L’indignation s’achève dans l’action. Communications, rencontres… un « atelier Mots » qui soutient, contient, libère, déclenche et permet une prise en main par la personne de sa dignité. Une efficacité qui Fleury si les pros ne s’enlisent pas dans le ressentiment. Cela devient soin tant pour les pros que pour le public. Une éthique du soin. Cynthia Fleury, encore elle, nous dit : Le soin est un humanisme.
Catégorie : Protection de l’ Enfance
Empathie et soin
Accompagner des enfants, des adultes avec des troubles du comportement expose les intervenants à se faire toucher dans des zones d’ombre de leur personnalité. Processus normal, difficile à vivre qui rend ce professionnel dépendant de son équipe pour en prendre conscience. Quand ce n’est pas le cas, une réponse sur le mode action/réaction est très probable. Parfois, cette forme d’aveuglement s’empare de toute une équipe, voir d’un service. Ce qui indigne le tiers s’est petit à petit installé en système.
Rien d’anormal toujours. Ce qui le devient, c’est que cette réalité institutionnelle reste en l’état, ne fait pas l’objet d’un travail d’analyse à l’interne ou avec l’aide d’un superviseur. Le service devient vite complémentaire des « pathologies » des personnes accueillies, qui ont tout loisir d’y pêcher des confirmations toxiques de l’image qu’elles ont d’elles-mêmes.
Une complémentarité qui n’est évitée que si la culture institutionnelle permet et soutient ce que les analystes transactionnels décrivent de la confrontation[1] saine.
Hors de cette culture d’entreprise la personne qui s’autorise une telle attitude, indispensable à la construction d’une clinique éducative, est perçue comme le sont souvent les lanceurs d’alerte, menaçant l’équilibre du service. L’équipe se protège plus que les personnes accueillies.
Devenu « lanceur d’alerte » cette personne menaçante pourrait bien faire l’objet d’une inquisition, d’une mise en lumière de ses failles. Elle pourrait bien renoncer à sa démarche, toute salutaire qu’elle soit pour sauver sa peau.
Processus qui « satisfait » l’équipe et leurs encadrants. Les premiers cachant leur inertie, les seconds reculant face au manquement, à la violence dénoncée. Le message empathique dudit lanceur d’alerte dévie les uns et les autres de réalités désagréables, insupportables.
J’observe ces dérives, ces dérapages dans les services où les valeurs d’engagement, de courage sont ringardisées, on y dit même qu’elles sont des instruments d’exploitation des « boites[2] ». L.F.
[1] Confrontation saine : je te donne à voir de toi ce que tu ne peux voir de toi-même, je t’en fais cadeau.
[2] Boite : vocabulaire largement utilisé dans des services perdent le sens de « prendre soin ».
Les personnes accueillies doivent alors se résoudre à se faire mettre en boite, les soignants s’adressent à des objets. Une déshumanisation qui « autorise » la « chosification » des personnes ou enfants accueillis.
« La Protection de l’enfance est en danger »
3 réponses
1 – Le « care »
2 – Le « care »
3 – Le « care »
« La Protection de l’enfance est en danger » titre le rapport du CESE
Des préconisations justes, nécessaires, redites !
On y évoque les TS, plus loin… rien de nouveau.
Le courage serait : « Les TS, d’abord ! » Le B.A. BA
Il est illusoire de réussir le pari de l’« impossible éducatif » si cet adage n’est pas posé au frontispice de la protection de l’enfance, que nous soyons acteurs de la Justice, du département, de la santé mentale, de l’école…
Ce postulat que je pose n’est ni plus ni moins celui qui sou tend la relation d’aide.
N’est-ce pas la règle éthique première de nos métiers. Le « care » en direction de l’équipe.
La question de « prendre soin », le « care » est d’abord celle du service ou de l’institution prestatrice, elle est aussi celle de chacun d’entre nous, JE, TS, Psy, Médecin, Enseignant…
Hélas, cette priorité ne trouve pas sa place dans les textes. Les quelques fois où elle est abordée dans un projet de service, c’est dans les derniers paragraphes, alors qu’elle devrait être posée au-dessus de l’édifice.
Une culture du soin qui demande à être déclinée, soutenue, exercée. Les connaissances techniques sont insuffisantes pour créer la « contenance » indispensable dont ont besoin le TS, le jeune et sa famille. Cette capacité contenante passe par le soin que l’équipe s’accorde à elle-même, soutenue en cela par ses cadres, eux-mêmes membres de l’équipe.
Nous parlons d’enfants en danger qui ont déjà un pied dans le trauma, déjà meurtri psychologiquement. On n’est pas allé à leurs rencontres avant que la situation familiale se dégrade, les inquiétudes et angoisses sont déjà là, parfois même déjà inscrites durablement en symptômes. Ce qui place en première intention la réponse ad hoc à la souffrance, « dite » ou pas, mesurable ou pas… les mécanismes de résistances, souvent dommageables même s’il nous faut accepter qu’ils furent nécessaires pour la survie.
