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Formations Protection de l' Enfance

Co-formation : « Penser les bonnes pratiques de travail avec les familles en accueil résidentiel pour jeunes ».

Co-formation : « Penser les bonnes pratiques de travail avec les familles en accueil résidentiel pour jeunes ». Une équipe d’accueil, éducateur, maitresse de maison, chef de service avec 4 parents d’enfants « placés ».

Deux journées de travail, l’une avec l’équipe pour les ouvrir à ce processus, à la seconde nous invitons les parents. Une maman, ancienne pupille de la nation, une grand-mère et un couple de parents dont les enfants séjournent dans le foyer. (MECS ou SRG)

L’objectif est,  vous le constaterez, est bien de décoincer parents et professionnels des représentations bloquantes, de permettre aux professionnels d’expérimenter « la position basse » nécessaire pour soutenir le pouvoir d’agir des familles.

Ces quatre personnes rencontrent des difficultés dans l’accompagnement du travailleur social du service mandant. Schéma fréquent face à des représentations négatives des familles à l’égard des professionnels de la protection de l’enfance[1].

Dans l’introduction de cette seconde journée je fais appel à l’expertise du vécu des familles. Une douleurs, des ressentiments que les professionnels ne peuvent qu’imaginer. Je les invite également à participer à ce travail considérant que cette démarche permettra de développer le pouvoir d’agir des familles et des membres de l’équipe. Et l’on entend dire : « Vous nous aider à prendre la mesure des douleurs que vous avez endurées. »

Le tour de table de présentation permettra déjà d’expérimenter combien je soutiens cette expertise et ce pouvoir d’agir des familles. Quand il s’achève un climat de respect, d’intérêt, de curiosité, de souci de développer le métier d’accueil fait jour. 

Le questionnement sur les modalités d’accueil, comment, avec qui l’enfant est arrivé au service met en lumière les méconnaissances des professionnels face à la torpeur des parents dans ces moments qui dureront jusqu’à un mois avant qu’elles se sentent capables de venir rencontrer les enfants. D’autant plus fort pour cette famille ou le départ prit la forme d’un enlèvement sauvage, brutal. 

Le sentiment de colère cache mal les sentiments de honte des parents. Une barrière énorme dont  les professionnels découvrent la densité, d’autant que cette charge émotionnelle est tue. Les travailleurs sociaux se montrent absents durant cette période de détresse. L’empathie est au maximum à l’égard des enfants tandis que dans ce moment les parents auraient plutôt l’air de confirmer leur « incapacité » d’empathie. Nous découvrirons que ce jugement rapide freinent la collaboration familles/éducateurs et confirme les sentiments d’inaptitude, de carence. 

Les représentations négatives s’évanouissent dans les échanges. Ce temps de collaborations sera repéré comme un des axes de travail d’autant plus essentiel que dans ce grand chambardement familial personne n’est désigné pour accompagner les familles.

Une entrée en matière qui génère un grand sentiment de plaisir de penser ensemble sur ces partages qui questionnent les places des uns et des autres. Le repas pris ensemble dans la  brasserie d’un centre commercial en devient une fête.

Rapidement nous découvrirons que les familles compensent la légèreté, l’absence d’accompagnement qui leur est destiné par l’excellence des échanges des parents avec les éducateurs. Une maman met en évidence l’importance qu’elle donne à l’éducatrice de sa fille. 

Nous ne nous enliserons pas sur la question du transfert dans cette situation. Cette même maman qui annonce qu’il ne faut pas lui parler psy ni des psy, tente de minimiser l’impact de ces bouleversements sur sa fille, affirmant qu’elle ne souffre pas de la situation.

De cette rencontre la jeune fille pourra mesurer que son éducatrice peut la relayer dans certain dévouements qu’elle exerce en faveur de sa mère. 

Dans le  climat positif de recherche d’excellence dans la rencontre foyer/famille, dans l’accusé de réception des compétences que mettent en exergue les éducateurs cette maman 

accepte d’envisager que sa fille pourrait lui « cacher » sa souffrance et qu’avec l’aide de son éducatrice elle se libérerait d’évoque tout cela à trois, voire même avec l’aide d’une personne qualifiée.

Voilà que les éducateurs expérimentent que ce « prendre soin » de la famille, ce « cure » dans la rencontre pourrait bien les conduire à passer de l’action éducative à la clinique éducative. Tandis que les parents prennent eux-mêmes du soin dans cette rencontre. L’alliance se crée, le soin de l’enfant de co-construit, l’amour est autorisé. 

Dans cette rencontre le processus se met au service du contenu. Écoutées, les familles se découvrent des qualités et compétences enfouies tandis que l’équipe trouve dans cette rencontre de quoi alimenter cette nécessaire question du sens de la profession. Cet échange d’humanité a été repéré par les participants… dans l’égalité de citoyenneté.

Le chemin parcouru par les  uns et les autres pour rencontrer l’autre dans  cette co-formation est fortement ressenti et s’exprime dans le tour de table final de feed-back de la journée.

« Tu t’assieds, tu me parles, tu es une personne et tu fais de moi une personne » Erri De Luca,

Luc Fouarge


[1] Ne passerait-on pas de Protection de l’Enfance à SFPE, Soutien à la Famille, à la Parentalité et à l’Enfant.

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Protection de l' Enfance

Si tu m’aides, ne m’aime pas – Colloque ENSSYCOFA oct 2019

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Protection de l' Enfance

Intervention à domicile auprès d’une maman de 6 enfants

Radio Larsen

Rencontre avec une Maman au travail avec un service d’intervention à domicile, jeune mère de 6 enfants, battue durant 7 ans. Une personne extraordinaire capable d’intervenir dans une salle de conférence devant 200 professionnels. « Une super aide » dit cette femme qui évoquent courageusement ses difficultés. Elle est accompagnée par le service Diapason de Douai

Reportage lors d’une intervention sur l’alternative au placement par Guidance Familiale dans un colloque ENSSYCOFA, Ecole de thérapie familiale dirigée par Catherine Alfonsetti

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IMP 140 Protection de l' Enfance

Les jeunes convoquent la transversalité

Particulièrement les jeunes définis en « situation complexe ».

