COVID, miroir de la société…

COVID, miroir de la société… et des institutions pour jeunes en difficultés

Bill Gates  « Nous ne sommes pas prêts pour la prochaine épidémie. Le plus grand risque de catastrophe à l’échelle de la planète ressemble [à un virus]. [Le plus grand risque] ce ne sont pas les missiles, mais les microbes« , avait-t-il déclaré en 2015

D’autres, … des scientifiques, avaient déjà lancé de telles alertes. 

Il n’est donc pas possible de se cacher derrière la surprise. La seule qui tient est celle du calendrier. Et donc la médecine comme les politiques savent depuis longtemps qu’il faudra aborder, tôt ou tard, cette crise que nous vivons aujourd’hui. Tout comme d’ailleurs la nécessité d’anticiper la réponse. Ainsi des équipements de protection, des lits en réanimation devaient être prévus dans une concertation mondiale. 

Les détendeurs de la finance, les états ne l’ont pas entendu…et pour cause, faire des stocks, créer des lits de réa en prévision d’une  crise…   immobilisent des fonds sans return. Pas beaucoup d’amateurs…

Nous-mêmes, sans doute aveuglés par le courant d’air de la consommation, courant derrière nos revenus, sous la pression de nos endettements, de l’illusion de la nécessité d’investir plus dans la modernité, sommes pris dans cette tornade dont tirent parti les financeurs qui se déchargent des questions éthiques.

Nous, avec eux, participons à un vaste mouvement de méconnaissances (processus actif et non conscient de non-connaissance) que nos appétits entretenus par le marché accentuent.

Psychologiquement, j’y vois une forme de suicidarité collective qui en arrière fond entretient cette dose d’angoisse sourde qui participe à cet aveuglement. Les taux de suicides, les dépressions, les états limites, les violences intrafamiliales sont autant de signaux d’alertes dont nous avons coupé les fils qui alimentent les témoins d’alertes.

Dans le secteur de l’accompagnement spécialisé d’enfants en difficultés psychologiques, des enfants sont placés pour les protéger . Les états d’humeur, d’inquiétudes, d’angoisses font souvent l’objet de  méconnaissances symétriques, conjointes côté jeunes, côté personnel. 

Il arrive que ce constat soit très aigu dans quelques-uns de ces services qui ont en partage avec les jeunes ce fort taux de méconnaissance. Les passages à l’acte y sont nombreux. Tant du côté des personnes qui y travaillent que du côté de celles qui y vivent. Les lieux et les temps d’élaboration sur ces manifestations de symptômes sont rares et pauvres. Un vécu de maltraitance rejaillit par phénomènes de cascade sur chacun.

Les tentatives d’y porter un regard sont dénigrées, disqualifiées, écartées. L’expression des craintes est qualifiée de parano. Ceci n’est possible que si tous participent à ce système malsain et dangereux. Les fonctions internes, direction, CA, cadres, syndicats, chacune des personnes dans son rôle et sa fonction partage  les mêmes « taches aveugles » qui ne permettent pas de voir le danger.

De l’extérieur, les inspections dites audits ne sont pas équipées pour faire une telle lecture de cette dynamique suicidaire. Il en est de même des autorités en charge des règles d’organisations du travail. Il y a donc peu d’extérieurs, peu d’exercice sde regards tiers, peu de tiércité. En effet, cette forme d’adhésion au système pourrait même être décrit positivement. 

Le propos que je vous tiens est refusé par les services de la catégorie. Ils sont sur la défensive, comme pour se protéger d’être éventuellement vus sous l’angle de cette analyse.

Ce type de service ne connait pas d’association de parents et/ou d’usagers susceptibles d’éclairer ce processus pathologisant. 

Une homéostasie, une forme d’équilibre qui s’inscrit dans un climat sociétal suicidaire. Elle va privilégier une lecture des troubles sous l’angle de la pathologie des jeunes accueillis. « Qui soigne qui ? »  pourrait être la conclusion de cette réflexion. La sortie est dans le miroir si on veut bien s’y regarder. Ce qui n’est possible que dans un climat de sécurité. Climat qui ne fait pas l’objet de soin ni de l’externe, ni de l’interne de ces institutions.

Ouf, fort heureusement, je vous précise que ce constat ne peut en aucun cas être généralisé…mais les questions qu’il pose pourront être revisitées. Et, j’en connais, qui ne tireront aucun bénéfice de la lecture de cette réflexion.

Luc Fouarge

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