Co-contenir pour accompagner l’enfant TA

Les enfants de parents en souffrance ne montrent pas ce qu’ils sont.                    Ils montrent les compétences qu’ils ont développées pour « distraire » leurs parents de leurs souffrances… ce qu’ils reproduisent avec les éducateurs, les soignants.

C’est la qu’il devient indispensable d’accueillir, d’observer et d’élaborer des « protocoles » dans l’interdisciplinarité. La capacité contenante nait du succès de cette capacité d’un service d’assumer et de réussir cette rencontre où la contribution de chacune des personnes, chacune des professions est reconue comme nécessaire à la contenance du service. 

La contenance institutionnelle n’est pas l’addition des capacités de ses membres. Elle résulte d’une rencontre réussie des angles d’analyse, des références professionnelles et personnelles des personnes assises pour ensemble l’édifier. Rencontres productives si  elles se font sous l’égide de la tiercité circulante dans une culture d’équipe qui participe de l’intervision. Cette attitude d’engagement et de don qui permet de marcher cette parole : Tu peux voir de moi ce que je ne peux voir moi-même de moi et j’en accepte le cadeau que tu m’en fais.

L’incapacité de fonctionner dans ce processus de rencontre sera utilisée dans de stériles conflits dont les passes d’armes affirment les identités, les territoires, les personnalités … et affectent durablement la capacité contenante de l’institution. Mieux tu travailles, mieux je suis en mesure de développer mon potentiel soignant, serait la devise indispensable à la construction du soin en équipe.

Lire et décoder les troubles que présente un enfant sera efficient si l’équipe écoute et accueille avec bonneveillance les résonnances qui affleurent dans les lectures des uns et des autres. La déconstruction du rendement de ces troubles fait soin. Ce qui me fait dire que le passage de l’action éducative à la clinique éducative est directement proportionnel à l’écoute bienveillante qui reigne dans l’équipe. Humainement cet effort nécessite engagement et don. 

Il n’est possible de remercier l’enfant du dévouement à l’égard des siens que si le trouble qu’il manifeste est lu à travers ce prisme. Il n’y aura pas soin sans cette reconnaissance pour son sacrifice qu’il découvrira dans le climat d’une équipe. Elle lui représentera de nombreuses fois cette nouvelle compréhension de la vie sans entrer dans la symétrie. Il s’agit par ce travail collectif de protéger le soignant, de participer à l’invitation qui lui est faite de prendre la pose, le geste, la parole du parent qu’il tentait de distraire. 

Cette approche est caricatuellement visible dans l’accompagnement des troubles de l’attachement et des conduites abandonniques. Face à cet enfant qui tient la commande du siège éjectable, l’institution doit organiser le TENIR. Elle doit penser la capcité contenante dans l’anticipation. Elle ne peut s’engager dans ce défi de soin qu’assurée qu’elle ne lachera pas. Il n’est pas rare que pour réussir dans le TENR l’équipe ait besoin d’élargir sa capacité contenante avec le recours de partenariats, pré-établis avec des partenaires qui acceptent d’entrer en co-construction de cette nécessité thérapeutique. 

Un projet qui nécessite de l’engagement sur un protocole préconstruit à plusieurs de telle sorte que, même hors du lieu de résidence habituel, le jeune continue à expérimenter l’attachement indéfectible de ce lieu d’accueil.

Luc Fouarge

Cet article a été publié dans IMP 140, Protection de l' Enfance. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s