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Protection de l' Enfance

Je ne suis pas qu’un ventre

Un tiers pour la rencontre parents/agents de suivi de placement.

« Je ne suis pas qu’un ventre [1]»…. Cette mère, sans provocation, exprime son vécu face au « traitement » de son dossier par les services qui intervenaient jadis, dont certains sont encore en fonction aujourd’hui.

Ce vécu lui revient comme un boomerang quand sa grande fille, adolescente, placée depuis l’age de quelques mois, lui dit en présence de de la référente, agent de suivi de placement et de son AF, sa nounou, que secrètement elle appelle maman, lui renvoie : « je suis attachée à mon assistante familiale [2]».

La mère s ‘était émancipée, entendez s’étaient échappée de sa famille sous emprise de différentes addictions et de son cortège de violences quand elle allait avoir 17 ans, l’âge de sa fille aujourdhui. Dans ces tourments, elle se « retrouve » enceinte, son bébé lui est « enlevé » par les services sociaux. Elle est rebelle et sa révolte contient toutes les horreurs subies dans son enfance. A ce stade, elle ne se laisse plus aidée…elle est décourrageante, les professionnels se replient sur leur mission de Protection de l’Enfance[3]. L’énergie est mise sur l’épanouissement de la petite en accueil familial. Il faudra longtemps pour que la maman qui de dépressions en grossesses revit les mêmes douleurs, les mêmes « agressions », puisse un jours prendre distance vis à vis de ses propres troubles du comportement, boucliers contre la société qui ne cesse de l’humilier. Cet instant, tardif, ou elle pourra répondre à la question du sens des dérives qui justifient le placement de ses enfants.

Durant ces années, la petite a accepté les offres d’affection de sa nounou qu’elle appelle secrèrement maman. Les soins du quotidien le commandent. Cette heureuse rencontre tisse l’indispensable attachement nécessaire à la construction psychique de la petite.      Il y a fort heureusement de l’amour de part et d’autre… plus ou moins en se cachant. [4]         Tata, dans les relations qu’elle entretient avec le service gardien, autorité très forte, sait qu’ elle doit se faire discrète sur cet amour en raison de cette mission de l’ ASE qui veut réaliser, plus que jamais, le regroupement familial. La petite comprend qu’elle a une maman, qui l’aime, dans une intermittance fixée par le programme des visites qu’il arrive à la maman de  «schunter»…. elle comprend, cette petite, qu’elle a quelque chose à voir dans cette souffrance… et cette demande d’attachement de la mère ne parvient pas à porter les signes de cette sécurité que tous voudraient pour que se profile une éventuelle recomposition familiale.

Et le temps passe…. Il conduit cette maman dans les bras de SOS Petits Princes. Des parents qui ont vécu cette histoire la recoivent, écoutent patiemment les sentiments de colère, le vécu d’incompréhension, et les blessures ravivées par les attitudes des référents successifs[5] qui laissent entendre qu’il serait probablement illusoire de faire changer cette personne.

Mais il est tard pour cette maman. Sa grande fille, avec mille précautions, s’est bien laissée approchée par sa mère…mais du bout des doigts…sans vraiment se laisser prendre parce qu’elle sent cette fragilité dans la construction de sa mère, qui « voudrait » faire d’elle sa mère. Il s’ajoute à celà qu’elle a encore besoin de Tata, cette tutrice de résilience, seule personne « sécure » dans l’accompagnement de la petite qui aujourd’hui pourrait bien être aussi grande que sa mère.

En arrière fond des textes légaux qui assurent la Protection de l’Enfance. Les dernieres retouches apprortées à mettent à l’avant plan les « besoins de l’enfant » là ou les précedents mettaient en avant le « droits des parents ». Ces textes enjoignent le JE à protéger l’enfant. Des protections contre les violences, les carences et ….. une définition qui enjoint au juge de s’engager sur le terrain glissant du danger.

