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La gentillesse

Dans cette cité régnait la bonne santé. Un étranger s’y intéressa, il observa la gentillesse des citoyens entre eux, entre elles, partagée comme la respiration. Un marchand d’anti-dépresseurs s’en lamentait. Il jeta le doute au sein de la population. « Vois-tu la gentillesse de ta femme à l’égard des autres à tant partager, il ne t’en restera plus. »

 Les habitants marchaient les yeux sur l’iPhone, se croisaient sans se regarder. Il s’enrichit.

C’est sans compter sur les enfants qui gardaient le souvenir de l’époque heureuse.

Résistants, ils se mirent à chanter la joie de ces années. Le marchand ferma son officine.

La gentillesse fut à nouveau cultivée dans la cité. 

L.F. inspiré de Claude Steiner. 

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THudinerie et Brellerie

Et la nuit s’éclaire

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«Ce passage d’un monde à l’autre peut être très abrupt, mal vécu»

L’entrée dans la majorité et le monde adulte est cruciale. C’est ce moment critique que le CRéSaM (Centre de référence en santé mentale) veut aborder à travers le projet JAVA (pour Jeunes adultes, vieux adolescents), en recréant du lien, de la transversalité, de l’intersectorialité et de la continuité dans le circuit d’aide et de soin proposé à des jeunes parfois qualifiés d’«incasables», des jeunes âgés de 16 à 23 ans. Le projet cherche à coconstruire des relais plus efficaces pour favoriser la transition et l’autonomie de ces jeunes en «situation complexe» en fonction de leurs besoins. 

PIERRE JASSOGNE  17-03-2022   Alter Échos n° 501

© Bertrand Dubois

L’entrée dans la majorité et le monde adulte est cruciale. C’est ce moment critique que le CRéSaM (Centre de référence en santé mentale) veut aborder à travers le projet JAVA (pour Jeunes adultes, vieux adolescents), en recréant du lien, de la transversalité, de l’intersectorialité et de la continuité dans le circuit d’aide et de soin proposé à des jeunes parfois qualifiés d’«incasables», des jeunes âgés de 16 à 23 ans (relire à ce sujet: «Jeunes en errance: ‘Tous les voyants sont au rouge’» 482, mars 2020). Le projet cherche à coconstruire des relais plus efficaces pour favoriser la transition et l’autonomie de ces jeunes en «situation complexe» en fonction de leurs besoins. Un appel à projets est lancé jusqu’au 10 mai prochain. Pour en parler, Alter Echos interroge Léa Tilkens, responsable de projets au CRéSaM et Luc Fouarge, éducateur qui accompagne ces jeunes depuis des années maintenant. 

Alter Échos: Avec JAVA, vous souhaitez améliorer la prise en charge des jeunes en «situation complexe». Qui sont-ils justement?

Léa Tilkens: Ces jeunes ont en commun de porter sur leurs épaules un vécu douloureux, voire traumatique. Les événements sont divers: deuil familial, maladie d’un parent, exil, pauvreté, placement ou encore des violences… Bref, un contexte qui, dès l’enfance, n’est pas propice à l’épanouissement. En outre, ces jeunes ont rencontré un parcours institutionnel très précoce… 

Luc Fourage: Ces jeunes en «situation complexe» vivent au milieu d’adultes qui sont soumis à des crises successives depuis longtemps, des crises dont les risques sont connus également. Elles insécurisent les parents. S’opère alors une forme d’inversion générationnelle. Voilà que les enfants doivent prendre soin de leurs parents. Cette contextualisation est à prendre en considération aussi, car elle génère de l’inquiétude, de la peur, voire de l’anxiété.

AÉ: Pourquoi la transition entre l’accompagnement dont ce public a pu bénéficier dans les services pour jeunes et celui proposé à l’âge adulte est-elle si problématique? 

