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Protection de l' Enfance

Protection de l’ Enfance – Que cache l’incasable…

Incasable ne parle pas de ces jeunes, ce n’est pas un diagnostic. 

Incasable désigne l’incapacité des adultes, des professionnels, des institutions à travailler de façon transversale, dans l’ interdisciplinarité et l’interinstitutionnalité. 

L’incasabilité nomme la difficulté de co-construire entre les champs de l’éducation, de la santé mentale, de la justice, de la protection de l’enfance… soulageons les jeunes de cette étiquette qui en font des patients désignés de carences politiques.

Sortir du processus d’ « incasabilisitation » nécessite un changement de culture dans les professions de la protection de l’enfance. Les différents opérateurs doivent découvrir comment les partenaires pourraient augmenter leurs chances de succès. 

Quels sont nos complémentarités ?

De quelle façon puis-je soutenir l’action des partenaires ?

Quels sont mes besoins et attentes de ce partenariat ? 

Si l’un de ceux-ci active cette chaîne, depuis le Magistrat jusqu’à l’ AEMO-R, en passant par l’ASE, le CMP, les institutions d’accueil, les acteurs de santé mentale, l’école et….surtout la famille et le jeune, une réflexion nouvelle pourra s’appuyer sur les compétences de la famille.

Rien, sur le plan réglementaire, ne s’y oppose, ce sont le plus souvent des facteurs de la sphère « équation personnelle » qui empêchent la mise sur pied de cette rencontre. 

Face à des situations anxiogènes pour les professionnels nous constatons des replis stratégiques devenant des habitudes de travail, des soumissions…qui se déguiseront  en procédures réglementaires. 

La co-construction n’est même pas envisageable.

Mille et une raisons privent les professionnels de s’asseoir pour penser ensemble, avec les personnes concernées  les besoins de celles-ci. Le temps, l’énergie  sont érigés en obstacles. 

Cela entraîne chez l’ « usager » une disqualification de son pouvoir d’agir.  Il s’installe dans la soumission.                     

Parfois l’apparente passivité de ceux-ci est jugée et place désormais le professionnel dans une position haute, position d’inefficacité, souvent sans qu’il ne le conscientise. Il est fréquent que les dits usagers poussent les professionnels dans cette position. Comme un « contrat secret » que l’on ignore car il nous met en cause, parce qu’il touche à nos résonances. 

Se profilant ainsi, l’échec est externalisé. Le partenaire est disqualifié , l’absence de co-construction laisse peu d’espoir à l’édification du pouvoir d’agir de la famille, du jeune. 

Les professionnels s’agitent et se mettent en quête du canon qui tuera la mouche, et le vendredi fin de journée  le dernier professionnel concerné se met à chercher une case où mettre le jeune.  Ou, en fin d’audience, le travailleur social a endossé la charge de vendre un projet de placement qui aurait l’air de satisfaire chacun.

« Traité » d’incasable, le jeune en endossera le costume, les tentatives de placement échoueront.

La question du sens des démarches de cette chaine n’est pas partagée. La recherche d’une case devient l’objectif du travail social. 

Le changement culturel évoqué aidera les opérateurs à sortir de cette volonté de réussir leurs propres  objectifs, il ciblera  le pouvoir d’agir des personnes concernées, il cessera de penser son action dans l’autoréférencement. Dans cette culture, on veillera à se mettre au service de la co-construction d’un protocole d’aide et d’accompagnement  dont symboliquement chacun est signataire. Les approches concertées…clinique de la concertation, conférences familiales, accès aux droits culturels sont des pratiques qui tricotent du lien, dans une humanité, une citoyenneté ou les uns ne prennent pas le pouvoir sur les autres. 