Ils désignent le service gardien pour assurer, garantir et soutenir un accueil journalier qui comble autant que se peut les besoins de l’enfant. Certains de ces enfants en ont bénéficié tardivement et présentent déjà de solides carapaces qui ne permettent pas d’inscrire l’enfant dans la sécurité dont il a besoin. Un accompagnement spécfique de tous sera indispensable pour construire cette sécurité nécessaire à son bon développement.

Cette maman dont nous parlions évoque la difficulté qu’elle mesure dans un éventuel regroupement familial. Les acquis qu’elle a pu faire en empathie[6] lui permettent d’entendre le dilemme de sa grande fille. Et cette rencontre se fait quand elle devient majeure. Si elles sont aidées à en parler, il se peut qu’elles deviennent de grandes amies, respectueuses des épreuves et des succès vécus l’une sans l’autre.

Les écoutant je suis persuadé qu’accompagnée plus tôt elle pouvait réussir cette rencontre et recomposition avant l’adolescence de la petite.

L’absence de prise en compte des deuils[7], celui de la mère, celui de la fille, celui de l’ AF comme celui de la référente…et bien sur celui du JE, mais aussi le deuil des familles associées, soeurs et frères, grands parents….et peut être les TDC méconnus.

On ne se détache bien que si on a été autorisé à bien s’attacher. Permettre à la petite de s’attacher à la Tata, l’inverse également ce qui aurait permis à celle-ci le temps venu à anticiper cette rencontre mère/fille, le deuil de la mère pour qu’elle arrive au plus vite à sortir de la position de combat contre l’ ASE qui commit ce « rapt », le deuil de la référente formée à la protection de l’enfant mais peu encline à entrer dans une relation d’aide avec une personne qui la vomit, et aussi, le deuil du Magistrat qui ainsi questionnerait les carences constatées dans l’aide spécifique qu’il convenait de développer à l’intention de la mère. Mais toute ces professionnalités me semblent manquer de « contenance » dans l’accompagnement qu’on leur assure. Entrer en relation d’aide avec une personne qui semble vous hurler dessus tout ce qu’elle n’a pu gueuler à l’intention des ses parents maltraitants, rend la relation d’aide bien lourde si l’institution n’assume pas la capacité contenante qu’elle doit à son employé.

Les parents relais qui ont accueilli Mme A sont experts de ce vécu de révolte, d’incompréhension de l’ Institution, …. La hargne, la rage, le désepoir qu’ils entendent ne s’adressent pas à eu, mieux, ils peuvent de leurs expériences en ajouter cette louche qui aura pour effet d’encourrager le déversement, encore et encore de ses ranceurs et ressentiments qui immobilisent. Après viennent le mouvement, la conscience et l’accepatation de la personne qu’on est. Ensuite, on pourra travailler sur le « pouvoir d’agir » parcequ’on pourra aider Mme A à entrer en contact avec la formation dont elle a besoin pour reprendre pied dans une réalité sur laquelle elle semble tanguer dans la plus grande insécurité. Cet enveloppement reconstruit de la conscience d’un soi respectable quand elle s’est crue méprisable toute sa vie. Elle est accompagné et entrainée à s’affirmer comme personne, citoyenne, digne de la même humanité que celle qui est en face d’elle.

Mme A entre à son tour dans les réunions parents/pro[8] d’ SOS PP. Dans ce cercle de co-formation, elle prend conscience que son témoignage touche l’assemblée mais plus encore, qu’il participe à transformer les postures des professionnels qui y participent. Elle y soigne les blessures qu’elle a encore et qui la convainquent que sa dignité retrouvée, elle peut s’exprimer devant un professionnel, devant le Juge et demain, de facon plus sécurisante devant son enfant.

Clin d’oeil :

Les choses se passent comme s’il était question de protéger l’enfant de la « sauvagerie maternelle » , l’ASE censée prendre la place de la bonne mère[9]. Il faut un père, disons un tiers, pour protéger cette relation. Et sachant que parfois « ça chahute entre TE, AEMO, ASE  avec AF et MECS quand ne s’ajoutent pas en fonction de besoins spécifiques de l’enfant DITEP, IME, CMPP et CMP… », c’est là que SOS Petits Princes intervient sans faire à la place de… en sauvegardant le pouvoir d’agir des familles, en les guidant si besoin vers des services et assos qui avec l’aide appropriée dans les services de droits communs permettent qu’elles gravissent les échelons de la dignité, de l’autonomie.