Leurs besoins spécifiques relèvent conjointement des champs du handicap, de l’AAJ et de la Santé Mentale.

Ces secteurs peinent à travailler de façon concertée en raison de leur appartenance à des tutelles différentes. Les politiques d’accompagnement de ces jeunes doivent être pensées et opérationalisées de façon transversaleavec les parents, les écoles, les secteurs de l’AAJ, de l’AVIQ et de la santé mentale,des hôpitaux. 

Les réponses originales indispensables, nécessaires qu’exigent les jeunes en situation complexe nécessitent des mises en commun de moyens, de réglementations[1]. Desprotocoles co-construitsavec ces secteurs devraient permettre d’organiser le TENIR pour « contenir ».

Mais la transversalité a un coût. La pratique de réseau est aussi chronophage qu’elle n’est incontournable. Les attentes nouvelles, adressées à ces services par la mise en oeuvre de pratiques systémiques n’ont pas fait l’objet d’un subventionnement qui puisse les mettre en oeuvre. Les fonctions de liaison sont exercées au détriment d’autres actions indispensables, ou négligées faute de subventions.

SRJ et ITEP exercent dans des modalités différentes. En résidentiel, en séquentiel, à domicile. Le subventionnement de ces modalités nécessiterait une adaptation pour une plus grande souplesse encore que l’apport de la subvention par points en Wallonie. Celle-ci, dans ses intentions, ambitionnait de répondre aux besoins de la personne plus qu’à l’application de normes. Mais cette révolution ne pris en compte que la valeur de la journée, complète ou pas, de samedi ou de dimanche, faisant fi de la lourdeur[2]de prise en compte de troubles psychiques dont les manifestations exigent de déployer des disponibilités très nettement accrues : collaboration avec un hôpital, déscolarisation, troubles du comportement nécessitant une double présence…

Pour d’évidents motifs éthiques, économiques, cliniques, le travail avec les familles nécessite des interventions qualifiées. Elles n’ont pas fait l’objet de révision de la  subvention. Les concepts récemment mis en avant en cette matière nous demandent de soutenir le « Pouvoir d’agir[3] » des familles. Ce qui limitera le temps de séjour hors des familles.

Ces nouvelles approches font sortir nos collaborateurs des murs des services. Ceci demande une actualisation permanente de leurs formations et des temps de travail d’élaborations en partenariats avec les services d’autres secteurs.

De façon générale, l’encadrement des jeunes, en famille, à l’école montre un affaiblissement quasi généralisé de la « contenance ». Les accueils résidentiels de jadis ne sont plus en soi une solution. Ils perdent en « capacité contenante ». Des jeunes de service For K[4], d’institutions pédopsychiatriques se font exclure sous prétexte qu’ils n’adhèrent pas assez au traitement. Dans d’autres services, ils sont poussés dehors au nom de « il ne prend rien ».[5]

La position d’observateur privilégié de la société que nous confère notre mission nous place en situation d’exiger des politiques, des administrations de renoncer à des réglementations qui affecteraient les services d’un secteur voisin. 

Nous n’assurons pas une  « prise en charge » de jeunes et de familles en souffrance et trop souvent en grande précarité, nous assurons  une « prise en compte » de situations de vie complexes grâce et dans un réseau de nombreux professionnels…réseau qui  lui aussi est en attente de la part des politiques d’une prise en compte de ses besoins spécifiques. 

Luc Fouarge

Concept adopté par les Jardins pour Tous cfr Travail de Virginie Bellefroid sur ce lien:

https://www.aviq.be/handicap/pdf/documentation/publications/presentations/2013-03-29/VB%2029%20mars%202013%20synthèse-ACCOK.pdf



[1]GT AWIPH Jeunes et transversalité https://lucfouarge.com/2017/02/09/jeunesse-et-transversalites-rapport-gt-awiq-2007/

[2]Etude de Pascal Minnotte, chercheur au CRéSaM

[3]Empowerment   et la convention de Fribourg qui soutient le Pouvoir d’agir des citoyens

[4]Hospitalisation pedopsychiâtrique pour jeunes qualifiés délinquants

[5]https://lucfouarge.com/2016/04/30/il-ne-prend-rien-2/

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Non classé Protection de l' Enfance

Le devoir d’attachement à l’enfant « placé »

Le devoir d’attachement à l’enfant « placé »: Le vivre pour mieux se séparer.

Comme un objet que l’on déplace. Les éducateurs, les travailleurs sociaux peineront dans un travail de subjectivation dès lors que les représentations en cours font de ce jeune un objet que l’on place et déplace, justifié ou pas, nous travaillons avec le vécu. « Placé » renvoi à l’objet.

L’élément essentiel d’une clinique éducative est le lien. Plus l’enfant est jeune et plus il est nécessaire de lui offrir cet ancrage relationnel. S’offrir à être pole d’attachement est la condition indispensable pour que le jeune enfant puisse se construire psychiquement, pour qu’il devienne et se sente être une personne. Ce lien doit être aimant, protecteur et inscrit dans une permanence. Il sera efficace pour autant qu’il inclut les affects, en ce y compris de l’amour.

Hélas les fantômes, des rationalisations limitent encore cette reconnaissance des affects dans la relation éducative. On y dit encore qu’il convient de mesurer l’ attachement en raison d’un départ ultérieur de l’enfant. Et, attention à ne point trop les aimer. La bonne distance fait toujours paravent à l’attachement. De qui cette vision prend elle soin ?

Or les théories de l’attachement disent bien que mieux on est attaché, mieux on quitte. Lorsque l’enfant nous quitte, l’attachement ne disparait pas avec lui. Lui et nous le vivront autrement, si nous le lui avons appris. Il est étayé de cet attachement. Il est à craindre que ces rationalisations brident l’ouverture émotionnelle des adultes bien plus que nécessaire et que l’enfant le ressente. Il se sentirait en devoir de limiter sa quête, ou de combler ses besoins par des stratégies inconscientes qui, répétées, seront lues comme symptôme. La séparation est en jeu dès que nous lui disons bonjour.