LT: Leur prise en charge se situe souvent au croisement de différents secteurs (santé, santé mentale, aide à la jeunesse, handicap…) entre les services desquels ces jeunes sont la plupart du temps ballotés, ce qui donne en fin de compte un parcours de vie et une trajectoire institutionnelle, tous deux rythmés par les rejets et les ruptures. C’est dans ce cadre-là que l’arrivée des 18 ans présente un risque majeur, celui d’une énième rupture, souvent effective. De manière générale, tant le parcours de la littérature que les rencontres avec les jeunes ou les acteurs de terrain font ressortir un état de discontinuité très important entre les possibilités d’accompagnement pour mineurs et celles auxquelles ces jeunes ont accès dès lors qu’ils sont majeurs. C’est tout le problème de la prise en compte de l’âge biologique plutôt que des besoins ou de la maturité réelle du jeune. Ce passage rend administrativement incompétents les établissements pour mineurs, même si on sait que certains services peuvent prolonger un peu l’accompagnement jusqu’à 21 ans accomplis comme dans le cas des AMO, par exemple. Mais ce qu’on peut aussi mettre en évidence, c’est que l’offre de services pour adultes est plus diffuse, ce qui génère pour le jeune une difficulté de s’y retrouver, de trouver un relais dans une structure adéquate pour répondre à leurs besoins spécifiques. Par ailleurs, dans les services pour adultes, l’encadrement n’est pas le même: il est moins multidisciplinaire, moins contenant, et, on sait combien, de la contenance, ils en ont besoin. Tout cela fait que ce passage d’un monde à l’autre peut être très abrupt, mal vécu.

LF: Ce dont ces jeunes ont besoin, c’est de la continuité, de la permanence et de la protection, et on leur offre beaucoup de mouvements. Quand une institution n’en sort pas, elle ne dit pas qu’elle ne sait pas, elle dit que ce jeune ne correspond pas à son profil et elle l’envoie ailleurs, et cela se répète à l’envi. Il n’y a rien d’étonnant à cela, vu qu’en matière de jeunesse, les politiques se pensent en tuyaux d’orgue: tantôt des Régions, tantôt des Communautés, tantôt du fédéral, et tout cela communique peu. Selon moi, la clé est l’anticipation. Une manière de la concrétiser, puisque ces enfants dits en «situation complexe» sont identifiables, il suffirait que plus aucune institution, plus aucun acteur ne puisse intervenir si on ne signe pas un protocole d’accompagnement à plusieurs, et dans des champs différents. Ce serait la condition pour recevoir un financement public, ce qui permettrait en rassemblant ces différents acteurs de construire une contenance pour ce jeune… Il y a beaucoup de situations actuellement où des éducateurs de première ligne se sentent plus encouragés s’ils savent qu’il y a des partenaires qui sont prêts à venir supporter l’ensemble des décisions. Les autorités doivent pousser à cette réflexion et à l’écriture d’un protocole dans la transversalité. Mais là, on est très loin du compte. Si la prise de conscience existe, la mise en œuvre de la transversalité paraît insupportable aux politiques comme si l’accepter, c’était abandonner quelque chose de son pouvoir à l’autre. C’est ainsi qu’on se trouve devant des situations absurdes…

«Si la prise de conscience existe, la mise en œuvre de la transversalité paraît insupportable aux politiques comme si l’accepter, c’était abandonner quelque chose de son pouvoir à l’autre. C’est ainsi qu’on se trouve devant des situations absurdes…» Luc Fourage

AÉ: Un maintien de l’aide de 18 à 21, voire 23 ans, devrait-il être automatique pour ces jeunes? 