 

Cette réflexion soustend que le travail social soit empreint de « care[10] ». Une attitude soignante, humaniste qui sorte le travailleur socail de la posture de guichetier.

[1] Elle accède à cet énoncé quand elle se met au travail

[2] Elle doit l’énoncer car cela lui est présenté comme un interdit

[3] Je suis là pour l’enfant.

[4] Un fantôme convoqué par l’éventuel retour en famille

 

[5] Nous observons un grand turn over chez les professionnels « attachés » aux familes de SOS PP

[6] Elle puise dans l’empathie qui lui est adressée

[7] Les référents sont « livrés » à l’auto-référencement dès que les questions entrent en eaux troubles. Il leur est difficile de faire le deuil des attitudes qui les sécurise.

[8] Site SOS PP Journal 6 de Juillet 2011

[9] Sachant qu’une bonne mère est insuffisamment bonne, il y a espoir

[10] «Soigner. Donner des soins, c’est aussi une politique. Cela peut être fait avec une rigueur dont la douceur est l’enveloppe essentielle. Une attention exquise à la vie que l’on veille et surveille. Une précision confiante. Une sorte d’élégance dans les actes, une présence et une légèreté, une prévision et une sorte de perception très éveillée qui observe les moindres signes. C’est une sorte d’œuvre, de poème (et qui n’a jamais été écrit), que la sollicitude intelligente compose.»

Paul Valéry, Œuvres – Mélange, Bibliothèque de la pléiade, Éditions Gallimard, 1957, p.322.

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Comment s’y prendre pour être aimé ?

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C’est la première question existentielle que se pose l’enfant. Cette réponse s’inscrit sous forme de décisions qui le guideront au cours de son existence. Il découvre des solutions au travers des réponses qu’il reçoit à ces appels, à ses demandes, en observant le monde autour de lui en, en écoutant en interprétant…. Je suis aimé à condition que….

Et plus le milieu dans lequel il évolue est insecure et plus il exercera ses facultés d’observation. Cela devient une question de survie lorsqu’il est question d’éviter la désorganisation et les coups quand les adultes autour de lui sont sous influences de produits, sont terrassés par la dépression…

Dans cette dialectique, il élabore petit à petit les mécanismes de défense qui lui permettront de minimiser les inquiétudes, les frayeurs et les angoisses. Il développera les méconnaissances précieuses et utiles pour se maintenir dans un pseudo confort.

Dans ce contexte, le prix et la nécessité d’amour diminuent tandis que les symptômes augmentent. Ces symptômes qui diminuent le sentiment d’insécurité et celle qui le    rapprochent de ses parents, sources vitales pour diminuer les inconforts, au prix des coups, si besoin.

L’AF accueille cet enfant là. On lui confie sans grand avertissement sur les accomodements qu’il a du faire pour rester vivant. Son mode d’emploi est complètement différent des siens, de ceux que l’on décrit dans les réunions à l’école. Si elle l’accueille à 5 ans, l’expérience de cet enfant dans l’exercice de son mode d’emploi très particulier est déjà très ancré et puissant. Il semble qu’on lui dépose un enfant ordinaire avec juste un peu de tristesse, de colère, de peur. Celà devrait se normaliser après quelques semaines d’un accompagnement stable, lui dit-on.

C’est faire peu de cas de la profondeur du sillon sur son disque dur d’aménagements particuliers qu’il du prendre pour être là, plus ou moins en bonne santé, aujourd hui.

Je comprends aisément que les AF en arrivent très vite à conclure qu’il ne prend rien. Ce qui signera la fermeture à une empathie ciblée sur la spécificité de la construction psychique de cet enfant. Ils pouraient bien s’engager dans un aménagement d’une distance émotionelle qui les protège tous les deux du risque de la proximité. D’autant plus que dans la représentation de l’accueil familial l’idée qu’il vaudrait mieux ne pas s’attacher persiste toujours. Un arrangement qui pourrait bien satisfaire l’enfant qui se défend et l’assistante familiale qui ne découvre pas comment lui donner ainsi que les services ASE relativement éloignés de la question des troubles de l’attachement. Un accomodement   « a-attachement » à un âge où l’enfant est encore en période de tentative d’accordage. Mais voilà que la porte vient de se refermer.

