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Hommage à André Stouffriat

En Grèce, 2008, photo de Marie Noelle, la compagne d’André

4/ mars 2020 Départ pour un dernier voyage.

Durant la fin de ses études secondaires une psychologue de Charleroi oriente André à l’ Ecole d’Aulne. Il y décrocha le diplôme d’éducateur spécialisé. 

Pendant sa formation à l’ADA, André est souvent sur chantier avec Aldo, grand maçon, unique homme de métier qui édifie l’école d’Aulne nouveau bâtiment qui hébergea les « régences ». André cumule donc formation de maçon et d’éducateur avec brio, particulièrement dans le bâtiment.

A sa sortie, il accepte un poste d’éducateur résident dans un foyer d’accueil pour personnes sortant de prison, L’Ilot à Charleroi. 

André, sa femme et son fils  occupaient une pièce de quelques m2 au sein de ce foyer. 

Plus tard le patron l’envoie à Kegeljan à Namur.

A cette époque, la famille Fanuel met à disposition de la LNH un terrain sur les hauteurs de Thy Le Château. Débute alors la construction de l’Institut Louis Marie que dirigea Jacques Fanuel.

André vécu le temps de cette construction avec son épouse et son fils dans une caravane résidentielle pour assurer la construction et le suivi de ce vaste chantier.

Des élèves de l’IKN, venaient à la semaine participer à cette construction. Sous la responsabilité  du Stouff, ces jeunes vivaient dans une deuxième caravane résidentielle. Mme Stouff était l’éducatrice et l’intendante de ce petit monde.

Une période de sa vie où il commence à côtoyer le monde des antiquaires. Une passion  qui l’occupa jusqu’à se faire reconnaître une expertise dans le domaine. 

A la même époque, il réalise un rêve d’enfant. Il rachète la maison du Dr de la rue où il vivait avec ses parents à Montignies sur Sambre. Une famille qui veillait sur lui.

Vient l’époque où Delano entreprend de grands travaux. Avec sa famille André devient Peruwelzien. Les jeunes sortant de Delano ont besoin d’être assistés après la majorité. Quelques-uns devront être accompagnés de longues années après la sortie. Complice de Jacques Dubus, dans le château Delano, rue de Cerfontaine,  ils installent un nouveau service. Un Foyer pour Jeunes Travailleurs. La famille Stouffriat s’y confectionne un appartement et vit au milieu des jeunes accueillis et accompagnés. 

Un service qui s’accroit de plus en plus, occupe de nouveaux locaux dans la région… et le Centre de Cerfontaine ne cesse de s’accroître. Il faudra aussi penser à occuper tout ce monde qui ne peut espérer entrer sur le marché de l’emploi traditionnel. Il faut donc des ateliers, des objectifs économiques et sociaux qui s’allient….c’est l’achat de la Loquette qui hébergera un atelier de menuiserie. Une chaine de palettes prend place dans cet espace qui hébergera plus tard les personnes en grandes difficultés et qui ne peuvent plus participer à une production économique. Les ateliers deviennent occupationnels. Ainsi l’éducateur dit le Stouff répond tant aux jeunes, qu’aux adultes porteurs de handicaps. 

Entre temps son ami René Pondant, avec lequel il a fait les 400 coups à l’Ecole d’Aulne connait des déboires dans l’atelier protégé qu’il dirige dans la région de Vielsam. 

André a un sens de l’amitié très solide, il donnera  du boulot à René qui avec son épouse créent les sections de Liège. 

Cerfontaine, qui accueillera  des jeunes filles à TOURNAI, s’étend sur tout le territoire wallon.

De quelques jeunes de Delano, rue de Cerfontaine, André et ses collaboratrices et collaborateurs, plus de 350 accompagneront plus de 500 personnes, enfants et adultes, hommes et femmes.

Pendant ce parcours sous son impulsion, il ouvrira une section en territoire français à côté de la basilique de Bonsecours. L’équipe de travaux sous sa direction effectuera une belle restauration de ce bâtiment historique.

Cet inventaire de création, très incomplet, n’a d’autre projet que de rendre hommage à cet homme qui su obtenir de toutes ces personnes qu’elle puissent donner le maximum, avec un minimum de moyen…André, homme du voyage, fasciné par la culture rom, gitane, tsigane nous quitte pour un voyage interstellaire où il rejoindra ses patrons, l’un terrestre parti en 2002, l’Autre, Patron pour l’éternité à laquelle il croit.

A 10 ans mon père me confie à Aldo et au Stouff. Pour… faire de moi un homme.

Mon histoire débute donc ainsi. Je suis en devoir de réussir les exploits d’André. Il m’est désigné comme modèle. Me voilà avec un grand frère.

En début de carrière le patron me désigne au poste d’administrateur dans le CA des asbl Cerfontaine. Plus j’avance plus j’y découvre qu’il est plus le fils de mon père que je ne le suis. 

