Les réseaux en quête de sens

Dans la Belgique fondée sur la subsidiarité de l’état, entendons que l’état ne fait pas ce que l’associatif peut mieux faire que lui, tant dans les soins que dans l’enseignement, les milieux chrétiens ont été majoritaires. Les laïcs ont pris une large place dans ce secteur, les religieux sont retraités.

Jusqu’il y a peu, la tension entre les deux secteurs se mesuraient entre autre, sur la transmission des valeurs, traduites dans ces dernières institutions par des postures de dons et contre dons. Un plus reconnu aux institutions scolaires et hospitalières chrétiennes.

Ce Plus est-il encore perceptible ?

Dans les hôpitaux, la logique gestionnaire prend le pas sur les directions médicales. Dans un couloir d’hospitalisation j’ai saisi des échanges entre infirmières, aides soignantes dénonçant le minutage attribué à telle ou telle intervention de soin. Un des actes ainsi encodé consiste en une intervention en chambre. L’une des plaignantes signalait que le temps entre l’appel du patient et le trajet pour s’y rendre n’était pas compté.

Cette réflexion me fait craindre que le temps que demande le réconfort qu’offre l’aide soignante ou l’infirmière à l’occasion d’un soin ne figure pas dans la liste des actes à encoder avant toute exécution. Cela, en dépit d’une réalité largement défendue, le climat psychologique, l’accueil, la compassion, le soutien et même l’affection font partie intégrante du soin.

Réflexions qui m’incitent à penser que cette logique gestionnaire est le cancer des soins de santé. Et si j’associe cette observation au concept de maladie iatrogène, je crains.

Récemment je participais à un souper organisé par le comité de parents d’une école « libre ». J’ai pris la mesure du clivage, partiel, entre ce comité de parents et le corps enseignant qui jadis ameutait toute sa famille pour remplir la salle. Plus d’un enseignant était absent. En son temps, le comité de parents était très actif dans la mise en actions de la communauté scolaire. Un climat de service qui unissait parents et instituteurs tant dans la réflexion sur les objectifs pédagogiques et éducatifs, que sur la réfection de l’équipement scolaire et les bâtiments.

Un juge me disait combien la déférence du jeune justiciable à l’égard des magistrats s’étiolait comme le respect à l’égard des enseignants… des personnes dont la mission doit s’exercer avec un minimum d’autorité, de respect. Qu’en est-il de la fonction éducative de l’école ? L’instituteur qui se mêle à la partie de foot de la récré serait d’un autre temps, participation au jeu qu’aujourd’hui on tolèrerait au « surveillant » éducateur.

Il se dit même que l’école n’aurait pas à intervenir dans l’éducation renvoyée aux parents. Dans les nouvelles familles l’éducatif est mis à mal. L’école semble démissionner de sa fonction régulatrice des disparités éducatives. Penser l’enseignement ne peut pas « désinclure » l’éducatif. L’école a un rôle à jouer dans la socialisation des jeunes pour soutenir leurs intégrations dans une société solidaire.

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