Ces réflexions sur la « protection de l’enfance clinique » doivent être validées, soutenues par les administrations et les politiques qui relèvent de départements différents.                         Les politiques de protection de l’enfance ne réussiront que si elles sont pensées dans la transversalité, l’inter-institutionnalité et interdisciplinarité, chacun considérant les conditions de succès de l’autre.  Luc Fouarge

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Protection de l' Enfance

L’amer est sale

L’idée de « né puni » est empruntée à Dimitri Rouchon-Borie in « Le démon de la colline aux loups »

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Protection de l' Enfance

La Guidance Familiale

a suivre sur http://www.guidancefamiliale.com

… se définit à partir de concepts du soin et du soutien du pouvoir d’agir des participants. Elle centre sa bonneveillance sur le lien, reconnu comme le sel dans la relation d’aide, dans la psychothérapie ainsi que dans tout soin de santé.

Comme le dit Valéry[1], c’est aussi une politique, une modalité de gouvernance du vivre ensemble dans la solidarité, le respect, la justice.

La démarche consiste en des rencontres dans un « espace thérapeutique », un climat qui  témoigne du soin. C’est une rencontre entre personnes qui laissent au vestiaire leurs « costume ». C’est une éthique de la relation qui reconnait la valeur de la personne, l’encourage à être là, dans la recherche d’un mieux-être pour toute la famille comme pour les professionnels. S’y cultive l’écoute des sentiments les plus légitimes les uns que les autres de chacun. Ainsi, se posent les conditions qui permettront la découverte d’une humanité, dénominateur commun entre les personnes présentes. Elle conduit à l’égalité de citoyenneté et la recherche de l’appui des uns sur les autres, pour exprimer cette citoyenneté, souvent « perdue », quelle que soit la place occupée dans ce cercle. Tous, vivent des dépendances à une justice mandante et/ou protectrice des enfants confiés au service gardien qui est à l’initiative de la rencontre. Les institutions ne sont pas absentes dans cette rencontre. Les modalités d’application feront elles aussi l’objet d’un regard de chacun sur l’usage que chacun en a faite, sur la façon dont elles résonnent chez chacun. L’authenticité que requiert cette démarche est indispensable au processus d’éveil, de soutien du pouvoir d’agir de chacun. Ainsi posé chaque participant concoure à l’émergence de compétences enfouies, cachées, blessées. Dans ce processus, l’animateur de la guidance familiale se pose avec une mission supplémentaire, celle de garantir à ce cercle, l’adoption d’une culture propice au développement de chacun.  De cette rencontre nous attendons qu’elle « contamine » le réseau des proches et de l’institution qui sollicite. Cette culture peut se définir comme un temps de co-formation des uns et des autres. Ce qui augmente la reconnaissance de chacun des compétences de l’autre, facilite l’expression, et soutien le pouvoir d’agir de tous. 


[1] Paul Valery « Soigner. Donner des soins, c’est aussi une politique. Cela peut être fait avec une rigueur dont la douceur est l’enveloppe essentielle. Une attention exquise à la vie que l’on veille et surveille. Une précision confiante. Une sorte d’élégance dans les actes, une présence et une légèreté, une prévision et une sorte de perception très éveillée qui observe les moindres signes. C’est une sorte d’œuvre, de poème (qui n’a jamais été écrit), que la sollicitude intelligente compose.»

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Au service du droit de l’enfant, le droit des parents d’enfants placés

Ne remettons pas en question la nécessité de protéger des enfants de leurs parents.

Ceci dit, vérifions que les droits des enfants, à travers le droit des parents, sont bien respectés. 

Une fois prononcée, la décision protectionnelle d’écarter les enfants de leurs parents, l’essentiel des démarches des professionnels sont centrées sur les besoins des enfants. Que dire là contre, si ce n’est qu’il est hautement probable que l’enfant, plus encore que jamais, se centre sur ce qu’il advient de ses parents, du sort qui leur est réservé et ce d’autant plus intensément s’il se sent souvent coupable de les avoir poussés dans les mains de la Justice. C’est de cette méprise que je souhaite vous entretenir. 

A ce moment de disqualification, de punition l’émotion, probablement la colère, mais aussi la tristesse perçue par l’enfant viennent renforcer le côté positif de la perception du parent par l’enfant. Il y prend la mesure de l’amour. Voilà qu’il s’exprime avec une soudaine intensité que l’enfant ne pouvait percevoir entre toutes les détresses, les déprimes, passages à l’acte qu’il observait chez ses parents, il y a peu. Ainsi s’imprime profondément le conflit de loyauté.