Soyons ce pole d’attachement pour qu’il expérimente une autre façon d’être envisagé et mieux équipé pour nous dire au revoir.

Luc Fouarge

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Ecosystémie du Soutien à la Famille, à la Parentalité et à l’Enfance (Belgique)


Réduire le nombre de placements dans les mesures de Protection de l’Enfance.

C’est l’ambition de cette analyse. 

Elle ne propose pas de nouvelles créations. Elle s’appuie sur une  mise en oeuvre différente de ce qui existe.

Les mots ont leur importance. Ainsi Protection Judiciaire de la Jeunesse est vécu par les familles concernées comme une agression.. La question serait-elle  qu’il faudrait protéger les enfants des parents ? Oui, parfois, et il est heureux que des Magistrats, des professionnels en aient le courrage. 

Dans toutes les autres occasions ce vocable mal reçu contrevient à la volonté de mobiliser le pouvoir d’agir[1]des parents, de la famille. C’est bien sur cette force qu’il convient de revisiter nos pratiques. Cela exigera de la part de nombreux acteurs une modification, parfois à 180°, de la posture professionnelle qu’ils adoptent.

Les acteurs doivent devenir champions de la position basse si l’on souhaite atteindre les objectifs de la mobilisation des parents et de la famille.

Tout ne démarera qu’ à la condition que les pouvoirs de tutelle de ces acteurs, leurs ministres ( secteur de l’Education, de la Santé Mentale, du Handicap, de la Justice, de la Culture et des sports, de la jeunesse, Logement, Solidarité…) oeuvrent ensemble sur les questions qui touchent aux familles sensibles, en difficultés sociales, psychologiques, économiques…

La transversalité[2]doit être aux commandes. Un ombudsman, un secrétaire d’Etat doit se voir confier cette tâche de vérifier que les dispositions, réglementations, décrets et lois qui effleurent ce secteur ne viennent pas faire obstacle à l’intervention du champ voisin.

Un état d’esprit dont nous espérons que par phénomène de cascade il rejaillisse sur les acteurs au plus près des familles et des enfants concernés. 

Une culture qui  mette en marche à chaque niveau l’inter-institutionalitéindispensable à la réussite des familles et des des TS. (Travailleur social)

A cela doit s’ajouter l’inter-disciplinaritédans les services, dans les actions menées auprès des familles, de leur environnement. 

C’est dans cette pratique de réseau qu’il sera possible d’expérimenter que mieux mon partenaire travaille, mieux je réussis, plus la famille met en oeuvre le pouvoir d’agir dont elle est capable si le système autour d’elle lui en laisse le temps, la considération,  l’investissement, l’engagement des acteurs et le nécessaire lien, clé de voûte de la relation d’aide. 

Isolé, le TS risque fort de s’enliser avec la famille dans des  actions mues par l’autoréférencement, le jugement, la condamnation …qui conduisent, par souci de protéger ou de se protéger, vers le placement censé sécuriser. 

L’acteur le plus fragile est sans doute le Juge de la Jeunesse [3]Le magistrat oeuvre dans l’isolement et la solitude. Il n’est donc pas forcément « sécure ».  Privé de lieu de concertation, de croisement de regards, de participation à des réunions de synthèse, réunions cliniques pourrait bien à son insu  opter pour des décisions qui protègent bien plus que nécesaires. « Coincé » au Palais il lui est difficile d’ajuster ses décisions à ce que les services sont en réelle capacité de mettre en oeuvre. Il existe une distance entre le texte et la mise en oeuvre d’une mesure censée protéger. Le risque d’étouffer d’entrée de jeu le pouvoir de la famille est donc accru dans ces cas.

Comme les TS, les Magistrats se plaignent souvent de solitude. Ils perdent en reconnaissance, en co-formation et risquent de  se narcissiser professionnellement par des actions qui freinent, bloquent, retardent…

La composante temporelle est capitale. Nous savons que de nombreuses mesures édictées, souhaitées et acceptées lors de l’audience  tardent à se mettre en oeuvre. Les familles nous disent souvent que la « photo de familles » en possession du Tribunal, du SPJ est inchangée lors du repassage annuel, bisannuel en audience.

La famille, experte du vécu

Quand elle laisse entrer le TS chez elle, quand il a  accepté le café qu’elle lui offre, le TS ne peut pas encore déclarer qu’il obtient sa confiance. Or  le TS travaille trop souvent sur cette illusion. Les familles qui s’expriment au sein d’une association[4]de parents déclarent qu’elles n’ont pas confiance. Déshabiller le TS de  la représentation de bras armé du Tribunalnécessitera un revirement complet de la posture de « sachant » avec lequel est entré le TS quand il est désigné pour rendre des comptes sur l’évolution de la famille par le SPJ et le Tribunal (Dans quelques occasions par le SAJ également). Probablement à son insu, le  TS porte le  costume d’inspecteur.  

La famille se soumet. Elle est dans la suradaptation.  Elle ira jusqu’à plaindre le TS de la surcharge de travail qui transparait à travers la difficulté d’entrer en contact avec lui, une fois les présentations faites. Ce défaut de disponibilité que découvre la famille est traduit, soumis à des déformations induites par les phénomènes de « transfert ». L’objectif de la famille est de restaurer au plus vite l’image ternie qui l’identifie à la lecture du jugement. Elle est en capacité de dévoiler le contexte émotionnel dans lequel émergea un un signalement , une demande d’aide qui vient de basculer en contrainte. Mais elle évitera le risque d’ajouter aux craintes du TS ou, tout au contraire, elle retardera la rencontre en maintenant à distance le TS, par un langage gestuel hostile, un langage agressif, bref une armure défentielle. 

