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Protection de l' Enfance

La Protection de l’enfance est en danger

« La Protection de l’enfance est en danger »

                                                                                    3 réponses  

1 – Le « care »

2 – Le « care »

3 – Le « care »

« La Protection de l’enfance est en danger » titre le rapport du CESE

Des préconisations justes, nécessaires, redites ! 

On y évoque les TS, plus loin… rien de nouveau. 

Le courage serait : « Les TS, d’abord ! » Le B.A. BA

Il est illusoire de réussir le pari de l’« impossible éducatif » si cet adage n’est pas posé au frontispice de la protection de l’enfance, que nous soyons acteurs de la Justice, du département, de la santé mentale, de l’école…

Ce postulat que je pose n’est ni plus ni moins celui qui sou tend la relation d’aide.

N’est-ce pas la règle éthique première de nos métiers. Le « care » en direction de l’équipe.

La question de « prendre soin », le « care » est d’abord celle du service ou de l’institution prestatrice, elle est aussi celle de chacun d’entre nous, JE, TS, Psy, Médecin, Enseignant…

Hélas, cette priorité ne trouve pas sa place dans les textes. Les quelques fois où elle est abordée dans un projet de service, c’est dans les derniers paragraphes, alors qu’elle devrait être posée au-dessus de l’édifice.

Une culture du soin qui demande à être déclinée, soutenue, exercée. Les connaissances techniques sont insuffisantes pour créer la « contenance » indispensable dont ont besoin le TS, le jeune et sa famille. Cette capacité contenante passe par le soin que l’équipe s’accorde à elle-même, soutenue en cela par ses cadres, eux-mêmes membres de l’équipe.

Nous parlons d’enfants en danger qui ont déjà un pied dans le trauma, déjà meurtri psychologiquement. On n’est pas allé à leurs rencontres avant que la situation familiale se dégrade, les inquiétudes et angoisses sont déjà là, parfois même déjà inscrites durablement en symptômes. Ce qui place en première intention la réponse ad hoc à la souffrance, « dite » ou pas, mesurable ou pas… les mécanismes de résistances, souvent dommageables même s’il nous faut accepter qu’ils furent nécessaires pour la survie.

Nous sommes tous acteurs de soin dans une transversalité qui adopte :  mieux le partenaire réussit, mieux, je réussis. 

Dès lors que le regard du jeune se porte sur moi, il tente de savoir jusqu’où il devra se sur adapter, ou, s’il va pouvoir déposer. Êtes-vous « contenants » ? Puis-je vous dire toutes mes émotions, les plus horribles aussi, serez-vous capable de les entendre, vous défilerez-vous, repasserez-vous la patate chaude à quelqu’un d’autres ? Êtes-vous psychologiquement prêts à supporter mes douleurs, les banaliserez-vous pour vous apaiser et rendre votre action plus supportable, dois-je avec vous méconnaitre mon état pour ne pas perdre le brin d’espoir que vous m’annoncer ? Mais n’est-ce pas dangereux pour moi et pour les miens ?

Ces instants où l’on se jauge, jeunes, familles, partenaires nous remuent. Nous le savons et si notre équipe nous accompagne dans la « métabolisation » de ces remous, nous en sortirons, nous serons en position d’agir dans le prendre soin. Si nous l’« ignorons », et que notre équipe regarde ailleurs et nous mettons un pied en direction du burnout, y entrainant l’enfant.

Cette règle de l’éthique du TS, doit être portée par l’institution qui donne des temps de travail d’équipe suffisants, « contenus », respectueux est la condition nécessaire de l’élaboration du « care ». Sans cela, chacun y va avec ses gros sabots, ses propres mécanismes de défense, ses résonances comme nous l’avons vu dans le film « Rien à perdre » de Delphine Doliget et entre dans un combat qui pourrait bien durer des années (durée moyenne de placement de plus de 7 ans) ou se terminer après de longs processus d’escalades qui parfois se terminent par des catastrophes. (Somatisations, suicides et meurtres)

Je passe un peu rapidement sur cette analyse de la pratique du TS dans laquelle œuvrent aujourd’hui des personnes qui en trop grand nombre partiront demain pour un autre boulot ou pour un burnout. Confirmant au passage les troubles de l’attachement que connaissent la plupart de ces enfants. C’est la perte de sens, l’inadéquation entre l’accompagnement et le travail de « reporting » qui conduit à ce désastre de la protection de l’enfance. Les constats de difficultés de recrutement en sont la conséquence et comme le chat se mord la queue, l’état de santé des TS en sont, avec le manque de reconnaissance, le salaire,… la cause.

Soigner la protection de l’enfance doit donc commencer par le début, former les cadres pour qu’ils soient en mesure d’élargir la capacité contenante de leurs collaborateurs. Il est constaté que cette catégorie d’employés des services et des institutions est aussi en difficultés que les TS.

Je vous invite à cet effort d’empathie particulier. Que pense-t-il de comment il est pensé cet enfant qui se voit envisager par une personne pressée qui semble porter toute la misère du monde, est-il coupable de ce regard ? Il ne s’est rien dit et le renversement s’opère de la même façon que ce qu’ils connurent dans le milieu d’origine. Ces enfants ne sont-ils pas souvent empêtrés dans des problématiques de parentification. Et voilà qu’il leur faudrait prendre le TS en charge.

CESE : Conseil économique, social et environnemental

Contenance : tu es le bienvenu avec toutes tes émotions, fussent-elles suicidaires et/ou homicidaires, et je ne partirai pas.

Luc Fouarge

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