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L’école au secours de la santé mentale des jeunes

L’école a pour mission de transmettre des savoirs et structurer le temps des jeunes. C’est évident.  Ils se construisent de ces missions. Aujourd’hui la pandémie met en évidence la dimension de la construction psychologique qu’on attend de l’école.

Particulièrement après les déclarations des services pédo-psy, le débordement des consultations psy, l’augmentation des suicides… « On » attend, aujourd’hui, que l’école participe au soin. Cette attente demande que les enseignants soient soutenus dans cette dimension de l’Education pour qu’elle intègre la bonne attention que l’état psychique des jeunes requiert.

Voilà que de l’école, la culture, les sports et les mouvements de jeunesse nous attendons qu’ils, elles accueillent cette charge émotionnelle que retiennent jeunes en manque d’extérieur à la famille.

Ces réponses nécessitent que nous les pensions dans la transversalité des autorités politiques et administratives, dans l’interdisciplinarité. Offrir aux enseignants un accompagnement dans l’exercice de cette accueil est devenu primordial.L.F.

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#Educateur ….accompagnateur… TS…

Un peu en vrac…à la suite d’échanges sur les réseaux

Éducateurs, c’est ainsi qu’on nomme ces professionnels aimants qui accompagnent le quotidien des personnes adultes porteuses d’handicap(s).

Une dénomination qui installe la rencontre dans une infantilisation de la personne.

Comme si la réponse à la dépendance en fait des personnes « régressées ».

Dès lors les humiliations s’enchainent, les attentes se multiplient, la personne se tasse sur elle-même et rentre dans une conformité qui transforme cette noble tâche en asservissement. Et la voilà patiente. Que peut faire d’autre cette personne que d’abandonner l’expression de sa citoyenneté quelle que soit la taille de sa contribution, fusse-t-elle celle du colibri qui apporte aux pompiers sa goutte d’eau pour éteindre le feu ravageur de nos horizons.

Cette idée que certaines personnes auraient besoin d’être éduquées pousse le professionnel dans les positions hautes. De nombreuses fois il rencontre ainsi la « demande » de la personne de se laisser porter, guider… ce qui sera limitant si cet accord implicite perdure au-delà des besoins de la personne. Cela pourrait peser sur le travailleur social qui s’en défendrait. Il pourrait alors devenir rejetant… ou peut-être est-ce dans le rejet qu’elle serait alors perçue. Cet instant s’appelle « la prime ». Elle confirme les positions initiales, de façon désagréable, toxique même de l’une et de l’autre. Une participation des deux dans une méconnaissance, une « complicité » qui dés-sert les deux.

Attirer l’attention sur les postures. Elles en disent long sur la façon d’envisager l’autre, sur la place qui lui est faite, sur un langage limitant, enfermant dans ces postures…. Les réponses doivent se construire dans la transversalité et surtout, avec les personnes accueillies. Finalement, ne sont-ce pas elles, ces personnes, nos employeurs ?

Sommes-nous prêts à accueillir ce que ces personnes nous enseignent sur nous-même, sur la bonne façon de les accompagner ? C’est dans ce « return », dans l’écoute des résonances que nous augmentons nos qualités d’accompagnant, de soignant…

Avec des jeunes, Le Dr Botbol , pédopsychiatre propose que l’éduc se tienne un peu en retrait, derrière le jeune et l’accompagne dans ses nouvelles expérimentations, et de le laisser jubiler du résultat. Lui laissant engranger les gains de ses succès comme le seul auteur. Cela demande à l’éducateur, une forme de discrétion, et l’humilité qui l’envoie jubiler à son tour dans son for intérieur, dans son équipe… Ainsi le jeune se recrée, se crée une image de soi qui l’autonomise, qui le  » sort » de ses dépendances…

Juste un pas en arrière, ce n’est pas loin d’être à côté avec un regard bienveillant et proche, donc. Il y a de la permission et de la protection dans cette position. Posture qui dégage, un peu, la relation de s’enliser dans la rébellion.  Avec notre public, c’est précieux … à adapter selon les âges et les compétences. Bien sur.

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La psychothérapie, pourquoi ?

Se libérer de l’égo

Il se peut que cette construction mentale de l’idée que nous avons de nous-même, notre égo, nous gouverne. De même, nous verrons l’autre dans une construction que nous avons faite d’elle, de lui. De là naissent, se cultivent les ressentiments qui font le lit des conflits, des racismes… et autres …ismes.

