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1/5 Travailleur du psycho-social envisage une réorientation

Le virus n’est pas la cause d’une fuite des travailleurs psycho-sociaux, il est peut-être la goutte…

Des départs se constatent depuis bien avant la crise. Interrogé sur cette question, une personne qualifiée dans des fonctions éducatives et de chef de service plus tard m’en dit ceci ; “ Le modèle managérial, en lien avec la taille de l’institution, s’efforce à adopter des conduites, concepts liés à l’entreprise à finalité commerciale”.

Le management  descendant estropie le temps consacré à l’élaboration des pratiques. Privé de ce temps de co-construction, Cfr Michel Foudriat, le croisement des regards dans l’institution diminue lui aussi. Or, c’est dans ces instants que se métabolisent les ressentis, les émotions à l’égard des situations des personnes accompagnées  et c’est aussi celui de la construction du SENS. Les sociologues, psychologues… qui se sont penchés sur l’étiologie du burnout nous enseignent que la perte de sens est le facteur majeur en cause dans l’épuisement professionnel. 

Les « nécessités » de contenir, comprimer les dépenses réduisent ces temps de “travail en chambre”. Des compétitions malsaines apparaissent dans ces services privés de ces temps d’échanges. Il me semble qu’il s’accroît avec la taille des institutions sociales ou de santé.  Les équipes ressentent le stress des cadres, elles les subissent et sont en délicatesse pour l’évoquer. Un sentiment d’omerta s’installe et grignotte…

Dans nos secteurs de la santé, de l’éducation spécialisée, de l’accompagnement social les processus d ‘évaluation sous tendants des objectifs  de rendement amenuisent ces temps de “perlaboration” en équipe des agressions émotionnelles que vivent les TS desquelles les approches en relation d’aide nous enseignent que nous sommes partie du problème, que nos émotions sont des indicateurs utiles pour exercer dans ces métiers.

Est-ce cela que voulait dire Joseph Rouzel lorsqu’il évoque “l’impossible éducatif” ? Une autre personne concernée par ce choix de départ me confiait: “De la place où je suis je ressens fort bien l’insensé de ce que doit être un impossible labeur”

Le covid n’a fait qu’augmenter un mal être déjà existant en  espaçant les temps de réunion dans les équipes.

Luc Fouarge

https://plus.lesoir.be/371489/article/2021-05-11/un-travailleur-du-secteur-psychosocial-sur-cinq-hesite-changer-de-metier

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Protection de l’Enfance…une culture du « prendre soin »

Martine … au pays de la complexité

En protection de l’enfance…

Le soin, son terreau est une culture de l’inter ; Interdisciplinarités, interinstitutionnalités et transversalités de la réflexion des autorités en responsabilité.

Martine a 12 ans, accueillie dès l’âge de 6 ans dans les services de la protection de l’enfance. 3 eme d’une fratrie de 4, dont deux demi-frères sont les aînés. La mère a connu de nombreuses unions, le père a obtenu une déchéance, la recherche en paternité montre qu’elle n’est pas de lui, depuis elle ne sait pas qui est son père. Un grand-père a fini sa vie en prison, le compagnon de la grand-mère a abusé d’une sœur de la mère.

Après de nombreux placements en accueil familial, Martine est admise en ITEP, du lundi au vendredi et quelques jours durant les vacances, elle est en attente d’un autre lieu de vie, dans la dernière MECS ses actes de violences sont insupportables. Depuis quelques années elle fait des séjours en hôpital consécutivement à des « crises ». 

Martine rencontre une psychologue en CMP. Durant les WE elle est encadrée individuellement et en présence d’un agent de sécurité dans l’attente, impatiente, de son transfert qui tarde à venir.

A une première équipe mobile, s’est ajoutée une deuxième. Dans ce genre de situation on entend dire que si les psychiatres acceptaient de lui « coller » un diagnostic plus sévère on pourrait l’envoyer dans un établissement belge. Ceux-ci organisent un accueil 365 jours.