Nous sommes tous acteurs de soin dans une transversalité qui adopte : mieux le partenaire réussit, mieux, je réussis.
Dès lors que le regard du jeune se porte sur moi, il tente de savoir jusqu’où il devra se sur adapter, ou, s’il va pouvoir déposer. Êtes-vous « contenants » ? Puis-je vous dire toutes mes émotions, les plus horribles aussi, serez-vous capable de les entendre, vous défilerez-vous, repasserez-vous la patate chaude à quelqu’un d’autres ? Êtes-vous psychologiquement prêts à supporter mes douleurs, les banaliserez-vous pour vous apaiser et rendre votre action plus supportable, dois-je avec vous méconnaitre mon état pour ne pas perdre le brin d’espoir que vous m’annoncer ? Mais n’est-ce pas dangereux pour moi et pour les miens ?
Ces instants où l’on se jauge, jeunes, familles, partenaires nous remuent. Nous le savons et si notre équipe nous accompagne dans la « métabolisation » de ces remous, nous en sortirons, nous serons en position d’agir dans le prendre soin. Si nous l’« ignorons », et que notre équipe regarde ailleurs et nous mettons un pied en direction du burnout, y entrainant l’enfant.
Cette règle de l’éthique du TS, doit être portée par l’institution qui donne des temps de travail d’équipe suffisants, « contenus », respectueux est la condition nécessaire de l’élaboration du « care ». Sans cela, chacun y va avec ses gros sabots, ses propres mécanismes de défense, ses résonances comme nous l’avons vu dans le film « Rien à perdre » de Delphine Doliget et entre dans un combat qui pourrait bien durer des années (durée moyenne de placement de plus de 7 ans) ou se terminer après de longs processus d’escalades qui parfois se terminent par des catastrophes. (Somatisations, suicides et meurtres)
Je passe un peu rapidement sur cette analyse de la pratique du TS dans laquelle œuvrent aujourd’hui des personnes qui en trop grand nombre partiront demain pour un autre boulot ou pour un burnout. Confirmant au passage les troubles de l’attachement que connaissent la plupart de ces enfants. C’est la perte de sens, l’inadéquation entre l’accompagnement et le travail de « reporting » qui conduit à ce désastre de la protection de l’enfance. Les constats de difficultés de recrutement en sont la conséquence et comme le chat se mord la queue, l’état de santé des TS en sont, avec le manque de reconnaissance, le salaire,… la cause.
Soigner la protection de l’enfance doit donc commencer par le début, former les cadres pour qu’ils soient en mesure d’élargir la capacité contenante de leurs collaborateurs. Il est constaté que cette catégorie d’employés des services et des institutions est aussi en difficultés que les TS.
Je vous invite à cet effort d’empathie particulier. Que pense-t-il de comment il est pensé cet enfant qui se voit envisager par une personne pressée qui semble porter toute la misère du monde, est-il coupable de ce regard ? Il ne s’est rien dit et le renversement s’opère de la même façon que ce qu’ils connurent dans le milieu d’origine. Ces enfants ne sont-ils pas souvent empêtrés dans des problématiques de parentification. Et voilà qu’il leur faudrait prendre le TS en charge.
CESE : Conseil économique, social et environnemental
Contenance : tu es le bienvenu avec toutes tes émotions, fussent-elles suicidaires et/ou homicidaires, et je ne partirai pas.
Luc Fouarge
ASE – Défections chez les AF et TS
L’accueil chez une assistante familiale n’est plus la modalité de prise en charge la plus fréquente
Fin 2022, 38 % des enfants confiés à l’ASE sont accueillis
chez des assistantes familiales, contre 56 % à son maximum en 2006. Les établissements habilités constituent, pour la première fois, la modalité d’accueil la plus fréquente (41 % fin 2022). Francetvinfo.fr
Dans le Dpt du Nord, une première expérience ( 2006) d’un nouveau pilotage de l’accueil familial prometteur s’installe sous l’appellation STAF. Une équipe pilote prend forme avec un comité d’accompagnement.
Objectifs :
1 – assurer un recrutement des AF dont on mesure déjà qu’il décline,
2 – assurer l’accompagnement de celles-ci. Accompagnement que les référents assuraient avec plus ou moins de bonheurs de créativité en raison de la disponibilité de ces derniers qui commencent déjà à plier sous le poids d’un nombre de dossiers qui dépasse les 35 accompagnements d’enfants. C’est le troisième objectif,
3 – répondre aux conséquences d’une fatigue professionnelle qui s’exprime déjà à haute voix.
4 – Limiter, éviter les mesures de protection dans les collectifs d’enfants de type MECS et de + en +, dans des services du secteur psychomédicosocial type ITEP
5 – Limiter les placements en Belgique (pas loin de 3000 dans les secteurs de l’AAJ et du Handicap, SRG et SRJ.
