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Auteur : lucfouarge
Aussi nécessaire qu’elle puisse l’être, la décision de placement est une attaque du lien. Prendre en considération cette dimension dès la mise en œuvre du placement, et même avant si c’est possible, aidera à son maintien, sa transformation pour autant que les professionnels veillent à ne pas humilier les parties, à ne pas dénigrer ce qui s’est construit, sans pour autant valider les comportements néfastes qui ont amené la famille au Palais.
Il faudra d’entrée de jeu multiplier les offres de services pour soutenir l’exercice d’une parentalité qui continue d’exister. Les négligences des professionnels, encombrés, fatigués, émus sans trop le savoir, défendus, figent le lien dans une forme rigide qui empêchera tout transfert vers de nouveaux liens nécessaires. Rattraper ces humiliations, quoi que que vous fassiez, sera fatiguant, épuisant si l’offre vient trop tard. La puissance de la loyauté s’est trouvée fortement amplifiée par l’attaque du lien. L’objectif est double, ouvrir la famille sur la parole, la mentalisation du vécu et, l’adresse à l’enfant d’une permission de recevoir l’amour d’autres personnes. Aller à la rencontre de l’expertise du vécu des parents à l’égard de leur enfant est une voie d’accès à ces processus….et peut-être entreront ils dans un exercice de pensée sur leur propre histoire.
Je vous l’accorde, dans les situations de graves maltraitances , il est possible que la Justice nous empêche d’agir ainsi. L.F.
Un éducateur spécialisé d’un service résidentiel, relevant du secteur psycho-médico-social, de type ITEP en Belgique, partage avec moi son inquiétude face à l’application de directives de régulation de contacts entre mère et fils. Celle-ci appelle chaque jour. En cas de refus, les manifestations de détresse (ou autre chose, émotions vites nommées) sont impressionnantes. « Il faut discipliner cette mère, c’est deux appels par semaine maxi »
La « machine » institutionnelle asphyxie la réflexion. Cette maman répond peut-être davantage à ses besoins qu’à ceux de son enfant (?). Dans cette hypothèse, l’enfant devient l’objet de la mère. Nous avons pour mission de l’aider à construire cette rencontre mère-fils pour que celui-ci devienne sujet, et donc, que plus tard il grandisse non-dépendant, libre. L’attitude de l’équipe, ainsi décrite, renforce le lien dans la douleur qui « impose » de prendre soin de l’autre, soit l’inverse de la clinique éducative et renforce l’équipe dans la menaçante toute puissance. Pour s’en sortir par le haut, accueillons cette maman pour lui apporter l’aide qui réponde à ses besoins (libérant par le même coup l’enfant) et à ceux de son enfant. Veillons à faire en sorte que chaque partie participe à la réflexion sur la meilleure façon de répondre aux besoins de l’enfant, hors de toutes tyrannies. En nous arrangeant pour que la maman prenne une place prépondérante dans cette recherche de régulation des contacts, d’une distanciation où chacun se sent protégé, reconnu, aimé et garantissons que dans ses légitimes tristesses l’enfant sera bien accueilli. Y faire participer l’enfant, honore et encourage sa capacité de penser, le rassure sur la bonneveillance de l’équipe à l’égard de sa mère et lui ouvre la porte vers sa propre vie.
Luc Fouarge
PS: ce problème est connu également dans le placement familial
Avortement. Dépénaliser et parler.
De la compassion, de la rencontre, sans jugement. De l’humanité d’abord pour elles, venues seules ou accompagnées, mais aussi pour l’équipe soignante. Que ces femmes et les soignants soient dégagés de la culpabilité qui ferait de l’IVG un acte caché, exécuté à la sauvette.
Fiction
Ses épaules l’empêchaient peu à peu de tenir sa tête droite, son visage ne prenait plus le soleil depuis longtemps. Le silence l’habitait, l’étouffait . Elle déambulait les yeux rivés sur le sol comme s’il avait le projet de l’engloutir comme ce… que l’infirmière avait emporté.
