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Protection de l' Enfance

Le temps des pros, le temps du public

L’indignation s’achève dans l’action. Communications, rencontres… un « atelier Mots » qui soutient, contient, libère, déclenche et permet une prise en main par la personne de sa dignité. Une efficacité qui Fleury si les pros ne s’enlisent pas dans le ressentiment. Cela devient soin tant pour les pros que pour le public. Une éthique du soin. Cynthia Fleury, encore elle, nous dit : Le soin est un humanisme.

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Société

de l’origine de la gloire de Trump… et compères

Ma réflexion porte sur les résonances entre le personnage de Trump et une attente inconsciente de la population. Il a saisi cette faille du public grâce à ces années d’animateur TV… et Musk, est également un champion

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Empathie et soin

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Santiago, enlevé ?

Santiago.

Les parents en avaient toujours la garde, retrouvé, langé, biberonné, ayant pris du poids… Que s’est-il passé, ou pas, entre l’hôpital et les parents avant qu’ils ne l’emmènent ?
Dans les heures qui suivent son départ de l’hôpital, les médias, Justice et police parlent d’enlèvement.
Que s’est-il passé après l’accouchement ? Comment se sont-ils parlé, personnel hospitalier et parents… jusque là, je n’en sais rien, mais je sais que dans une partie de la population, l’évocation d’une aide par les services sociaux est vécue comme une menace, un pas dans la direction du retrait de l’enfant de sa famille, ce qui immanquablement est ressenti comme un enlèvement.
J’ai rencontré des familles luttant pour récupérer la garde de leur enfant, à la suite d’une demande de soutien par la famille.
J’ai aussi rencontré des parents, parfois un peu rustres, dans la façon d’exprimer leurs inquiétudes. Réactions tout de suite classifiées comme de l’hostilité à l’égard des services et un refus de se faire aider. Le « risque de danger » s’appuyant alors sur la peur de l’intervenant social. À l’analyse, on retrouve comme point commun entre ces situations de placement la solitude du TS. C’est une des thèses défendues par la réalisatrice @DelphineDoliget, dans « Rien à perdre ».
L’absence de triangulation, c’est donc l’institution de protection qui est la cause de placements abusifs. Il faut des mois, parfois plus, pour qu’un moment de honte, du service, passe… et le placement perdure. Il ne peut que se vivre dans la colère, dans ce cas, il ne soigne pas, il détruit.

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Mécanismes défentiels et collectif d’accueil

Accompagner des enfants, des adultes avec des troubles du comportement expose les intervenants à se faire toucher dans des zones d’ombre de leur personnalité. Processus normal, difficile à vivre qui rend ce professionnel dépendant de son équipe pour en prendre conscience. Quand ce n’est pas le cas, une réponse sur le mode action/réaction est très probable. Parfois, cette forme d’aveuglement s’empare de toute une équipe, voir d’un service. Ce qui indigne le tiers s’est petit à petit installé en système.

Rien d’anormal toujours. Ce qui le devient, c’est que cette réalité institutionnelle reste en l’état, ne fait pas l’objet d’un travail d’analyse à l’interne ou avec l’aide d’un superviseur. Le service devient vite complémentaire des « pathologies » des personnes accueillies, qui ont tout loisir d’y pêcher des confirmations toxiques de l’image qu’elles ont d’elles-mêmes.

Une complémentarité qui n’est évitée que si la culture institutionnelle permet et soutient ce que les analystes transactionnels décrivent de la confrontation[1] saine. 

Hors de cette culture d’entreprise la personne qui s’autorise une telle attitude, indispensable à la construction d’une clinique éducative, est perçue comme le sont souvent les lanceurs d’alerte, menaçant l’équilibre du service. L’équipe se protège plus   que les personnes accueillies.

Devenu « lanceur d’alerte » cette personne menaçante pourrait bien faire l’objet d’une inquisition, d’une mise en lumière de ses failles. Elle pourrait bien renoncer à sa démarche, toute salutaire qu’elle soit pour sauver sa peau.

Processus qui « satisfait » l’équipe et leurs encadrants. Les premiers cachant leur inertie, les seconds reculant face au manquement, à la violence dénoncée. Le message empathique dudit lanceur d’alerte dévie les uns et les autres de réalités désagréables, insupportables.

J’observe ces dérives, ces dérapages dans les services où les valeurs d’engagement, de courage sont ringardisées, on y dit même qu’elles sont des instruments d’exploitation des « boites[2] ». L.F.


[1] Confrontation saine : je te donne à voir de toi ce que tu ne peux voir de toi-même, je t’en fais cadeau.

[2] Boite : vocabulaire largement utilisé dans des services perdent le sens de « prendre soin ». 

