Catégories
Société

La psychothérapie, pourquoi ?

Se libérer de l’égo

Il se peut que cette construction mentale de l’idée que nous avons de nous-même, notre égo, nous gouverne. De même, nous verrons l’autre dans une construction que nous avons faite d’elle, de lui. De là naissent, se cultivent les ressentiments qui font le lit des conflits, des racismes… et autres …ismes.

Nous avons à découvrir ces adaptations, concessions, sur-adaptations que nous avons faites pour coller à cet égo, si peu nous. 

Dans ce monde de l’image, cette dérive se renforce et nous pourrions privilégier les rencontres qui soutiennent et nourrissent notre égo. Les algorithmes, GAFA sont à l’affût et servent. Il nous ferait acheter des extensions de notre frontière narcissique.

Il nous faut commencer par nous découvrir, tel que nous sommes et que nous même nous ne percevons pas. La quête d’autonomie débute là où nous sommes capables de renoncer à l’image de nous construite pour plaire, pour bénéficier des soins en famille, pour anticiper ou calmer les colères d’un autre.

Quand le dialogue avec l’autre avec lequel nous vivons ne l’autorise pas, parce que les égos de l’un nourrissent celui du compagnon, de la compagne, si la méditation ne suffit pas, la psychothérapie peut nous y aider. Luc F.

A suivre sur #Eckhart_Tolle  https://youtu.be/Wwx7ZtCyrgs

Catégories
Société

Transmission intergénérationnelle

« … ce serait terrible d’avoir à commencer sa vie par la punition pour des choses que je n’avais pas encore faites »

Ce roman de Dimitri Rouchon-Borie (Le tripode, 2021) sort d’une plume qui tient une rubrique de chroniques judiciaires pourrait être lu et commenté dans les auditoires de candidats travailleurs des secteurs psycho-médico-sociaux qui se destinent à l’accompagnement de jeunes en grandes difficultés psychologiques. Duke, son héros, en fin de vie, écrit ce récit de sa cellule de prison. Il est né « puni ».

Il revisite toute son histoire faite de maltraitances, de viols, de violences de privation, d’humiliations. Ce genre d’histoire nous renvoie à ces anamnèses qui parfois font vomir les professionnels les plus expérimentés. Duke qui découvre sur le tard qu’il a un prénom rencontrera des personnes qui lui font découvrir le bien, l’amour, l’« aimantée» Billy, une rencontre amoureuse qui ressemble à celle qu’il eut avec sa sœur, une institutrice bouleversée et empathique, assistante familiale authentiquement aimante… Les forces démoniaques qui l’habitent l’amène à commettre des actes épouvantables qui justifient la perpétuité.

Dans sa cellule par l’écriture il analyse son parcours. Nous découvrons une capacité d’humanité, de don de soi, quasi christique, que peu de personnes ont pu saisir. Ce roman très émouvant nous illustre l’urgence d’aider les professionnels de l’enfance à tenter de lire l’invisible, l’indicible de la transmission. L’horreur pourrait cesser avant que ces jeunes ne deviennent adulte.

Avec « Bord de mer » de Veronique Olmi, deux romans à faire décortiquer par les futurs Juges, psy, éduc spé, TS, AF, Référents et délégués, enseignants afin d’exercer leur attention sur ces échanges, ces non-échanges, ces non-dits et ces appels …ces rencontres manquées qui conduisent des enfants, des familles aux drames

Catégories
Société

Santé mentale, travail social et évaluation

La comptabilisation des actes dans les secteurs de la santé mentale.  Le risque de  glissement vers la quantophrènie, et l’essoufflement du « prendre soin » 

Le politique a besoin d’évaluer l’impact de ses investissements dans les secteurs subventionnés, hôpitaux, SSM.  J’ajoute qu’il est important que les devoirs de comptabilisation n’affectent pas le « prendre soin », le care « enveloppant »,  l’humanité  qui fait lien et soutient le soin.

Les devoirs imposés glissent vers des logiques gestionnaires. Elles rencontrent  les besoins de sécurisation sur l’utilité, le rendement des investissements des politiques et des directions économiques de services subventionnés. La culture de l’évaluation est sans conteste la bienvenue. Je signale le risque qu’elle pourrait bien répondre aux besoins des décideurs en créant dans les services un sentiment d’être invité à se presser. 

Ce sentiment abime le « prendre soin » quand il ne l’écrase pas. 