Il est possible de grandir sans un authentique attachement, mais au prix de mettre en couveuse de réelles pathologies de l’art de la relation humaine. Je vous peine peut-être en vous affirmant qu’ainsi nous participons à fabriquer les troubles du comportement qu’il nous sera compliqué d’atténuer.

C’est donc dans l’accompagnement des professionnels de l’ASE, des AF en priorité, par des éducs « contenants » qui ne s’effondrent pas, qui ne se défendent pas, qui en savent long sur leurs propres expériences d’attachement que nous devons investir. Ici s’infiltrent les questions de résonnances, de transferts, de projections…. qui demandent que les personnels participent à des rencontres qui misent sur le processus d’intervision. Sans cette tiercité, l’expérience de l’enfant pourrait bien supplanter le désir de l’AF et du TS d’offrir à l’enfant des réponses à ces besoins.   Pire, lui donner sans ménagement l’amour contre lequel il lutte pourrait bien le faire vomir et en faire un spécialiste du désamour.

La résilience repose sur le concept de tuteur de résilience. N’accèdent à ce statut que les intervenants qui bénéficient d’un regard tiers. Une tiercité qui les éclaire sur ce qu’ils ne peuvent voir d’eux même (résonnances et méconnaissances). Tiercité, si elle s’exprime dans la bonneveillance indispensable.

C’est en pensant aux réponses à ces questions que nous avons construit cette journée qui augmentera notre capacité à panser ces blessures du désamour

Luc Fouarge – Introduction à la conférence

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L’inter-institutionalité se tricote…. Atelier MèTIS-Europe

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En Protection de l’Enfance, le travailleur social a besoin d’être équipé

POWER POINT

Ce power point est le support de la conférence que j’ai proposée aux journées nationales de l’ANPASE à l’IRTS de LOOS le 13/10/16. Il m’avait été demandé d’évoquer les souffrances liées à l’attachement. J’ai retenu l’option d’évoquer la souffrance des TS d’AEMO et d’ASE… qui seront missionnés pour contenir la souffrance des enfants placés.
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Intervention sur la Protection de l’Enfance – CD 08 – Lac des vieilles forges

Power point

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Dialogues avec une éducatrice ASE

 

 

L

A l’heure des économies..Des décisions lourdes de conséquences. … quelques poignées d’irréductibles subsistent.

Depuis plus de 15 années j’exerce mon travail avec passion. .. Avec pour mission d’accompagner mes protégés vers l’autonomie, vers le développement personnel afin qu’ils deviennent des adultes de bon sens..

Aujourd’hui, des dirigeants décident de faire table rase des dispositifs ayant pour mission d’être des tremplins d’Avenir.

C’est avec colère, tristesse et déception que je constate ce mépris envers ceux qui seront la France de demain. Plus d’accueil au delà de 17 ans!!!! Bien sur nous savons tous que nos propres ados qui ont la chance d’avoir des parents aimant sur qui ils peuvent se reposer, seront prêts à voler de leurs propres ailes à l’aube de la majorité! ! 
COMMENT dire aux jeunes qui ont le potentiel intellectuel de renoncer à la perspective d’entrée dans des études traditionnelles qu’ils ne pourront pas les achever car ils doivent gagner leur vie? COMMENT dire à ceux qui n’ont pas encore trouvé leur voie qu’ils ne peuvent panser leurs plaies car le temps ne joue pas en leur faveur? Bien d’autres questions encore. … 
Et puis il y a aussi la non reconnaissance des professionnels qui chaque jour accompagnent, rassurent, boostent, apprécient ces jeunes que la vie n’a pas épargnés…. 
Le chemin sera désormais encore plus difficile. … mais même si parfois j’ai envie de baisser les bras, je garderai bien haut l’étendard de la LIBERTÉ et de L’HUMANITÉ.