Et j’en suis plutôt fier. Me voilà en charge de discuter les projets d’André pour que j’y apprenne à refreiner les ambitions du Stouff que personne n’arrête. Je n’y suis pas arrivé. Mais les débats sur le qualitatif n’était pas absent mais pas à la hauteur de mes espérances. 

Je partageais sa fascination pour les gens du voyage et du rêves. 

Il devenait gitans dès qu’on s’attablait. Il sortait son couteau au manche sculpté dans la corne, le posait sur la table et le film commençait. Les bijoux en or, la petite hésitation dans le débit de parole et les mimiques qui dégageaient une grande force… après l’apéro, il sortait son tél et appelait dans une langue qui mélangeait espagnol, wallon… les Gipsyking était au bout de fil…et la fête pouvait commencé…nous étions loin de Cerfontaine…et nous programmions notre prochain voyage aux Saintes pour le grand rassemblement.

Petit fils de tsiganes hongrois marchand de chevaux, avec toi André j’ai vécu ce sentiment d’avoir un grand frère et d’être protégé. Je savais que je pouvais partir loin avec ma Mercedes d’occase, plus j’étais loin et plus j’étais sur que tu viendrais me chercher.

Ce roman t’aidait à tenir devant les charges et les défis que tu t’ajoutaient… et tu étais proche de ces jeunes hommes qui cherchaient le père, ils s’approchaient de toi, tu les prenaient par le cou et comme un chef tu leur parlais, et il grandissaient protégé par le chef.

Ils te donnaient cette grandeur qui gonflait ta carrure.  Un style qui te permettait de te passer des psy dont tu ne voulais pas qu’ils lisent dans ton jeu. 

Bon voyage André, il y en a quelques-uns qui t’attendent là-haut.

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IMP 140 Société

Lobotomisation émotionnelle en service résidentiel

Quand l’institution se débat contre …. ?      

Les équipes qui accompagnent ces personnes dénoncent des pratiques managériales quasi répressives. Au moindre malaise ils sont changés de poste, les cadres « (b)analysent » ils mettent au ban toutes tentatives du personnel d’éclairer les mal-être qui les rongent, contrôlent jusqu’à l’interdiction les moments de regroupement de leurs professionnels, agissent, font obstacle à toute velléités d’attachement de ceux-ci à l’égard des personnes accueillies… bref des conduites qui font émerger des sensations d’être mis à mal dans un système sectaire. 

L’empathie, bien qu’intellectuellement promue, n’a pas le temps de s’installer, elle est même déviée, évitée au nom de pseudo valeurs, ou de valeurs toxiques : il ne serait pas bon de s’attacher. Une projection identificatoire de la sphère hiérarchique…sans doute ?

Comme si les rênes étaient au mains de personnes à la veille de subir le principes de Peter et de se retrouver le lendemain déshabillées de leur participation à la fonction dirigeante. 

Une institution qui manifeste les symptômes des angoisses « cachées » de ses cadres. Une interprétation de l’ « exportation » des émotions, système inconscient qui amène les équipiers à ressentir les émotions retenues, cachées.

Ils s’agit pourtant d’inquiétudes normales de ces tâches de direction mais qui sont tues et qui conduisent à l’épuisement.

Dans ces services, l’absentéisme est si important qu’il s’érige en système. Le CM devient la manifestation des inquiétudes qu’on ne peut dire, l’institution y répond en attendant le dépassement d’un mois pour faire une embauche, d’une personne qui sera par sa jeunesse dans le métier « invitée » à se mouler dans le dysfonctionnement institutionnel.

Tout cela est très, tristement, humain mais devrait être lu, entendu comme un objet de travail institutionnel bienvenu…à la place de cela, il suscite des mécanismes de défense.

On entend évoquer la division, le sentiment d’être sous conduite sectaire…bref des ressentiments qui s’accumulent et creusent le fossé entre les besoins d’efficacité des cadres et les besoins de soutien, de cohésion et de reconnaissance des personnels.

La peur est le sentiment dominant et l’autodestruction, le burnout la réponse. Cette maladie de la « chefferie » est un classique qui est trop peu questionné dans la lecture des symptômes qui s’accroissent dans ces services.

Les opérations de « qualitarisme » et de « quantophrénie » viennent au secours, l’énergie est recentrée sur les rapports administratifs qui servent de mesures aux logiques gestionnaires que les directions amplifient quand les émois se font trop sentir.

Les évaluateurs externes ne peuvent en prendre la mesure, aveuglés qu’ils sont par un sentiment, illusoire,  d’une saine productivité des professionnels. 

Héritage des communautés religieuses qui géraient auparavant ces même services. La soumission faisait partie intégrante du choix de s’en remettre à Dieu. La dévotion était la mesure de la réussite d’un diktat généreux applaudi par toute la population soulagée des personnes en souffrances physique et psychique dans de jolies zones arborisées sous le règne de la générosité des dons. 