Le même silence dans lequel la stagiaire l’avait installée dans une aile de l’hôpital où elle seule occupait une chambre. Des plastics fermaient l’accès à ce couloir pour protéger le service des poussières des travaux en cours. On l’y avait conduite silencieusement pour éviter que le couloir du service ne s’empare du mal-être. Isolée, pour éviter que des rapaces de la presse ne viennent voler des photos pour vendre des larmes.
La nuit s’était installée peu après que le spécialiste lui avait fait cette injection à l’aide d’une seringue munie d’une grande aiguille pour atteindre ce bout de viande étrangère qui avait pris place dans son ventre. Une telle intervention au-delà des 18 semaines mettait tout le monde dans l’embarras. Sans doute est-ce pour cela qu’on l’avait faite venir à la nuit tombante, qu’elle fut conduite dans une salle d’examen dans la plus grande discrétion, sans même passer par les guichets de l’hospitalisation.
Après l’intervention à laquelle personne n’assista, l’infirmière stagiaire l’avait conduite dans sa chambre à l’étage des travaux, là où personne ne la croiserait. Mariem ne dit rien, ne demanda rien. Le masque du médecin avait retenu toutes expressions, il n’avait rien dit. Il s’était adressé à la stagiaire, mal à l’aise, pour lui dire que l’expulsion démarrerait dans quelques heures, qu’il allait se coucher et qu’elle l’appelle une fois le travail terminé pour faire un curetage. Mariem avait pris quelques pas d’avance quand la jeune femme en tablier blanc la rattrapa. Elle aurait voulu dire quelque chose. Elle ne le put.
Une fois la barrière de plastic franchie, elles étaient dans le noir. Le courant avait été coupé dans le couloir. C’est presque à tâtons que l’infirmière put ouvrir la porte de la chambre de deux lits dans laquelle il n’en restait qu’un. Seule la lumière de la salle d’eau éclairait un peu la chambre. Les tentures enlevées laissaient percevoir un léger reflet lumineux dans les vitres.
La jeune femme en blanc, effrayée, ne put rien dire. Mariem s’est allongé, tournée vers la nuit, tournant le dos à la stagiaire qui, fébrile, quitta la chambre en disant qu’elle repasserait pour vérifier si celle-ci n’avait besoin de rien. Dans cette pénombre, Mariem ne put ni s’endormir, ni penser à ce qui venait de se passe, elle oubliait déjà. Au loin, les lumières clignotantes d’un avion… sans bruit, invitent au voyage. Puis, plus rien, personne. Pas un rêve, pas un songe. Un vide sidéral, comme un bouclier, la protège.La jeune stagiaire revint, maladroitement, lui proposer de l’eau. Le silence la fit fuir, discrètement, sans un bruit. Franchissant la porte, elle invite Mariem à appuyer sur le bouton d’appel, dès que le besoin s’en fait sentir.
Une douleur dans le dos, puis dans l’abdomen font réagir Mariem. Elle se redresse, se met en position assise, les jambes pliées. Instinctivement, regardant l’écran noir de la fenêtre, ses mains repoussent un peu plus loin ce qui sort de son corps. Mariem s’essuie une main sur le drap et appuie sur le bouton d’appel.La jeune femme arrive vite, comme si elle attendait derrière la porte et découvre la chose sur le lit. Instruite par le médecin, elle pince le cordon, le coupe avec une mimique de douleur. Elle dépose l’objet mort dans le haricot préparé sur la table de nuit, elle l’emporte, sans mot dire, sans espoir de croiser les yeux de cette femme dont le regard reste figé sur l’écran noir. Elle ne saura jamais ce que Marien y projette.
Quittant la chambre, tremblotante, elle dit qu’elle téléphone de suite au médecin et qu’elle revient ensuite pour la conduire dans la salle d’intervention.
Dans les trois quarts d’heure, il rentre dans la salle cachant mal ce réveil brutal, il cherche un peu à croiser le regard de Mariem sans y parvenir. Il se limite à dire qu’il va maintenant procéder au curetage et qu’elle pourra ensuite retourner dans sa chambre, se reposer.