LF

Tu deviendras une spécialiste des articulations. Celles qui permettrons à quelques uns de ces jeunes de poursuivre leur route avec de nouveaux partenaires: Les Communes, les CAF, les FJT, les entreprises, les artisans…. des « impossibles » à surmonter. Cela demande de puiser des forces dans le militantisme. Tu devras t’inscrire dans une action « politique » (au sens noble) cad des analyses, des actions qui soutiennent ces jeunes. Le métier ne s’exercera pas avec des référentiels prédigérés par des politiques mais en « forçant » des rencontres avec des Institutions qui jusque là envoient ces jeunes coûter ailleurs. C’est donc du travail de liaison, d’éveil des consciences, de construction de solidarités. Tu devras démasquer les « fonctionnaires » cachés par les paravents des logiques gestionnaires. …. au final, tu deviendras actrice, comme une « libérale », une auto-entrepreneuse (j’ai pas dis entreprenante) de la jonglerie, des prêches de la solidarité. L’ « Etat providence » (providentiel pour quelques politiciens) fait place à la prise en main de ta professionnalité par toi-même. On sort du la logique gauche/droite, on fait appel à l’autonomie des acteurs et du public, une autre répartition de l’exercice « politique ». Il sera un temps ou ils viendront te chercher pour que tu les aides à retrouver ce que ces politiciens sont en train de perdre. On entre dans un nouveau monde,(Viveret) à créer, non sans drame, non sans blessure. Une néo résistance. (Cespedes) La refuser te conduirait à la souffrance.

L

Mais je ne suis pas assez … forte pour réaliser une telle entreprise. .

LF

Ne crois pas ça. Tes forces s’éteignent dans un système qui cadenasse ta créativité… on pourrait s’expliquer longuement sur ce chemin de la fonctionnarisation (abêtissante), … entrer dans cette nouvelle voie qui s’impose à toi, te fera passer par des sources vitales . Il ne t’a pas été permis d’y gouter, tu découvriras la saveur de la mise en action de tes facultés de penser et d’agir.

Les interrogations qui t’occupent relèvent de la question du sens, de ta position existentielle. Les réponses ne pourraient se limiter au budgétaire, même si cela est réel. (Nombre de dossiers par référents). Aujourd’hui nous devons produire de la réflexion sur la pratique de TS. Soutenir l’intégration de jeunes fragilisés ne se résout pas par les systèmes allocataires éculés. Il est question de croiser ton autonomie au regard de celle que tu vises pour le jeune. Il convient que ton institution t’accompagne dans l’offre de tiercité dont tu as besoin pour échapper aux risques de l’auto-référencement. Cela nécessite des rencontres de services animées par des cadres équipés pour « contenir », accueillir les émotions qui émergent des peurs conjuguées des jeunes, de toi son éducatrice, de ses parents, de son école, du voisinage…. rencontres contenantes qui génèrent de la créativité si les frilosités entre membres de l’équipe tombent, que les regards se croisent, qu’on cesse de te priver des confrontations susceptibles de soutenir ton évolution. C’est par là que tu peux échapper au burnout, que tu peux maitriser la position basse qui génère de la responsabilité chez le jeune….

L

Émotion? Vous avez dit émotion? Mot radié du vocabulaire. .. qui est apparenté à un manque de professionnalisme. ..

 

LF

L’urgence est dans l’augmentation du curseur des chefs d’équipe enfance pour devenir gestionnaire de la qualité de vie des TS, celle qui permet d’accueillir l’émotion et dépolluer l’action.

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Que fait-on des émotions dans l’institution – Intro Colloque Lille 2015

Les états d’âme se mêlent à la conversation dans le travail psycho-médico-social. L’émotion prend place qu’on le veuille ou non. La relation d’aide et de soins psycho-sociaux s’exerce le plus souvent dans des services institués, en équipe. L’émotion pourrait bien devenir gênante dès lors qu’elle s’immisce dans la réunion clinique où les rationalisations règnent et mettent de la distance entre les participants, entre eux et le client.