LT: Il paraît assez évident qu’un temps d’adaptation et un accompagnement spécifique sont nécessaires pour permettre aux jeunes, déjà fragilisés, de vivre au mieux ces bouleversements et ces changements multiples. Ce qui pose problème, c’est vraiment la prise en compte exclusive et automatique de l’âge biologique au-delà de la réalité et des besoins de chaque jeune. Là où on aurait à gagner, c’est sur une forme de souplesse, de flexibilité qui permettrait l’adaptation des institutions et des services aux réalités des jeunes, des réalités forcément multiples et différentes pour chacun. Cette marge de manœuvre permettrait aussi d’inscrire les services dans une temporalité qui laisse plus de place à une période d’entre-deux, cette période pendant laquelle on a le droit de se chercher, de faire des erreurs, de réfléchir à ce qu’on veut faire, etc. Preuve que cette souplesse fait sens, en santé mentale, par exemple, cette logique de flexibilité a été introduite au sein des équipes mobiles avec une approche au cas par cas jusqu’à 23 ans (Lire dans ce dossier «Transition mentale»). Mais ce temps n’est pas laissé aux jeunes en situation «complexe», qui, placés en hébergement, doivent à 18 ans être «mis» en autonomie et, sans transition, doivent trouver un logement, un emploi, se débrouiller avec toutes les responsabilités d’un adulte. Pour préparer à cette autonomie, les services de l’aide à la jeunesse, avec les moyens qui sont les leurs, font du mieux qu’ils peuvent, mais la temporalité qui découle de cette mise en projet, de cette mise en autonomie est en décalage avec la temporalité dans laquelle se trouve le jeune. Un accompagnement plus en adéquation avec cette temporalité du réel, avec les besoins spécifiques de ces jeunes, au-delà de la barrière administrative de la majorité, a tout son sens. Elle participerait même à une dynamique de lutte contre les inégalités sociales et d’une tentative d’enrayement d’un certain déterminisme social également. 

LF: Évidemment, plutôt que de préparer les jeunes à être de bons clients du CPAS, pourquoi ne pas prendre des moyens des CPAS pour permettre à des institutions de poursuivre leur travail un temps donné. Tout cela dans un protocole cosigné avec le CPAS. Mais on ne peut pas demander à ces jeunes en «situation complexe» d’être aussi performants que les jeunes majeurs qui sortent de chez papa et maman… Dans une vidéo réalisée par le CRéSaM, une jeune fille, chahutée, bousculée par les services et acteurs de la Protection de l’enfance et de la santé, nous dit qu’après un séjour de rupture elle «fera son autonomie». Ainsi elle reprend le discours des professionnels, comme pour les rassurer. Ces discours sur l’autonomie donnent aux professionnels du contenu mesurable à leurs tâches, aux protocoles issus de «synthèse» où l’on a énuméré les habiletés sociales, comportementales… «Gérer sa vie» serait une liste d’aptitudes, de capacités à faire… seul. En prendre la mesure permet des graphiques, l’entrée dans des logiciels traitant les apprentissages à mettre en œuvre. Voilà que par la mesure, les autorités mandatées et les accompagnants se rassurent sur leur propre autonomie, me semble-t-il. Sans doute davantage pour eux que pour le jeune qui défie sans cesse les limites des services et des membres du personnel.

AÉ: Vous évoquez le cas de cette jeune fille, mais on sait que les passages en institutions laissent des traces. Raison pour laquelle il faut impérativement transformer le regard des professionnels sur ces jeunes… 

LF: En effet. Pour y parvenir, la question du lien est aussi fondamentale. Pas de soin sans lien. Or, la difficulté dans les institutions est la question de l’engagement. Avec ces jeunes, le lien est systématiquement vérifié, mis à l’épreuve. Pour accompagner cette mise à l’épreuve, il faut une équipe qui soit capable de tenir, et tenir aujourd’hui, avec ce qu’on connaît de la mobilité du personnel, est très difficile. Il y a une très grande défection dans le travail social. Les JAVA sont des jeunes qui ont connu un très grand nombre de référents différents avec une très grande mouvance. Il faut des équipes solides, et une culture institutionnelle qui centre son regard sur le personnel et sur la stabilité du personnel, son bien-être et sur sa capacité de résister aux comportements de vérification du jeune, qui prend la mesure du lien à travers la sortie de cadre. 