Les 4 et 5 ne sont pas les objectifs évoqués officiellement, considérons-les comme des bruits de couloirs.
Les observations qui suivent ne sont ni scientifiques ni exhaustives. Elles sont le fruit de personnes toujours sur le « terrain » et dont le droit à la parole est libéré. L’ambition de ces réflexions se limite volontairement à commenter le titre de l’article cité.
Aucun de ces objectifs ne fut atteint. Et ces réflexions sont à lire dans un contexte dramatiquement délétère de la protection de l’enfance. Les défections chez les travailleurs sociaux concernés sont légion. Beaucoup sont en burnout, nombreux sont en cours de réorientions… si possible, loin des institutions mandatées pour offrir une réponse « soignante » à ces enfants fragilisés et leurs familles. Parmi ceux qui restent, pour beaucoup, le cœur n’y est plus. Les cadres s’épuisent, exportent leurs ressentiments, chargent leurs jeunes collègues de leur propre fatigue et angoisse de ne pas y arriver. Le temps consacré en commission enfance à l’installation d’un processus d’intervision salutaire, nécessaire est galvaudé, inexistant. Solitude et fatigue sont devenues le cancer de l’institution qui devient maltraitante tant à l’égard du public qu’à celui des professionnels et des TS en contrat de formation qui occupent des postes d’absents.
Difficile de témoigner sur l’état des « STAF », on ne les rencontre pas sur le terrain. Quand ils y sont invités en vue d’une activation d’un accompagnement d’un, d’une AF ils déclinent assez souvent. En arrière-fond une compétition malsaine entre STAF et ASE se fait sentir. Difficultés énoncées par les AF auxquelles on prête l’oreille. Et depuis cette installation d’équipes concurrentes les référents regardent ailleurs quand une AF est en dérapage. Contrairement aux objectifs de la formation diplômante des AF celles-ci ne sont pas devenues des « collègues ». Elles ne trouvent pas l’espace d’accompagnement qui leur permettraient de se « décharger » des émotions épouvantables qu’elles ont amené à ressentir face à ces enfants dont la plupart manifestent des troubles de l’attachement, ce qui est « normal » et difficile à supporter. Pas de lieux de dépôt, trop peu de rencontres authentiques dans lesquelles il serait possible de métaboliser ces ressentis destructeurs auxquelles il est difficile d’échapper dans une telle confrontation à des symptômes puissants de loyautés de « comportements d’attachement » qui visent à obtenir le rejet, jusqu’à s’en rendre dégoutant.
L’accompagnement sain des AF nécessite des rencontres dont la culture du « care » est la préoccupation première, tant pour les professionnels, les AF que le public, mais à cette adresse, il n’y a personne. La débrouille est la « règle ». Le silence nécessaire. Tout cela aboutit à un mortel repli sur soi de la part de chacun. Les aspects vocationnels des accueillants, des agents de suivis de placement devenus risibles… de nouveaux symptômes rejaillissent, ceux que la machine institution protection de l’enfance en mode « par défaut » fait naitre.
Ce n’est pas l’objet de nos commentaires, il y a surement des problèmes de reconnaissance, de statut, c’est l’objet d’organisme professionnel et de représentation, ils ne se taisent d’ailleurs pas. Mais ce métier qui devait être le plus beau du monde ne tient pas ses promesses, les institutions ont cédé.
Les mesure de rendements, les tâches d’évaluations, mal perçues parce que mal implantées n’évaluent pas le rapport mystique, humain, sincère de l’AF, du TS à « la machine » comme le décrirait si bien le psychiatre Christophe Dejours. Il nous dirait le déni de l’institution à l’égard des besoins de soins des personnels que l’on embauche pour prendre soin d’un public blessé.
Luc Fouarge
Guidance familiale, Directeur d’un équivalant ITEP, subventionné en MECS, en Belgique durant 35 ans
La diminution des placements en famille d’accueil
Histoire et contingence politique !!
Par Muriel Daniaux, AS durant 20 ans en ASE et TS dans un STAF Pilote
Quasi 20 ans plus tard, à l’aune du constat qui enregistre une baisse considérable des accueils d’enfants admis à l’ASE dans des familles d’accueil, resituons les cadres et dispositifs qui bordurent le dispositif.
Le 27 juin 2005 une loi relative aux assistants maternels et familiaux est votée.
Voici 2 articles importants de cette loi
Modifié par Loi n°2005-706 du 27 juin 2005 – art. 5 () JORF 28 juin 2005
Modifié par Loi n°2005-706 du 27 juin 2005 – art. 7 () JORF 28 juin 2005
L’assistant familial est la personne qui, moyennant rémunération, accueille habituellement et de façon permanente des mineurs et des jeunes majeurs de moins de vingt et un ans à son domicile. Son activité s’insère dans un dispositif de protection de l’enfance, un dispositif médico-social ou un service d’accueil familial thérapeutique. Il exerce sa profession comme salarié de personnes morales de droit public ou de personnes morales de droit privé dans les conditions prévues par les dispositions du présent titre ainsi que par celles du chapitre III du titre VII du livre VII du code du travail, après avoir été agréé à cet effet.