   Les personnes accueillies doivent alors se résoudre à se faire mettre en boite, les soignants s’adressent             à des objets. Une déshumanisation qui « autorise » la « chosification » des personnes ou enfants accueillis.

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L’eau se rebiffe

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La Protection de l’enfance est en danger

« La Protection de l’enfance est en danger »

                                                                                    3 réponses  

1 – Le « care »

2 – Le « care »

3 – Le « care »

« La Protection de l’enfance est en danger » titre le rapport du CESE

Des préconisations justes, nécessaires, redites ! 

On y évoque les TS, plus loin… rien de nouveau. 

Le courage serait : « Les TS, d’abord ! » Le B.A. BA

Il est illusoire de réussir le pari de l’« impossible éducatif » si cet adage n’est pas posé au frontispice de la protection de l’enfance, que nous soyons acteurs de la Justice, du département, de la santé mentale, de l’école…

Ce postulat que je pose n’est ni plus ni moins celui qui sou tend la relation d’aide.

N’est-ce pas la règle éthique première de nos métiers. Le « care » en direction de l’équipe.

La question de « prendre soin », le « care » est d’abord celle du service ou de l’institution prestatrice, elle est aussi celle de chacun d’entre nous, JE, TS, Psy, Médecin, Enseignant…

Hélas, cette priorité ne trouve pas sa place dans les textes. Les quelques fois où elle est abordée dans un projet de service, c’est dans les derniers paragraphes, alors qu’elle devrait être posée au-dessus de l’édifice.

Une culture du soin qui demande à être déclinée, soutenue, exercée. Les connaissances techniques sont insuffisantes pour créer la « contenance » indispensable dont ont besoin le TS, le jeune et sa famille. Cette capacité contenante passe par le soin que l’équipe s’accorde à elle-même, soutenue en cela par ses cadres, eux-mêmes membres de l’équipe.

Nous parlons d’enfants en danger qui ont déjà un pied dans le trauma, déjà meurtri psychologiquement. On n’est pas allé à leurs rencontres avant que la situation familiale se dégrade, les inquiétudes et angoisses sont déjà là, parfois même déjà inscrites durablement en symptômes. Ce qui place en première intention la réponse ad hoc à la souffrance, « dite » ou pas, mesurable ou pas… les mécanismes de résistances, souvent dommageables même s’il nous faut accepter qu’ils furent nécessaires pour la survie.

Nous sommes tous acteurs de soin dans une transversalité qui adopte :  mieux le partenaire réussit, mieux, je réussis. 

Dès lors que le regard du jeune se porte sur moi, il tente de savoir jusqu’où il devra se sur adapter, ou, s’il va pouvoir déposer. Êtes-vous « contenants » ? Puis-je vous dire toutes mes émotions, les plus horribles aussi, serez-vous capable de les entendre, vous défilerez-vous, repasserez-vous la patate chaude à quelqu’un d’autres ? Êtes-vous psychologiquement prêts à supporter mes douleurs, les banaliserez-vous pour vous apaiser et rendre votre action plus supportable, dois-je avec vous méconnaitre mon état pour ne pas perdre le brin d’espoir que vous m’annoncer ? Mais n’est-ce pas dangereux pour moi et pour les miens ?

Ces instants où l’on se jauge, jeunes, familles, partenaires nous remuent. Nous le savons et si notre équipe nous accompagne dans la « métabolisation » de ces remous, nous en sortirons, nous serons en position d’agir dans le prendre soin. Si nous l’« ignorons », et que notre équipe regarde ailleurs et nous mettons un pied en direction du burnout, y entrainant l’enfant.

Cette règle de l’éthique du TS, doit être portée par l’institution qui donne des temps de travail d’équipe suffisants, « contenus », respectueux est la condition nécessaire de l’élaboration du « care ». Sans cela, chacun y va avec ses gros sabots, ses propres mécanismes de défense, ses résonances comme nous l’avons vu dans le film « Rien à perdre » de Delphine Doliget et entre dans un combat qui pourrait bien durer des années (durée moyenne de placement de plus de 7 ans) ou se terminer après de longs processus d’escalades qui parfois se terminent par des catastrophes. (Somatisations, suicides et meurtres)

Je passe un peu rapidement sur cette analyse de la pratique du TS dans laquelle œuvrent aujourd’hui des personnes qui en trop grand nombre partiront demain pour un autre boulot ou pour un burnout. Confirmant au passage les troubles de l’attachement que connaissent la plupart de ces enfants. C’est la perte de sens, l’inadéquation entre l’accompagnement et le travail de « reporting » qui conduit à ce désastre de la protection de l’enfance. Les constats de difficultés de recrutement en sont la conséquence et comme le chat se mord la queue, l’état de santé des TS en sont, avec le manque de reconnaissance, le salaire,… la cause.