LT: Cette question du lien est essentielle dans la mesure où elle se repose à la majorité, moment où il faudra un transfert du lien entre le secteur de la jeunesse et celui des adultes. Tisser ce lien entre les interlocuteurs est primordial pour que le jeune qui a confiance en un éducateur puisse se dire qu’il peut se fier aux personnes qui vont l’accompagner désormais. Il faut être conscient que les jeunes ne se tournent pas forcément vers les experts d’une question, ils se tournent vers des personnes en qui ils ont confiance, avec lesquelles ils ont déjà tissé un lien. Une fois passé 18 ans, si l’accompagnement n’est pas contraint, c’est seulement à la demande du jeune que l’aide peut se faire. Et pour que demande il y ait, il faut qu’au préalable, un lien de confiance ait pu s’établir de façon un peu pérenne. D’où l’importance de l’engagement. Quand la transition se passe bien, c’est que le passage en institution du jeune s’est au préalable bien passé, ce qui rend l’accompagnement encore possible par la suite du parcours du jeune. 

AÉ: C’est aussi un moyen d’optimiser le filet de l’aide sociale dans cette transition, d’autant que beaucoup de jeunes passent à travers ses mailles… 

LT: En effet, une façon de s’assurer que beaucoup de jeunes recourent à l’aide sociale à laquelle ils ont droit passe par ce lien tissé avec un professionnel qui va le mettre en contact avec d’autres. Là encore, c’est une question d’engagement, de souplesse. Mais comme la souplesse n’est pas l’apanage des règles administratives, ce sont les professionnels qui compensent par leur engagement, allant parfois au-delà du cadre légal, qui prévoit l’accompagnement jusqu’à 18 ans. Par exemple, les professionnels veulent anticiper cette transition quand le jeune est encore en institution parce qu’ils savent qu’à 18 ans, le jeune ne sera plus là et que l’institution ne pourra pas le forcer. Ils veulent parfois anticiper les choses avec un CPAS, mais le CPAS répond qu’il ne peut rien faire, tant que le jeune n’est pas majeur. Anticiper n’est pas toujours possible, et l’engagement doit durer encore après la majorité du jeune pour compenser ce manque de souplesse administrative.

«Une fois passé 18 ans, si l’accompagnement n’est pas contraint, c’est seulement à la demande du jeune que l’aide peut se faire. Et pour que demande il y ait, il faut qu’au préalable, un lien de confiance ait pu s’établir de façon un peu pérenne. D’où l’importance de l’engagement.» Léa Tilkens

AÉ: On imagine que les difficultés peuvent s’accroître si le jeune adulte ne dispose pas de liens familiaux. Ce travail avec les familles est-il dès lors fondamental? 

LF: Il faut que l’institution accueillante de ces jeunes accepte cette ouverture vers la famille. Ce qui est très difficile. Ce que la pratique m’a enseigné, c’est que la famille, quand elle est encore mobilisable, va donner le ton à l’enfant, en disant: «Vas-y, ton éducateur, cette équipe, tu peux lui faire confiance.» S’il n’y a pas ce signal de la part de la famille, le jeune cherchera à déconstruire le cadre institutionnel. Il faut faire ce travail avant d’entamer l’accompagnement du jeune. Ce n’est possible que si on a beaucoup d’humilité par rapport à la famille. Si on vient avec une étiquette de spécialiste, la famille se sentira un peu désavouée, disqualifiée… 

AÉ: À propos de l’enseignement, on sait que l’école joue un rôle non négligeable en termes de socialisation. Selon vous, est-ce le premier lieu à investir en termes de prévention notamment pour ces jeunes dits en «situation complexe»?

LT: C’est fondamental. L’école doit jouer un rôle en termes de prévention et de détection en ce qui concerne la santé mentale en général. Il est évident que, quand les choses ne vont pas bien au niveau privé, cela se ressent souvent à l’école. Rares sont les jeunes en «situation complexe» qui restent scolarisés. En tant que lieu de vie principal des enfants et des jeunes, l’école peut jouer un rôle préventif, en étant un lieu où le jeune peut s’exprimer, déposer, être entendu. Pour cela, il faut donner à l’école les moyens de jouer ce rôle-là. Souvent, face à ces situations, les enseignants sont démunis, trop peu armés et bien seuls. C’est dans cette optique que le CRéSaM travaille à l’élaboration de modules de sensibilisation destinés au personnel scolaire afin de l’outiller.

