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Comment aimer un enfant

Janusz KORCZAK, présenté par Alain SANTERRE, ex directeur de l’hopita pédo-psy « La petite maison » à Chastres

Chères Collègues, Chers collègues,

Permettez-moi de vous solliciter pour le service suivant.

Vous connaissez mon grand intérêt pour l’œuvre de Janusz Korczak.

Le 10 décembre 2022, j’ai envoyé aux Universités et aux Hautes Écoles ( facultés et départements de psychologie et des sciences de l’éducation) le document que vous trouverez en pièce jointe.

Ce document, à travers plusieurs références, traite de l’actualité de Janusz Korczak.

Si vous pouviez le transférer à toute personne qui pourrait être sensibilisée, je vous en serais fort reconnaissant.

Cette initiative a pour but de voir les professionnels connaître, ou reconnaître,  ce médecin, pédagogue, éducateur, écrivain, poète qui a marqué ma vie professionnelle et celle de nombreuses personnes à travers le monde.

Je vous remercie et je vous souhaite, Chères Collègues, Chers Collègues, une bonne et heureuse année 2023.

Bien à vous

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Climat et santé mentale

Santé mentale et climat, merci les jeunes

« L’humanité a le choix : coopérer ou périr. Il s’agit soit d’un pacte de solidarité climatique, soit d’un pacte de suicide collectif », a déclaré le chef de l’ONU à plus de 100 dirigeants mondiaux réunis pour la première séance plénière officielle de la COP27. 

La Cop 27 nous sortira-t-elle de la suicidarité mondiale ?

En arrière-plan de cette réflexion, le débat sur l’anthropocène. La dérive de l’humanité glisse depuis plus de 50 ans sur la pente de la déification de l’économie de marché. C’est chose établie. Ce ne fut possible qu’au prix de nos méconnaissances, actes non-conscients de non-connaissance… et nous suivons le joueur de pipeau. Mais cette info sur les risques que nous faisons courir à l’habitabilité de la planète sont connus déjà début des années septante. Cela revient à dire qu’en arrière-fond de nos jouissances de consommations, « sourde » un climat morbide que je qualifie de suicidaire. Nous n’entendions plus son bruit présent comme un acouphène auquel nous nous serions « habitués ». C’était le prix du succès de grandes entreprises, maintenues en survie par de puissants lobbyings. Le prix de la financiarisation.

C’est dans nos silences que s’interrogent les jeunes…et nous regardons partir les nouvelles générations vers la falaise en suivant le joueur de pipeau.

Peu importe que les jeunes s’arment de soupe à la tomate, de purée… elle crie, elle hurle pour que nous nous réveillions. Elle veut nous sortir de cette démarche suicidaire. Je crains qu’il faille ici faire un lien avec la forte augmentation des consultations psychiatriques de la jeunesse.

Nous en avions attribué un peu vite la cause à la covid. C’est de nos aveuglements, de nos cécités, de nos méconnaissances que trop de ces jeunes sont « malades ». Ils expriment les angoisses qu’ils ont épongées chez leurs grands-parents et parents. D’ailleurs, ils descendaient dans la rue pour le climat avant la crise sanitaire.

L’éco-anxiété n’aborde pas la transmission intergénérationnelle entre parents et enfants. Cette anxiété-là, bien qu’existante, a été mise en sourdine. 

Me référant au concept de « sentiments exportés », ces non-dits, non-ressentis, ces sentiments méconnus sont exprimés par l’entourage. 

Les enfants sont en permanence confrontés à ce phénomène. On dit qu’ils épongent les émotions de leurs parents. Phénomène d’autant plus puissant que leurs perceptions de l’émoi du parent n’est pas accompagné de mots. L’enfant s’en débrouille. 

Ce phénomène est en route depuis longtemps. Nos parents, nous-mêmes avons participé à la mise en sourdine d’informations sur ce que l’on nomme aujourd’hui anthropocène depuis les années 50. Prix à payer pour faire fonctionner la consommation, le capitalisme et la jouissance immédiate de commodités à la source de la destruction de la couche d’ozone.

