponse urgente et vitale  dont a besoin Martine en lieu et place des expériences de rejets qu’elle semble collectionner, se moquant presque des services et personnes sur lesquelles elle semble exercer une grande puissance ? 

La plupart part des services sollicités activent la défense de leurs frontières, se retranchent  derrière leurs limites, celles par lesquelles les moyens financiers insuffisants jen ustifient le recul de ses limites. De même, les professions s’attardent à définir, redéfinir des fiches de postes dans lesquelles elles cherchent l’argument qui permettra de sortir « honorablement » du protocole s’épargnant d’être désignées démissionnaires. Cette climat ambiant installe cette   croyance qu’il est vain  de « tricoter » une pratique de réseau.  

Interroger cet impossible met en évidence des difficultés dans l’exercice du pouvoir ces champs différents, entre les professions auxquelles quelques-unes se donneraient un surcroît  d’autorité. Chacun se met à redéfinir les observations rassemblées à propos de Martine pour leur faire dire qu’elle relève de la responsabilité de l’autre. Et pendant ce temps-là, Martine compte les points et engrange les « primes » qui la confortent dans l’exercice de ce que nous définirons comme étant sa pathologie. Ainsi redéfinie, on la pousse dans le jardin du voisin. Ayant à discourir sur « sa pathologie » nous sommes épargnés d’avancer dans la compréhension des distances que nous cultivons entre services de champs différents. 

Je situe donc la priorité des débats sur les Martine au niveau de la culture régnante dans l’inter des champs liés à la protection de l’enfance. Les tentatives s’effilochent faute de pilotage. 

Je sais que deux psychiatres se sont parlé au téléphone concernant Martine, et j’ai aussi entendu qu’elle est passée de l’ITEP à la MECS avec un changement de médication sans que cela ne redescende auprès des accueillants du quotidien. J’ai aussi entendu qu’aux invitations de rencontres cliniques, tous ne sont pas invités, et parmi les invités, d’expérience, sachant ce genre de rencontres peu efficaces, elles sont régulièrement, en partie, boudées. Si elle était présente Martine nous dirait qu’on parle « drôle d’elle ». Des discours interminables et surdétaillés,  des propos de « synthèses » voilent les impuissances. Une position basse qui permettrait qu’un partenaire se reconnaisse impuissant, trop effrayé, enfermé dans une colère larvée, bref dans un contre-transfert négatif…. Cette rencontre ne servira pas à aider chacun à accueillir et à métaboliser ces émotions que suscitent Martine, sa famille, les lieux de vie qui se sentent disqualifiés. Dans ces rencontres hostiles et compétitives, ils s’effacent ou s’effondrent. En lieu et place d’actions concertées et soutenues on constatera des passages à l’acte. 

Il faut donc une approche culturelle, des rencontres de  travail qui engagent. Un engagement sur le soutien que chaque partenaire peut apporter à l’autre quand Martine les conduit à la rupture du lien. 

« S’entendre » avec des dits-incasables, ce qu’ils ne sont pas vous disais-je, exige un engagement sur une culture du TENIR ensemble. Évoquant le partenariat ; mieux tu réussis, mieux je m’en sors, j’ai bien envie de faire tout ce qu’il faut pour que tu réussisses…voilà à quelle culture nous avons à travailler.

Joli me direz-vous, mais qui fait le premier pas. ARS et MDPH, CG et ASE , TE, AEMO, AF, TISF, CMP, HP, …

N’ajoutons pas de nouveaux partenaires, ces situations sont complexes à souhait.                    Nous risquerions de « gadgetiser » la protection et le soin que requièrent ces jeunes. 

Ma proposition n’est pas un choix pour faire joli. Je le disais, c’est un engagement. 

Les situations dites complexes sont critérisables (pour faire plaisir aux amateurs d’évaluations, de statistiques et de fromage). Lors de la découverte de ces situations particulières, sans grand risque de catégoriser, il est possible d’anticiper le déroulement probable du devenir des Martine. Dans ces cas, il convient de faire des plans sur le scénario catastrophique possible. Nous savons sans doute que la puissance développée par Martine à se faire jeter s’appuie, par exemple, sur sa capacité de mettre le lieu de vie à plat.  Un lieu de vie alternatif  épargnera les accueillants de cette douloureuse expérience du rejet diminuera s’il est signataire du protocole avant sa mise en route. Ainsi anticipé le risque d’épuisement est réduit, Martine peut-être provisoirement déplacée sans que la « machine » ne lui donne des « récompenses » pour avoir conduit son, ses accueillant.s à l’épuisement et  au rejet. L’objectif de cette construction du TENIR est de priver Martine de la poursuite de cette collection macabre dont elle nous aurait fait partenaire, si efficacement qu’on ne l’aurait pas vu venir.