L’assistant familial constitue, avec l’ensemble des personnes résidant à son domicile, une famille d’accueil.
Version en vigueur du 28 juin 2005 au 01 janvier 2009
Création Loi n°2005-706 du 27 juin 2005 – art. 10 () JORF 28 juin 2005
Création Loi n°2005-706 du 27 juin 2005 – art. 5 () JORF 28 juin 2005
Il est conclu entre l’assistant familial et son employeur, pour chaque mineur accueilli, un contrat d’accueil annexé au contrat de travail.
Ce contrat précise notamment le rôle de la famille d’accueil et celui du service ou organisme employeur à l’égard du mineur et de sa famille. Il fixe les conditions de l’arrivée de l’enfant dans la famille d’accueil et de son départ, ainsi que du soutien éducatif dont il bénéficiera. Il précise les modalités d’information de l’assistant familial sur la situation de l’enfant, notamment sur le plan de sa santé et de son état psychologique et sur les conséquences de sa situation sur la prise en charge au quotidien ; il indique les modalités selon lesquelles l’assistant familial participe à la mise en oeuvre et au suivi du projet individualisé pour l’enfant. Il fixe en outre les modalités de remplacement temporaire à domicile de l’assistant familial, le cas échéant par un membre de la famille d’accueil.
Le contrat précise également si l’accueil permanent du mineur est continu ou intermittent. L’accueil est continu s’il est prévu pour une durée supérieure à quinze jours consécutifs, y compris les jours d’accueil en internat scolaire ou dans un établissement ou service mentionné au 2 du I de l’article L. 312-1 ou à caractère médical, psychologique et social ou de formation professionnelle (1), ou s’il est prévu pour une durée supérieure à un mois lorsque l’enfant n’est pas confié les samedis et dimanches ; l’accueil qui n’est pas continu ou à la charge principale de l’assistant familial est intermittent.
Le contrat d’accueil est porté à la connaissance des autres membres de la famille d’accueil.
Sauf situation d’urgence mettant en cause la sécurité de l’enfant, l’assistant familial est consulté préalablement sur toute décision prise par la personne morale qui l’emploie concernant le mineur qu’elle accueille à titre permanent ; elle participe à l’évaluation de la situation de ce mineur.
(1) la loi 2005-102 2005-02-11 a remplacé au 4e alinéa du présent article les mots » en établissement d’éducation spéciale » par » dans un établissement ou service mentionné au 2 du I de l’article L. 312-1 « .
La présente version de cet article est en vigueur jusqu’au 1er janvier 2009.
L’Aide sociale à l’enfance relevant depuis 1984 et les lois de décentralisation de la compétence des départements, ce sont eux qui eurent la charge de mettre en œuvre ce nouveau dispositif législatif.
Les Assemblées Départementales composées de conseillers généraux élaborèrent pour leur département respectif un plan de travail précisant la mise en œuvre d’outils adaptés et conformes au nouveau cadre légal.
A ce stade, l’on pouvait penser que les bases de travail pour charpenter la professionnalisation de cette activité très particulière de l’accueil familial allaient dans le sens d’une amélioration d’un dispositif impliquant, en premier lieu, des enfants précarisés.
L’assemblée départementale du Conseil General du Nord (le niveau politique auj Conseil Departemental) dans sa feuille de route destinée à son administration, avec au premier chef les DG de l’Action Sociale, de la Famille, de l’Enfance, a préconisé l’expérimentation de la création d’un STAF, service territorial auprès des assistants familiaux.
En janvier 2006, 2 services sont mis sur pied, l’un en métropole lilloise, l’autre dans l’Avesnois.
Précisons l’extrême rapidité de mise en œuvre, 6 mois entre la promulgation de la loi et sa mise en œuvre !
A l’évidence les différents enjeux du dispositif global ont été sous- évalués.
Voici l’analyse que je faisais en 2007,
J’ai été recrutée pour l’expérimentation STAF dans l’Avesnois, territoire vaste et relégué en bout de département, éloigné du centre névralgique décisionnel de la ville de Lille mais disposant du nombre de familles d’accueil le plus important du département (400).
Ma fiche de poste était particulièrement cohérente avec les objectifs affichés de l’expérimentation, à savoir concourir à une professionnalisation accrue de ce corps de métier.
- Recrutement et évaluation des nouvelles candidatures en lien avec le nouveau cadre légal
- Suivi des nouveaux professionnels.
- Suivi ou intervention auprès des AF qui en font la demande
L’objectif avoué de ce service était, à terme de connaitre tous (tes) les AF du territoire, de cerner leurs compétences et éventuelles limites afin d’établir un profil d’accueil que l’on pourrait faire correspondre à la problématique d’1 enfant.