Bien malgré moi, coincé dans une chambre d’hôpital, j’entends la conversation entre une infirmière et un délégué du personnel. Elle lui fait remarquer que dans le logiciel d’enregistrement des actes, il n’a pas été pris en compte le temps de déplacement entre la salle de garde et la chambre du bout du couloir. Remarque qui traduit que l’empressement à réaliser l’acte permettra de récupérer le temps imparti pour satisfaire la rigueur du logiciel.

Lors d’une visite que j’ai effectuée dans une vaste institution pour personnes en grands besoins de nursing et de mobilisations physiques, j’ai vu de magnifiques locaux, type Snoezelen. Quand j’ai interrogé sur la fréquence d’utilisation pour un usager, on m’a signalé le fossé entre le projet de service et la réalité en raison du niveau d’absentéisme chronique du personnel. 

Les nomes ISO font pourtant briller les annonces, les flyers dudit service. 

L’accès au soin dans son enveloppement par le prendre soin est donc mensonger.

L’humanisation du soin n’est-elle la condition de son bénéfice, de son succès.

Ces questions nous placent au pied du mur de l’éthique du soin. Nous nous rassurons de trouver l’acte de soin dans les statistiques, graphiques et autres fromages. Le doute sur la qualité du soin tronqué du temps du prendre soin n’y apparait pas.

S’ajoute à cela, que les données cliniques transmises aux autorités (en vue d’ajustement des politiques de soins aux données épidémiologiques) restent parfois au frigo de l’administration en manque d’équipements pour les faire parler. Non seulement les soignants se trouvent privés de follow up utiles pour faire progresser leur projet de service, mais cette absence décourage la mise en œuvre de l’évaluation. 

Un obstacle à questionner tant du point de vue politique qu’éthique. 

Catégories
Société

…du pouvoir d’agir

Catégories
Société

Partir, le choix de l’euthanasie

Un récit, bref et dense. Amour intense, attachement et amitié. Anne raconte l’accompagnement de la fin de vie de son mari Patrick, atteint d’un maladie intraitable et dégradante. Français du Nord, il décide de traverser la frontière et se rend à l’hôpital à Bruxelles où il avait été reçu alors qu’il était encore capable de s’y rendre seul, trois mois plus tôt.

Après avoir été éducateur référent à l’ ASE, Valenciennes, #Patrick_Dugast s’est formé à la thérapie familiale. Il a initié sur Valenciennes la clinique de concertation avec le soutien de Jean Marie Lemaire, Psychiâtre belge concepteur de cette modalité d’intervention innovante. Résumons là en disant que la famille active le réseau d’aide dont elle a besoin, professionnels ou non. Patrick avait acquis ce savoir être qui rend l’intervenant très humble. Champion de la position basse à la façon d’Etienne Dessoy, autre ami, qui sait comment l’humilité est tout à la fois éthique et technique au sens ou elle soutient, chatouille le pouvoir d’agir de ceux qui le consultent. Avec Anne, son épouse, et Patrick Grave, nous avons élaboré sur les postures, les gestes, le langage qui nous lient aux familles dont les enfants font l’objet d’une mesure de protection de l’enfance tout en prenant en compte la réalité des professionnels mandatés pour assurer les missions des services d’investigation, d’intervention en familles et de service gardien. Avec la même nécessité de soutenir les uns et les autres, convaincus que d’aider à la sortie des affrontements conduit le système à un meilleur exercice de la parentalité, de la responsabilité, de la permanence, de l’autonomie… nous aurions qualifié ce travail d’un accompagnement de tous vers un exercice plus sain, plus harmonieux de leurs compétences de citoyen. A l’époque, directeur du COGA (ITEP-MECS) en Belgique, j’exerçais déjà de la guidance familiale. Aujourd’hui, je me consacre pleinement à cette activité profondément porteur de ces valeurs. J’y ajoute de l’accompagnement d’équipe apparenté à la supervision, l’analyse de pratique, le conseil et la formation. Chaque fois que c’est possible, dans la formation je me fais accompagner de familles qui se trouvent ainsi (re)qualifiées dans un processus de co-formation. A Patrick, à ces familles, à la volonté de nombreux acteurs psycho-sociaux je dois les savoirs, savoir faire et savoir-être que je mets au service de la communauté.