Cette dispense, cette interdiction, d’utiliser l’émotion du personnel, comme paramètre, indicateur diagnostic pourrait faire symétrie avec la soumission des personnes qui cherchent à s’accommoder du handicap et de la vie en collectivité. La scotomisation, la mise de côté des émotions laisserait apparaitre un lieu de vie aux apparences lisses. La crise de conscience qui précède la prise de conscience et elle-même la créativité, l’acceptation de la réalité, la création de conduites qui permettent de cultiver la dignité et l’image de soi positive s’évanouit. Dans ces difficultés, la métabolisation de la crise avorte, réprimée par des escalades dites éducatives.

Construire un management qui se met au service du projet de service passe par une réflexion sur le style de leadership qui épanouit tout à la fois personnels et personnes.

Une réflexion permanente qui appartient tant aux responsables qu’aux membres du personnel. Un style autoritaire qui sauve des vies à l’armée étouffe le désir, la création dans ce type de communauté. Les exigences de performances, les modalités de subventions et d’évaluation sont utilisées pour s’abstenir de  ces nécessaires rencontres humaines. Si elles deviennent objet d’un travail collectif, elles rompront avec ce climat au service de l’homéostasie, au service du non-changement.

Réprimer n’est pas contenir. Contenir c’est accueillir l’émotion, le désir, les envies homicidaires et suicidaires sans fuir. C’est amener à la parole des instants  indicibles. Retenue, elle débouchera sur de la violence sur autrui et/ou sur soi. Des débordements que l’ «encadrement » ne suffit pas à endiguer. La parole prévient l’enfermement dans un monde irréel et la mise en acte. 

Cette parole ne peut advenir que si le personnel apparait en capacité de l’accueillir. Cela suppose qu’il puisse régulièrement bénéficier de ce lieu et ce temps de métabolisation des ses propres inquiétudes auxquelles on attribue une valeur précieuse pour comprendre la personne, l’aisance et l’assurance que le personnel tiendra sa place face aux dires parfois insoutenables… particulièrement s’ils touchent au résonances.

La présente réflexion interroge les qualités du personnel de direction qui tend à privilégier les logiques de bonne gestion économique et de productivité. Dans la foulée il est tout autant précieux de questionner le rôle des organisations représentatives tant des personnels que des employeurs. De telles démarches constructives aboutiraient si elles étaient menées avec le personnel des services d’audit (ne dites plus inspection) des administrations qui subventionnent ces services destinés à l’épanouissement maximum des personnes qui dans la vie ont à faire à des obstacles majeurs pour participer à la vie sociale.

Bien sûr, ne généralisons pas ces dysfonctionnements. Mais ne faisons pas l’économie de cette lecture dont je peux vous assurer qu’elle n’est ni fiction, ni du siècle passé. 

Luc Fouarge

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IMP 140 Protection de l' Enfance

En ITEP, en IMP 140… Le symptôme de qui ? La symbiose du second degré

A l’heure du contrat d’objectif,  nous devons nous pencher sur les projets de service des IMP140 et des ITEP…  De qui parle le symptôme ?

J’entends dans les cercles professionnels et leurs partenaires fuser des constats durs sur l’évolution de nos publics. Jusqu’à dire qu’il faut porter l’attention sur l’impact des comportements des jeunes sur les équipes. C’est évidemment  une vigilance indispensable à porter dans les diagnostics que nous formulons sur l’état de nos services, une attention bienveillante qui porte en elle les conditions du passage de l’action éducative à la clinique éducative. 

Le concept de résonnance m’éveille à la réciprocité de ces observations.

Les jeunes ne produisent-ils pas la qualité et l’intensité de troubles du comportement susceptibles de nous mobiliser sur les actions qui soutiennent la « contenance » de notre service ? 

Une mesure qu’ils prennent comme pour sonder la sécurité dans laquelle ils sont accueillis. Mais aussi comme un « appel  au père ». 

Êtes-vous capable d’entendre et accueillir les émotions désespérantes et affolantes que je m’attache à contrôler, camoufler… à mon insu. J’ai peur de ce que je peux faire, de ce que je peux dire des émotions homicidaires et suicidaires que j’écrase tant elles buttent sur la raison, la loi…et la frayeur de ceux qui pourraient les entendre.

Mais aussi je repère que circule entre vous des ressentiments et rancœurs  à l’égard du service qui vous emploie. Aussi je m’attache à développer ou intensifier des troubles qui apportent de l’eau à votre moulin… C’est le sacrifice de ma personne sur lequel je me suis construit depuis que je marche pour m’accommoder des bruits, des humeurs éclatants dans lesquels je vivais.

Et nous oublions bien souvent que c’est dans une forme de don que naissent et se spécialisent ce que nous finirons par appeler symptômes. Une réponse à la question existentielle du jeune enfant qui observe ses proches et en déduit les réponses essentielles à la question existentielle : « Comment s’y prendre pour être aimé ? »

Et donc oui, cette question sur la capacité contenante [1] de nos services quand ils abordent l’élaboration du contrat d’objectif. Ce qui pourrait paraitre du nombrilisme est nécessaire et essentiel pour élaborer la  thérapie institutionnelle. Sans cet intérêt pour ce qui fait contenance dans nos services, ces derniers ne peuvent devenir soignants.