La peine que vit l’enfant touche le travailleur social. L’empathie, à l’état brut, oriente ses actions… et l’enfant n’y voit pas de réponse à celle qu’il développe à l’égard de ses parents.

Il pourrait bien en tirer les leçons et décider que désormais il lui appartient, seul, de réparer les douleurs parentales dont il se sent être la cause. 

L’intensité des ressentiments de la famille à l’égard de la Justice dont le travailleur social est le représentant, par délégation… ces ressentiments seront très probablement traduits en confirmation qu’ils ne sont pas capables d’empathie. 

Que dire aussi des répercussions des agressions, carences…vécues par l’enfant qui suscitent une révolte toute légitime chez le travailleur social.

Je me limite provisoirement à ces quelques échos, chez les uns et chez les autres pour constater que tout cela s’emmanche bien mal. Il faudra, si c’est possible de longs mois pour que les uns et les autres puissent abandonner ces premières images de rencontres ratées.

D’autant plus enfoncées dans l’ornière, si le travailleur social, à son insu, évalue tout cela dans la solitude et dans l’auto-référencement pour prendre la mesure de l’insupportable.

J’illustre ce propos par l’exemple de cette petite fille placée à laquelle on interdisait un retour en famille. L’équipe du lieu d’accueil mit en lumière que cette disposition fut prise par les mauvaises odeurs qui saisissaient le travailleur social à la gorge lorsqu’elle s’était, une seule fois, rendue en visite dans la famille.

Pendant ce temps-là, et depuis des mois que durait le « placement » de la petite, personne, aucun service n’avait été désigné pour accompagner la famille pour soutenir le changement sur une parentalité « jugée », un peu rapidement, par les professionnels après un signalement de l’école. Le danger encouru par la petite semblait reposer sur des critères assez subjectifs. 

De tout cela la jeune avait conclu qu’il ne fallait pas surcharger le bilan d’incompétence de ses parents. D’autant que les visites au foyer de vie, le lieu de placement, amplifiaient le malaise par l’ambiance parfumée du service, le reproche fait à la famille.

Ceci est un plaidoyer pour que l’on envisage les droits de l’enfant aussi à travers le droit des parents. 

Il serait utile aussi d’accepter que l’effort demandé au travailleur social que nous avons évoqué est sans doute au-delà du possible, en tout cas dans la première phase de la mise en œuvre des décisions de justice. Et aussi, dans cette même perspective de préserver le droit de l’enfant à l’accès à ses parents, et pour ceux-ci, à l’aide, au soutien d’un professionnel « libéré » de l’empathie pour l’enfant, l’objet de sa mission étant le développement de la parentalité et de l’empathie des parents. 

Quelques-unes de ces familles manifesteront une résistance énorme à entrer en coopération avec le travailleur social centré sur les dits-besoins de l’enfant. Résistance si endurcie qu’il faudrait des années pour que réussisse la rencontre.

Dans cette phase, des rencontres avec des pairs apporteront sans doute la tranquillité minimum nécessaire pour éveiller la responsabilité des parents grâce à 

un accompagnement au sein d’une association de parents confrontés à des mesures de justice concernant leurs enfants. Bien des situations semblables se vivent aussi dans l’aide « acceptée ». Ce qui est d’ailleurs paradoxal.

Du côté institutionnel, vérifier qu’à toutes les étapes de l’intervention en famille, l’attention au pouvoir d’agir des parents est une préoccupation majeure. Une posture professionnelle qui, si dans un premier temps ralentit le processus, conduit plus rapidement à son succès.

Une option qui sans le dire, repose sur une attention particulière aux droits des parents et sur des travailleurs sociaux que le processus d’intervision aura « libéré » de leurs projections, leurs histoires de vie…

Luc Fouarge

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IMP 140 Protection de l' Enfance

« #Capacité_contenante » à plusieurs

Prendre en compte les jeunes en « situation complexe » passe par le soin des acteurs et de leurs institutions, en priorité… pour qu’ils, elles, sortent de leur confinement.