Nous avons à découvrir ces adaptations, concessions, sur-adaptations que nous avons faites pour coller à cet égo, si peu nous. 

Dans ce monde de l’image, cette dérive se renforce et nous pourrions privilégier les rencontres qui soutiennent et nourrissent notre égo. Les algorithmes, GAFA sont à l’affût et servent. Il nous ferait acheter des extensions de notre frontière narcissique.

Il nous faut commencer par nous découvrir, tel que nous sommes et que nous même nous ne percevons pas. La quête d’autonomie débute là où nous sommes capables de renoncer à l’image de nous construite pour plaire, pour bénéficier des soins en famille, pour anticiper ou calmer les colères d’un autre.

Quand le dialogue avec l’autre avec lequel nous vivons ne l’autorise pas, parce que les égos de l’un nourrissent celui du compagnon, de la compagne, si la méditation ne suffit pas, la psychothérapie peut nous y aider. Luc F.

A suivre sur #Eckhart_Tolle  https://youtu.be/Wwx7ZtCyrgs

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IMP 140

Le soin, un tricot institutionnel

C’est dans l’articulation des discours [1] qu’émerge le potentiel thérapeutique de l’IMP 140.

Plus qu’une rencontre, en réunion clinique ou de synthèse… c’est la culture institutionnelle qui y règne qui autorise son élaboration dans une interdisciplinarité qui soutient l’expression de chacun quelle que soit sa qualification. Comme si de la qualité de cette rencontre, la bonne attention aux émois et aux réflexions de chacun était constitutive de ce qui fait soin en institution. 

Si dans la bonneveillance[2] les confrontations saines s’échangent, la tiercité indispensable s’exerce. C’est de cette qualité que naît l’action, la parole soignante à laquelle chacun participe dans son rôle. A l’instant où s’exerce ce processus d’Intervision ni le grade, ni la profession, ni la fonction prévalent. Ceci ne dénie en aucun cas l’équipement intellectuel, l’expérience dans la contribution de ce moment d’échange sur les résonances. Un instant où chacun augmente son potentiel soignant. 

La clinique institutionnelle naît là où se cultive cette attention à l’autre, cette qualité de donner et recevoir, ou l’équipe met en priorité sur la table les soucis qui la concerne avant de se mettre au travail sur l’observation et l’élaboration d’un projet pour le jeune et sa famille. 

L’éducateur reste éducateur, le psychologue reste psychologue… chacun participant au soin institutionnel avec un savoir être augmenté par le regard de l’autre. 

Alors, se tisse la clinique institutionnelle.

Luc Fouarge


[1] Luc Laurent – Quel avenir pour les pratiques de soin en institution ? – Champ social, 2017

[2] Daniel Marcelli

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Protection de l' Enfance

L’amer est sale

L’idée de « né puni » est empruntée à Dimitri Rouchon-Borie in « Le démon de la colline aux loups »

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Transmission intergénérationnelle

« … ce serait terrible d’avoir à commencer sa vie par la punition pour des choses que je n’avais pas encore faites »

Ce roman de Dimitri Rouchon-Borie (Le tripode, 2021) sort d’une plume qui tient une rubrique de chroniques judiciaires pourrait être lu et commenté dans les auditoires de candidats travailleurs des secteurs psycho-médico-sociaux qui se destinent à l’accompagnement de jeunes en grandes difficultés psychologiques. Duke, son héros, en fin de vie, écrit ce récit de sa cellule de prison. Il est né « puni ».

Il revisite toute son histoire faite de maltraitances, de viols, de violences de privation, d’humiliations. Ce genre d’histoire nous renvoie à ces anamnèses qui parfois font vomir les professionnels les plus expérimentés. Duke qui découvre sur le tard qu’il a un prénom rencontrera des personnes qui lui font découvrir le bien, l’amour, l’« aimantée» Billy, une rencontre amoureuse qui ressemble à celle qu’il eut avec sa sœur, une institutrice bouleversée et empathique, assistante familiale authentiquement aimante… Les forces démoniaques qui l’habitent l’amène à commettre des actes épouvantables qui justifient la perpétuité.

Dans sa cellule par l’écriture il analyse son parcours. Nous découvrons une capacité d’humanité, de don de soi, quasi christique, que peu de personnes ont pu saisir. Ce roman très émouvant nous illustre l’urgence d’aider les professionnels de l’enfance à tenter de lire l’invisible, l’indicible de la transmission. L’horreur pourrait cesser avant que ces jeunes ne deviennent adulte.