Oui, de façon générale, notre culture fait vaciller la contenance de la société. L’école et la plupart des collectifs d’accueil et d’hébergement en souffrent. Les CM et les droits de retraits sont les premiers symptômes de ce déséquilibre. Les familles peinent également, parents et enseignants se renvoient fréquemment la responsabilité de cette perte de sécurité fondamentale qui ne sert plus, de moins en moins, de rampe d’accès à l’autonomie des jeunes. Comme s’il restaient à la maison de crainte de l’incapacité de leurs parents d’assumer le face à face et la peur de l’entrée dans une société qui exige tant de performances et de fric pour s’autonomiser.

J’attire donc notre attention sur le risque que nous ferions encourir à nos jeunes en tentant de les qualifier, de les diagnostiquer sans avoir préalablement scanné la capacité contenante de nos services. Mission dans laquelle tant nos administrations que nos politiques ont leur part dans le soutien 

qu’il convient de porter à cette analyse. Je rappelle que les jeunes dont questions se livrent volontiers à activer les symptômes dont ils devinnent qu’ils pourraient nous être utiles.

Je crains le risque que les jeunes s’en trouvent affligés et affublés de nouvelles catégories diagnostiques. Une analyse qui se voudrait soignante aurait questionné prioritairement les fonctionnements et dysfonctionnements du service. Je recommande que, avant toute réunion clinique, les services aient accepté que les problèmes des professionnels soient examinés dans l’interdisciplinarité,  prioritairement à ceux des jeunes… Sans quoi les jeunes trouvent échos aux dévouements qu’ils ont expérimentés dans leurs familles. Ils y prennent place et le service se met au services de la « pathologie » que décrira la réunion clinique et/ou de synthèse.

Dans ma pratique, je m’appuie sur les concepts de « résonnance » de Mony Elkaim et de symbiose de second ordre développé par les Schiff en AT.

 Le premier, artisan, artiste de la métaphore nous compare à deux instruments à cordes qui se parleraient. Les sons  prononcés par l’un font vibrer l’autre d’un son qu’il ne reconnait pas. Comme si le vécu de l’un venait faire écho chez l’autre et lui ferait émettre un son qu’il ne reconnait pas comme le sien, et pourtant cela vient de lui, de ces zones « secrètes » de la conscience. Si cet autre n’y prête pas attention voilà qu’il vibrerait d’un arrangement secret d’une construction duelle ou chacun semblerait bien se ménager. 

 Ce concept n’est pas très éloigné des théories sur le transfert et le contre-transfert des Freudiens. Une forme de mélodie résultant d’une interaction émergeant de deux inconscients. S’il n’y a pas  d’intervention d’un tiers, offrant à l’intervenant à voir de lui ce qu’il ne peut voir de lui, il y a fort à parier que le résultat devienne catastrophique pour chacun. 

 Les Schiff mettent en lumière cette bascule d’une symbiose saine, cette mère du poupon qui focalise toute son écoute sur les besoins de son enfant, méconnaissant les siens, et qui en l’absence de père, ou en présence d’un « père manquant » nous dirait  Guy Corneau, cette mère ne reprendrait pas l’écoute de ses besoins et s’effondrerait à petits feux dans la dépression. Là, il n’est pas rare que s’installe l’inversion de la symbiose et le petit se spécialiserait dans cette posture d’intérêt prioritaire des besoins de l’autre. Il développera des outils d’observation et de « diagnostic »  et développera des symptômes  dont le buts est de distraire cet autre, la mère, puis l’éducateur… de leurs tourments méconnus.

 M’appuyant sur ces concepts, je propose d’ « équiper » le TS, éducateur, AS, psychologue…  de sorte que son équipe deviennent son premier tiers. Il est donc question d’une facilitation de s’exprimer en équipe sur « je peux voir de toi ce que tu ne peux voir de toi et je te l’offre dans la bonneveillance.  Et inversement, je me dispose à m’approcher de toi pour t’offrir ce que je peux voir de toi et que tu ne peux voir toi-même, dans le respect et la bienveillance.

Cela ne fonctionne que dans une culture d’équipe qui prend cet engagement, sans renoncer à s’exprimer au nom de frilosités relationnelles, culturelles. 

 Il convient que les PO et les pouvoirs subsidiants reconnaissent ce « travail en chambre » comme un soin pour chacun et que par phénomène de cascade, ce soin rejaillisse sur les personnes accueillies et soignées. Sans ce travail constant, il est illusoire d’attendre qu’une équipe passe de l’action éducative à la clinique éducative. Cette attention constante sur l’exercice de la « tiercité » au sein des équipes prend trop peu de place dans l’organisation de travail en équipe. Il est souvent nécessaire de faire appel à une personne externe au service pour aider à l’installation de ce processus d’intervision. 