Une bonne distance se mesurerait par la maîtrise émotionnelle du participant. Si cette maîtrise fait défaut on vous dira que vous êtes trop impliqué. L’émotion serait cécité.

 

Dire son émotion serait donc une forme de faiblesse, de fusion avec la personne aidée, de confusion donc.

Il faut donc taire son émotion. C’est en tout cas ce que semble véhiculer la professionnalisation de la relation d’aide. Il serait donc question d’aider la personne en souffrance « sans peine ».

 

L’état d’âme ne serait donc pas un signe pertinent d’une lecture clinique. Le travailleur social serait donc un eunuque émotionnel aux fins de ne pas contaminer la personne.

Le succès reposerait-il sur une forme d’hypocrisie imposée au nom de la défense du client ?

 

Cette croyance ne s’est elle pas installée dans les équipes en difficultés dans l’exercice de la tiercité qu’elle doit à son équipier ?

 

Une saine tiercité circulante dans l’équipe de travail exige de ses membres de se départir de la frilosité émotionnelle qui régit les rapports humains dans les équipes de travail. Elle accède à l’intime du travailleur psychosocial.

 

 

Il nous faut mesurer cette question à l’aune du concept de résonance. Cela s’impose à la profession comme la question du transfert. Cela va de soi, cela se déroule qu’on le veuille ou non. Et c’est bon signe pour autant que l’institution l’accepte et se donne du temps pour en faire la lecture.

 

Cette fonction soignante de l’institution sera déterminante dans le succès du service rendu. Un temps de travail aussi nécessaire que les gestes de désinfection auquel se livre les chirurgiens avant d’entrer en salle d’opération.

 

Il serait donc question de l’accueil réservé par l’institution à l’émotion de son employé qui porte en soi le soin qu’elle destine à son client par phénomène de cascade. Cette rencontre du travailleur social avec son équipe est donc un temps de travail comme le temps passé par le chirurgien dans le sas de désinfection.

 

Mais il ne suffit pas qu’il y ait réunion pour que ce processus de soin qui engage à se dire et à recevoir, qui engage à donner… il faut qu’il y ait une réelle rencontre menée par une équipe contenante où les concepts de don et de contre-don ont cours. Un accueil qui nécessite une formation ad hoc pour la personne qui en est en charge.

 

Une professionnalisation qui se heurte aux logiques gestionnaires qui menacent les institutions. « Plus, avec moins »… avec moins de réunions, avec moins de temps pour permettre à l’émotion d’apparaître dans l’exposé d’un cas.

 

Le contrôle émotionnel, pente naturelle sur laquelle dérape les professions du psycho-social trouve là un allié pour justifier qu’il faut laisser l’émotion au vestiaire. Et la logique gestionnaire rencontre et soutient la résistance à laisser voir ses émotions.

Luc Fouarge

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Parents d’enfants placés: Intervention auprès de Mme Rossignol en charge des affaires sociales.

PDF  SOS Petits Princes Asso Rencontre avec Mme Rossignol V 6

SOS Petits Princes, association de parents d’enfants placés a répondu à l’invitation de Mme Rossignol, en charge des Affaires Sociales, dans le cadre d’une consultation préparatoire à une réforme de la Protection de l’Enfance. Le texte ci-dessus a été proposé à Mme Rossignol à l’issue de cette rencontre.

Janv 2015

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États d’âme dans le secteur psychosocial

L’émoi de l’aidant et de son service. ( Aux petits soins de nos émotions pour prendre soin de l’autre)

Les états d’âme se mêlent à la conversation dans le travail psycho-médico-social. L’émotion prend place qu’on le veuille ou non. La relation d’aide et de soins psycho-sociaux s’exerce le plus souvent dans des services institués, en équipe. L’émotion pourrait bien devenir gênante dès lors qu’elle est s’immisce dans la réunion clinique où les rationalisations règnent et mettent ou permettent la distance entre les participants, entre eux et le client.
La bonne distance se mesurerait par la maîtrise émotionnelle du participant. Si cette maîtrise fait défaut on vous dira que vous êtes trop impliqués. L’émotion serait cécité.