Ainsi installée la relation d’aide prend l’eau de toutes parts.  Si l’application de la mesure s’élabore dans un tel état d’esprit il devient un instrument d’avillissement de la famille. Si les professionnels y entre en position basse, laissant à la famille déployer ses compétences, en sécurité la mise en application de la mesure devient alors un outil précieux pour la famille plutôt qu’un outil de contrôle qu’elle s’employera à trafiquer.

Aujourd’hui, il convient de considérer les familles confrontées au systèmre protectionnel comme partie prenante des débats organisés dans la transversalité. L’entrée des associations de parents dans les conseils d’avis des administrations concernées signerait un heureux changement culturel.

Equiper le Travailleur Social [5], TS

Le succès de la relation d’aide passe par l’exercice de la tiercité. Tant au sein d’une équipe que dans l’interinstitutionnalité exposer son travail au regard de l’autre est un e nécéssité. « Tu peux voir de moi ce que je ne peux voir moi-même…et je te remercie de m’en faire cadeau » …  Le concept sous jacent qui doit présider ces rencontres professionnelles est celui de la tiercité circulante. Nous sommes tour à tour dans cette position d’offrir ou de recevoir ce cadeau. Oui, mais…voilà qui va à contre-sens de la culture ambiante du respect et de la bonne distance relationnelle. On ne va pas se froisser. Une frilosité dont la famille recevra la facture à l‘insu de chacun. Nous devons au contraire miser sur la bonneveillance et former, accompagner les équipes et les lieux d’inter-institutionnalités, telle la JPT[6]pour modifier la culture. Je compte sur ce croisement  généreux et authentique des regards de sorte que par phénomènes de cascade ce prendre soinrejaillisse sur les familles que nous rencontrerons.

Donner une équipe au TS pour délivrer la rencontre des aspects transférentiels, des résonnances est bien plus que la cerise sur le gateau. Il s’agit là d’une impérieuse nécessité qui à aussi pour éffet de prévenir du burnout.

L’écoute des familles révèle la patience qu’on exige d’elles quand elles comptent jusqu’à 10 intervenants différents depuis leur première rencontre avec le service AMO, COE, SAJ, SPJ. 

Guidance Familiale [7]

Il y est question d’accompagner la relation entre les TS et la famille. On le sait, entre un idéal d’approche professionnelle et la réalité, il y a l’humain. Les prérequis exposés ici peuvent  rendre indispensable l’intervention d’un binome aux compétences thérapeutiques pour sortir familles et services de postures figées dans la prudence, dans la méfiance et parfois même dans la peur. Mais aussi la banalisation, la méconnaissance[8]. L’invitation symbiotique qui consiste à faire participer le TS au système familial. Cela le rend impuissant voire même co-participant d’un immobilisme, de résistance au changement et celà peut aller jusqu’à épouser aveuglément des fonctionnements toxiques de la famille.

Association de parents d’Enfants placés.  A mettre en place

Les approches help self ne sont pas à démontrer. Dans ces lieux construits, dirigés par des familles avec le concours de professsionnels, éducateurs, thérapeutes, TISF … les familles se mettent au services des familles. Rien de plus efficace pour déconstruire les représentations anesthésiantes que se font les uns sur les autres. Si d’aventure l’association, (comme c’est le cas depuis 1O ans à Valenciennes) , anime des groupes de co-formation familles/professionnels cette déconstruction s’accélère et le pouvoir d’agir des familles et des professionnels se libère.  On entre alors dans une co-construction sociétale qui s’appuie sur l’égalité de citoyeneté et d’humanité. Un bain bienveillant dont les uns et les autres ressortent mieux équipés.  « Ici j’ai découvert que je sais parler sans retourner la table et aujourd’hui, j’entre rassuré dans la salle d’audience sans aboyer, agresser et je m’autorise à parler devant le Juge » Performance découverte devant des professionnel qui déclare « J’apprend de vous les familles, je découvre des réalités émotionnelles auxquelles je n’avais pas accès ». Cette rencontre est devenue processus de co-formation.  Une formation permanente pour les professionnels qui déployent leurs écoutes, de l’autre et d’eux-mêmes. Un lieu d’ intégration pour les  familles qui se vivaient depuis longtemps à la marge d’un système qui les régurgitent et vice et versa.

Réseau

Ecole et SSM, SAAE, COE, SAJ, SPJ, IMP140, Pédopsy ambulatoire et hospitalière et les réseaux

 pedopsy ont des fonctionnements aussi distants que ne le sont leurs pouvoirs de tutelles les uns par rapports aux autres. De plus ils fonctionnent entre eux en sysmétrie comme dans les rapports des institutions avec les familles.  Une réorganistion de l’accueil familial, AF, à l’instar de ce qui se fait dans les PFS serait bienvenue. Leurs paroles doit se libérer, elle doivent trouver ce processus intervisionneldont ont besoin les TS. Avec les jeunes qui arrivant à la puberté escaladent dans les troubles de l’attachement [9].

Etayées par les asbl de placement familial, en partenariat avec les lieux d’hébergement, les Familles d’accueil traverseraient mieux les épisodes de crises où le jeune découvre qu’il détient le bouton du siège éjectable et que les troubles psychiques qu’il exprime l’incitent à tenter l’exclusion. En ce cas, là commence le parcours infernal de déplacements.

Face à ces troubles, il convient d’organaiser le TENIR qui est le fondement de la guérison des troubles de l’attachement. Cet accompagnement devrait se faire entre plusieurs partenaires qui ensemble signent l’engagement sur la durée de sorte que l’on évite de donner à ces jeunes la prime aux symptômes qui le conduiront à la marginalité , au shopping de l’accueil, à la rue , à la psychiatrie et parfois à la prison.

De même, les aides familiales , première ligne, ont besoin d’être équipés et de participer à un travail de métabolisation des émotions, des troubles du comportement dont elles sont témoins. 

