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Protection de l' Enfance

Pour une prévention générale -1-

ASE, République en souffrance 

Interception – France inter – 

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/interception/interception-du-dimanche-21-avril-2024-5098977

Les constats faits dans cette émission me le confirment.

L’urgence est le « soin » que devrait apporter la Protection de l’Enfance à ses collaborateurs.

Pour offrir une « contenance » suffisante, il est impératif de trianguler, soutenir, fidéliser, stabiliser les équipes. C’est dans ce travail que s’élabore la « contenance institutionnelle » de la protection de l’ enfance.

« Moi, d’abord » est la priorité que les acteurs, cadres et TS, se doivent d’appliquer à eux-mêmes pour atteindre l’excellence dans les accompagnements que méritent ces jeunes « blessés » ainsi que leurs accueillants.

Une référente interviewée nous dit sa culpabilité d’être trop peu dans la réussite… elle ira s’investir sous des cieux plus cléments. 

La priorité, c’est la qualité de l’accompagnement que l’on conçoit pour ces enfants qui méritent toute notre attention, tous les moyens dont les services publics sont capables. 

Être « contenant », condition première du succès, c’est recevoir et se donner les moyens d’accueillir la souffrance de l’autre sans prendre la fuite, sans se réfugier dans l’autoréférencement ou les protocoles, conscient de comment ses mots et ses maux résonnent en nous, éclairés sur les risques normaux des phénomènes de transferts auxquels nous ne pouvons échapper.

Cela exige, un regard tiers, celui de notre équipe qui dans la bonneveillance nous permet de voir de nous ce que nous ne pouvons pas voir de nous. 

Sans ce travail, lui-même, grâce à la contenance de notre équipe, notre service, notre institution, l’épuisement professionnel, les méconnaissances, la distance renforceront  les prudences de notre public. Il se fermera et la rencontre ne dépassera pas l’action educative. Elle ne fera pas place à la place à la clinique éducative.  Le TS esseulé s’engluera dans des approches futiles ou autoritaires, et sans le vouloir deviendra acteur de l’homéostasie.

« …. tu t’assieds, tu parles, tu poses des questions. Tu es quelqu’un et tu me fais aussi devenir quelqu’un. » Erri De Luca, « La nature exposée » repris par Gallimard en 2017 »

Regardé dans la bonneveillance par son équipe, le TS, ne se perdra pas dans la question de la « bonne distance » que viennent titiller les enfants atteints de troubles de l’attachement.

La priorité est la formation des cadres dans cette culture institutionnelle mettra l’équipe  au service de ses collaborateurs à l’écoute des résonances, normales et bienvenues dans une équipe qui « marche » l’intervision au cours des commissions enfances.

Interception, relève cet a priori ; « ce sont les enfants des autres »  Cela dit la difficulté de mettre les moyens dans les politiques en faveur de la famille et de l’enfance. Une façon de détourner le regard, de la détresse des enfants, qui peut se lire, entre les lignes, dans les milieux de socialisation. École, crèche…

La question de la décentralisation pourrait bien être entendue, à mi-voix, comme un évitement. Les initiatives publiques, de l’État et des départements, doivent être pensées ensemble, avec les autorités mandantes, l’École, les acteurs de santé mentale.

Interception met en lumière la légèreté de l’accompagnement des assistantes familiales. Il s’agit là d’une urgence. Une organisation d’un métier qui gagnerait à s’inspirer de l’organisation des PFS. 

Luc Fouarge

Lucfouarge.com/formations/equiper le « travailleur » psycho-socail

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