En lisant le récit d’ Anne, son épouse, il vous apparaitra où Patrick cultivait cet amour qu’il n’hésitait pas à partager. Il m’ont largement ouvert leur maison qui fut pour moi une oasis dans les déserts qu’il m’arrive de traverser. Des repos indispensables quand on pratique la relation d’aide. Dimension secrète, peut-être. Mais un regard que les institutions ne peuvent méconnaitre.

Catégories
Société

Prendre soin de et à l’école… pour rompre avec le silence

Avec et après les parents, l’école participe à la construction psychique de l’enfant… elle en prend soin.

Construction qui s’élabore sur un lien affectif. L’enseignant n’a-t-il pas le pouvoir de donner  une image complémentaire, nouvelle peut-être, de l’enfant aux parents.

Le sachant, l’enfant voit en lui une personne à qui « plaire ». Il se peut qu’il le place dans la sphère du silence.

L’enfant entre dans cette nouvelle relation en transférant sur le maître, l’enseignant les émois, les affects (+ et -) avec ses croyances sur l’adulte, ses soumissions, ses oppositions passives, ses rebellions… expérimentées en famille.

Cela s’installe « bien malgré soi » pour l’un comme pour l’autre, un lien particulier. Ce qui fait de l’école bien plus qu’un lieu d’éducation et d’instruction, sur lequel elle se replie régulièrement.

La classe est le premier lieu, hors de la famille, qu’intègre l’enfant. Premier lien qui pourra, ou pas, voir, entendre, sentir, lire…toucher du doigt des détresses cachées, secrètes, refoulées.

Elle ne peut y rester sourde.

L’actualité sur les dommages du covid, les (r)éveils de #metooinceste, qu’elle l’accepte ou non, font de l’école le premier lieu après la famille où l’enfant pourrait s’ouvrir et se libérer.

Encore faut-il que le climat s’y prête, les cœurs ouverts et tous les sens, exercés et contenants, sans s’en protéger derrière la fonction enseignante. Qu’elle aime ça ou pas, cela fait de l’école un lieu de l’amont du soin, en cultivant le « prendre soin » de l’enfant dans sa globalité, de l’être « holistique » de l’enfant et des siens.

Cela donne des devoirs aux PO comme aux administrations et politiques de soutenir cette fonction par la formation et par les appuis d’acteurs de santé mentale. L’énergie qu’on y consacrerait pourrait bien baisser sensiblement les épreuves vécues et le coût des soins quand les douleurs dorment trop longtemps au plus profond de l’être.

L.F.

Catégories
Société

Ecole et santé mentale par temps de covid

Nous puisons dans nos réserves…si nous ne nous exprimons pas. 

Les psy savent que se retenir mobilise plus d’énergie que de s’exprimer. 

C’est d’ailleurs une des pistes de compréhension de la dépression, retenir la colère conduit à l’épuisement. Ce processus inconscient se repère à l’irritation de l’entourage.

Phénomène nommé « exportation des émotions »

S’ajoute que les enfants durant longtemps protègent la source des réponses à leurs besoins, ils « protègent » leurs parents en  taisant ces émotions qui pourraient en ajouter au stress de leurs parents, ce qui se repèrera par du retrait ou de l’agitation.

Le tout baigne dans un climat d’insécurité, les politiques trainent à affronter, réguler l’économie « sauvage » à l’origine des alertes du GIEC. Discours relayés par de grands adolescents, de jeunes adultes et des grands-parents. 

Le réchauffement climatique et bien d’autres dérives fatiguent les esprits. Et nous suivons le joueur de pipeau qui conduit la population vers la fatigue d’ « être soi ». 

Le terreau riche des GAFA.

Pour ne pas aller nous jeter du haut de la falaise :

  • Nous avons pris soins de nos soignants. Nous leur avons clamé notre gratitude. Aujourd’hui, nous protégeons notre système de soins en respectant depuis un an les mesures de distanciation et d’hygiène qui libèrent peu à peu les services de réanimation.
  • La prochaine étape consiste à mettre en place un « processus contenant », qui autorise l’accueil des émotions les plus morbides, sordides que vit le personnel de l’éducation. Un accueil qui soit modèle de cette expression qu’il faut reproduire dans la classe, premier lieu d’individuation. Un climat qui autorise et soutient l’expression des peurs, des colères, des idées noires de nos enfants dont je vous disais le risque qu’ils protègent leurs parents.