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Société

L’époque…

C’est l’époque qui veut ça !

Nous connaissons l’accélération, syndrome d’une société débordée, asphyxiée par l’information, l’urgence d’accomplissement des tâches, le devoir de rentabilité, la quantophrénie (primat de la quantité sur la qualité). 

S’y ajoute le temps de la distraction par la multiplication des médias, la surabondance de règles et de décisions dont le but pourrait bien être de camoufler l’inconsistance, les échecs des décideurs. 

Cette stratégie Trumpienne  diffuse. Elle nous fait consommateurs passifs et anxieux, déboussolés. Ce processus nous fait avaler des couleuvres. 

La news est-elle fake ? La com a désormais la fonction de nous « passifier » (pas s’y fier et nous rendre passifs) là où nous attendons qu’elle nous pacifie. Le discours est-il habité ou est-il produit par l’IA ?

Durant ce temps de sidération, l’IA se gonfle de nos commentaires comme de leurs absences, essoufflés que nous sommes, victimes de la distraction devenue processus d’exercice du pouvoir.

Face à ce syndrome, nous devons apprendre à nos enfants l’écoute, les bonnes marches à suivre pour collectivement élever la discussion, ritualiser le débat, l’accompagner et le conduire vers une augmentation de la conscience d’une intelligence collective qui ne se laisse pas remplacer. 

L.F.

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THudinerie et Brellerie

Il reste l’amour

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IMP 140 Protection de l' Enfance

Le « care » s’élabore en équipe

Quelle culture d’entreprise, quelle culture d’équipe pour soutenir le « care » dans l’acte professionnel ? 

Notre société était riche, aujourd’hui, elle compte. Les directions sont devenues gestionnaires. Les dépenses en personnels se contractent. Plus avec moins. Les CM sont importants. Les remplacements tardent à venir. L’offre de service annoncée diminue. Le temps de travail d’équipe se rétrécit. Les professionnels se décrivent sous pression. Ce qui conduit aux CM. Le concept de don est conspué. La question du sens ne trouve pas d’échos, pas le temps. Le bien-être des équipes n’est plus le sujet. Les pointeuses interrompent le dialogue, la construction et l’entretien de ce qui fait l’esprit du service, ce qui nourrit spirituellement la personne et le personnel d’effiloche. 

La course atrophie la dimension spirituelle de l’activité. Dans le climat du service, l’acte y perd le « care », cette dimension essentielle du soin dans laquelle se cultive le sens… reste la fiche de paie, maigre. 

Ici s’inscrit la tâche première des cadres. Se faire accompagner pour mettre cette réflexion au travail avec l’équipe. Le développement de cette conscience d’être sujet central dans le service en est l’objectif. L’équipier, complémentaire, devient l’acteur avec lequel se réalise la fusion nécessaire entre l’acte et la découverte de la joie dans sa mise en œuvre. Moi, l’équipe d’abord. Voici la règle éthique, nécessaire et préalable de l’élaboration du soin. 

Souvenez-vous de la période covid. Elle nous rappela que nous sommes indispensables. Mais le bruit de casseroles à 20 :00 s’est bien vite cessé de courir. Trouvons dans cette dévotion, ce culte du soin qui doivent être en permanence au coin du feu un essentiel de la « contenance » que la société nous doit en réponse à notre participation à l’action sociale.

La société ne peut y songer toutes les 4 lunes. Les défections sont nombreuses, le recrutement difficile.

C’est dans l’action, régulièrement sous les spots de la pensée de l’équipe, que nous serons en mesure de faire mieux demain ce que nous faisons déjà très bien, la se cultive la joie.

C’est elle le meilleur recruteur et la formation la plus solide quand on ambitionne de soigner.

Je voyage continuellement au milieu des éducateurs, des soignants. Ils sont si fatigués qu’ils en sont décourageants. Les chaises vides sont nombreuses, les absences pèsent sur ceux qui restent et se fatiguent à leur tour.