Bien sûr cette question de la transversalité est présente dans la pensée des acteurs, des politiques, des administrations, des TE et de la PJJ, le psycho-médico-social et la psychiatrie, de l’école et des familles…tous savent que pour limiter les exclusions, les souffrances, l’ « incasabilité »,  il faut en passer par elle. Cette transversalité que l’on proclame, que l’on appelle dans les cercles  qui accompagnent ces jeunes et ces familles…et, les acteurs qui finissent par perdre l’écoute de leurs émotions, pressés par le temps, les statiques, le rendement social, et le manque d’intervision, de tiercité.

Pourquoi est-il si difficile de penser les politiques entre les niveaux nationaux, départementaux, entre les secteurs santé ARS, protection de l’enfance, Justice, éducation, culture et sport… Le premier soin consiste donc à soigner l’inter-institutionnalité dans ces champs. Généralement les enfants « désignés » se mettent au service  du maintien du lien entre les siens par le symptôme. L.F.

Merci PAVO d’avoir stimulé cette réflexion

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Protection de l' Enfance

La nuit, le jour, l’inceste Mathilde Brasilier L’Harmatan

Comme un écrit fait pour soi, comme des confidences que l’on se fait à soi-même, intimiste, comme s’il avait été écrit secrètement pour ne jamais être lu, comme des phrases abandonnées sur un divan… on y avance lentement, pas à pas, pour en chemin respirer toutes les senteurs, pour en ressentir les vibrations, sans ce sentiment de regarder par le trou de la serrure….mais d’écouter, sûr que ça fait du bien à celui qui raconte.

Maud, la narratrice, au long de la première moitié de ce récit autobiographique romancé, ne décrit pas l’inceste, mais à la façon des pointillistes, elle nous fait découvrir comment ces viols par le P____ sur Fabien, son petit frère et elle, confisque l’enfance. Lignes par lignes nous entrons dans une démarche empathique sur le suicide comme issue d’une vie volée.
Ils ne doivent leurs survies qu’à l’amour que se vouent les deux enfants, dès cinq et quatre ans.
L’inceste est le pire acte d’humiliation. Il incruste cette idée que l’enfant serait mieux aimé s’il était mort, il installe le téléchargement constant d’un processus de suicidarité auquel Maud échappera. Il lui faudra longtemps pour vivre sans sourdine et sans bâillon.
« J’ai l’idée que l’on me met la main dessus, comme une main mise insupportable »
« L’inceste, c’est peut-être la perte de tous les droits alors qu’on les avait tous. C’est le ressentiment à la place de l’amour »

Ce témoignage est précieux pour les professionnels de l’enfance qui souhaitent accompagner ces enfants victimes d’agressions, de viols, de climat incestuel au sein de la famille. Comment se déroule cette prise de pouvoir sur la pensée de l’enfant, le réduit au silence et à vivre une vie faussement vivante ?
Comment ce drame qui ici ne concerne que les deux derniers des cinq enfants, réclame-t-il le silence de la famille, ici en particulier de la mère ?
Cette lecture aidera à regarder l’invisible, à écouter l’indicible, à regarder là où il semble que rien ne se dit, à écouter ce qui ne se voit pas ?
Hormis la mère, peu maman, qui aurait pu dévoiler un tel drame ? Un médecin « pique » régulièrement Maud au Valium, anesthésiant ainsi toutes émergences de plaintes ? Le symptôme de l’insomnie est endormi.
Comment le petit frère devient tuteur de résilience de Maud dans une famille où les places sont vacantes, inter changées ?
Un récit écrit, sur une trame poétique, sur un fond philosophique qui alimentera puissamment les séminaires de formation des professionnels de la relation d’aide. A offrir avec « Bord de mer » de V. Olmi aux futurs travailleurs sociaux, psychothérapeutes, psychiatres mais aussi à toute la première ligne d’accompagnement de l’enfance, enseignants, médecins.
Luc Fouarge 

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IMP 140 Protection de l' Enfance