Une destinée soignante qui n’était pas la vocation de l’école. Des relations humaines emballées dans le prendre soin de l’autre. Ceci nécessite que les autorités, liées à l’éducation, proposent un accompagnement des enseignants entre eux et avec le personnel des services ambulatoires de santé mentale, pour autant qu’on leur en donne les moyens, de sorte qu’ils ouvrent les portes de l’usage du verbe pour accueillir l’émotion et ainsi rendre les esprits disponibles.

  • Une école, une classe vecteur de valeurs humaines qui anticipe sur cette nécessité de créer un monde nouveau. Relançons la culture de la communauté éducative, celle où enseignants, parents, PO parlent ensemble des objectifs de formation de nos enfants… pour quelle société ?

Nos enfants qui demain agiront pour faire vivre ce monde nouveau que nous réfléchissons ensemble. Un vaste mouvement d’expression dans la bonneveillance , dans lequel parents et enseignants s’offrent à être le tiers de l’autre et ainsi,  mieux se mettre à l’écoute de l’indicible qui ronge nos enfants.  La libération de la parole par Mmes Kouchner et Brasilliers mettent en avant que près d’un tiers des enfants sont concernés de près ou de loin par les questions indicibles qu’enterre l’inceste. 

Luc

Catégories
Non classé Société

A l’école, au collège, en famille…lire le conte des chaudoudoux de Claude Steiner

Dans ce village épargné du modernisme les gens vivaient heureux et en bonne santé. L’observateur regardait ces gens s’offrir sans compter des « doudouces » qu’ils sortaient d’un sac qui jamais ne se vidait. Intriguée une féepsy tente d’y installer une consultation. Les gens l’accueillent bien comme ils le font avec tout un chacun, elle reçoit elle aussi profusion des doudouces… mais personne ne se présente à sa consultation.Dépitée elle s’adresse à un homme qui contemple avec ravissement son épouse distribuant généreusement ces précieuses gentillesses.

La féepsy se penche vers l’oreille du mari et lui suggère qu’il devrait craindre qu’à tant distribuer elle pourrait en manquer pour lui et ses enfants. Mais non dit-il, nous vivons ainsi depuis toujours, et nous n’avons jamais manqué. Elle revint le lendemain et insidieusement relança son interrogation qui mina l’homme.Il invita sa femme à plus de parcimonie, à une dose de retenue. D’abord surprise, elle commença à compter ces dons pour les réserver à son mari et ses enfants. Elle était moins gaie, et les enfants se mirent en compétition pour obtenir ses gestes tendres et aimants. Le bruit s’était répendu dans les rues du villages. Les gens remplaçaient les doudouces par des gestes et parfois même des mots désagréables. La consultation ne désemplissait pas. Les enfants devenaient malades et s’échangeaient beaucoup des gestes accompagnés de mots désagréables. 

L’un d’eux dit qu’il se sentait malheureux, un mot qu’ils n’avaient jamais entendus. Inquiets, états qu’ils ne connaissaient pas ils décidèrent de tenir un conseil à l’insu des parents. Le plus ancien de ses enfants se souvenait de cette époque où jamais les mots maladies, souffrances ne se prononçaient. A l’analyse ils se souvinrent qu’il était question d’un époque de bien avant l’arrivée de la fée qui s’enrichissait.Il décidèrent de la chasser. Il se mirent à imiter les parents de cette époque où le mot malheur ne se prononçait pas chez eux. Ils échangèrent entre eux des doudouces sans compter. Ainsi ils « contaminèrent » les parents qui petit à petit imitèrent les enfants.Le village retrouva sa beauté, les maladies disparurent, les enfants jouaient, le village de la joie s’échangeait à nouveau des doudouces qui jamais ne venaient à manquer.

Selon le conte des chaudouxdoux de Cl.Steiner

Catégories
Société

L’#école, bien malgré elle, devient aussi un #lieu_de_soin

L’école, bien malgré elle, devient aussi un lieu de soin

Elle est complémentaire à l’éducation familiale. Elle participe à la construction psychique des jeunes.

Cette longue pandémie perturbe cette construction et il est admis aujourd’hui qu’il nous faut craindre des manifestions de troubles, de symptômes psychiatriques. 

Pas question d’attendre qu’elles débordent pour répondre. 

La communauté scolaire est associée à cette attitude soignante dont ils ont besoin. 

Plus que jamais, l’école doit s’équiper sur les terrains de l’instruction, mais aussi de l’éducation, et aujourd’hui du soin. 