Je retiens les recommandations suivantes :

-Réagir, renoncer à participer à l’éclosion et l’installation du ressentiment.

-Confronter, cet échange de cadeaux qui permettent à chacun, à son rythme d’expérimenter la joie.

-Prendre le temps en équipe d’actualiser ses propres recommandations.

-Moi d’abord, quand l’équipe en a fini, aujourd’hui, de se mettre à l’écoute des malaises, alors elle peut se mettre au travail sur l’élaboration du projet de la personne, avec elle.

Les failles sont repérables, les personnes, les enfants également risquent de les alimenter pour faire tourner la « machine » à fabriquer de Quelle culture d’entreprise, quelle culture d’équipe pour soutenir le « care » dans l’acte professionnel ? 

Notre société était riche, aujourd’hui, elle compte. Les directions sont devenues gestionnaires. Les dépenses en personnels se contractent. Plus avec moins. Les CM sont importants. Les remplacements tardent à venir. L’offre de service annoncée diminue. Le temps de travail d’équipe se rétrécit. Les professionnels se décrivent sous pression. Ce qui conduit aux CM. Le concept de don est conspué. La question du sens ne trouve pas d’échos, pas le temps. Le bien-être des équipes n’est plus le sujet. Les pointeuses interrompent le dialogue, la construction et l’entretien de ce qui fait l’esprit du service, ce qui nourrit spirituellement la personne et le personnel d’effiloche. 

La course atrophie la dimension spirituelle de l’activité. Dans le climat du service, l’acte y perd le « care », cette dimension essentielle du soin dans laquelle se cultive le sens… reste la fiche de paie, maigre. 

Ici s’inscrit la tâche première des cadres. Se faire accompagner pour mettre cette réflexion au travail avec l’équipe. Le développement de cette conscience d’être sujet central dans le service en est l’objectif. L’équipier, complémentaire, devient l’acteur avec lequel se réalise la fusion nécessaire entre l’acte et la découverte de la joie dans sa mise en œuvre. Moi, l’équipe d’abord. Voici la règle éthique, nécessaire et préalable de l’élaboration du soin. 

Souvenez-vous de la période covid. Elle nous rappela que nous sommes indispensables. Mais le bruit de casseroles à 20 :00 s’est bien vite cessé de courir. Trouvons dans cette dévotion, ce culte du soin qui doivent être en permanence au coin du feu un essentiel de la « contenance » que la société nous doit en réponse à notre participation à l’action sociale.

La société ne peut y songer toutes les 4 lunes. Les défections sont nombreuses, le recrutement difficile.

C’est dans l’action, régulièrement sous les spots de la pensée de l’équipe, que nous serons en mesure de faire mieux demain ce que nous faisons déjà très bien, la se cultive la joie.

C’est elle le meilleur recruteur et la formation la plus solide quand on ambitionne de soigner.

Je voyage continuellement au milieu des éducateurs, des soignants. Ils sont si fatigués qu’ils en sont décourageants. Les chaises vides sont nombreuses, les absences pèsent sur ceux qui restent et se fatiguent à leur tour.

Je retiens les recommandations suivantes :

-Réagir, renoncer à participer à l’éclosion et l’installation du ressentiment.

-Confronter, cet échange de cadeaux qui permettent à chacun, à son rythme d’expérimenter la joie.

-Prendre le temps en équipe d’actualiser ses propres recommandations.

-Moi d’abord, quand l’équipe en a fini, aujourd’hui, de se mettre à l’écoute des malaises, alors elle peut se mettre au travail sur l’élaboration du projet de la personne, avec elle.

Les failles sont repérables, les personnes, les enfants également risquent de les alimenter pour faire tourner la « machine » à fabriquer de l’homéostasie.

-…

Luc Fouarge.