[1] Lucfouarge.com/formations/ « Equiper » le travailleur social

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IMP 140 Société

La copie qu’on forme

L’école impose aux enfants penseurs en images, en films à utiliser les processus d’idéations des penseurs en mots qui sont majoritaires dans les classes (R. Davis). Enseignants, parents, politiques, PO, méconnaissent l’apport de cet auteur du « don de dyslexie ». Une ignorance qui envoie des enfants dans l’incompréhension de ce qui se passe à l’école vers l’enseignement spécial, les logopèdes ignorants cette approche, vers les comportements que l’on diagnostiquera rebelles, caractériels… ceux qui sans comprendre eux mêmes leur différence souffrent sans identifier la nature de ce qui les conduit à l’exclusion. Ils vont ainsi se heurter aux murs pensant à tort que c’est leur nature, leur être qui est mis au banc, qu’ils ne sont pas bons, qu’ils sont irrémédiablement impropres à la scolarité, à l’intelligence, à la relation. Ils seront nombreux dans les salles d’attentes des orthophonistes, des psy… quelques uns seront apaisés par des médications, des drogues…d’autres encore s’essayent dans les établissements spécialisés et parfois, se feront enfermer dans des hôpitaux ou en prison. Il n’ont jamais pu, obtenir le sourire du professeur qui échoue à en faire des copies conformes.La dyslexie n’est pas vue comme processus de pensée efficace, rapide qui ont conduit des personnes à une productivité intellectuelle brillante….Einstein, Michelange… mais comme un handicap qui rend la participation à l’école difficile parce que l’école ne les connait pas, ne les reconnait pas. A ce processus d’exclusion ces enfants répondent par des stratégies de compensation parfois heureuses, trop souvent pas. La pédagogie porte en elle le facteur exclusif contre lequel elle est censée lutter pour donner à chacun une chance égale de participer avec bonheur à la vie en société. A un ami pédiatre qui me disait que la différence est un cadeau… l’école doit être un révélateur… et ouvrir le cadeau nécessite pour quelques uns d’apprendre que l’école s’adresse à eux dans des formes incompréhensibles pour ces enfants. L’apprentissage de la lecture est pensé pour les penseurs en mots…pas pour les « brillants » penseurs en image, en films…. sans quoi, de cadeau, bien malgré eux, ils deviennent encombrant, cailloux dans la chaussure, virus, pétards et hélas de trop nombreux…bombes. En cela je suis démineur, et j’aimerais tant qu’une prise de conscience de l’école l’amène à voir les mines qu’elle pose sur la route de ces enfants qui ont un fonctionnement neuro-psy différent et non détecté. Luc Fouarge

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Ecole, des copies conformes

L’école impose aux enfants penseurs en images, en films à utiliser les processus d’idéations des penseurs en mots qui sont majoritaires dans les classes (R. Davis). Enseignants, parents, politiques, PO, méconnaissent l’apport de cet auteur du « don de dyslexie ». Une ignorance qui envoie des enfants dans l’incompréhension de ce qui se passe à l’école vers l’enseignement spécial, les logopèdes ignorants cette approche, vers les comportements que l’on diagnostiquera rebelles, caractériels… ceux qui sans comprendre eux mêmes leur différence souffrent sans identifier la nature de ce qui les conduit à l’exclusion. Ils vont ainsi se heurter aux murs pensant à tort que c’est leur nature, leur être qui est mis au banc, qu’ils ne sont pas bons, qu’ils sont irrémédiablement impropres à la scolarité, à l’intelligence, à la relation. Ils seront nombreux dans les salles d’attentes des orthophonistes, des psy… quelques uns seront apaisés par des médications, des drogues…d’autres encore s’essayent dans les établissements spécialisés et parfois, se feront enfermer dans des hôpitaux ou en prison. Il n’ont jamais pu, obtenir le sourire du professeur qui échoue à en faire des copies conformes.

La #dyslexie n’est pas vue comme processus de pensée efficace, rapide qui ont conduit des personnes à une productivité intellectuelle brillante….Einstein, Michelange… mais comme un handicap qui rend la participation à l’école difficile parce que l’école ne les connait pas, ne les reconnait pas. A ce processus d’exclusion ces enfants répondent par des stratégies de compensation parfois heureuses, trop souvent pas. La pédagogie porte en elle le facteur exclusif contre lequel elle est censée lutter pour donner à chacun une chance égale de participer avec bonheur à la vie en société. Luc F.

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Formations Protection de l' Enfance

Co-formation : « Penser les bonnes pratiques de travail avec les familles en accueil résidentiel pour jeunes ».

Co-formation : « Penser les bonnes pratiques de travail avec les familles en accueil résidentiel pour jeunes ». Une équipe d’accueil, éducateur, maitresse de maison, chef de service avec 4 parents d’enfants « placés ».

Deux journées de travail, l’une avec l’équipe pour les ouvrir à ce processus, à la seconde nous invitons les parents. Une maman, ancienne pupille de la nation, une grand-mère et un couple de parents dont les enfants séjournent dans le foyer. (MECS ou SRG)

L’objectif est,  vous le constaterez, est bien de décoincer parents et professionnels des représentations bloquantes, de permettre aux professionnels d’expérimenter « la position basse » nécessaire pour soutenir le pouvoir d’agir des familles.