Sur le papier, c’était un peu comme tendre vers l’idéal !
Très rapidement, il m’a fallu déchanter.
Pas du fait des AF, très dynamiques et très en demande.
Essentiellement du fait de tous les autres protagonistes du dispositif, référents ASE, chefs de services, direction générale.
Ce fut pour moi une expérience douloureuse et violente.
Sur la base de cette expérimentation qui n’a pas réalisé ses objectifs et qui a échoué dans sa mission, il a néanmoins été décidé de créer des succédanés de STAF qui n’avaient ni le goût ni l’apparence du produit initial.
Depuis le début les référents ASE regimbent à considérer l’AF comme un(e)partenaire de travail en appréciant justement et adéquatement l’offre de service qu’il ou elle propose.
Et ce pour des raisons qui tiennent à l’histoire, à l’évolution des pratiques, des métiers, des droits de l’enfant…..mais aussi, particulièrement ces quinze dernières années, pour des raisons pragmatiques de moyens.
Lors de la décentralisation les départements ont récupéré des compétences qui incombaient à l’État sans que la question du financement de ces nouvelles compétences soit gravé dans le marbre.
La charge des départements en matière de protection sociale s’est alourdie, les besoins ont augmenté de manière exponentielle et la solution la plus simple a été celle de réduction de la voilure.
Résultats des courses, bilan des opérations :
la loi de juin 2005 qui définit un cadre pour la profession d’assistant familial parachève une politique de Protection de l’Enfance qui se voulait qualitative.
Tout n’était pas parfait mais des moyens étaient disponibles pour tendre vers ce que l’on nommait la bientraitance.
Le virage des années 2000 a démantelé cet édifice.
Il en a été fini de ces notions de bienveillance et de bientraitance qu’il convenait de mettre au cœur de nos pratiques.
La bienveillance et la bientraitance sont des dispositions d’esprit qu’il est impossible d’apprécier d’un point de vue managérial.
Ces compétences essentielles des métiers de « care » n’entrent pas dans les tableaux excell devenus les seuls outils et instruments d’évaluation d’une activité professionnelle.
C’est une dérive sociétale produite par la déviance ultra libérale de notre monde qui produit des dégâts humains considérables.
Et selon moi, tous les questionnements qui régulièrement font la une à propos de tel ou tel dysfonctionnement de l’ASE relèvent de l’épiphénomène.
La question fondamentale qui permet d’envisager toutes les autres est uniquement politique.
Quelle Protection de l’Enfance voulons nous ?
Quelle est la situation réelle, objectivée de la Protection de l’Enfance actuelle ?
Les conditions d’une Protection de l’Enfance efficiente sont-elles réunies.
S’agit-il d’assumer clairement que des enfants, des familles vont être laissés sur le bord du chemin avec un solde de tout compte ?
Toutes ces questions sont éminemment politiques et relèvent d’un choix de société.
cfr article ASH du 2/11/2007 N°2529


Prendre soin de la protection de l’enfance
La supervision d’un service consiste d’abord à cultiver la joie de contribuer à une culture d’institution qui donne envie d’y aller, d’y être, d’y vivre. Les personnes, les enfants accueillis puisent dans cette joie ce dont elles ont besoin comme baume pour se permettre des mots sur les maux qu’elles mettent en acte, en somatisations, en symptômes.
Avec la contribution de tous les échelons du service, des partenaires… la réflexion sur le « care » peut débuter. La dimension politique qui soutient cette démarche élargit considérablement le possible des services.
C’est la première tâche des politiques en charge de la protection_de_l_enfance, s’il veulent vraiment en diminuer le coût.
Besoin de contact
Réflexion sur l’ « économie des caresses »
Nous avons besoin de contacts pour nourrir la réserve d’énergie dont nous avons besoin afin de nous mettre en œuvre dans la vie.
Ces contacts peuvent être positifs, nourriciers, mais également négatifs, persécuteurs.
Si nous manquons des premiers, nous pourrions bien nous mettre en quête des seconds.
C’est le paradoxe de ces jeunes dits caractériels que nous accompagnons. Ils sont en refus de ce dont ils ont besoin pour bien se développer. Ils semblent régurgiter les « caresses » positives, ces unités de contact qui les alimentent.
Avec eux et leurs proches, avec leurs éducateurs, lorsque j’explore l’économie de caresse qui est la leur, j’utilise la métaphore de la batterie.
Une borne positive, l’autre négative. L’être humain ne peut fonctionner qu’à la seule condition qu’elle contienne au moins 10 unités de charge. Pas de démarrage en dessous. Unité de charge qui selon leur nature entre par la borne + ou la borne -.
Notre public s’est fort probablement accommodé de remplir sa batterie davantage de négatives que positives. Carences de soins, absence de réponse quand ils sont en contact précocement avec des manques dans les besoins vitaux, violences, cris, humiliations… ainsi ont-ils grandi avec un apport de 1 unité de charge positive et de 9 négatives pour atteindre le minimum de 10 unités.
