Ecole et santé mentale par temps de covid

Nous puisons dans nos réserves…si nous ne nous exprimons pas. 

Les psy savent que se retenir mobilise plus d’énergie que de s’exprimer. 

C’est d’ailleurs une des pistes de compréhension de la dépression, retenir la colère conduit à l’épuisement. Ce processus inconscient se repère à l’irritation de l’entourage.

Phénomène nommé « exportation des émotions »

S’ajoute que les enfants durant longtemps protègent la source des réponses à leurs besoins, ils « protègent » leurs parents en  taisant ces émotions qui pourraient en ajouter au stress de leurs parents, ce qui se repèrera par du retrait ou de l’agitation.

Le tout baigne dans un climat d’insécurité, les politiques trainent à affronter, réguler l’économie « sauvage » à l’origine des alertes du GIEC. Discours relayés par de grands adolescents, de jeunes adultes et des grands-parents. 

Le réchauffement climatique et bien d’autres dérives fatiguent les esprits. Et nous suivons le joueur de pipeau qui conduit la population vers la fatigue d’ « être soi ». 

Le terreau riche des GAFA.

Pour ne pas aller nous jeter du haut de la falaise :

  • Nous avons pris soins de nos soignants. Nous leur avons clamé notre gratitude. Aujourd’hui, nous protégeons notre système de soins en respectant depuis un an les mesures de distanciation et d’hygiène qui libèrent peu à peu les services de réanimation.
  • La prochaine étape consiste à mettre en place un « processus contenant », qui autorise l’accueil des émotions les plus morbides, sordides que vit le personnel de l’éducation. Un accueil qui soit modèle de cette expression qu’il faut reproduire dans la classe, premier lieu d’individuation. Un climat qui autorise et soutient l’expression des peurs, des colères, des idées noires de nos enfants dont je vous disais le risque qu’ils protègent leurs parents.

Une destinée soignante qui n’était pas la vocation de l’école. Des relations humaines emballées dans le prendre soin de l’autre. Ceci nécessite que les autorités, liées à l’éducation, proposent un accompagnement des enseignants entre eux et avec le personnel des services ambulatoires de santé mentale, pour autant qu’on leur en donne les moyens, de sorte qu’ils ouvrent les portes de l’usage du verbe pour accueillir l’émotion et ainsi rendre les esprits disponibles.

  • Une école, une classe vecteur de valeurs humaines qui anticipe sur cette nécessité de créer un monde nouveau. Relançons la culture de la communauté éducative, celle où enseignants, parents, PO parlent ensemble des objectifs de formation de nos enfants… pour quelle société ?

Nos enfants qui demain agiront pour faire vivre ce monde nouveau que nous réfléchissons ensemble. Un vaste mouvement d’expression dans la bonneveillance , dans lequel parents et enseignants s’offrent à être le tiers de l’autre et ainsi,  mieux se mettre à l’écoute de l’indicible qui ronge nos enfants.  La libération de la parole par Mmes Kouchner et Brasilliers mettent en avant que près d’un tiers des enfants sont concernés de près ou de loin par les questions indicibles qu’enterre l’inceste. 

Luc

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Un commentaire pour Ecole et santé mentale par temps de covid

  1. lucfouarge dit :

    De Anne Dugast, autrice et enseignante retraitée …Pour ce qui est de l’éducation, de l’enseignement, du rôle des institutions : il me semble que les enseignants sont conscients des difficultés et dangers que tu pointes, qu’ils ont peut-être en effet l’impression d’être démunis, ou pas bien formés, ou pas autorisés par la hiérarchie, ou…
    Un enfant battu, victime de violences sexuelles, déchiré entre ses 2 parents divorcés, mais silencieux car protecteur, ça se voit forcément si on sait regarder. alors, comment apprendre à regarder si ce n’est en en parlant ensemble, en mettant en commun des observations ? Pour cela, je peux encore me référer à ce que je connais bien et que j’ai beaucoup pratiqué, à savoir l’écriture, des ateliers d’écriture pour les enseignants… Ce n’est pas la panacée, ce n’est pas le seul moyen, c’est un outil parmi d’autres. La force de l’écriture, la libératipn de la parole à travers l’écrit, et puis l’échange en groupe des différents écrits, cela peut avoir un impact inattendu et phénoménal !
    L’autre étape peut être aussi un atelier d’écriture avec les enfants. Je peux témoigner que ça marche, que les résultats sont incroyables, spectaculaires ! Les enfants se confient, s’expriment et peuvent regarder à distance ce qu’ilqs vivent au quotidien, prendre du recul, et donc en parler…

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