Ces quatre personnes rencontrent des difficultés dans l’accompagnement du travailleur social du service mandant. Schéma fréquent face à des représentations négatives des familles à l’égard des professionnels de la protection de l’enfance[1].

Dans l’introduction de cette seconde journée je fais appel à l’expertise du vécu des familles. Une douleurs, des ressentiments que les professionnels ne peuvent qu’imaginer. Je les invite également à participer à ce travail considérant que cette démarche permettra de développer le pouvoir d’agir des familles et des membres de l’équipe. Et l’on entend dire : « Vous nous aider à prendre la mesure des douleurs que vous avez endurées. »

Le tour de table de présentation permettra déjà d’expérimenter combien je soutiens cette expertise et ce pouvoir d’agir des familles. Quand il s’achève un climat de respect, d’intérêt, de curiosité, de souci de développer le métier d’accueil fait jour. 

Le questionnement sur les modalités d’accueil, comment, avec qui l’enfant est arrivé au service met en lumière les méconnaissances des professionnels face à la torpeur des parents dans ces moments qui dureront jusqu’à un mois avant qu’elles se sentent capables de venir rencontrer les enfants. D’autant plus fort pour cette famille ou le départ prit la forme d’un enlèvement sauvage, brutal. 

Le sentiment de colère cache mal les sentiments de honte des parents. Une barrière énorme dont  les professionnels découvrent la densité, d’autant que cette charge émotionnelle est tue. Les travailleurs sociaux se montrent absents durant cette période de détresse. L’empathie est au maximum à l’égard des enfants tandis que dans ce moment les parents auraient plutôt l’air de confirmer leur « incapacité » d’empathie. Nous découvrirons que ce jugement rapide freinent la collaboration familles/éducateurs et confirme les sentiments d’inaptitude, de carence. 

Les représentations négatives s’évanouissent dans les échanges. Ce temps de collaborations sera repéré comme un des axes de travail d’autant plus essentiel que dans ce grand chambardement familial personne n’est désigné pour accompagner les familles.

Une entrée en matière qui génère un grand sentiment de plaisir de penser ensemble sur ces partages qui questionnent les places des uns et des autres. Le repas pris ensemble dans la  brasserie d’un centre commercial en devient une fête.

Rapidement nous découvrirons que les familles compensent la légèreté, l’absence d’accompagnement qui leur est destiné par l’excellence des échanges des parents avec les éducateurs. Une maman met en évidence l’importance qu’elle donne à l’éducatrice de sa fille. 

Nous ne nous enliserons pas sur la question du transfert dans cette situation. Cette même maman qui annonce qu’il ne faut pas lui parler psy ni des psy, tente de minimiser l’impact de ces bouleversements sur sa fille, affirmant qu’elle ne souffre pas de la situation.

De cette rencontre la jeune fille pourra mesurer que son éducatrice peut la relayer dans certain dévouements qu’elle exerce en faveur de sa mère. 

Dans le  climat positif de recherche d’excellence dans la rencontre foyer/famille, dans l’accusé de réception des compétences que mettent en exergue les éducateurs cette maman 

accepte d’envisager que sa fille pourrait lui « cacher » sa souffrance et qu’avec l’aide de son éducatrice elle se libérerait d’évoque tout cela à trois, voire même avec l’aide d’une personne qualifiée.

Voilà que les éducateurs expérimentent que ce « prendre soin » de la famille, ce « cure » dans la rencontre pourrait bien les conduire à passer de l’action éducative à la clinique éducative. Tandis que les parents prennent eux-mêmes du soin dans cette rencontre. L’alliance se crée, le soin de l’enfant de co-construit, l’amour est autorisé. 

Dans cette rencontre le processus se met au service du contenu. Écoutées, les familles se découvrent des qualités et compétences enfouies tandis que l’équipe trouve dans cette rencontre de quoi alimenter cette nécessaire question du sens de la profession. Cet échange d’humanité a été repéré par les participants… dans l’égalité de citoyenneté.

Le chemin parcouru par les  uns et les autres pour rencontrer l’autre dans  cette co-formation est fortement ressenti et s’exprime dans le tour de table final de feed-back de la journée.

« Tu t’assieds, tu me parles, tu es une personne et tu fais de moi une personne » Erri De Luca,

Luc Fouarge


[1] Ne passerait-on pas de Protection de l’Enfance à SFPE, Soutien à la Famille, à la Parentalité et à l’Enfant.