Soigner la protection de l’enfance doit donc commencer par le début, former les cadres pour qu’ils soient en mesure d’élargir la capacité contenante de leurs collaborateurs. Il est constaté que cette catégorie d’employés des services et des institutions est aussi en difficultés que les TS.

Je vous invite à cet effort d’empathie particulier. Que pense-t-il de comment il est pensé cet enfant qui se voit envisager par une personne pressée qui semble porter toute la misère du monde, est-il coupable de ce regard ? Il ne s’est rien dit et le renversement s’opère de la même façon que ce qu’ils connurent dans le milieu d’origine. Ces enfants ne sont-ils pas souvent empêtrés dans des problématiques de parentification. Et voilà qu’il leur faudrait prendre le TS en charge.

CESE : Conseil économique, social et environnemental

Contenance : tu es le bienvenu avec toutes tes émotions, fussent-elles suicidaires et/ou homicidaires, et je ne partirai pas.

Luc Fouarge

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Pour aller mieux, les jeunes ont besoin

Les acteurs de santé mentale doivent porter leur regard sur le contexte. Et désigner le contexte politique… une façon de rendre à César… c’est déjà un soulagement.

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Les fossoyeurs – les ogres

En Belgique les services en ASBL, agréés et subventionnés sont soumis à des évaluations externes par l’administration AVIQ. Le renouvellement d’agrément périodique se fait en partie suite à ces inspections. Les services agréés, mais non subventionnés, sont « contrôlés » trop légèrement. Les autorités de France et de Belgique semblent se faire des politesses malgré les nombreuses rencontres entre elles. De part et d’autre, il convient de réfléchir à une obligation de structure juridique des opérateurs en ASBL et en association LOI 1901. Forme juridique qui impose des règles précises sur les dépenses admissibles. En arrière-fond, une philosophie de ce type d’organismes s’impose. Elle doit être lisible et entrer dans les clous fixés par la loi. Les SA et autres formes de sociétés commerciales ne devraient pas être autorisées à « offrir » ce type de prestations.

https://www.lavenir.net/actu/belgique/politique/2024/09/18/maltraitance-de-personnes-handicapees-francaises-en-wallonie-le-ministre-coppieters-va-rencontrer-son-homologue-francais-DWAVCRHHRZF6VHX3GNAFMPHCLA/

https://www.lefigaro.fr/actualite-france/handicapes-francais-accueillis-en-belgique-un-rapport-de-la-cour-des-comptes-pointe-des-maltraitances-20240917

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Pourquoi mes éducateurs crient… !

Pourquoi mes éducateurs crient… !

Ils crient plutôt qu’ils ne parlent, ils humilient, parfois frappent…. « Elle se pisse dessus pour me faire chier » … le métier d’éducateur, régulièrement exercé sans formation, tombe parfois bien bas.

Des observations d’intervenants dans des services destinés à l’accompagnement de personnes porteuses d’un handicap mental et/ou psychique. 

Cela n’est évidemment pas soutenu par l’institution… mais voilà, les yeux et les oreilles se détournent de ces horreurs que subissent les personnes au quotidien. Parfois, les humiliations prennent des détours par une décision d’équipe. 

Ex : la question venue sur la table est la fréquence des wc bouchés par un mésusage du papier toilette. Il est décidé que les éducateurs distribueront quelques feuilles de PQ quand la personne le demande.  Le nombre de feuilles devient objet de pouvoir et de tyrannie. Bien davantage encore quand on sait que les distributeurs de savon pour les mains ne sont pas remplacés. 

Cette quotidienneté de bains d’humiliations dont je m’empresse de signaler qu’elle n’est pas généralisée,s’exerce sous le regard des collègues qui n’ont rien vu, rien entendu. Ou plutôt, un climat général, d’hostilité à l’égard de l’institution dans laquelle on se parle peu, on s’écoute encore moins et surtout où on évite de se frotter.

  • Quel besoin de l’éducateur est impensé pour qu’il opère comme par vengeance, sans trop le savoir sans doute ? 
  • Quelle dynamique silencieuse, de méconnaissance, de déni opère dans cette institution devenue, peut-être, trop grande ? 
  • Comment une telle quotidienneté confirme-t-elle la personne dans le non-savoir, dans la soumission, se réjouissant presque de réussir à maintenir toute une institution dans l’homéostasie ?
  • Les moyens disponibles pour les organismes d’évaluation internes et externe ne semblent pas atteindre ces strates d’(in)humanité sont-ils à la mesure des soins que méritent les personnes niées dans leurs besoins essentiels ?