Contenance

Cette capacité d’accueillir l’autre avec toutes ses émotions en est la condition. Elle s’édifie sur la mise en marche de la tiercité et de la co-formation.  Ces dernières participent à l’équipement du travailleur social qui élargit sa capacité contenante à l‘expérience et à l’équipement de l’autre champ sans que l’enfant ne devienne l’objet déplacé.  Cequisoit dit en passant, conforte et spécialise l’enfant dans l’expression et le rendement de ses troubles de l’attachement. Et nous voilà devenus partenaire. Mais je le rappelle, la pratique de réseau ne se décrète pas, elle se tricote à partir et avec la famille et elle a un coût. Ces nouvelles stratégies s’opérationnalisent trop peu. Et la contenance doit aussi être celle des services à l’égard de leurs acteurs professionnels ainsi que des services entre eux.

Luc Fouarge


[1]Concept développé par http://www.reseauculture21.fr

[2]Cfr GT AWIPH « Jeunesse et transversalités » 2006

[3]Juge des Enfants

[4] Association de parents faisant l’objet d’une mesure judiciaire ou administrative à l’égard de leur(s) enfant(s)… à créer.

[5] https://lucfouarge.com/formations

[6]Jardin Pour Tous, locaux et faitier

[7]http://guidancefamiliale.com

[8]Processus actif et non conscient de non-connaissance.

[9]NP RYGAARD, L’enfant abandonné : Guide des troubles de l’attachement – De Boeck

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Ecosystémie du Soutien à la Famille, à la Parentalité et à l’Enfance (France)

Réduire de 2/3 le nombre de placements dans les mesures de Protection de l’Enfance.

C’est l’ambition de cette analyse. 

Elle ne propose pas de nouvelles créations. Elle s’appuie sur une  mise en oeuvre différente de ce qui existe.

Les mots ont leur importance. Ainsi Protection de l’Enfance est vécu par les familles concernées comme une agression.. La question serait-elle  qu’il faudrait protéger les enfants des parents ? Oui, parfois, et il est heureux que des Magistrats, des professionnels en aient le courrage. 

Dans toutes les autres occasions ce vocable mal reçu contrevient à la volonté de mobiliser le pouvoir d’agir[1]des parents, de la famille. C’est bien sur cette force qu’il convient de revisiter nos pratiques. Cela exigera de la part de nombreux acteurs une modification, parfois à 180°, de la posture professionnelle qu’ils adoptent.

Les acteurs doivent devenir champions de la position basse si l’on souhaite atteindre les objectifs de la mobilisation des parents et de la famille.

Tout ne démarera qu’ à la condition que les pouvoirs de tutelle de ces acteurs, leurs ministres ( secteur de l’Education, de la Santé Mentale, du Handicap, de la Justice, de la Culture et des sports, de la jeunesse, Logement, Solidarité…) oeuvrent ensemble sur les questions qui touchent aux familles sensibles, en difficultés sociales, psychologiques, économiques…

La transversalité doit être aux commandes. Un ombudsman, un secrétaire d’Etat doit se voir confier cette tâche de vérifier que les dispositions, réglementations, décrets et lois qui effleurent ce secteur ne viennent pas faire obstacle à l’intervention du champ voisin.

Un état d’esprit dont nous espérons que par phénomène de cascade il rejaillisse sur les acteurs au plus près des familles et des enfants concernés. 

Une culture qui  mette en marche à chaque niveau l’inter-institutionalité indispensable à la réussite des familles et des des TS.

A cela doit s’ajouter l’inter-disciplinaritédans les services, dans les actions menées auprès des familles, de leur environnement.

C’est dans cette pratique de réseau qu’il sera possible d’expérimenter que mieux mon partenaire travaille, mieux je réussis, plus la famille met en oeuvre le pouvoir d’agir dont elle est capable si le système autour d’elle lui en laisse le temps, la considération,  l’investissement, l’engagement des acteurs et le nécessaire lien, clé de voûte de la relation d’aide. 

Isolé, le TS risque fort de s’enliser avec la famille dans des  actions mues par l’autoréférencement, le jugement, la condamnation …qui conduisent, par souci de protéger ou de se protéger, vers le placement censé sécuriser. 

L’acteur le plus fragile est sans doute le JE [2]Le magistrat oeuvre dans l’isolement et la solitude. Il n’est donc pas forcément « sécure ».  Privé de lieu de concertation, de croisement de regards, de participation à des réunions de synthèse, réunions cliniques pourrait bien à son insu  opter pour des décisions qui protègent bien plus que nécesaires. « Coincé » au Palais il lui est difficile d’ajuster ses décisions à ce que les services sont en réelle capacité de mettre en oeuvre. Il existe une distance entre le texte et la mise en oeuvre d’une mesure censée protéger. Le risque d’étouffer d’entrée de jeu le pouvoir de la famille est donc accru dans ces cas.

Comme les TS, les JE  se plaignent souvent de solitude. Ils perdent en reconnaissance, en co-formation et risquent de  se narcissiser professionnellement par des actions qui freinent, bloquent, retardent…

La composante temporelle est capitale. Nous savons que de nombreuses mesures édictées, souhaitées et acceptées lors de l’audience  tardent à se mettre en oeuvre. Les familles nous disent souvent que la « photo de familles » en possession du JE est inchangée lors du repassage annuel, bisannuel en audience.

La famille, experte du vécu

Quand elle laisse entrer le TS chez elle, quand il a  accepté le café qu’elle lui offre, le TS ne peut pas encore déclarer qu’il obtient sa confiance. Or  le TS travaille trop souvent sur cette illusion. Les familles qui s’expriment au sein d’une association[3]de parents déclarent qu’elles n’ont pas confiance. Déshabiller le TS de  la représentation de bras armé du TEnécessitera un revirement complet de la posture de « sachant » avec lequel est entré le TS quand il est désigné pour rendre des comptes sur l’évolution de la famille par le Tribunal. Probablement à son insu, le  TS porte le  costume d’inspecteur.  