Processus qui répété durant des années s’installe en système, la borne positive, trop peu utilisée, fait de la corrosion, le passage s’étrangle. La recherche d’unités négatives s’imposant, alors, comme une condition d’existence.
L’accompagnant, en raison de « vomissements » des « caresses positives » qu’il offre, c’est son métier, c’est aussi son plaisir, cela répond à la question existentielle de sa profession qui le voudrait généreux, y perd son latin, mais voilà qu’il y perd également une source de reconnaissance. Bien malgré lui, il se découragerait et finirait peut-être par détester ces invitations sempiternelles de ce jeune qui vient chercher chez lui des gestes, des paroles, des actes qu’il n’aime pas offrir. Pire, il se découvre dans des attitudes qu’il n’aime pas de lui, et dont il questionne l’origine. Il ne peut quand même pas être si mauvais que cela… et si ce processus auquel il est invité n’est pas identifié par lui, et si les collègues, frileux émotionnellement, le privent de renvoyer ce qu’ils voient, alors c’est tout le service qui devient partenaire du fonctionnement toxique de ce jeune.
Là, une fois encore, je vous dis que le premier soin est celui de l’équipe à l’égard de son collègue qui répond bien malgré lui à l’ « invitation symbiotique » de ce jeune. Sans ce croisement de regard indispensable, il s’établit un accord non-conscient sur l’échange négatif. Le niveau d’homéostasie est atteint. Éducateur et jeune en ressortent en chargeant leur batterie par la borne négative.
Il ne sera pas possible d’inverser cette économie de caresses rapidement, paradoxalement cela pourrait être déprimant. D’une économie de 1-9 allons progressivement vers 2-8… et veillons en équipe à ne pas perdre un collaborateur dans cet épisode, ne nous laissons pas enfermer non plus dans cette force particulière qu’a le jeune de venir nous « voler » des caresses négatives inqualifiables qui reproduisent ce qu’il a toujours connu.
Luc Fouarge
Procédure d’admission en service d’hébergement et de soin pour jeunes
Maintenir une relation de travail avec les parents d’enfants confiés à un collectif d’accueil et/ou de soin est souvent difficile. Dans ces situations, j’interroge la procédure d’admission. Une rencontre à vivre avec cette conscience qu’elle est le premier soin que le service, l’hôpital procure à la famille et par conséquent à l’enfant.
C’est donc un temps de soin. Et, fréquemment, c’est le franchissement d’une étape administrative. Les membres de l’institution accueillante semblent préoccupés, en priorité, par la récolte des infos qui leur permettent de construire un dossier en bon élève. En arrière-fond, la légitime pression des gestionnaires et administrations… Alors que le temps des parents est celui d’une douleur, d’une peur d’être méjugés, disqualifiés et peut-être même humiliés par un manque d’empathie. Et peut-être que les difficultés qu’ils rencontrent les mettent, eux aussi, sous pression, et sans doute que le regard porté par leur enfant sur eux leur parait interroger aussi leurs parentalités… Mais plus encore leur attachement, leur amour… des leurres dans tout ça. Les expériences de ces questions vécues dans l’enfance des parents rejaillissent, troublent l’instant présent. Une compréhension qui demande que l’on y apporte toute la sollicitude, la compassion qu’ils méritent. Ici se crée déjà de l’alliance.
Le ton de ce temps de soin est donné. Ressortent-ils d’un premier entretien avec la conviction qu’ils sont écoutés comme les experts du vécu de la relation difficile qu’ils vivent avec leur enfant. Comment sont-ils envisagés ? La question ne trouve pas réponse dans l’intention du professionnel, mais dans le vécu des parents qu’il convient d’aller chercher avec respect, humanité, compassion et empathie.
Oui, c’est bien sûr, mais le temps est compté ! S’ajoute que la reconnaissance du travail du service ne comptera qu’à la réception des accords de prise en charge des frais de séjours par l’administration.
Sans avoir encore évoqué ce qui est en jeu et comment installer cet espace thérapeutique qu’est déjà le processus d’admission. A cet instant, tous savent probablement ce de quoi on ne parlera pas, comme pour se ménager, comme pour se garantir que l’enfant rentrera dans les délais qu’exige une bonne comptabilité institutionnelle.
Le taux d’occupation n’inclut pas la démarche d’admission, les règles de subvention ne comptent pas cette étape comme un temps d’aide et de soin. Le « principe de réalité » nous rattrape et nous prive d’accorder toutes les rencontres qui permettent de poser les bases de la rencontre et du travail avec les familles.