L’impensé conduit à l’impensable. La place de l’éducateur, accompagnateur… chatouille chez celui-ci des émotions d’une large palette qui va de l’amour à la haine. Il entre en relation avec les émotions cachées, celles qui le conduisaient au silence, celles aussi qui furent survalorisées. Il y arrive par choix, avec amour. Il y arrive par dépit avec cette dose de haine qu’il n’a pas fini de métaboliser. 

Il rencontre des équipiers, il y rencontre des personnes. Et voilà que des scènes actuelles en rejouent de plus anciennes, oubliées, tirent sur l’élastique relié à des émotions tues qu’il prend en pleine figure. Et cette figure, il se doit de la garder « honorable ». Là se ferme le piège de l’entrée dans les indignités qu’il fait subir. 

Ce qu’il ne peut voir de lui, l’équipe le peut. Mais, parfois, elle n’équipe pas son coéquipier de la fonction tiersindispensable à l’exercice de ce métier. Ce moment particulier où le team détourne le regard, par frilosité, par « respect », par bienséance.

Dans un team où la culture valorise une certaine proximité comme condition première d’élaboration du soin, il est autorisé, suggéré même, que ce rôle de l’équipe est, sincèrement, la première de ses tâches. Une culture du « Moi, d’abord » comme sujet de l’attention portée par les autres et qui devient le passage obligé de la métabolisation des émotions les plus difficiles, envahies de celle d’un autre temps. Il faut un pilote formé, du regard sur une éthique professionnelle qui pose l’éducateur comme sujet bienvenu avec toutes ses émotions. Cette approche « intervisionnelle » devra peut-être se poursuivre avec une aide externe à l’institution. 

L’éducateur, comme tout intervenant en institution de soin et d’accompagnement, est porteur d’une histoire qui lui est propre, lieu de résonance avec les freins, les arrêts de développement des personnes. Cette forme de quête non consciente d’accordage sur le non-changement, ce qu’on nomme homéostasie.  Une recherche dans laquelle intervenant et personnes sont acteurs de quelque chose qui leur échappe. Là où chacun finit par rejouer ces vieilles scènes qui confirment la pertinence de vieilles « décisions », nées de « croyances » familiales et de tentatives de répondre à la question de comment se faire aimer. C’est en partie cela qui nous conduit à exercer ces métiers. Là, n’est pas le problème. Que du contraire, trouver le lieu où peuvent se dire, sans se faire démonter, les pires horreurs que l’on souhaiterait aux personnes permet à l’équipe de grandir et à l’éducateur de se libérer d’entraves à sa propre évolution. Il nait de la méconnaissance de cette mécanique psychologique, peut-être même du refus d’en faire un objet de travail premier et indispensable pour contenir la personne en proie à des peurs limitantes.

Tel éducateur répond plus facilement que d’autres aux « invitations » de porter sur ses épaules la tête d’une figure du passé de la personne… elle put être maltraitante. 

L’équipe s’en aperçoit et dans l’éthique que je suggère, comme déjà dit, elle place ce sujet de travail en haut des ordres du jour des réunions d’équipe. Penser l’émotion, trouver la réponse au besoin sous-jacent et protéger les personnes et l’éducateur.

Lorsque cet accrochage, aussi néfaste pour la personne que pour l’éducateur, devient caisse de résonance d’anciennes torpeurs, c’est l’institution qui doit se mettre à penser les silences dominants en son sein. Elle est, à travers ces cadres, porteuse des règles éthiques qui garantissent l’élaboration du soin. 

Beaucoup de ces services ont une parole confisquée par des états d’humeurs belliqueux. Une forme de résistance à laquelle, chacun, toutes les instances contribuent pour la paix… mais laquelle ? et avec quel impact sur les personnes ? 

Le quotidien devient éprouvant pour chacun et le conflit s’est érigé en rempart contre cette interpellation à peine dite par les personnes dont on ne sait pas assez le pourquoi du comment de leur choix « scénarique ».

Cette force de méconnaissance (processus non conscient de non-connaissance) se repère bien au-delà de nos services, n’est-ce pas ce « cancer-là » qui conduit notre monde des humains vers des catastrophes prévisibles et bien documentées. 

Questionner ce qui est moteur de Joies dans le service, pour les intervenants et pour les personnes est la question globale à déplier. Culturellement, est-elle bienvenue ? 

L’évaluation d’un service est faiblement activée par les démarches qualités. Une norme ISO ne titille pas cette question sur lesquelles toutes les instances devraient voir, comprendre les violences qui s’exercent dans un silence presque complice des personnes. Complicité qui échappe aux évaluateurs des services de subvention. Chiffres, taux, statistiques, procédures… si on y reste figé, font de ces évaluateurs des complices, bien malgré eux. 

Il convient donc de définir quels sont les signes, joies ou silences, vie ou apparence de tranquillité… le débat devrait s’ouvrir entre évaluateurs, personnes et personnel. 

Luc Fouarge