Avec d’autres je définis le concept « jeune en situation complexe » disant que les réponses dont il a besoin relèvent des trois des champs suivants : la santé mentale, le secteur psycho-médico-social et la protection de l’enfance.  Ces jeunes cumulent souvent avec des retards scolaires, des signes de déficit de soins somatiques, de troubles graves de l’attachement, des troubles du comportement et une aptitude particulière à titiller les résonances du personnel encadrant ainsi que les difficultés de communication entre institutions. Il n’est pas rare que s’ajoutent des comportements limites, justiciarisables. En raison de leur situation.s familiale.s la plupart ont un dossier chez le juge des enfants, au moins pour des raisons protectionnelles. Ils ont en commun de refuser ce dont ils ont besoin pour grandir, obtiennent régulièrement des rejets, des évictions, collectionnent et confirment les rejets qu’ils initient, gérant ainsi des conflits de loyauté. Ils manifestent des séquelles graves de déliaisons. 

En face d’eux ils rencontrent des acteurs du soin, de l’éducatif et du pédagogique attachés à des services résidentiels et ambulatoires, des lieux de vie qui bien malgré eux confirment   les échecs de tentatives d’attachement, gravant ainsi les croyances, les mécanismes défentiels. Ces institutions pratiquent du « saucissonnage schyzophrènogène » sans en prendre conscience. En réponse, les jeunes, par de vaines tentatives pour les faire dialoguer, font batailler entre elles les institutions. Ils démontrent ainsi qu’elles ne réussissent pas mieux que leur.s famille.s.

Sur le terrain les agents se plaignent de solitude, d’impossibilité de se parler vrai entre professions et institutions différentes. Comme si chacun s’empressait de relancer la « patate chaude ». Ce vocable  les « désigne ». Comme le concept d’ « incasable » d’ailleurs. Je rappelle que ce concept ne parle pas du jeune, ce n’est pas un diagnostic. Il dit ce qu’il en est de l’incapacité de réussir à co-construire « une case » accueillante, protectrice et soignante entre institutions de champs différents. Parfois elles agissent  sous couvert d’une même tutelle administrative et financière.

Cette réflexion est loin d’être neuve, elle est régulièrement évoquée. Qu’est-ce qui fait obstacle ? Qu’est-ce qui nous empêche de construire à plusieurs ce « TENIR » contenant qui semble être la réponse urgente et vitale  dont a besoin Martine en lieu et place des expériences de rejets qu’elle semble collectionner, se moquant presque des services et personnes sur lesquelles elle semble exercer une grande puissance ? 

La plupart part des services sollicités activent la défense de leurs frontières, se retranchent  derrière leurs limites, celles par lesquelles les moyens financiers insuffisants jen ustifient le recul de ses limites. De même, les professions s’attardent à définir, redéfinir des fiches de postes dans lesquelles elles cherchent l’argument qui permettra de sortir « honorablement » du protocole s’épargnant d’être désignées démissionnaires. Cette climat ambiant installe cette   croyance qu’il est vain  de « tricoter » une pratique de réseau.  

Interroger cet impossible met en évidence des difficultés dans l’exercice du pouvoir ces champs différents, entre les professions auxquelles quelques-unes se donneraient un surcroît  d’autorité. Chacun se met à redéfinir les observations rassemblées à propos de Martine pour leur faire dire qu’elle relève de la responsabilité de l’autre. Et pendant ce temps-là, Martine compte les points et engrange les « primes » qui la confortent dans l’exercice de ce que nous définirons comme étant sa pathologie. Ainsi redéfinie, on la pousse dans le jardin du voisin. Ayant à discourir sur « sa pathologie » nous sommes épargnés d’avancer dans la compréhension des distances que nous cultivons entre services de champs différents. 

Je situe donc la priorité des débats sur les Martine au niveau de la culture régnante dans l’inter des champs liés à la protection de l’enfance. Les tentatives s’effilochent faute de pilotage. 

Je sais que deux psychiatres se sont parlé au téléphone concernant Martine, et j’ai aussi entendu qu’elle est passée de l’ITEP à la MECS avec un changement de médication sans que cela ne redescende auprès des accueillants du quotidien. J’ai aussi entendu qu’aux invitations de rencontres cliniques, tous ne sont pas invités, et parmi les invités, d’expérience, sachant ce genre de rencontres peu efficaces, elles sont régulièrement, en partie, boudées. Si elle était présente Martine nous dirait qu’on parle « drôle d’elle ». Des discours interminables et surdétaillés,  des propos de « synthèses » voilent les impuissances. Une position basse qui permettrait qu’un partenaire se reconnaisse impuissant, trop effrayé, enfermé dans une colère larvée, bref dans un contre-transfert négatif…. Cette rencontre ne servira pas à aider chacun à accueillir et à métaboliser ces émotions que suscitent Martine, sa famille, les lieux de vie qui se sentent disqualifiés. Dans ces rencontres hostiles et compétitives, ils s’effacent ou s’effondrent. En lieu et place d’actions concertées et soutenues on constatera des passages à l’acte. 