Le contenu de ces silences importe peu ici. Ce phénomène lié à l’économie dirigée par le marché s’est installé dans les rapports humains sans que nous n’en prenions la mesure. Comme le modeling est la méthode d’apprentissage la plus répandue, les dégâts psychologiques liés à ces silences sur des réalités mortifèresgénèrent dans les jeunes générations des manifestations symptomatiques particulières que l’on tentera de faire entrer dans des « cases » de la nosographie. Voilà que nous traiterions chez nos enfants des symptômes qui serait ceux de leurs parents, ceux que produit le néo-capitalisme. Ce faisant, nous amplifions ce phénomène qui « condamne » la jeune génération dans ce rôle particulier d’exprimer les conséquences des évitements de leurs aïeux. 

Encore une fois, c’est le prix de la méconnaissance des dégâts que causent productions et consommations et donc, jouissance immédiate. 

Les conséquences psychopathologiques imputées à la crise covid ont amené nos autorités à appeler les psychologues au secours du système en facilitant l’accès à la consultation psy. Est-ce que ceux-ci perçoivent à quels services ils sont invités en renvoyant à César ce qui lui appartient. Je crains que non et que dès lors les jeunes n’aient eu comme option que celle d’amplifier les symptômes qui ne sont pas les leurs. Ce qui eut pour effet de remplir jusqu’à les faire déborder les salles de consultations des services pédo-psy.

N’aurait-on pas pu, s’appuyant sur l’école, lui apportant l’aide des professionnels de la santé mentale, engager des débats de déconstructions de cette machinerie économique qui les encombraient à leur insu. Traiter la société plutôt qu’entrer dans un processus de « désignation » des jeunes. Dès 2018 et 2019 en descendant dans la rue pour défendre notre environnement ne nous montraient-ils pas qu’ils avaient les capacités d’orienter leurs énergies nous disant ainsi que nous avions à reprendre nos billes. Mais les écouter risquait d’ouvrir la boite de pandore de la destruction de l’habitabilité de la terre.

Il me semble que tout en se mettant à leur écoute nous les aurions soulagés de renvoyer au monde des adultes le difficile devoir de regarder la réalité en face. 

Les féliciter et les soutenir dans l’expression de leur sensibilité les aurait apaisés. Dans une telle attitude ils auraient constaté notre reprise en mains de notre propre santé. 

Une action de santé mentale qui ne se laisse pas fascinée par le symptôme mais qui remercie du signal que nous renvoie à juste titre la génération montante qui sans le savoir et à notre insu dit par l’expression de son mal-être celui qui aurait dû être le nôtre.

Une forme d’éco-systémie de la santé mentale qui donne les appuis pour dépasser les symptômes plutôt que les asphyxier par des interventions psy et médicales. 

Là, c’est la société qui prend soin d’elle et qui courageusement renonce à se faire diriger par l’économie de marché.

Luc Fouarge

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…plus rien n’est tranquille

Accélération, changement climatique, méconnaissance, covid, enfermement, crise économique, chèques, guerre, migration, silence, crise d’énergie et superprofits… peur sourde, annonces, privations…

Ma mère, son ami… à table, plus rien n’est tranquille… comme quand mon père était là.

Ça discute, ça se dispute aussi… ça se sépare… j’ai peur.

Comme eux, comme les adultes… ils ne l’entendent pas, ils sont occupés.

A l’école, c’est un peu mieux… mais seulement un peu, les adultes vont… partent eux-aussi… ils ont peur.

Ils disent que je suis dys… ils disent aussi que je m’agite… un docteur me fait prendre des médicaments… je ne suis pas malade… pourquoi, ils veulent quoi, m’éteindre, que je devienne muet, que je ne joue plus… plus j’en prends, plus je cours, plus je me cogne…

Un psy veut que je lui dise ce que je sens… je ne comprends pas… il est gentil… il voudrait que je sois comme tout le monde… 

J’aime mes parents, mais je ne veux pas être comme eux… je ne peux pas leur dire, ils sont déjà si inquiets… 

Alors, je ne dis rien… je prends des médicaments, je vais voir un psychologue, ma mère m’attends dans la salle d’attente… un peu énervée… je sais que mon père n’est pas d’accord

Ce sont eux qui devraient y aller.