Si on y prend garde, c’est dans cette absence à soi qu’il faut être présent à l’autre. Comme être à l’écoute en fermant les écoutilles face à ce client qui peut être préfèrerait qu’avec lui on sourde ses émotions.

Dire son émotion serait donc une forme de faiblesse, de fusion avec la personne aidée, confusion donc.
Il faut donc taire son émotion. C’est en tout cas ce que semble véhiculer la professionnalisation de la relation d’aide. Il serait donc question d’aider la personne en souffrance « sans peine ».

L’état d’âme ne serait donc pas un signe pertinent d’une lecture clinique. Le travailleur social serait donc un a-émotionnel aux fins de ne pas contaminer la personne, ni être contaminé par elle.
La culture professionnelle ménagerait-elle ainsi le travailleur social, répondrait-il ainsi à une « commande » homéostasique. Cette distance émotionnelle servirait-elle le non changement et la dépendance à l’aidant.

Le « modelling » voudrait que par la palette de l’expression des émotions que l’aidant donne à voir, il « permette » à son client de ressentir , puis peut-être d’exprimer les siennes.

Cette croyance ne s’est elle pas installée dans les équipes en difficultés dans l’exercice de la tiercité qu’elle doit à son équipier. Une saine tiercité circulante dans l’équipe de travail exige de ses membres de se départir de la frilosité émotionnelle qui régit les rapports humains dans les équipes de travail. Elle accède à l’intime, à la fragilité du travailleur psychosocial.

Soutenir, contenir le processus de métabolisation de l’émotion du travailleur social, à l’heure ou se prescrit la bientraitance institutionnelle, ou se décline la prévention des risques psycho-sociaux des métiers du psychosocial repose prioritairement sur cette offre de l’equipe, de l’institution à son collaborateur.

Il nous faut mesurer cette question à l’aune du concept de résonance. Cela s’impose à la profession comme la question du transfert. Cela va de soi, cela se déroule qu’on le veuille ou non. Et c’est bon signe pour autant que l’institution l’accepte et se donne du temps pour en faire la lecture. Cette fonction soignante de l’institution sera déterminante dans le succès du service rendu. Un temps de travail aussi nécessaire que les gestes de désinfection auquel se livre les chirurgiens avant d’entrer en salle d’opération.

Il serait donc question que l’accueil réservé à l’émotion de son employé porte en soi le soin qu’elle destine à son client par phénomène de cascade. Cette rencontre du travailleur social avec son équipe est donc un temps de travail comme le temps passé par le chirurgien dans le sas de désinfection.
Mais il ne suffit pas qu’il y ait réunion pour que ce processus de soin qui engage à se dire et à recevoir, qui engage à donner… il faut qu’il y ait une réelle rencontre menée par une équipe contenante ou les concepts de don et de contre-don ont cours. Un accueil qui nécessite une formation ad hoc pour la personne qui en est en charge.

Une professionnalisation qui se heurte aux logiques gestionnaires qui menacent les institutions. « Plus, avec moins »… avec moins de réunions, avec moins de temps pour permettre à l’émotion d’apparaître dans l’exposé d’un cas.

Le contrôle émotionnel, pente naturelle sur laquelle dérape les professions du psycho-social trouve là un allié pour justifier qu’il faut laisser l’émotion au vestiaire. Et la logique gestionnaire rencontre et soutient la résistance à laisser voir ses émotions. Les compressions budgétaires et celles du temps d’intervention ne laisse pas de place pour la métabolisation des émotions sous le regard tiers et bienveillant de l’équipe.
Il faut craindre que l’institution, ambulatoire ou résidentielle, contrainte à économiser sur le personnel commence par passer la râpe dans le temps de travail que l’équipe passe à la régénération, à la formation de ses membres.

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IMP 140 Non classé Protection de l' Enfance

Collaboration IMP 140 – Hospitalisation psychiatrique Adolescents

Une co-construction autour d’un adolescent difficile. Approche inter-institutionnelle.

Power Point  p-4-x-eme-sept-2014-2