Avec « Bord de mer » de Veronique Olmi, deux romans à faire décortiquer par les futurs Juges, psy, éduc spé, TS, AF, Référents et délégués, enseignants afin d’exercer leur attention sur ces échanges, ces non-échanges, ces non-dits et ces appels …ces rencontres manquées qui conduisent des enfants, des familles aux drames

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Société

Santé mentale, travail social et évaluation

La comptabilisation des actes dans les secteurs de la santé mentale.  Le risque de  glissement vers la quantophrènie, et l’essoufflement du « prendre soin » 

Le politique a besoin d’évaluer l’impact de ses investissements dans les secteurs subventionnés, hôpitaux, SSM.  J’ajoute qu’il est important que les devoirs de comptabilisation n’affectent pas le « prendre soin », le care « enveloppant »,  l’humanité  qui fait lien et soutient le soin.

Les devoirs imposés glissent vers des logiques gestionnaires. Elles rencontrent  les besoins de sécurisation sur l’utilité, le rendement des investissements des politiques et des directions économiques de services subventionnés. La culture de l’évaluation est sans conteste la bienvenue. Je signale le risque qu’elle pourrait bien répondre aux besoins des décideurs en créant dans les services un sentiment d’être invité à se presser. 

Ce sentiment abime le « prendre soin » quand il ne l’écrase pas. 

Bien malgré moi, coincé dans une chambre d’hôpital, j’entends la conversation entre une infirmière et un délégué du personnel. Elle lui fait remarquer que dans le logiciel d’enregistrement des actes, il n’a pas été pris en compte le temps de déplacement entre la salle de garde et la chambre du bout du couloir. Remarque qui traduit que l’empressement à réaliser l’acte permettra de récupérer le temps imparti pour satisfaire la rigueur du logiciel.

Lors d’une visite que j’ai effectuée dans une vaste institution pour personnes en grands besoins de nursing et de mobilisations physiques, j’ai vu de magnifiques locaux, type Snoezelen. Quand j’ai interrogé sur la fréquence d’utilisation pour un usager, on m’a signalé le fossé entre le projet de service et la réalité en raison du niveau d’absentéisme chronique du personnel. 

Les nomes ISO font pourtant briller les annonces, les flyers dudit service. 

L’accès au soin dans son enveloppement par le prendre soin est donc mensonger.

L’humanisation du soin n’est-elle la condition de son bénéfice, de son succès.

Ces questions nous placent au pied du mur de l’éthique du soin. Nous nous rassurons de trouver l’acte de soin dans les statistiques, graphiques et autres fromages. Le doute sur la qualité du soin tronqué du temps du prendre soin n’y apparait pas.

S’ajoute à cela, que les données cliniques transmises aux autorités (en vue d’ajustement des politiques de soins aux données épidémiologiques) restent parfois au frigo de l’administration en manque d’équipements pour les faire parler. Non seulement les soignants se trouvent privés de follow up utiles pour faire progresser leur projet de service, mais cette absence décourage la mise en œuvre de l’évaluation. 

Un obstacle à questionner tant du point de vue politique qu’éthique. 

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…du pouvoir d’agir

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Partir, le choix de l’euthanasie

Un récit, bref et dense. Amour intense, attachement et amitié. Anne raconte l’accompagnement de la fin de vie de son mari Patrick, atteint d’un maladie intraitable et dégradante. Français du Nord, il décide de traverser la frontière et se rend à l’hôpital à Bruxelles où il avait été reçu alors qu’il était encore capable de s’y rendre seul, trois mois plus tôt.