J’ai pris des ciseaux, je me suis fait des griffes sur les bras, sous ma manche.

Alors ma mère a téléphoné à mon père… ils avaient peur, j’ai cru qu’ils m’aimaient quand même, tous les deux, à deux en même temps… mais ils se sont criés dessus, comme avant.

Rien n’est plus tranquille, ils disent que s’est depuis que je me cogne partout, que je ne suis plus le même. 

Et moi, je les crois, ils m’aimaient… ma vie n’est plus la même, j’ai peur quand ils ne m’aiment plus… ma mère en fait un nouveau, un nouveau bébé qu’elle pourra aimer… moi, j’apprends que je n’en ai plus besoin, que je n’ai plus besoin qu’elle m’aime.

Peut-être qu’à l’école on ne m’aimera plus non plus, je m’y cogne plus souvent qu’avant. Ils disent que je devrai aller dans une autre école. 

Le psychologue, je l’ai entendu, a dit à ma mère qu’il ne pouvait rien pour moi, parce que je ne prends pas…  Il ne m’aime plus, non plus.

Mais alors, qui va s’occuper d’eux… ils vont faire la « guerre » entre eux.

Luc F.

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Trop d’enfants dans les salles d’attente des psy …

La peur se déguise et conduit nos enfants dans les salles d’attentes des psy

Oui bien sûr, « La peur pervertit les perceptions humaines et asservit les esprits ». A.Pena

L’intranquillité permanente et sourde envahit les ressentiments et le comportement des parents. Les enfants, depuis toujours, épongent les émotions de leurs parents sans qu’aucune commande leur ait été faite en ce sens. Distraire les parents des émois pénibles qui les habitent est une caractéristique des relations enfants/parents.  Bon nombre d’entre eux, parmi les trucs et astuces que bien inconsciemment, ils développent à cette fin, produisent des comportements qui distraient les parents de ces inquiétudes, angoisses qu’ils transpirent. On repérera ces comportements et on pourrait bien leur donner un nom de symptôme. Et voilà, qu’en raison de l’amour qu’ils développent à l’égard de leurs parents, la « machine » les orientera chez des spécialistes… qui parfois se rue dessus sans prise de distance. 

Les milieux professionnels spécialisés du soin ont repéré que de nombreux adolescents à la suite du confinement ont « fugués » en eux-mêmes. Refuge dans l’esprit qui a pu faire penser qu’ils déraillent et les voilà dans les salles d’attentes des consultations. De trop nombreux ont flirté avec le délire et d’autres avec le suicide. Il nous faut faire parler, écouter ces peurs. Je n’observe pas que le monde d’hier meurt pour faire place à un monde nouveau, à une société, à des états plus protecteurs. Les consultations pédopsy pourraient bien déborder encore quelques années. Nous n’avons pas écouté le joueur de pipeau, il conduit nos enfants en troupeau en haut des falaises. Les acteurs de santé mentale doivent lire ces symptômes dans le contexte politique particulier des crises. Ils doivent s’ouvrir à la « politique ». 

Nous devons déplacer le focus du symptôme vers le contexte.

Les acteurs de la SM doivent se déplacer vers l’école pour conforter, soutenir la position des enseignants dans la fonction contenante de l’école  (Tu es le bienvenu avec toutes tes émotions…)

Luc Fouarge

Le Vif du 23 juin 2022

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Le village de la joie

C’est en prenant soin de nos enfants qu’il est possible de changer le monde

Dans ce village épargné du modernisme, les gens vivaient heureux et en bonne santé. L’observateur regardait ces gens s’offrir sans compter des « doudouces » qu’ils sortaient d’un sac qui jamais ne se vidait. 

Intriguée une féepsy tente d’y installer une consultation. Les gens l’accueillent bien comme ils le font avec tout un chacun, elle reçoit, elle aussi, profusion des doudouces… mais personne ne se présente à sa consultation.

