Je manifeste un clavier à la main, je gueule des datas
Le dernier rempart contre l’isolement, la peur, la souffrance…perd lui aussi son humanité. L’hôpital s’agrandit, se commercialise, entre en concurrence, devient machine à soin.
Ils s’appellent Humani, Les Viviers, ils ont pris le dress-code de l’entreprise, vous y entrez comme dans un aéroport, les bornes remplacent les hôtesses d’accueil.
J’y croise beaucoup de gens pressés, je ne rencontre presque personne.
Empressement qui s’observe dans un « cure » sans « care ».
Une tendance à la rétention de l’information qui entraine une infantilisation et une soumission jusqu’à devenir « patient ».
Une distribution de médicament, sans négociation, qui semble répondre davantage à un protocole qu’aux besoins de la personne.
« À l’hôpital, on prend des médicaments »
Un sourire mesuré conduit à la dépendance des prestataires de soin.
J’y entends des conversations déplorant le manque d’effectif que je mets en lien avec « gens pressés » dont il résulte un sentiment d’insécurité.
Dehors les girouettes s’affolent, elles perdent le sens. Les ados apprennent à casser, les parents, seuls, n’osent plus, les profs ferment les classes.
La démocratie « désempathe ».