La famille se soumet. Elle est dans la suradaptation.  Elle ira jusqu’à plaindre le TS de la surcharge de travail qui transparait à travers la difficulté d’entrer en contact avec lui, une fois les présentations faites. Ce défaut de disponibilité que découvre la famille est traduit, soumis à des déformations induites par les phénomènes de « transfert ». L’objectif de la famille est de restaurer au plus vite l’image ternie qui l’identifie à la lecture du jugement. Elle est en capacité de dévoiler le contexte émotionnel dans lequel émergea une IP, une demande d’aide qui vient de basculer en contrainte. Mais elle évitera le risque d’ajouter aux craintes du TS ou, tout au contraire, elle retardera la rencontre en maintenant à distance le TS, par un langage gestuel hostile, un langage agressif, bref une armure défentielle. 

Ainsi installée la relation d’aide prend l’eau de toutes parts.  Si le PPE[4]s’élabore dans un tel état d’esprit il devient un instrument d’avillissement de la famille. Si les professionnels y entre en position basse, laissant à la famille déployer ses compétences, en sécurité le PPE devient alors un outil précieux pour la famille plutôt qu’un outil de contrôle qu’elle s’employera à trafiquer.

Aujourd’hui, il convient de considérer les familles confrontées à la Protection de l’Enfance  comme partie prenante des débats organisés dans la transversalité. L’entrée des associations de parents au CNPE [5]  indique positivement la direction à prendre.

Equiper le Travailleur Social [6], TS

Le succès de la relation d’aide passe par l’exercice de la tiercité. Tant au sein d’une équipe que dans l’interinstitutionnalité exposer son travail au regard de l’autre est un e nécéssité. « Tu peux voir de moi ce que je ne peux voir moi-même…et je te remercie de m’en faire cadeau » …  Le concept sous jacent qui doit présider ces rencontres professionnelles est celui de la tiercité circulante. Nous sommes tour à tour dans cette position d’offrir ou de recevoir ce cadeau. Oui, mais…voilà qui va à contre-sens de la culture ambiante du respect et de la bonne distance relationnelle. On ne va pas se froisser. Une frilosité dont la famille recevra la facture à l‘insu de chacun. Nous devons au contraire miser sur la bonneveillance et former, accompagner les équipes et les lieux d’inter-institutionnalités, telle la CTT [7]pour modifier la culture. Je compte sur ce croisement généreux et authentique des regards de sorte que par phénomènes de cascade ce prendre soinrejaillisse sur les familles que nous rencontrerons.

Donner une équipe au TS pour délivrer la rencontre des aspects transférentiels, des résonnances est bien plus que la cerise sur le gateau. Il s’agit là d’une impérieuse nécessité qui à aussi pour éffet de prévenir du burnout.

L’écoute des familles révèle la patience qu’on exige d’elles quand elles comptent jusqu’à 10 intervenants différents depuis leur première rencontre avec le service AEMO ou ASE.

Guidance Familiale [8]

Il y est question d’accompagner la relation entre les TS et la famille. On le sait, entre un idéal d’approche professionnelle et la réalité, il y a l’humain. Les prérequis exposés ici peuvent  rendre indispensable l’intervention d’un binome aux compétences thérapeutiques pour sortir familles et services de postures figées dans la prudence, dans la méfiance et parfois même dans la peur. Mais aussi la banalisation, la méconnaissance[9]. L’invitation symbiotique qui consiste à faire participer le TS au système familial. Cela le rend impuissant voire même co-participant d’un immobilisme, de résistance au changement et celà peut aller jusqu’à épouser aveuglément des fonctionnements toxiques de la famille.

Association de parents d’Enfants placés.  SOS PP déjà cité.

Les approches help self ne sont pas à démontrer. Dans ces lieux construits, dirigés par des familles avec le concours de professsionnels, éducateurs, thérapeutes, TISF … les familles se mettent au services des familles. Rien de plus efficace pour déconstruire les représentations anesthésiantes que se font les uns sur les autres. Si d’aventure l’association, comme c’est le cas depuis 1O ans , anime des groupes de co-formation familles/professionnels cette déconstruction s’accélère et le pouvoir d’agir des familles et des professionnels se libère.  On entre alors dans une co-construction sociétale qui s’appuie sur l’égalité de citoyeneté et d’humanité. Un bain bienveillant dont les uns et les autres ressortent mieux équipés.  « Ici j’ai découvert que je sais parler sans retourner la table et aujourd’hui, j’entre rassuré dans la salle d’audience sans aboyer, agresser et je m’autorise à parler devant le Juge » Performance découverte devant des professionnel qui déclare « J’apprend de vous les familles,  je découvre des réalités émotionnelles auxquelles je n’avais pas accès ». Cette rencontre est devenue processus de co-formation. Une formation permanente pour les professionnels qui déployent leurs écoutes, de l’autre et d’eux-mêmes. Un lieu d’ intégration pour les  familles qui se vivaient depuis longtemps à la marge d’un système qui les régurgitent et vice et versa.

Réseau

TISF-AF-MECS-ITEP-PJJ-Pédopsy ambulatoire et hospitalière ont des fonctionnements aussi distants que ne le sont leurs pouvoirs de tutelles les uns par rapports aux autres. De plus ils fonctionnent entre eux en sysmétrie comme dans les rapports des institutions avec les familles.  Une réorganistion de l’accueil familial, AF, à l’instar de ce qui se fait dans les PFS serait bienvenue. Leurs paroles doit se libérer, elle doivent trouver ce processus intervisionneldont ont besoin les TS. Avec les jeunes qui arrivant à la puberté escaladent dans les troubles de l’attachement [10].

Etayées, soutenues comme le pratiquent les Villages SOS, les AF traverseraient mieux les épisodes de crises où le jeune découvre qu’il détient le bouton du siège éjectable et que les troubles psychiques qu’il exprime l’incitent à tenter l’exclusion. En ce cas, là commence le parcours infernal de déplacements.

Face à ces troubles, il convient d’organaiser le TENIR qui est le fondement de la guérison des troubles de l’attachement. Cet accompagnement devrait se faire entre plusieurs partenaires qui ensemble signent l’engagement sur la durée de sorte que l’on évite de donner à ces jeunes la prime aux symptômes qui le conduiront à la marginalité , au shopping de l’accueil, à la rue , à la psychiatrie et parfois à la prison.