Il faut donc une approche culturelle, des rencontres de  travail qui engagent. Un engagement sur le soutien que chaque partenaire peut apporter à l’autre quand Martine les conduit à la rupture du lien. 

« S’entendre » avec des dits-incasables, ce qu’ils ne sont pas vous disais-je, exige un engagement sur une culture du TENIR ensemble. Évoquant le partenariat ; mieux tu réussis, mieux je m’en sors, j’ai bien envie de faire tout ce qu’il faut pour que tu réussisses…voilà à quelle culture nous avons à travailler.

Joli me direz-vous, mais qui fait le premier pas. ARS et MDPH, CG et ASE , TE, AEMO, AF, TISF, CMP, HP, …

N’ajoutons pas de nouveaux partenaires, ces situations sont complexes à souhait.                    Nous risquerions de « gadgetiser » la protection et le soin que requièrent ces jeunes. 

Ma proposition n’est pas un choix pour faire joli. Je le disais, c’est un engagement. 

Les situations dites complexes sont critérisables (pour faire plaisir aux amateurs d’évaluations, de statistiques et de fromage). Lors de la découverte de ces situations particulières, sans grand risque de catégoriser, il est possible d’anticiper le déroulement probable du devenir des Martine. Dans ces cas, il convient de faire des plans sur le scénario catastrophique possible. Nous savons sans doute que la puissance développée par Martine à se faire jeter s’appuie, par exemple, sur sa capacité de mettre le lieu de vie à plat.  Un lieu de vie alternatif  épargnera les accueillants de cette douloureuse expérience du rejet diminuera s’il est signataire du protocole avant sa mise en route. Ainsi anticipé le risque d’épuisement est réduit, Martine peut-être provisoirement déplacée sans que la « machine » ne lui donne des « récompenses » pour avoir conduit son, ses accueillant.s à l’épuisement et  au rejet. L’objectif de cette construction du TENIR est de priver Martine de la poursuite de cette collection macabre dont elle nous aurait fait partenaire, si efficacement qu’on ne l’aurait pas vu venir.

Ainsi, pour Martine anticipons en « protocolisant » le recours à l’hospitalisation qui était devenu le moyen de mettre à mal le lieu d’accueil. Lors une table ronde, ASE, MECS, CMP,ITEP, hôpital… gérons ensemble le calendrier de fermeture de l’ITEP et construisons avec lui et d’autres acteurs ces épisodes de sorte que ceux-ci ne viennent pas augmenter les expériences de déliaisons. Offrons-lui  ce démenti que le monde lui est hostile et qu’elle fait bien de se mettre à l’abri, qu’elle ne renie pas sa mère qu’elle vomit encore en acceptant nos offres. 

Profitons de cette table ronde pour savoir qui mettra au travail cette  question du père qui se désavoue et abandonne. Mais aussi de l’autre, le géniteur dont on ne peut rien dire ! Qui entre dans cette réalité, sujet évité,  de peur de réveiller les dragons qui sommeillent en Martine. Le psy de l’ITEP, celui du CMP ?  qui aborde ces questions. L’équipe mobile récemment désignée se retiendra d’interroger le travail des psy. Devoir de réserve ou politesse… On pourrait ainsi se regarder…longtemps, pendant que sommeille , provisoirement, le volcan. 

C’est donc bien la culture professionnelle, faite d’humanité, de bonneveillance (D.Marcelli) dans l’approche des situations dites complexes que nous aborderons la complexité des réalités que doit digérer Martine pour laquelle nous ne pouvons  nous contenter de formuler des souhaits. Tant nous qu’elle, avons besoin de rencontrer le succès qui devient possible par le succès du partenaire, si je le favorise. Commençons par former les chefs de services à cette dimension du travail social, de la relation d’aide, de la contenance institutionnelle, de la mutualisation, de l’exercice de la tiercité au sein des équipes… à leur apprendre à cultiver l’interdisciplinarité, l’interinstitutionnalité… à cultiver un état d’esprit qui priorise sur la bonne santé de son équipe, des partenariats authentiques avec la conviction que cette qualité relationnelle deviennent soignante pour tous et pour les familles accompagnées. La participation de familles en besoin de soutiens à ces réflexions augmente tant la qualité des accompagnements. Interrogeons les freins d’une telle démarche. 