Après avoir été éducateur référent à l’ ASE, Valenciennes, #Patrick_Dugast s’est formé à la thérapie familiale. Il a initié sur Valenciennes la clinique de concertation avec le soutien de Jean Marie Lemaire, Psychiâtre belge concepteur de cette modalité d’intervention innovante. Résumons là en disant que la famille active le réseau d’aide dont elle a besoin, professionnels ou non. Patrick avait acquis ce savoir être qui rend l’intervenant très humble. Champion de la position basse à la façon d’Etienne Dessoy, autre ami, qui sait comment l’humilité est tout à la fois éthique et technique au sens ou elle soutient, chatouille le pouvoir d’agir de ceux qui le consultent. Avec Anne, son épouse, et Patrick Grave, nous avons élaboré sur les postures, les gestes, le langage qui nous lient aux familles dont les enfants font l’objet d’une mesure de protection de l’enfance tout en prenant en compte la réalité des professionnels mandatés pour assurer les missions des services d’investigation, d’intervention en familles et de service gardien. Avec la même nécessité de soutenir les uns et les autres, convaincus que d’aider à la sortie des affrontements conduit le système à un meilleur exercice de la parentalité, de la responsabilité, de la permanence, de l’autonomie… nous aurions qualifié ce travail d’un accompagnement de tous vers un exercice plus sain, plus harmonieux de leurs compétences de citoyen. A l’époque, directeur du COGA (ITEP-MECS) en Belgique, j’exerçais déjà de la guidance familiale. Aujourd’hui, je me consacre pleinement à cette activité profondément porteur de ces valeurs. J’y ajoute de l’accompagnement d’équipe apparenté à la supervision, l’analyse de pratique, le conseil et la formation. Chaque fois que c’est possible, dans la formation je me fais accompagner de familles qui se trouvent ainsi (re)qualifiées dans un processus de co-formation. A Patrick, à ces familles, à la volonté de nombreux acteurs psycho-sociaux je dois les savoirs, savoir faire et savoir-être que je mets au service de la communauté.

En lisant le récit d’ Anne, son épouse, il vous apparaitra où Patrick cultivait cet amour qu’il n’hésitait pas à partager. Il m’ont largement ouvert leur maison qui fut pour moi une oasis dans les déserts qu’il m’arrive de traverser. Des repos indispensables quand on pratique la relation d’aide. Dimension secrète, peut-être. Mais un regard que les institutions ne peuvent méconnaitre.

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Protection de l' Enfance

La Guidance Familiale

a suivre sur http://www.guidancefamiliale.com

… se définit à partir de concepts du soin et du soutien du pouvoir d’agir des participants. Elle centre sa bonneveillance sur le lien, reconnu comme le sel dans la relation d’aide, dans la psychothérapie ainsi que dans tout soin de santé.

Comme le dit Valéry[1], c’est aussi une politique, une modalité de gouvernance du vivre ensemble dans la solidarité, le respect, la justice.

La démarche consiste en des rencontres dans un « espace thérapeutique », un climat qui  témoigne du soin. C’est une rencontre entre personnes qui laissent au vestiaire leurs « costume ». C’est une éthique de la relation qui reconnait la valeur de la personne, l’encourage à être là, dans la recherche d’un mieux-être pour toute la famille comme pour les professionnels. S’y cultive l’écoute des sentiments les plus légitimes les uns que les autres de chacun. Ainsi, se posent les conditions qui permettront la découverte d’une humanité, dénominateur commun entre les personnes présentes. Elle conduit à l’égalité de citoyenneté et la recherche de l’appui des uns sur les autres, pour exprimer cette citoyenneté, souvent « perdue », quelle que soit la place occupée dans ce cercle. Tous, vivent des dépendances à une justice mandante et/ou protectrice des enfants confiés au service gardien qui est à l’initiative de la rencontre. Les institutions ne sont pas absentes dans cette rencontre. Les modalités d’application feront elles aussi l’objet d’un regard de chacun sur l’usage que chacun en a faite, sur la façon dont elles résonnent chez chacun. L’authenticité que requiert cette démarche est indispensable au processus d’éveil, de soutien du pouvoir d’agir de chacun. Ainsi posé chaque participant concoure à l’émergence de compétences enfouies, cachées, blessées. Dans ce processus, l’animateur de la guidance familiale se pose avec une mission supplémentaire, celle de garantir à ce cercle, l’adoption d’une culture propice au développement de chacun.  De cette rencontre nous attendons qu’elle « contamine » le réseau des proches et de l’institution qui sollicite. Cette culture peut se définir comme un temps de co-formation des uns et des autres. Ce qui augmente la reconnaissance de chacun des compétences de l’autre, facilite l’expression, et soutien le pouvoir d’agir de tous. 


[1] Paul Valery « Soigner. Donner des soins, c’est aussi une politique. Cela peut être fait avec une rigueur dont la douceur est l’enveloppe essentielle. Une attention exquise à la vie que l’on veille et surveille. Une précision confiante. Une sorte d’élégance dans les actes, une présence et une légèreté, une prévision et une sorte de perception très éveillée qui observe les moindres signes. C’est une sorte d’œuvre, de poème (qui n’a jamais été écrit), que la sollicitude intelligente compose.»