Juste un peu avant 07:00 le bruit d’un avion me réveille. A peine le bruit s’est-il éloigné que j’en entends un autre se pointer à l’horizon sonore. Une minute, c’est la durée de ce bruit qui vole au-dessus de nos têtes. Il est 07:09, le huitième s’éloigne. La veille, un peu au-delà des 01:00 j’en entendais encore un.
Nous habituer à ce qui nous fait mal, à petit feu. Nous habituer pour que nous ne le sachions plus. Pour que l’économie tourne, nous habituer au bruit, à l‘air que nous respirons, à l’eau que nous buvons, aux légumes et à la viande… nous habituer aux désastres du changement climatique que cette même économie induit, nous habituer aux pluies dévastatrices, et au soleil qui tue.
Nous habituer à l’impuissance des élus qui sont proches de nous.
L’habitude prise, notre corps souffre et nous ne le savons plus. Réveiller nos perceptions, ôter la sourdine de nos douleurs, les porter dans les lieux de décisions devraient être la première préoccupation des politiques locaux attentifs à la santé de la population, même et surtout si le pouvoir de décider appartient à d’autres sphères politiques.