De même, les TISF , première ligne, ont besoin d’être équipé et de participer à un travail de métabolisation des émotions, des troubles du comportement dont elles sont témoins. 

Contenance

Cette capacité d’accueillir l’autre avec toutes ses émotions en est la condition. Elle s’édifie sur la mise en marche de la tiercité et de la co-formation.  Ces dernières participent à l’équipement du travailleur social qui élargit sa capacité contenante à l‘expérience et à l’équipement de l’autre champ sans que l’enfant ne devienne l’objet déplacé.  Ce quisoit dit en passant, conforte et spécialise l’enfant dans l’expression et le rendement de ses troubles de l’attachement. Et nous voilà devenus partenaires. Mais je le rappelle, la pratique de réseau ne se décrète pas, elle se tricote à partir et avec la famille et elle a un coût. Ces nouvelles stratégies s’opérationnalisent trop peu. Et la contenance doit aussi être celle des services à l’égard de leurs acteurs professionnels ainsi que des services entre eux.

Luc Fouarge


[1]Concept développé par http://www.reseauculture21.fr

[2]Juge des Enfants

[3]www.sospetitsprinces.fr

[4]Projet Pour l’Enfant

[5]CNPE ConseilNational de la Protection de l’Enfance

[6] https://lucfouarge.com/formations

[7]CTT Commission Technique Territoriale, composées d’acteurs des différents champs concernés. Organes libres et non décisionnels ou se tricote la pratique de réseau

[8]http://guidancefamiliale.com

[9]Processus actif et non conscient de non-connaissance.

[10]NP RYGAARD, L’enfant abandonné : Guide des troubles de l’attachement – De Boeck

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L’effilochée – Du théatre pour parler du placement

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Educateur spécialisé… la question du don

Le don est un échange    (il suppose une réciprocité) : il s’agit de donner, recevoir et rendre.

« Tu dois aimer les enfants » « Je suis payé par le retour d’affection » « … ce qui est , dans le cadeau reçu, échangé, oblige…. » « Il ne prend rien » 

Mais qu’est-ce qui permet d’évaluer la qualité de l’échange ? 

La société se satisfait-elle que se cachent les douleurs et se protège de voir ce qu’elle n’aime pas voir…? Les normes d’encadrement trop faibles, qualitativement et quantitativement peuvent le laisser entendre, de même que le manque de formation et de supervision.  Les équipes  sont confiées à des cadres qui s’emploient à maitriser les humeurs plus qu’à accompagner l’élévation de réflexion et d’échanges de leurs équipes. 

Les comparaisons d’échelles de barèmes laissent également penser que l’éducateur serait payé du bonheur de donner.  Ce qui amène à considérer que le « return » en terme d’investissement doit provenir de la personne, de l’enfant qu’il accompagne… et c’est là que le bas blesse.

Ces personnes, ces jeunes seraient donc en devoir de « nourrir » leurs éducateurs. Cela pervertit le don, le contre-don. 

Ayant longuement accompagné des jeunes dits abandonniques, souffrant de troubles de l’attachement, j’ai régulièrement entendu chez les professionnels la fatigue due au manque de reconnaissance. Selon l’ancienneté de leurs difficultés à être, les jeunes honorent rarement leur part de ce « contrat secret » et mènent à l’épuisement  les personnes auxquelles ils sont confiés. j’entend encore « il ne prend rien »,  formulation qui s’accompagne de longues observations de cette incapacité du sujet de se nourrir de nos dons. « Nous ne pouvons pas réussir avec tout le monde, il faut savoir renoncer et laisser la place à d’autres qui eux en profiteront » … l’instant de la prime, la réorientation. Ce moment d’articulation entre les troubles de l’attachement et la « fatigue » de l’intervenant que le mythe social rémunère par une un hypothétique  contre don du jeune. L’alliance sur la énième rupture.

La lutte contre cette fatigue est l’instant de soin, ce moment construit par l’institution qui reconnait dans la bonneveillance que  cet instant est inhérent à la fonction éducative. L’institution deviendra soignante si elle même s’est mise en charge du besoin de son personnel face à cette provisoire incapacité du jeune de manifester du contre don. Et c’est justement cette compétence que devra guetter l’institution car elle témoigne de la sortie du jeune du processus pathologique. Ce que certains  qualifieront de résistance qui n’est autre qu’une manifestation de  tentative d’adaptation précoce du jeune. Mécanisme qui lui a permis d’être en vie, il fut donc utile, précieux, il faudra le louer pour cette compétence afin qu’il puisse entendre nos propositions.

Le prix de cette émergence est la capacité de l’équipe à soutenir ses membres quand la soif normale de reconnaissance fait défaut en raison de la problématique du jeune. Il est donc malsain de laisser l’éduc spé dans cette attente de contre-don tant que le jeune ne peut y accéder. Attitude que perçoit fort bien le jeune qui apprit à deviner le besoin de l’adulte en charge de ses soins de sorte qu’il en récolte une parcelle. 

Don et contre-don sont donc de haute valeur éthique et portent en eux la clinique qui ne se situe pas toujours là ou on l’attend. En effet, il faut encore que l’intervenant soignant, l’éducateur, permettent au jeune d’exercer de nouvelles compétences dans l’exercice du contre-don. Il est le signal de la résolution saine du transfert. Cela suppose que l’éducateur qui accéda à la profession par un désir non-conscient de « sauver » soit sorti du triangle dramatique de Karpman .

On entre en éducation spécialisée avec cette motivation « généreuse » et socialement reconnue dans cette forme puisque le barème ne contredit pas mais au contraire continue de laisser croire que ce métier est                           « vocationnel »

La question de l’éthique et du soin, l’exercice du don et du contre-don, ne relèvent pas exclusivement du service subsidié. C’est aussi, et avant tout, une affaire de société. Elle doit sortir du schéma de la générosité tout en la cultivant. Générosité qui est le sel de l’éducation soignante pour autant qu’elle s’exprime hors du triangle dramatique. 