Dépitée elle s’adresse à un homme qui contemple avec ravissement son épouse distribuant généreusement ces précieuses gentillesses. La féepsy se penche vers l’oreille du mari et lui suggère qu’il devrait craindre qu’à tant distribuer elle pourrait en manquer pour lui et ses enfants. Mais non, dit-il, nous vivons ainsi depuis toujours, et nous n’avons jamais manqué. 

Elle revint le lendemain et insidieusement relança son interrogation qui mina l’homme.

Il invita sa femme à plus de parcimonie, à une dose de retenue. D’abord surprise, elle commença à compter ces dons pour les réserver à son mari et ses enfants. Elle était moins gaie, et les enfants se mirent en compétition pour obtenir ses gestes tendres et aimants. Le bruit s’était répandu dans les rues du village. Les gens remplaçaient les doudouces par des gestes et parfois même des mots désagréables. 

La consultation ne désemplissait pas. Les enfants devenaient malades et s’échangeaient beaucoup des gestes accompagnés de mots désagréables. 

L’un d’eux dit qu’il se sentait malheureux, un mot qu’ils n’avaient jamais entendu. 

Inquiets, états qu’ils ne connaissaient pas, ils décidèrent de tenir un conseil à l’insu des parents. Le plus ancien de ses enfants se souvenait de cette époque, où jamais les mots maladies, souffrances ne se prononçaient. À l’analyse, ils se souvinrent qu’il était question d’une époque de bien avant, l’arrivée de la fée qui s’enrichissait.

Ils décidèrent de la chasser. Ils se mirent à imiter les parents de cette époque où le mot malheur ne se prononçait pas chez eux. Ils échangèrent entre eux des doudouces sans compter. Ainsi, ils « contaminèrent » les parents qui petit à petit imitèrent les enfants.

Le village retrouva sa beauté, les maladies disparurent, les enfants jouaient, le village de la joie s’échangeait à nouveau des doudouces qui jamais ne venaient à manquer.

Luc Fouarge, interprétation du conte des chaudouxdoux de Cl.Steiner revisité par Salomon Nasielski

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Crises climat et covid==>Jeunesse

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Saturation des salles d’attente pédopsy d’ados suicidaires

Carte blanche pédopsy – Les salles d’attente débordent de la suicidarité ambiante

Bien sûr, sans réserve, je remercie l’initiative des pédopsy sur cette carte blanche à propos des soins qu’il convient d’apporter aux trop nombreux ados qui manifestent des envies suicidaires. 

La saturation des services pédopsy pose les questions de l’orientation vers des aides et soins ad hoc, le recours à la pédopsychiatrie, la médicalisation de problèmes psychosociaux, l’éveil tardif des intervenants psychomédicosociaux sur la dimension politique du soin et de l’éducation. J’apprécie que la carte blanche questionne les mises en œuvre de politiques qui relève du psychomédicosocial, de la protection de la jeunesse et de l’école. Des secteurs qui opèrent sous l’égide de 3 niveaux de pouvoirs. Un découpage politique qui contribue à la difficulté d’ériger des projets pensés et co-construits de façon transversale. Un accord entre les administrations de l’Aide à la Jeunesse (CFWBxl) et de l’AVIQ (RW) débouchait sur les « Jardins pour Tous », enterrés en même temps que l’arrivée de la pandémie. Un par province et une structure faîtière. Localement des rencontres mensuelles inter-sectorielles, multidisciplinaires et interinstitutionnelles apprenaient aux acteurs participants à tricoter du réseau. Des réflexions et pratiques sécurisantes pour les professionnels qui deviennent plus courageux et qui par phénomènes de cascades rejaillissaient sur les publics fragiles. Plus courageux et donc plus « contenants ».

L’insécurité des personnels accrue par la crise sanitaire conduit un peu rapidement les jeunes vers les hôpitaux à la suite de manifestations anxieuses aux allures de dépression.

Solution qui pourrait bien, inconsciemment, avoir pour intention de faire porter par d’autres les inquiétudes qui nous envahissent. Cela correspond, sans doute pas par hasard, au phénomène adolescentaire d’externalisation des responsabilités de ses actes.

