Gouvernance en IMP140 et ITEP…et autres services d’hébergement, adultes et enfants.

Il existait jadis le CEAH, Commission d’Avis de l’Accueil et l’Hébergement. Grâce à une présidence ouverte, il était possible d’y exprimer des points de vue, hors OJ, qui commentaient l’air du temps dans le secteur. S’y évoquaient les tournants de la culture d’entreprise de l’administration, des cultures institutionnelles régnantes dans les services, les bonnes et moins bonnes pratiques dans l’accueil des jeunes et des habitants de nos services. Y siégeaient des membres de l’administration, de futurs ou anciens membres de cabinets ministériels, des représentants de secteur. Ces échanges mettaient le spot sur les innovations et les pratiques parfois ignobles qui avaient cours dans le secteur et chacun repartait, avec des représentations un peu plus complètes du fait institutionnel.

Cette activité informelle était riche. C’est parce qu’elle était « autorisée » par ses présidents et l’administration que je me suis porté volontaire, au nom du groupement 140 , durant plusieurs mandats.

La culture régnante prend des tournants qui font tâches d’huile. Le contexte de compression budgétaire est un vent favorable qui se gonfle de logiques gestionnaires. Faire plus avec moins en est le leitmotiv.

Les services de petites tailles pourraient ainsi disparaitre tandis que des « gourmands » prennent la direction. L’administration se frotte les mains en voyant arriver des gestionnaires à la tête, elle-même accroit la complexité des modalités de subventions.

Il s’établit ainsi une connivence entre auteurs des complexités et ceux qui s’ingénient à en tirer les meilleurs partis, les gestionnaires. Un jeu qui m’est tout autant antipathique qu’inutile mais qui alimente une caste nouvelle de professionnels pollués par de l’ « ingénierie sociale ». Et donc émergent des personnalités qui se spécialisent dans l’expansion. Le XXL devient tendance, un club de dirigeants fait surface.

Je ne peux m’empêcher de faire le rapprochement avec le monde politique et particulièrement avec les intercommunales. Les directions mammouth sont sorties du bois et dansent les réformes avec les auteurs de la complexification réglementaire.

Si les qualités relationnelles des services y gagnaient j’entrerais avec bonheur dans la danse.

Hélas, cette dynamique  donne le signal d’un éloignement des têtes pensantes des personnes accueillies et des personnels qui les accompagnent. Par phénomène en cascade il est à craindre que le personnel prenne à son tour distance vis à vis de ces personnes ce qu’on justifiera par la « bonne distance ». Une mesure qui échappe aux normes ISO.

L’engagement émotionnel, le don finiront bien par se dissoudre insidieusement. Cela ne pourra qu’intensifier la production de symptômes des personnes et enfants accueillis qui devront « crier » un peu plus fort pour que leurs besoins trouvent réponses chez les accompagnateurs en proie aux « menaces » de cette culture moderne.

Ces nouveaux directeurs ont des bureaux éloignés du personnel, ne prennent pas leurs repas avec les personnes. Ils sont en communication avec des cadres intermédiaires, et ceux-ci avec les représentants des travailleurs qui sont entrés dans la même danse, même si c’est, bien entendu, avec d’autres visions.

Comme en politique, nous devons entrer en résistance. Renoncer à un fatalisme qui nous empêcherait d’intégrer la dimension du coeur dans nos actions. Une dimension indispensable et exigeante qui suppose une métabolisation collective par un temps de travail en équipe qui, à son tour, pourrait bien être victime du passage à la rape du financier, là où se pratique cette construction collective d’une clinique éducative.

L’éthique est sous-jacente et permanente dans ces réflexions. Mais loin… trop loin, dans sa mise en chantier, tant dans les services qu’à l’administration. En son temps, une commission d’éthique devait prendre un peu de hauteur sur ces questions. Feu le CEAH que j’évoquais y touchait régulièrement et signalait des questions à mettre à l’étude dans une commission d’éthique attendue. L’une des premières questions sur laquelle je la solliciterais s’intitulerait ; « Ethique et subvention ». Existe-t-il des modalités de subventionnement qui soient plus ou moins éthiques que d’autres ? Les modalités de « gouvernances », administrations et directions de services, impactent-elles la qualité d’accueil des personnes, établir un relevé des bonnes pratiques… Je vous invite à prendre connaissance de mon texte sur la bientraitance sur ce site  et sur Linkedin.

 

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