La jeunesse s’époumone dans la rue… on l’ étouffe

On est tous d’accord, le rapport qu’entretiennent les humains avec la nature est à l’origine de ces désastres qui nous menacent; climat, virus, économie, politique, guerres, rapports Nord-Sud…

Des cris des jeunes dans la rue … aux masques qui les font taire…tout cela est allé si vite.

Cette image de ces personnes qui se font refouler sur les quais d’Ostende, celle des jeunes qui se réunissent en masse à Flagey à la fermeture des bistrots, ces familles qui attendent les leurs coincés en Afrique du nord, les politiques qui se querellent avec les experts, les experts qui se contredisent, les politiques qui instrumentalisent la crise sanitaire, les réfugiés s’étouffent en avalant  la méditerranée et ceux qu’on chasse des quais de Paris et de Calais, les glaciers qui menacent les familles qui habitent à leur pied ….tout cela est devenu une réalité misérable et anxiogène, mondiale, dont je ne vois pas venir la fin. Et la peur couve, parfois explose et les « Grands » semblent en refuser la mesure. 

Nous suivons le joueur de flûte….nous sommes à quelques pas de la falaise dont nous n’ignorons pas l’existence. Mais nous y allons… feignant d’ignorer, ou ignorant que nous sommes embarqués dans une suicidarité mondiale, on y va… malgré les printemps arabes, malgré les défilés des collégiens durant les heures d’école. 

Ceci est aussi un objet de la santé mentale…trop individualiste. Elle ne contextualise pas suffisamment, elle n’est pas assez systémique. Et surtout, le monde de la santé mentale n’est pas politisé à la hauteur des enjeux qu’elle affronte. 

L’organisation sociétale, l’emprise de l’économie, la légèreté des politiques sur les questions environnementales et sanitaires, l’accès aux loisirs et à la culture, les démissions sur les questions du long terme, les inégalités et injustices… cette atmosphère lourde qui remplit nos poumons, notre coeur, notre esprit sont de nature à pousser les plus fragiles dans les couloirs de la souffrance mentale. Les actions sur les quartiers, la qualité des liens, le vivre ensemble…sont trop peu reconnues et soutenues par les autorités, si peu secouées, éclairées sur ces questions par les intervenants psy. Centré sur une clinique individuelle, avec des risques de médicalisation la santé mentale fait du replis stratégique sur des missions trop étroitement définies. Et, paradoxe, l’éducation et la culture pousse vers la santémentalisation des  » mal-être » du quotidien ? Notre culture vire du côté de la déliaison, du désengagement, du dédouanement. On refait régulièrement les débats sur l’éthique, mais on ne les marche pas suffisamment.

Toutes ces analyses sont connues. B ientôt centenaire, E. Morin nous fait des propositions. Elles sont écologiques, politiques, économiques, philosophiques, démocratiques…

Il serait bon que les élus, les candidats, les militants, ceux qui croient encore que c’est possible, ceux qui vacillent au bord de la falaise, lisent et s’approprient les directions que ce sage nous propose dans « Changeons de voie, les leçons du coronavirus » sorti en juin 20 chez Denoel.  

Luc Fouarge

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