-…

Luc Fouarge

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Lynchage de Quentin à Lyon… politique ? Pas que…

Deux gangs se font face, chacun sur un trottoir de chaque côté de la rue. Ils s’invectivent, s’insultent, se provoquent. Le premier qui pose un pied sur la route a perdu. Là, commence la bastonnade qui se termine par la mort. Les règles, fussent-elles informelles, n’existent plus. Ces jeunes ont besoin qu’on les entraîne à supporter les mots les plus horribles, la performance consistant à ne pas poser le pied sur le macadam. Quels jeux, quelles activités peuvent enseigner cette force ? Celle de ne pas répondre à l’invitation.

L’agression, le meurtre de Quentin est analysé sous l’angle politique dans les médias. La Jeune garde antifasciste, Némésis sont dans le viseur. La Justice devra faire la lumière. Un crime politique, dit-on, sans doute, mais surtout n’arrêtons pas là l’analyse. La dimension sociétale escamote ou ignore l’abord psychologique de la question. Questions dont les réponses pourraient nous aider à contextualiser, à mesurer le chemin que collectivement, nous devons faire. À quels besoins cessons-nous de répondre collectivement ? Je pense en particulier au besoin d’excitation, propre à l’adolescence qui se prolonge. . Qu’est devenue la ritualisation de l’entrée dans l’âge adulte ? Est-ce que la vie sociale répond au besoin de « contenance » de l’adolescence aux apparences joyeuses qui cherchent à se mesurer aux limites ? 

La « contenance » permet l’expression de toutes les émotions dans une force de message bordée. Ainsi, elles sont toutes les bienvenues. N’est-ce pas ce processus qui s’affaiblit ? La scène politique s’exprime sans retenue. Brutalité des discours politiques. Ne sont écoutés que les propos emballés dans la « force », dans la puissance. Ils ne seraient entendus que s’ils contiennent peurs et menaces. Là s’éteint la contenance. Les enfants sont recrutés pour assassiner les gêneurs du narcotrafic, d’autres puisent dans les signes donnés par les extrêmes en politique et en « religion » dans le climat tonitruant des débats, mais aussi dans la crainte des régimes dits démocratiques, les meurtres commis par l’ICE… le climat ambiant ne protègerait pas des excès pulsionnels. Faire de la politique, c’est s’engager à gérer le vivre ensemble. Il devient urgent qu’ils se penchent sur l’affaiblissement de la contenance que la société offre à ces jeunes qui ne trouvent pas les digues. Cette question de « contenance » oblige notre société à tous les niveaux, nous oblige tous. Sans ce regard, on entre dans l’escalade.

Luc Fouarge

A la suite de l’#assassinat de #Quentin Deranque, bouc-émissariser RN et LFI, leur fait cadeau d’une caisse de résonance. C’est aussi et surtout faire l’autruche devant les carences de la République, des citoyens face à la montée de la violence à l’Assemblée, dans les Ecoles, dans la rue… une tâche dont chacun porte une part de responsabilité. La culture ambiante ne fait plus « contenance »… cfr Lynchage ci-dessous

Le discours politique s’appauvrit. Nous attendons un projet de société pour demain. C’est aussi vrai dans les groupes qui se revendiquent d’un radicalisme, de gauche ou de droite. La pauvreté des contenus politiques, le fond sont remplacés par la forme qui devient surpuissante, verbalement violente et dans des actes d’extrêmes violenc es.

L.F.

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… perte d’humanité

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en service résidentiel

Spot sur la protection de l’enfance, Rétablir les priorités, par quels regards se sentent envisagés les enfants protégés

Rétablir l’ordre de nos priorités est de nature à alléger les épaules des jeunes accompagnés par des éducateurs, des acteurs de la santé mentale et de justice… d’autant plus, s’ils se parlent vraiment

La question est moins de revaloriser les métiers du social que de soutenir la « bonneveillance » que l’institution doit à ses collaborateurs, la proximité et le soutien que les collaborateurs peuvent échanger, que les institutions partenaires s’adressent entre elles. Un virage culturel entretenu par les pouvoirs locaux. Les politiques passent à côté du sujet… Les intervenants aussi.

En protection de l’enfance, un tel changement démarrait grâce au CTT (Commission technique territoriale en France, Jardin pour tous en Belgique)

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