Ainsi, pour Martine anticipons en « protocolisant » le recours à l’hospitalisation qui était devenu le moyen de mettre à mal le lieu d’accueil. Lors une table ronde, ASE, MECS, CMP,ITEP, hôpital… gérons ensemble le calendrier de fermeture de l’ITEP et construisons avec lui et d’autres acteurs ces épisodes de sorte que ceux-ci ne viennent pas augmenter les expériences de déliaisons. Offrons-lui  ce démenti que le monde lui est hostile et qu’elle fait bien de se mettre à l’abri, qu’elle ne renie pas sa mère qu’elle vomit encore en acceptant nos offres. 

Profitons de cette table ronde pour savoir qui mettra au travail cette  question du père qui se désavoue et abandonne. Mais aussi de l’autre, le géniteur dont on ne peut rien dire ! Qui entre dans cette réalité, sujet évité,  de peur de réveiller les dragons qui sommeillent en Martine. Le psy de l’ITEP, celui du CMP ?  qui aborde ces questions. L’équipe mobile récemment désignée se retiendra d’interroger le travail des psy. Devoir de réserve ou politesse… On pourrait ainsi se regarder…longtemps, pendant que sommeille , provisoirement, le volcan. 

C’est donc bien la culture professionnelle, faite d’humanité, de bonneveillance (D.Marcelli) dans l’approche des situations dites complexes que nous aborderons la complexité des réalités que doit digérer Martine pour laquelle nous ne pouvons  nous contenter de formuler des souhaits. Tant nous qu’elle, avons besoin de rencontrer le succès qui devient possible par le succès du partenaire, si je le favorise. Commençons par former les chefs de services à cette dimension du travail social, de la relation d’aide, de la contenance institutionnelle, de la mutualisation, de l’exercice de la tiercité au sein des équipes… à leur apprendre à cultiver l’interdisciplinarité, l’interinstitutionnalité… à cultiver un état d’esprit qui priorise sur la bonne santé de son équipe, des partenariats authentiques avec la conviction que cette qualité relationnelle deviennent soignante pour tous et pour les familles accompagnées. La participation de familles en besoin de soutiens à ces réflexions augmente tant la qualité des accompagnements. Interrogeons les freins d’une telle démarche. 

Est-il besoin d’ajouter qu’à défaut de réussir ce « prendre soin » des institutions, services et équipes, la « machine » génère de la maltraitance institutionnelle. Responsabilité que les partenaires externalisent comme le font les ados pris en défaut. L’autre institution devient ainsi  « coupable » de mes limites. C’est là que se débat aujourd’hui Martine.

Nous mettant au travail dans cette culture nous construirons une clinique éducative contenante.

Luc Fouarge    Poursuivre : « Équiper » le travailleur du psycho-social – sur http://www.lucfouarge.com/formations

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Le covid nous a fait toucher au vécu des enfants placés

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Sans case

Il manque une case

Ces jeunes nous laissent à la veille du we confronté à l’impossible. Ils nous émeuvent, ils nous bousculent, ils nous em… ils viennent appuyer où ça fait mal chez nous et dans nos institutions et dans nos rapports avec nos partenaires.

Un peu plus bas sur ce site vous avez lu « Que cache l’incasable », une réflexion circulaire pour nous aider à prendre place, à ne pas perdre pieds dans la complexité de ces accompagnements.

Avec des jeunes sans case je propose une clé pour comprendre le processus dans dimension individuelle, une tentative de lecture dans l’intra-psychique.

« Equiper le travailleur psycho-social » in https://wp.me/p19zX5-kC sur www.lucfouarge.com propose une indispensable démarche toute à la fois personnelle et institutionnelle à mettre en oeuvre.

Sortir de l’échec nécessite d’être à l’oeuvre dans les trois dimensions que je vous suggère. 

Elles sont le fruit d’une longue expérience professionnelle enrichie de formations dans les approches psychanalytiques, systémiques, transactionnelles, bio-énergies, métabolisées à l’aide d’un travail thérapeutique. 

Les règles d’or sont l’éclectisme, l’interdisciplinarité, l’interinstitutionnalité, la transversalité de la conception et du pilotage des services… À SUIVRE SUR TELECHARGER

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Protection de l’ Enfance – Que cache l’incasable…

Incasable ne parle pas de ces jeunes, ce n’est pas un diagnostic. 

Incasable désigne l’incapacité des adultes, des professionnels, des institutions à travailler de façon transversale, dans l’ interdisciplinarité et l’interinstitutionnalité. 