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IMP 140

En quête de sens en DITEP – IMP140

Si nous définissions notre activité à partir des besoins des jeunes, permanence et sécurité viendraient surement en tête. Lien et attachement, respect ne seraient pas loin et nous parlerions très vite d’amour. Le tout enveloppé dans des attitudes soignantes. Définissant nos services à partir de l’offre de soin, nous abandonnerions l’étiquetage « caractériel » qui est/était la condition d’obtention d’une prise en « charge » . Notre prise en compte, soumise à des catégories, des symptômes suceptibles de prendre une décision d’octroi de l’aide spécialisée les évoqueraient comme des jeunes en refus de ce dont ils ont besoin pour grandir, se construire et acquérir des compétences qui leur permettront de contribuer aux actions de la société.Nous serions subsidiés pour leur prodiguer des soins, de l’éducation, de la formation avec la contribution des parents chez lesquelles nous soutiendrions « le pouvoir d’agir ». Nos dispositifs institutionnels se développeraient à géométrie variable et s’adapteraient par la construction de protocoles suceptibles d’individualiser nos offres. Une vision qui inverserait les rôles, où les jeunes pourraient recevoir cette bonne attention sans devoir se mouler à un mode de fonctionnement qui exige d’eux qu’ils s’adaptent à notre système. Je n’évoque rien d’autre que les intentions déclarées par les auteurs des révisions des modalités de subvention.Cependant, j’ajoute au paradigme ancien qui nous « coinçait » dans des actions essentiellement éducatives que nous avons à « équiper » nos collaborateurs pour qu’ils puissent passer de l’action éducative à la clinique éducative grâce à une authentique interdisciplinarité. Une clinique qui intégre la famille, son environnement social et culturel et développe des soins de la relation qu’ils développent de façons brutales, désorientées et même destructrices avec leurs parents, leurs environenments social et scolaire et, inversément.Un environnement dont nous accepterions qu’il nous instruise de sa culture, de ses croyances. Une posture d’efficacité, fruit d’un travail d’équipe qui s’élargit dès que possible aux compétences que les services généreaux proches des familles puissent relayer. Parce qu’elle s’appuie sur toutes ces forces de soutien, des agents de changement locaux proches des familles plutôt que de systématiser la « séparation à but thérapeutique » nos services deviendraient des agents, des acteurs de changements sociétaux par l’externalisation de certaines de ses actions. Refuge temporaire, remobilisation, actions sur la société susciteraient d’autres sympathies que les regards négatifs portés sur nos services qui représentent un coût important dans la politique régionale en faveur des personnes porteuses de handicap. Nous sortirions de cet image fourre-tout qui pèse sur nos services que la société subit comme par nécessité.Cette vision nécessite créativité, inventivité, liberté, responsabilité, éthique, engagement desquelles nous sommes en droit d’espérer de la reconnaissance des partenariats que nous établirions. Luc Fouarge

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Protection de l' Enfance

Si tu m’aides, ne m’aime pas – Colloque ENSSYCOFA oct 2019

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Société

… des CEO dans le secteur psycho-médico-social

Le non-marchand s’aligne sur le monde des entreprises poussé en cela par les administrations de subventions. 

L’économie est aux commandes. Les associations sans but lucratif se fondent et se confondent par des fusions absorptions dans une volonté de mutualisation des moyens. 

En même temps qu’augmente le nombre de sites qui œuvrent désormais  sous la même gouvernance, l’équipe gestionnaire se « spécialise » dans les techniques gestionnaires autour d’un pôle de direction qui se trouve à distance des membres. Le siège dit-on, comme dans les holding.

Des moyens techniques 2.0 communiquent les éléments de gestions confiés à des chefs de services dans les sièges. Le temps de rencontres humaines de ces cadres avec les prestataires d’accueil et de soins, avec les cliniciens et éducateurs, le personnel d’entretien, les maitresses de maisons…est grignoté par les exigences d’encodage, rédactionnel dans le serveur tenu par le siège qui pourra satisfaire ses « besoins » de contrôle, de mesure de la rentabilité, de la productivité. 

L’équipe du siège devenue technocratique, est au service d’une organisation dont le but est passé à la performance gestionnaire. Des algorithmes mesurent les ratios personnel/usagers bénéficiaires, alimentant le fantasmes d’un CEO qui remplace les directeurs bricoleurs et braconniers remerciés, pensionnés.

Ces techniciens qui ne  rencontrent plus les « clients », sont mobilisés par la cause des diagrammes, graphiques et fromages  qui alimenteront un directoire ne connait des buts de la nouvelles Entreprise Sociale que les chiffres, bilans comptables sophistiqués, empruntés aux « sciences financières »

Ils ne reconnaitraient les personnes dites bénéficiaires qu’à la condition qu’elles descendent d’un véhicule de transport à la marque de l’Entreprise.

Les prestataires ne les connaissent pas mais ceux-ci sont en capacité de commenter leur productivité. Encodés, les bénéficiaires sont devenus des chiffres et des lettres qui remplissent les colonnes « client » des tableaux. 

Une certification ISO viendra donner des points au CEO. Sa soumission au qualitarisme et à la quantophrénie l’apaise tandis qu’il  angoisse les équipes dites de terrain au sein desquelles s’insinuent des mécanisme de défense, des CM sous forme de « burnout ». Si l’algorithme lance une alerte on pourra toujours changer le cadre de service sur le site « malade ».