Ces rencontres, en présence d’un clinicien averti, éducateur et/ou psy, sont le temps d’une adhésion, d’un engagement sur un projet commun, un moment de répartition des charges… escamoter cette étape du soin alourdit le poids que le jeune porte, ou, ne permet pas de déconstruire cette idée ancrée dans la famille que le jeune est un empêcheur de tourner en rond, et pour lui, l’admission pourrait devenir un dévouement et/ou une punition de ce qu’il fait endurer à ses parents depuis si longtemps. Escamoter cette étape le fixe dans cette vision erronée qu’il a entendue, interprétée dans les échanges entre professionnels et sa famille et ne permet pas aux parents de reconnaitre l’acte d’amour posé – maladroitement, par les symptômes – par leur enfant depuis si longtemps. Il pourrait bien s’enfermer à notre insu dans cette image construite en famille, qu’il est né puni, et qu’il s’agit là de la voie d’accès à l’amour. Ces hypothèses, je vous les livre à titre d’exemple. Beaucoup d’autres sont possibles. Il est heureux qu’elles se comprennent rapidement dans l’invitation au soin que nous lui faisons. Une confirmation qu’il est entendu, reconnu dans le sens « caché » de ses symptômes.
Escamoter cette étape, c’est laisser repartir la famille avec cette encombrante idée qu’ils sont envisagés comme ils l’ont toujours été, qu’ils sont mauvais et que leur enfant en est la preuve.
On comprend bien pourquoi ils freinent notre désir de collaboration, pourquoi nous avons l’impression qu’ils la sabotent.
Dans ces rencontres, il arrive que les parents se « réparent » et parfois le déroulement de la procédure d’admission suffira. Bien sûr, une aide ambulatoire pourrait être nécessaire.
L’économie, dans ces quelques heureux cas est considérable.
Quand au jeune, même s’il rentre dans le service, il a vu se dérouler sous ses yeux la transformation. Il ne sera plus nécessaire de le convaincre que nous ne participons pas à un processus dont lui, avec eux, pense qu’il leur est dommageable… à cause de lui.
Luc Fouarge
ASE, République en souffrance
Interception – France inter –
Les constats faits dans cette émission me le confirment.
L’urgence est le « soin » que devrait apporter la Protection de l’Enfance à ses collaborateurs.
Pour offrir une « contenance » suffisante, il est impératif de trianguler, soutenir, fidéliser, stabiliser les équipes. C’est dans ce travail que s’élabore la « contenance institutionnelle » de la protection de l’ enfance.
« Moi, d’abord » est la priorité que les acteurs, cadres et TS, se doivent d’appliquer à eux-mêmes pour atteindre l’excellence dans les accompagnements que méritent ces jeunes « blessés » ainsi que leurs accueillants.
Une référente interviewée nous dit sa culpabilité d’être trop peu dans la réussite… elle ira s’investir sous des cieux plus cléments.
La priorité, c’est la qualité de l’accompagnement que l’on conçoit pour ces enfants qui méritent toute notre attention, tous les moyens dont les services publics sont capables.
Être « contenant », condition première du succès, c’est recevoir et se donner les moyens d’accueillir la souffrance de l’autre sans prendre la fuite, sans se réfugier dans l’autoréférencement ou les protocoles, conscient de comment ses mots et ses maux résonnent en nous, éclairés sur les risques normaux des phénomènes de transferts auxquels nous ne pouvons échapper.
Cela exige, un regard tiers, celui de notre équipe qui dans la bonneveillance nous permet de voir de nous ce que nous ne pouvons pas voir de nous.
Sans ce travail, lui-même, grâce à la contenance de notre équipe, notre service, notre institution, l’épuisement professionnel, les méconnaissances, la distance renforceront les prudences de notre public. Il se fermera et la rencontre ne dépassera pas l’action educative. Elle ne fera pas place à la place à la clinique éducative. Le TS esseulé s’engluera dans des approches futiles ou autoritaires, et sans le vouloir deviendra acteur de l’homéostasie.
« …. tu t’assieds, tu parles, tu poses des questions. Tu es quelqu’un et tu me fais aussi devenir quelqu’un. » Erri De Luca, « La nature exposée » repris par Gallimard en 2017 »
Regardé dans la bonneveillance par son équipe, le TS, ne se perdra pas dans la question de la « bonne distance » que viennent titiller les enfants atteints de troubles de l’attachement.
La priorité est la formation des cadres dans cette culture institutionnelle mettra l’équipe au service de ses collaborateurs à l’écoute des résonances, normales et bienvenues dans une équipe qui « marche » l’intervision au cours des commissions enfances.
Interception, relève cet a priori ; « ce sont les enfants des autres » Cela dit la difficulté de mettre les moyens dans les politiques en faveur de la famille et de l’enfance. Une façon de détourner le regard, de la détresse des enfants, qui peut se lire, entre les lignes, dans les milieux de socialisation. École, crèche…
La question de la décentralisation pourrait bien être entendue, à mi-voix, comme un évitement. Les initiatives publiques, de l’État et des départements, doivent être pensées ensemble, avec les autorités mandantes, l’École, les acteurs de santé mentale.