Est-il besoin d’ajouter qu’à défaut de réussir ce « prendre soin » des institutions, services et équipes, la « machine » génère de la maltraitance institutionnelle. Responsabilité que les partenaires externalisent comme le font les ados pris en défaut. L’autre institution devient ainsi  « coupable » de mes limites. C’est là que se débat aujourd’hui Martine.

Nous mettant au travail dans cette culture nous construirons une clinique éducative contenante.

Luc Fouarge    Poursuivre : « Équiper » le travailleur du psycho-social – sur http://www.lucfouarge.com/formations

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Le covid nous a fait toucher au vécu des enfants placés

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Sans case

Il manque une case

Ces jeunes nous laissent à la veille du we confronté à l’impossible. Ils nous émeuvent, ils nous bousculent, ils nous em… ils viennent appuyer où ça fait mal chez nous et dans nos institutions et dans nos rapports avec nos partenaires.

Un peu plus bas sur ce site vous avez lu « Que cache l’incasable », une réflexion circulaire pour nous aider à prendre place, à ne pas perdre pieds dans la complexité de ces accompagnements.

Avec des jeunes sans case je propose une clé pour comprendre le processus dans dimension individuelle, une tentative de lecture dans l’intra-psychique.

« Equiper le travailleur psycho-social » in https://wp.me/p19zX5-kC sur www.lucfouarge.com propose une indispensable démarche toute à la fois personnelle et institutionnelle à mettre en oeuvre.

Sortir de l’échec nécessite d’être à l’oeuvre dans les trois dimensions que je vous suggère. 

Elles sont le fruit d’une longue expérience professionnelle enrichie de formations dans les approches psychanalytiques, systémiques, transactionnelles, bio-énergies, métabolisées à l’aide d’un travail thérapeutique. 

Les règles d’or sont l’éclectisme, l’interdisciplinarité, l’interinstitutionnalité, la transversalité de la conception et du pilotage des services… À SUIVRE SUR TELECHARGER

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Protection de l’ Enfance – Que cache l’incasable…

Incasable ne parle pas de ces jeunes, ce n’est pas un diagnostic. 

Incasable désigne l’incapacité des adultes, des professionnels, des institutions à travailler de façon transversale, dans l’ interdisciplinarité et l’interinstitutionnalité. 

L’incasabilité nomme la difficulté de co-construire entre les champs de l’éducation, de la santé mentale, de la justice, de la protection de l’enfance… soulageons les jeunes de cette étiquette qui en font des patients désignés de carences politiques.

Sortir du processus d’ « incasabilisitation » nécessite un changement de culture dans les professions de la protection de l’enfance. Les différents opérateurs doivent découvrir comment les partenaires pourraient augmenter leurs chances de succès. 

Quels sont nos complémentarités ?

De quelle façon puis-je soutenir l’action des partenaires ?

Quels sont mes besoins et attentes de ce partenariat ? 

Si l’un de ceux-ci active cette chaîne, depuis le Magistrat jusqu’à l’ AEMO-R, en passant par l’ASE, le CMP, les institutions d’accueil, les acteurs de santé mentale, l’école et….surtout la famille et le jeune, une réflexion nouvelle pourra s’appuyer sur les compétences de la famille.

Rien, sur le plan réglementaire, ne s’y oppose, ce sont le plus souvent des facteurs de la sphère « équation personnelle » qui empêchent la mise sur pied de cette rencontre. 

Face à des situations anxiogènes pour les professionnels nous constatons des replis stratégiques devenant des habitudes de travail, des soumissions…qui se déguiseront  en procédures réglementaires. 

La co-construction n’est même pas envisageable.

Mille et une raisons privent les professionnels de s’asseoir pour penser ensemble, avec les personnes concernées  les besoins de celles-ci. Le temps, l’énergie  sont érigés en obstacles. 

Cela entraîne chez l’ « usager » une disqualification de son pouvoir d’agir.  Il s’installe dans la soumission.                     

Parfois l’apparente passivité de ceux-ci est jugée et place désormais le professionnel dans une position haute, position d’inefficacité, souvent sans qu’il ne le conscientise. Il est fréquent que les dits usagers poussent les professionnels dans cette position. Comme un « contrat secret » que l’on ignore car il nous met en cause, parce qu’il touche à nos résonances. 

Se profilant ainsi, l’échec est externalisé. Le partenaire est disqualifié , l’absence de co-construction laisse peu d’espoir à l’édification du pouvoir d’agir de la famille, du jeune. 