Le CEO s’encostume dans la figure d’un homme respectable, stressé qui prodigieusement satisfait à l’air du temps. Il navigue désormais de sa cabine, se montre de moins en moins sur le pont. De cette place il ne peut lui-même prendre la mesure de la cascade de « maltraitance » que ce  style de leadership occulte. Comment peut-il désormais mesurer le niveau de « méconnaissance » des cadres à l’égard des écarts de conduites du personnel nourrit au stress insidieux résultant d’ une culture d’entreprise dominée par la productivité. 

Individuellement, le personnel s’essaye à la résistance. Les carences en capacité de remplacement des CM le rattraperont.

Cette logique gestionnaire s’insinue dans le social avec les modifications des modalités de subvention. Il fut un temps ou la subvention se calculait sur des normes d’encadrements négociées sur base des besoins des personnes. La subvention prenait en compte l’ancienneté du personnel.

Aujourd’hui la subvention est devenue forfaitaire (au nom d’une facilité pour les services). Les normes d’encadrement remplacées par des minima de compétences et l’ancienneté module trop faiblement les variations de dépenses réelles. 

Qu’il puisse exister quelques avantages à ces modèles gestionnaires ne fait pas de doutes. La balance doit nécessairement être faite entre ceux-ci et l’apport qualitatif, humain dont les normes ISO  disent trop peu. Les dommages causés sur la « contenance » des affects des personnels et le rejaillissement sur les personnes méritent qu’on s’y attarde. L’engagement émotionnel, le don finiront bien par se dissoudre insidieusement. Cela ne pourra qu’intensifier la production de symptômes des personnes et enfants accueillis qui devront « crier » un peu plus fort pour que leurs besoins trouvent réponses chez les accompagnateurs en proie aux « menaces » de cette culture moderne.

Cela pose la question de savoir si il n’y a pas des modalités de subvention qui seraient « mieux » éthiques que d’autres. Un travail à commander par le politique. Il viserait entre autre à montrer les liens entre la bientraitance appelées des vœux de tous et le type de subvention. Derrière cette question, celle de la cascade de bientraitance entre prestataires de soins et d’accompagnements et la personne qui en bénéficie. 

En cette matière nous ne pouvons tabler  que sur les seules valeurs véhiculées par ces nouveaux CEO de social. L’encadrement réglementaire doit prendre la mesure de ce qu’il véhicule de façon sous-jacente.

Luc Fouarge

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Société

Qui est incasable ?

Déclaration de politique FWB . Politique AAJ, Aide à la Jeunesse. 

« Le Gouvernement veillera particulièrement aux jeunes dits « incasables » en renforçant les capacités des services d’accompagnement …. »

Arrêtons avec ce vocabulaire « incasable ». Les guillemets n’empêchent pas de les (dis)qualifier. Cela fausse le regard porté sur eux. Incasable ne les désigne pas, n’est pas un diagnostic. Incasable parle des réponses inexistantes, inefficaces dans lesquelles on veut les caser ce qu’ils n’aiment pas, mais qui les galonnent. Incasable parle des professionnels et des institutions et services qui n’ont pas pu à temps, se mettre à table avec eux, avec leurs familles, éducateurs, enseignants,…pour organiser une prise en compte aidante. Difficiles, ils ont été poussés vers la sortie, processus qu’ils ont répétés ? Nous les avons ainsi  spécialisés dans des conduites qui mettent en échec les réponses existantes fautes de construction de solutions particulières construites à temps avec le soutien, la bienveillance de ces services. Ces services et institutions sont réglementées par des niveaux de pouvoirs, des administrations qui peinent à penser et organiser ensemble des réponses originales. Une quasi absence de transversalité….chacun poussant ces jeunes difficiles dans les bras d’un autre opérateur, d’un autre budget. Écoles, politique familiale, droits des jeunes, services de santé mentale, services résidentiels de la protection de l’enfance, du secteur du handicap, de la justice, des sports et de la cultures,  hôpitaux, CPAS appartiennent à des niveaux de pouvoirs différents qui écrivent chacun dans leur cercle les décrets d’encadrement et de subvention. La récente révision des réglementations, décrets dans un code wallon en matière de la jeunesse a mis au jour des obstacles à des acteurs de secteurs voisins, découvertes faites à la veille de l’entrée en application du code. C’est exactement là que s’origine l’incasabilité…ces jeunes produisent vainement des problèmes qui devraient nous faire élaborer les politiques d’aide, de soins de façon concertées… ils n’y trouvent que de l’errance, des renvois d’un secteur à l’autre. Leurs sacrifices ne sont pas encore suffisant. Alors oui, incasable parle des responsables politiques et administratifs ! Les opérateurs en panne de pratiques de réseaux demandent que ces réflexions soient élaborées dans  l’inter-institutionnalité, l’intersectorialité,  l’interdisciplinarité…ces jeunes convoquent d’urgence la transversalité !

Luc Fouarge