Educ spé est donc bien un engagement. Celui de s’accepter dans les limites qui sont les nôtres et que nous ne connaissons pas forcement de nous-mêmes. L’engagement d’accueillir ce regard sur moi et l’engagement d’offrir à mon collègue le regard que je porte sur ce qu’il ne peut voir de lui. L’exercice  d’une saine « tiercité circulante » en ce domaine est indispensable à la fonction. Encore faut-il que la culture institutionnelle la soutienne et fasse de cet instant du travail un temps fort de processus de soin. Une culture relationnel au sein de l’entreprise qui permet d’accéder à la clinique éducative. 

Cette vision doit se prolonger dans sa dimension politique. Quelle qualité de solidarité la société veut-elle pour ces jeunes blessés dans un environnement éducationnel perverti par des successions de crises affective, économique, sociale… 

L’éduc spé ne pourra développer cette qualité de don que s’il manifeste la dose d’empathie nécessaire à l’égard de la famille qui s’est trouvée, qui se trouve en difficulté. Là, le jeune pourra mesurer la sécurité dans laquelle il peut s’émanciper des « règles » familiales et entrer dans l’apprentissage et l’exercice de nouvelles valeurs.

Cet aspect du métier d’éduc spé nous fait entrer dans une réflexion à mener sur la place de l’éducateur dans le travail avec les familles, sans quoi le jeune pourrait s’attarder dans des mécanismes défentiels qui le protège de renier sa famille.

Dimension politique, l’éducateur spécialisé est un observateur privilégié du développement de la famille. Il doit composer avec elle dans une lecture  qui s’appuie sur « les droits culturels » . Il devra dénicher les savoirs-faire qui garantissent le « pouvoir d’ agir » des parents. Sans cela, jeunes et familles se réfugieront dans le non changement parce qu’elles sont minimisées, disqualifiées…  Une démarche qui demande à l’institution, aux institutions qui la subventionnent de passer les procédures de l’institution au crible des droits culturels. Une évaluation interne qui suscite des résistances.

Engagement, don, générosité (mais pas que) qualifient l’acte de la clinique éducative. Son équipe, son service doivent veiller à ce qu’il ne s’y enferme pas. Il n’est pas interdit de penser qu’il est question d’introduire l’amour dans cet acte, ce qui est tout à fait bienvenu dans un service qui cultive et pratique la tiercité circulante. 

Luc Fouarge

« Il ne prend rien »  et « Equiper le travailleur social » sur le même site et Convention de Fribourg sur « Les droits culturels » http://www.reseauculture21.fr

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Co-contenir pour accompagner l’enfant TA

Les enfants de parents en souffrance ne montrent pas ce qu’ils sont.                    Ils montrent les compétences qu’ils ont développées pour « distraire » leurs parents de leurs souffrances… ce qu’ils reproduisent avec les éducateurs, les soignants.

C’est la qu’il devient indispensable d’accueillir, d’observer et d’élaborer des « protocoles » dans l’interdisciplinarité. La capacité contenante nait du succès de cette capacité d’un service d’assumer et de réussir cette rencontre où la contribution de chacune des personnes, chacune des professions est reconue comme nécessaire à la contenance du service. 

La contenance institutionnelle n’est pas l’addition des capacités de ses membres. Elle résulte d’une rencontre réussie des angles d’analyse, des références professionnelles et personnelles des personnes assises pour ensemble l’édifier. Rencontres productives si  elles se font sous l’égide de la tiercité circulante dans une culture d’équipe qui participe de l’intervision. Cette attitude d’engagement et de don qui permet de marcher cette parole : Tu peux voir de moi ce que je ne peux voir moi-même de moi et j’en accepte le cadeau que tu m’en fais.

L’incapacité de fonctionner dans ce processus de rencontre sera utilisée dans de stériles conflits dont les passes d’armes affirment les identités, les territoires, les personnalités … et affectent durablement la capacité contenante de l’institution. Mieux tu travailles, mieux je suis en mesure de développer mon potentiel soignant, serait la devise indispensable à la construction du soin en équipe.

Lire et décoder les troubles que présente un enfant sera efficient si l’équipe écoute et accueille avec bonneveillance les résonnances qui affleurent dans les lectures des uns et des autres. La déconstruction du rendement de ces troubles fait soin. Ce qui me fait dire que le passage de l’action éducative à la clinique éducative est directement proportionnel à l’écoute bienveillante qui reigne dans l’équipe. Humainement cet effort nécessite engagement et don. 

Il n’est possible de remercier l’enfant du dévouement à l’égard des siens que si le trouble qu’il manifeste est lu à travers ce prisme. Il n’y aura pas soin sans cette reconnaissance pour son sacrifice qu’il découvrira dans le climat d’une équipe. Elle lui représentera de nombreuses fois cette nouvelle compréhension de la vie sans entrer dans la symétrie. Il s’agit par ce travail collectif de protéger le soignant, de participer à l’invitation qui lui est faite de prendre la pose, le geste, la parole du parent qu’il tentait de distraire. 

Cette approche est caricatuellement visible dans l’accompagnement des troubles de l’attachement et des conduites abandonniques. Face à cet enfant qui tient la commande du siège éjectable, l’institution doit organiser le TENIR. Elle doit penser la capcité contenante dans l’anticipation. Elle ne peut s’engager dans ce défi de soin qu’assurée qu’elle ne lachera pas. Il n’est pas rare que pour réussir dans le TENR l’équipe ait besoin d’élargir sa capacité contenante avec le recours de partenariats, pré-établis avec des partenaires qui acceptent d’entrer en co-construction de cette nécessité thérapeutique. 

Un projet qui nécessite de l’engagement sur un protocole préconstruit à plusieurs de telle sorte que, même hors du lieu de résidence habituel, le jeune continue à expérimenter l’attachement indéfectible de ce lieu d’accueil.

Luc Fouarge