Les professionnels s’agitent et se mettent en quête du canon qui tuera la mouche, et le vendredi fin de journée  le dernier professionnel concerné se met à chercher une case où mettre le jeune.  Ou, en fin d’audience, le travailleur social a endossé la charge de vendre un projet de placement qui aurait l’air de satisfaire chacun.

« Traité » d’incasable, le jeune en endossera le costume, les tentatives de placement échoueront.

La question du sens des démarches de cette chaine n’est pas partagée. La recherche d’une case devient l’objectif du travail social. 

Le changement culturel évoqué aidera les opérateurs à sortir de cette volonté de réussir leurs propres  objectifs, il ciblera  le pouvoir d’agir des personnes concernées, il cessera de penser son action dans l’autoréférencement. Dans cette culture, on veillera à se mettre au service de la co-construction d’un protocole d’aide et d’accompagnement  dont symboliquement chacun est signataire. Les approches concertées…clinique de la concertation, conférences familiales, accès aux droits culturels sont des pratiques qui tricotent du lien, dans une humanité, une citoyenneté ou les uns ne prennent pas le pouvoir sur les autres. 

Ces réflexions sur la « protection de l’enfance clinique » doivent être validées, soutenues par les administrations et les politiques qui relèvent de départements différents.                         Les politiques de protection de l’enfance ne réussiront que si elles sont pensées dans la transversalité, l’inter-institutionnalité et interdisciplinarité, chacun considérant les conditions de succès de l’autre.  Luc Fouarge

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L’école au secours de la santé mentale des jeunes

L’école a pour mission de transmettre des savoirs et structurer le temps des jeunes. C’est évident.  Ils se construisent de ces missions. Aujourd’hui la pandémie met en évidence la dimension de la construction psychologique qu’on attend de l’école.

Particulièrement après les déclarations des services pédo-psy, le débordement des consultations psy, l’augmentation des suicides… « On » attend, aujourd’hui, que l’école participe au soin. Cette attente demande que les enseignants soient soutenus dans cette dimension de l’Education pour qu’elle intègre la bonne attention que l’état psychique des jeunes requiert.

Voilà que de l’école, la culture, les sports et les mouvements de jeunesse nous attendons qu’ils, elles accueillent cette charge émotionnelle que retiennent jeunes en manque d’extérieur à la famille.

Ces réponses nécessitent que nous les pensions dans la transversalité des autorités politiques et administratives, dans l’interdisciplinarité. Offrir aux enseignants un accompagnement dans l’exercice de cette accueil est devenu primordial.L.F.

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#Educateur ….accompagnateur… TS…

Un peu en vrac…à la suite d’échanges sur les réseaux

Éducateurs, c’est ainsi qu’on nomme ces professionnels aimants qui accompagnent le quotidien des personnes adultes porteuses d’handicap(s).

Une dénomination qui installe la rencontre dans une infantilisation de la personne.

Comme si la réponse à la dépendance en fait des personnes « régressées ».

Dès lors les humiliations s’enchainent, les attentes se multiplient, la personne se tasse sur elle-même et rentre dans une conformité qui transforme cette noble tâche en asservissement. Et la voilà patiente. Que peut faire d’autre cette personne que d’abandonner l’expression de sa citoyenneté quelle que soit la taille de sa contribution, fusse-t-elle celle du colibri qui apporte aux pompiers sa goutte d’eau pour éteindre le feu ravageur de nos horizons.

Cette idée que certaines personnes auraient besoin d’être éduquées pousse le professionnel dans les positions hautes. De nombreuses fois il rencontre ainsi la « demande » de la personne de se laisser porter, guider… ce qui sera limitant si cet accord implicite perdure au-delà des besoins de la personne. Cela pourrait peser sur le travailleur social qui s’en défendrait. Il pourrait alors devenir rejetant… ou peut-être est-ce dans le rejet qu’elle serait alors perçue. Cet instant s’appelle « la prime ». Elle confirme les positions initiales, de façon désagréable, toxique même de l’une et de l’autre. Une participation des deux dans une méconnaissance, une « complicité » qui dés-sert les deux.

Attirer l’attention sur les postures. Elles en disent long sur la façon d’envisager l’autre, sur la place qui lui est faite, sur un langage limitant, enfermant dans ces postures…. Les réponses doivent se construire dans la transversalité et surtout, avec les personnes accueillies. Finalement, ne sont-ce pas elles, ces personnes, nos employeurs ?