Ecologie et travail social

Cette règle écologique et systémique s’applique à l’intervention d’aide et de soin en travail social. Malgré les référentiels, les logiciels l’intervention éducative et sociale peut imprimer des changements indésirables dans la famille. Le service a t il la maturité, la sécurité et la contenance qui permette à l’intervenant et à son équipe d’en faire une lecture impartiale, sans polluer la famille. Sans cela le TS enfonce la famille qui tente de sortir la tête de l’eau. L.F.  


sur un extrait de E.Morin-Changeons de voie, les leçons du coronavirus-Denoel juin 20

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IMP 140 Protection de l' Enfance

De l’inter-institutionalité pour accompagner le jeune en situation complexe

Collaboration IMP 140/Hopital psy ados//v.calameo.com/?bkcode=001089972fd55ab0dd3c5Publish at Calameo

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Quand débute l’accompagnement auprès de la famille de l’enfant placé

Aussi nécessaire qu’elle puisse l’être, la décision de placement est une attaque du lien. Prendre en considération cette dimension dès la mise en œuvre du placement, et même avant si c’est possible, aidera à son maintien, sa transformation pour autant que les professionnels veillent à ne pas humilier les parties, à ne pas dénigrer ce qui s’est construit, sans pour autant valider les comportements néfastes qui ont amené la famille au Palais.

Il faudra d’entrée de jeu multiplier les offres de services pour soutenir l’exercice d’une parentalité qui continue d’exister. Les négligences des professionnels, encombrés, fatigués, émus sans trop le savoir, défendus, figent le lien dans une forme rigide qui empêchera tout transfert vers de nouveaux liens nécessaires. Rattraper ces  humiliations, quoi que que vous fassiez, sera fatiguant, épuisant si l’offre vient trop tard. La puissance de la loyauté s’est trouvée fortement amplifiée par l’attaque du lien. L’objectif est double, ouvrir la famille sur la parole, la mentalisation du vécu et, l’adresse à l’enfant d’une permission de recevoir l’amour d’autres personnes. Aller à la rencontre de l’expertise du vécu des parents à l’égard de leur enfant est une voie d’accès à ces processus….et peut-être entreront ils dans un exercice de pensée sur leur propre histoire.

Je vous l’accorde, dans les situations de graves maltraitances , il est possible que la Justice nous empêche d’agir ainsi. L.F.

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Enfant placé….et lien tel avec la famille

Un éducateur spécialisé d’un service résidentiel, relevant du secteur psycho-médico-social, de type ITEP en Belgique, partage avec moi son inquiétude face à l’application de directives de régulation de contacts entre mère et fils. Celle-ci appelle chaque jour. En cas de refus, les manifestations de détresse (ou autre chose, émotions vites nommées) sont impressionnantes. « Il faut discipliner cette mère, c’est deux appels par semaine maxi »

La « machine » institutionnelle asphyxie la réflexion. Cette maman répond peut-être davantage à ses besoins qu’à ceux de son enfant (?). Dans cette hypothèse, l’enfant devient l’objet de la mère. Nous avons pour mission de l’aider à construire cette rencontre mère-fils pour que celui-ci devienne sujet, et donc, que plus tard il grandisse non-dépendant, libre. L’attitude de l’équipe, ainsi décrite, renforce le lien dans la douleur qui « impose » de prendre soin de l’autre, soit l’inverse de la clinique éducative et renforce l’équipe dans la menaçante toute puissance. Pour s’en sortir par le haut, accueillons cette maman pour lui apporter l’aide qui réponde à ses besoins (libérant par le même coup l’enfant) et à ceux de son enfant. Veillons à faire en sorte que chaque partie participe à la réflexion sur la meilleure façon de répondre aux besoins de l’enfant, hors de toutes tyrannies. En nous arrangeant pour que la maman prenne une place prépondérante dans cette recherche de régulation des contacts, d’une distanciation où chacun se sent protégé, reconnu, aimé et garantissons que dans ses légitimes tristesses l’enfant sera bien accueilli. Y faire participer l’enfant, honore et encourage sa capacité de penser, le rassure sur la bonneveillance de l’équipe à l’égard de sa mère et lui ouvre la porte vers sa propre vie. 

Luc Fouarge

PS: ce problème est connu également dans le placement familial