Du soin bien sûr est nécessaire MAIS à plusieurs et plus anticipés. C’est là aussi que s’inscrit la dimension politique du soin. 

La tentation de faire porter sur la crise sanitaire cette explosion de l’orientation d’ados vers la pédopsy pourrait nous faire passer à côté des réponses urgentes dont ils ont besoin. La carte blanche nomme l’impact de dysfonctionnements sociétaux. Là elle dit qu’il serait rapide et dangereux d’attribuer la cause de l’explosion de ces orientations à la seule crise sanitaire. La crise agit en montrant les fragilités de l’organisation du vivre ensemble. Ici s’inscrit la dimension politique et éthique du soin. Cette carte blanche, si elle n’est pas relayée, commentée dans l’ensemble des lieux concernés par la construction psychique des jeunes, y compris l’école, augmentera l’effrayant constat de saturations des consultations psychiâtriques. Si l’école n’est pas et ne doit pas devenir un lieu de soin elle a cependant grand besoin de soutien des professionnels spécialisés pour accueillir les jeunes qui manifestent des signes de souffrances, de carences en famille. L’école est le lieu de la première expérience des jeunes avec l’extérieur de la famille. Attention qu’ils n’apprennent à l’école ce qu’ils ont déjà découvert à la maison que les adultes ne peuvent les entendre et qu’il faut les ménager.

Ici aussi s’ouvre la compétence des psy, observateurs privilégiés de la société, dans cette question politique au cœur du soin. Il appartient à l’ensemble des acteurs psychomédicosociaux de parler, commenter et peut-être agir au niveau politique pour augmenter l’accueil de paroles libératrices. Les enseignants, dans cette dimension éducative de leurs pratiques doivent être épaulés pour voir, entre les lignes, ce que les enfants se sont interdit de dire chez eux.

Attention, la leçon que tireront les enfants et les jeunes, de la saturation des services psy sera sans doute de ne pas en rajouter à la détresse des professionnels desquels ils attendent d’être aimé, c’est sans doute ce qu’ils ont appris à la maison. Si non…ils nous faudra apprendre à décoder les comportements passifs qu’ils déploient, il nous faudra apprendre à lire entre les lignes du comportement…mais quand on est là, il est souvent tard.

  • Médicaliser la suicidarité ou l’éclairer d’un regard reconnaissant pour la fonction qu’exerce le jeune qui se débat ?
  • Ne nous donne-t-elle à voir la cécité de la société qui se dirige vers le haut de la falaise ?
  • La réponse ne serait-elle pas d’activer les ressorts politiques d’un avenir sociétal plus (en)viable ?
  • Ne serait-il pas plus juste de soutenir les fonctions « contenantes[1]» de la société plutôt que de « pathologiser » le mal-être de la jeunesse ?

Nous coupons les fils des témoins lumineux du tableau de bord plutôt que de porter secours à la famille, l’école, les mouvements de jeunesse, la culture et le sport pour qu’ils exercent mieux la « contenance » à laquelle font appel les jeunes ?

  • N’est-ce pas de toute cette insécurité, imprévisibilité que nous alerte les jeunes ?

Luc Fouarge

Président du CRéSaM

Janvier 2022


[1] Contenance, « tu es le bienvenu avec toutes tes émotions, je t’écoute, je reste avec toi… »

https://www-lalibre-be.cdn.ampproject.org/c/s/www.lalibre.be/debats/opinions/2022/01/25/des-soignants-seront-ils-obliges-de-choisir-quels-jeunes-sauver-du-suicide-3Q7TE3OWKVEIJOWXHSIBEBDWNE/?outputType=amp

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Catastrophes, les conditions de la résilience

« Réinvestir les lieux sinistrés peut être un acte de résilience »

Comment appréhender le « jour d’après » d’une catastrophe « naturelle » comme celle que vient de subir la Wallonie ? Le Vif + du 22/7/21