Interception met en lumière la légèreté de l’accompagnement des assistantes familiales. Il s’agit là d’une urgence. Une organisation d’un métier qui gagnerait à s’inspirer de l’organisation des PFS.
Luc Fouarge
Lucfouarge.com/formations/equiper le « travailleur » psycho-socail
Pas de soin sans joie
C’est de cet instant où nous découvrons que nous faisons mieux ce que nous faisions déjà bien que naît la joie.
Développer la joie dans l’accompagnement des jeunes « placés », hospitalisés… bref, en collectif, est un sacré challenge. Difficulté liée à la nécessité de travailler en équipe, en roulement, à des horaires souvent inconfortables. Mille obstacles organisationnels forcent des concessions aux désirs des uns et des autres, autant de risques de frustrations.
C’est donc dans une interdépendance qui impose à chacun de ses membres de partager des objectifs, des moyens, des procédures dans lesquelles chacun abandonne un peu de ses vues personnelles. Une construction de culture commune s’impose. Une gestion du commun qui confronte les références de chacun, dans une tentative d’établissement de références communes, sécurisantes, protectrices.
C’est grâce au regard d’un équipier qui nous montre à voir de nous ce que nous ne pouvions voir de nous que nous faisons ce saut qui augmente la qualité de notre intervention, qui nous met en joie.
Être envisagé par un adulte en joie permet aux jeunes que nous accompagnons de goûter, parfois pour une première fois, au fait d’en être la source. Une nouvelle construction de soi, de l’image que le jeune se fait de lui, un accès dans la dignité et le respect de l’autre, de sa puissance d’agir, malgré tout ce qu’il entendit dire de lui.
C’est un soin dont nous ne connaissons pas la mesure. Ces effets sur le jeune alimentent le processus d’expérience de la joie.
Découvrant cette expérience heureuse dans le regard de l’adulte, il découvre son pouvoir d’agir, il expérimente l’empathie. Il s’humanise dans cette découverte d’être le sujet de la joie de l’adulte. Cette découverte le soigne et pourrait bien le mettre à son tour en joie.
Je vous laisse deviner ce que produit sur lui l’humeur « hostile » d’un adulte en proie avec un climat d’une équipe chargée en ressentiments.
Souvent, très tôt ces enfants ont du se spécialiser dans l’observation, le diagnostic…pour anticiper, contrôler, éviter les coups.
Accueillir un éducateur, un intervenant qui vit un malaise, une révolte, un sentiment d’injustice, invite le jeune à faire usage de ce don. Hélas, il s’attribue souvent la cause du mal-être de l’adule et se suradapte à cette intention qu’il attribue à l‘intervenant. Monter le curseur d’un symptôme a toujours fonctionné.
Au minimum, le jeune s’assigne la tâche de distraire l’adulte
Cette humeur particulière ne sera probablement pas décodée par le jeune comme ne lui appartenant pas. Il y trouvera sans doute que le monde est pourri et qu’il est lui-même pourri, croyance qu’il « apprit » jadis à lire le monde qui l’entourait. Ses tentatives de « gérer » ce monde par ce que nous avons appelé résistances et symptômes le tienne à distance des intervenants. Il se protège.
C’est la puissance de ce soin évoqué plus haut qui permet l’ouverture d’une brèche.
A cet égard, la tâche prioritaire de l’équipe, soutenue par ses cadres et la direction sera de veiller aux conditions qui conduisent plus facilement chacun dans l’expérience de la joie. Le croisement de regards des différents métiers qui assurent cet accompagnement, en assure le succès.
Et maintenant, nous pouvons mettre en œuvre le projet thérapeutique qui s’est nourri de cette interdépendance. Ainsi débute la thérapie institutionnelle.
Les tentatives de mise en œuvre des projets personnels, des plans thérapeutiques les plus élaborés sont voués à l’échec si l’équipe s’épuise dans les « ressentimentalisations » des incidents organisationnels, relationnels… si normaux dans le travail d’équipe. Tout un processus, un système implicite à lire sous la lumière des concepts de résistance, de résonnance, d’homéostasie. Machinerie infernale que ces jeunes connaissent et qu’ils mettront en œuvre, « respectant » ainsi leur famille dont ils ont vu l’inconfort face à des regards « intrusifs »
C’est après le soin que s’offre le service que se construit son potentiel soignant. Le « travail clinique » suit.
Ce que je mets sous l’image de la machinerie est un processus humain, normal, mais inefficace et qui fait courir à tous le risque de l’épuisement.
N’en rajoutons donc pas, ouvrons les yeux dans la bonneveillance et passons de la culpabilité à la responsabilité. Remettre 1000 X cet ouvrage sur le métier, au vu des difficultés à vivre que nous rencontrons, est normal, tout comme l’impression de s’y perdre, ou d’y perdre son temps. Ce principe de réalité du travail institutionnel, tout usant qu’il puisse apparaitre, est une des conditions nécessaires de la clinique, de la thérapie institutionnelle.
Luc Fouarge