Sommes-nous prêts à accueillir ce que ces personnes nous enseignent sur nous-même, sur la bonne façon de les accompagner ? C’est dans ce « return », dans l’écoute des résonances que nous augmentons nos qualités d’accompagnant, de soignant…

Avec des jeunes, Le Dr Botbol , pédopsychiatre propose que l’éduc se tienne un peu en retrait, derrière le jeune et l’accompagne dans ses nouvelles expérimentations, et de le laisser jubiler du résultat. Lui laissant engranger les gains de ses succès comme le seul auteur. Cela demande à l’éducateur, une forme de discrétion, et l’humilité qui l’envoie jubiler à son tour dans son for intérieur, dans son équipe… Ainsi le jeune se recrée, se crée une image de soi qui l’autonomise, qui le  » sort » de ses dépendances…

Juste un pas en arrière, ce n’est pas loin d’être à côté avec un regard bienveillant et proche, donc. Il y a de la permission et de la protection dans cette position. Posture qui dégage, un peu, la relation de s’enliser dans la rébellion.  Avec notre public, c’est précieux … à adapter selon les âges et les compétences. Bien sur.

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La psychothérapie, pourquoi ?

Se libérer de l’égo

Il se peut que cette construction mentale de l’idée que nous avons de nous-même, notre égo, nous gouverne. De même, nous verrons l’autre dans une construction que nous avons faite d’elle, de lui. De là naissent, se cultivent les ressentiments qui font le lit des conflits, des racismes… et autres …ismes.

Nous avons à découvrir ces adaptations, concessions, sur-adaptations que nous avons faites pour coller à cet égo, si peu nous. 

Dans ce monde de l’image, cette dérive se renforce et nous pourrions privilégier les rencontres qui soutiennent et nourrissent notre égo. Les algorithmes, GAFA sont à l’affût et servent. Il nous ferait acheter des extensions de notre frontière narcissique.

Il nous faut commencer par nous découvrir, tel que nous sommes et que nous même nous ne percevons pas. La quête d’autonomie débute là où nous sommes capables de renoncer à l’image de nous construite pour plaire, pour bénéficier des soins en famille, pour anticiper ou calmer les colères d’un autre.

Quand le dialogue avec l’autre avec lequel nous vivons ne l’autorise pas, parce que les égos de l’un nourrissent celui du compagnon, de la compagne, si la méditation ne suffit pas, la psychothérapie peut nous y aider. Luc F.

A suivre sur #Eckhart_Tolle  https://youtu.be/Wwx7ZtCyrgs

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IMP 140

Le soin, un tricot institutionnel

C’est dans l’articulation des discours [1] qu’émerge le potentiel thérapeutique de l’IMP 140.

Plus qu’une rencontre, en réunion clinique ou de synthèse… c’est la culture institutionnelle qui y règne qui autorise son élaboration dans une interdisciplinarité qui soutient l’expression de chacun quelle que soit sa qualification. Comme si de la qualité de cette rencontre, la bonne attention aux émois et aux réflexions de chacun était constitutive de ce qui fait soin en institution. 

Si dans la bonneveillance[2] les confrontations saines s’échangent, la tiercité indispensable s’exerce. C’est de cette qualité que naît l’action, la parole soignante à laquelle chacun participe dans son rôle. A l’instant où s’exerce ce processus d’Intervision ni le grade, ni la profession, ni la fonction prévalent. Ceci ne dénie en aucun cas l’équipement intellectuel, l’expérience dans la contribution de ce moment d’échange sur les résonances. Un instant où chacun augmente son potentiel soignant. 

La clinique institutionnelle naît là où se cultive cette attention à l’autre, cette qualité de donner et recevoir, ou l’équipe met en priorité sur la table les soucis qui la concerne avant de se mettre au travail sur l’observation et l’élaboration d’un projet pour le jeune et sa famille. 

L’éducateur reste éducateur, le psychologue reste psychologue… chacun participant au soin institutionnel avec un savoir être augmenté par le regard de l’autre. 

Alors, se tisse la clinique institutionnelle.

Luc Fouarge


[1] Luc Laurent – Quel avenir pour les pratiques de soin en institution ? – Champ social, 2017

[2] Daniel Marcelli

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Protection de l' Enfance

L’amer est sale

L’idée de « né puni » est empruntée à Dimitri Rouchon-Borie in « Le démon de la colline aux loups »