Les premières conditions de résilience sont la vérité et la transparence. Il ne s’agit pas d’une catastrophe naturelle, mais  d’un dérèglement induit par l’activité humaine. Si les analystes, les politiques, les communicants… partent de cette réalité, le sentiment d’une prise en compte réaliste par les autorités commencera à être pris au sérieux. La résilience à besoin de tuteurs pour s’exercer. Ce sont les efforts de régulations que doivent assumer les États dans une assemblée mondiale, GIEC…. Au regard de ce que nous venons de subir en Wallonie, en Allemagne, en Chine…, à l’analyse des causes de l’émergence de virus foudroyants, les tuteurs de résiliences sont la certitude que les nations ne permettront pas aux “profits” de démolir la planète que nous habitons. Pendant ce temps-là, ceux-là même qui tirent profit des dernières crises “s’envoient en l’air” pour le fun. Ils produisent activement, s’enrichissent sur les crises. Ils  répondent aux besoins qu’ils nous ont inventés. Ils comptent parmi ceux qui bousculent les équilibres naturels de notre univers, nos tuteurs. On nous enverra des psy mandatés pour adoucir l’impact de ces désordres. Ils anesthésieront nos peurs. Elles sont pourtant nécessaires pour qu’urgemment nous réclamions les régulations indispensables pour que survivent les enfants de nos enfants. 

Ce climat de tricheries avec la réalité irrigue des mécanismes de défenses, de méconnaissances qui nous feront consommer les tranquillisants nécessaires au “bon fonctionnement” de la suicidarité ambiante, lucrative. Empathie et compassion des acteurs  politiques, bien qu’indispensables, si elles ne s’appuient pas sur des mesures radicales ne seront pas crédibles. Luc Fouarge

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La santé mentale du futur

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1/5 Travailleur du psycho-social envisage une réorientation

Le virus n’est pas la cause d’une fuite des travailleurs psycho-sociaux, il est peut-être la goutte…

Des départs se constatent depuis bien avant la crise. Interrogé sur cette question, une personne qualifiée dans des fonctions éducatives et de chef de service plus tard m’en dit ceci ; “ Le modèle managérial, en lien avec la taille de l’institution, s’efforce à adopter des conduites, concepts liés à l’entreprise à finalité commerciale”.

Le management  descendant estropie le temps consacré à l’élaboration des pratiques. Privé de ce temps de co-construction, Cfr Michel Foudriat, le croisement des regards dans l’institution diminue lui aussi. Or, c’est dans ces instants que se métabolisent les ressentis, les émotions à l’égard des situations des personnes accompagnées  et c’est aussi celui de la construction du SENS. Les sociologues, psychologues… qui se sont penchés sur l’étiologie du burnout nous enseignent que la perte de sens est le facteur majeur en cause dans l’épuisement professionnel. 

Les « nécessités » de contenir, comprimer les dépenses réduisent ces temps de “travail en chambre”. Des compétitions malsaines apparaissent dans ces services privés de ces temps d’échanges. Il me semble qu’il s’accroît avec la taille des institutions sociales ou de santé.  Les équipes ressentent le stress des cadres, elles les subissent et sont en délicatesse pour l’évoquer. Un sentiment d’omerta s’installe et grignotte…

Dans nos secteurs de la santé, de l’éducation spécialisée, de l’accompagnement social les processus d ‘évaluation sous tendants des objectifs  de rendement amenuisent ces temps de “perlaboration” en équipe des agressions émotionnelles que vivent les TS desquelles les approches en relation d’aide nous enseignent que nous sommes partie du problème, que nos émotions sont des indicateurs utiles pour exercer dans ces métiers.

Est-ce cela que voulait dire Joseph Rouzel lorsqu’il évoque “l’impossible éducatif” ? Une autre personne concernée par ce choix de départ me confiait: “De la place où je suis je ressens fort bien l’insensé de ce que doit être un impossible labeur”

Le covid n’a fait qu’augmenter un mal être déjà existant en  espaçant les temps de réunion dans les équipes.

Luc Fouarge

https://plus.lesoir.be/371489/article/2021-05-11/un-travailleur-du-secteur-psychosocial-sur-cinq-hesite-changer-de-metier