L’essentiel de ce temps de soin réside en des temps d’expression émotionnelle. L’expression de sentiments doit être sollicitée, accueillie par les pairs et par les enseignants dans un espace « contenant ». Les émotions les plus désagréables, anxiogènes doivent être autorisées pour qu’elles se disent et qu’elle diminuent ainsi l’impact sur la vie psychique. Accueillir et commenter sans que l’enfant n’ait à se taire parce qu’il protégerait l’adulte d’avoir à entendre les hantises qui le traversent, ou s’installent.

« Le programme ProDAS veut permettre aux jeunes de s’impliquer positivement dans le développement de leur efficience personnelle, de leur confiance en eux-mêmes et de leur compréhension des causes et des effets régissant les relations interpersonnelles. » 

Cette approche pensée pour l’école dès la maternelle aidera l’enseignant à occuper cette place. Cette méthode est expérimentée depuis très longtemps. Elle induit un changement de posture de l’adulte que l’école ne soutient pas forcément surtout si elle se replie sur sa fonction enseignante. Il est donc urgent de leur apporter le soutien qui leur offre à eux aussi cet espace « contenant » dont ils ont besoin comme toutes personnes en charge de soin.

Luc Fouarge

Catégories
Société

Alysson, alerte

Béatrice Delvaux, éditorialiste au Soir, évoque le drame en utilisant le concept de glissement. 

La suite d’un trauma, dans ce cas les dommages collatéraux de la pandémie, la  crise économique comme  révélateur… conduit à ce glissement évoqué, agi en suicide ….                       De quoi cet épouvantable drame est le révélateur ?

Cet acte est-il un aboutissement d’une difficulté à vivre ? Est-il symptôme d’une expérience personnelle, est-il signal d’un dérèglement sociétal ? 

Je ne lis pas dans l’âme de cette jeune personne, je ne suis donc pas capable de donner la réponse qu’elle nous donnerait si elle le pouvait encore. 

Le geste désespéré d’Alysson me met au travail sur toutes les hypothèses comme chacun. Politiques ou acteurs de santé mentale, parents ou enseignants, amis ou citoyens nous devons revisiter nos agir à la lumière de cet acte.

Je n’aborde pas la dimension personnelle de ce choix. J’interroge le contexte propice à des passages à l’acte qui nous concernent tous. Ce suicide s’inscrit dans une suicidarité ambiante[1]

Les dérives du système économique, politique sont connues et signalées depuis longtemps. Nous y contribuons en répondant à l‘appel des sirènes du marché, nous élisons des politiques qui méconnaissent les alertes. Nous qualifions les cris des jeunes et des séniors[2] qui font le choix du suicide comme le résultat d’histoires personnelles qui se finissent mal, comme l’aboutissement de dépressions, de pathologies mentales, de glissements… si tout cela n’est pas faux, cela ne peut nous épargner un regard sur les modes de vie auxquels nous participons. 

Le « vivre ensemble » à besoin que nous nous attablions pour le redéfinir. Pour que nous soyons à même d’équiper nos jeunes à construire ce monde nouveau. Il se prépare dès l’école. Après la famille, elle est le premier lieu d’apprentissage de construction du lien, de préparation à exercer l’humanité dans notre environnement, notre économie, l’accès à toutes les richesses, à la culture, à la santé, la formation… 

Une gouvernance ascendante et non pas exclusivement descendante comme l’actuelle crise le dénonce. 

Ce qui « fait santé mentale », ce qui soigne c’est le lien. 

Nous voyons tous venir à grand pas les régimes autoritaires, les dictatures. Le « chacun pour soi » est le terreau des régimes fascisants, le mésusage des réseaux sociaux nous prépare à accueillir ces régimes, les politiques ne s’activent pas à créer ce nouveau monde, ils se (nous) préparent à des dépenses insurmontables pour rattraper l’ancien.

Dans ce contexte qui nous conduit dans le mur, d’autres cris « inaudibles » viendront nous secouer.

Les évoquer, seulement, comme des troubles de la santé mentale, 

les médicaliser participent à cette folle tentative de récupérer ce monde moribond. 

Luc Fouarge, 


[1] https://lucfouarge.com/2020/04/26/pour-en-sortir-parlons-de-cette-suicidarite-mondiale/

[2] Les deux catégories d’âge ou l’ont se suicide le plus