L’incasabilité nomme la difficulté de co-construire entre les champs de l’éducation, de la santé mentale, de la justice, de la protection de l’enfance… soulageons les jeunes de cette étiquette qui en font des patients désignés de carences politiques.

Sortir du processus d’ « incasabilisitation » nécessite un changement de culture dans les professions de la protection de l’enfance. Les différents opérateurs doivent découvrir comment les partenaires pourraient augmenter leurs chances de succès. 

Quels sont nos complémentarités ?

De quelle façon puis-je soutenir l’action des partenaires ?

Quels sont mes besoins et attentes de ce partenariat ? 

Si l’un de ceux-ci active cette chaîne, depuis le Magistrat jusqu’à l’ AEMO-R, en passant par l’ASE, le CMP, les institutions d’accueil, les acteurs de santé mentale, l’école et….surtout la famille et le jeune, une réflexion nouvelle pourra s’appuyer sur les compétences de la famille.

Rien, sur le plan réglementaire, ne s’y oppose, ce sont le plus souvent des facteurs de la sphère « équation personnelle » qui empêchent la mise sur pied de cette rencontre. 

Face à des situations anxiogènes pour les professionnels nous constatons des replis stratégiques devenant des habitudes de travail, des soumissions…qui se déguiseront  en procédures réglementaires. 

La co-construction n’est même pas envisageable.

Mille et une raisons privent les professionnels de s’asseoir pour penser ensemble, avec les personnes concernées  les besoins de celles-ci. Le temps, l’énergie  sont érigés en obstacles. 

Cela entraîne chez l’ « usager » une disqualification de son pouvoir d’agir.  Il s’installe dans la soumission.                     

Parfois l’apparente passivité de ceux-ci est jugée et place désormais le professionnel dans une position haute, position d’inefficacité, souvent sans qu’il ne le conscientise. Il est fréquent que les dits usagers poussent les professionnels dans cette position. Comme un « contrat secret » que l’on ignore car il nous met en cause, parce qu’il touche à nos résonances. 

Se profilant ainsi, l’échec est externalisé. Le partenaire est disqualifié , l’absence de co-construction laisse peu d’espoir à l’édification du pouvoir d’agir de la famille, du jeune. 

Les professionnels s’agitent et se mettent en quête du canon qui tuera la mouche, et le vendredi fin de journée  le dernier professionnel concerné se met à chercher une case où mettre le jeune.  Ou, en fin d’audience, le travailleur social a endossé la charge de vendre un projet de placement qui aurait l’air de satisfaire chacun.

« Traité » d’incasable, le jeune en endossera le costume, les tentatives de placement échoueront.

La question du sens des démarches de cette chaine n’est pas partagée. La recherche d’une case devient l’objectif du travail social. 

Le changement culturel évoqué aidera les opérateurs à sortir de cette volonté de réussir leurs propres  objectifs, il ciblera  le pouvoir d’agir des personnes concernées, il cessera de penser son action dans l’autoréférencement. Dans cette culture, on veillera à se mettre au service de la co-construction d’un protocole d’aide et d’accompagnement  dont symboliquement chacun est signataire. Les approches concertées…clinique de la concertation, conférences familiales, accès aux droits culturels sont des pratiques qui tricotent du lien, dans une humanité, une citoyenneté ou les uns ne prennent pas le pouvoir sur les autres. 

Ces réflexions sur la « protection de l’enfance clinique » doivent être validées, soutenues par les administrations et les politiques qui relèvent de départements différents.                         Les politiques de protection de l’enfance ne réussiront que si elles sont pensées dans la transversalité, l’inter-institutionnalité et interdisciplinarité, chacun considérant les conditions de succès de l’autre.  Luc Fouarge

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L’école au secours de la santé mentale des jeunes

L’école a pour mission de transmettre des savoirs et structurer le temps des jeunes. C’est évident.  Ils se construisent de ces missions. Aujourd’hui la pandémie met en évidence la dimension de la construction psychologique qu’on attend de l’école.

Particulièrement après les déclarations des services pédo-psy, le débordement des consultations psy, l’augmentation des suicides… « On » attend, aujourd’hui, que l’école participe au soin. Cette attente demande que les enseignants soient soutenus dans cette dimension de l’Education pour qu’elle intègre la bonne attention que l’état psychique des jeunes requiert.

Voilà que de l’école, la culture, les sports et les mouvements de jeunesse nous attendons qu’ils, elles accueillent cette charge émotionnelle que retiennent jeunes en manque d’extérieur à la famille.

Ces réponses nécessitent que nous les pensions dans la transversalité des autorités politiques et administratives, dans l’interdisciplinarité. Offrir aux enseignants un accompagnement dans l’exercice de cette accueil est devenu primordial.L.F.