Rien d’autre ne s’échange, pas même une interrogation sur l’inconfort, la douleur qui semble bien absente dans cette rencontre qui ne se fait pas. Comme si elle n’avait jamais existé.L’infirmière en quittant la chambre annonce qu’elle viendra à la demande du Docteur pour vérifier que tout va bien. A chaque visite le silence devient un peu plus léger. Le sommeil s’est parfois emparé de Mariem.
Vers 6:30, une femme en blouse bleue, un plateau déjeuner dans les mains, rentre dans la chambre encore dans la pénombre, elle est vide. L.F.
Un reportage sur le drame que vivent les enfants du Yemen, décharnés jusqu’à l’horreur, guettés par les charognards. L’autre sur ces milliers de familles qui vivent dans les tombes du cimetière de Manille.
https://www.tf1.fr/tf1/sept-a-huit/videos/sept-a-huit-philippines-familles-vivent-cimetieres.html
et ce reportage du jour dans les infos RTBF.
Une consolation, ces images horribles arrivent jusqu’à nous, des ONG impuissantes connaissent l’existence de ces cauchemars.
Dans ce cimetière, des familles occupent les tombes, y dorment, y mangent, y font des enfants qui à leur tours vont y vivre. Des tombes épiceries, des tombes écoles, des découvertes des os humains qui deviennent des objets de jeux de petits. Des jeunes qui dorment au dessus d’un grand père. Il y fait, la nuit, des températures qui dépassent les 30°. Trop peu ont l’électricité et la clim. Une ville dans le cimetière.
Parfois un enfant qui a appris à lire dans une tombe-école avec un prof d’ONG, pourra peut-être se rendre dans l’école de la ville, si les parents ont économisé sur les 3 € de revenus journaliers d’un papa taxi-moto qui a presté plus de dix heures.
Sur les os des enfants du Yemen, un peu de peau, pas de muscle. ils ne peuvent se tenir debout, encore moins se déplacer. Quelques centaines de milliers d’€ permettraient aux ONG d’apporter de l’alimentation et des médicaments qui leur épargneraient une mort atroce.
Les réfugiés meurent en Méditerranée, chez nous.
Comment notre mental s’organise-t-il pour entendre ou voir ces réalités sans succomber ? Quelle mécanisme psychique s’installe-t-il qui nous permette ainsi de vivre notre vie quotidienne ? Quelle déplacement de ceci sur nos relations ? Quel impact sur notre santé mentale ? Quels accommodements avec la réalité ? Quelles méconnaissances (processus actif et non-conscient) font disparaitre de notre horizon ce réel insupportable ? Comment requalifions ce à quoi assistons de loin ? A déboulonner le réel, ne risquons-nous pas de perdre la tête ?
Diriger une équipe dans le psycho-médico-social
Dans ce secteur, la bonne adéquation d’un leadership est le résultat d’un processus d’aller-retour entre un responsable et ses collaborateurs. Il ne dépend donc pas des seules valeurs personnelles du responsable du service. Le leadership est au centre de la table et chacun y contribue selon ses expériences et ses besoins. La bonne occupation des places de chacun est nécessaire. Il est attendu du directeur qu’il exerce une vigilance toute particulière sur cette dynamique qui soutient le pouvoir d’agir de ses collaborateurs. Il est dépositaire d’une autorité reconnue et soutenue parce que l’équipe contribue à sa construction.
Un chemin qui sort des voies descendantes, très à distance de l’autoritarisme.
C’est le prix à payer pour entretenir l’énergie d’une équipe généralement outillée intellectuellement, pour analyser les méandres institutionnels.
Dès que le directeur, désigné par un PO, sort de ce processus de construction du leadership, il entre dans une communication qui suscite incompréhensions, diminution de la motivation et ralentissement dans la poursuite des objectifs du service
Ces freins ressentis par chacun pourraient inviter la direction à accentuer l’usage des attributs classiques de cette fonction. Il est possible que, par mécanismes de défenses, des membres de l’équipe alimentent ce processus et le service alors se met à tanguer, les rames s’entrechoquent, l’embarcation quitte la route censée la mener à son cap.
Le processus suggéré se fixe pour but de soutenir l’intelligence de l’équipe. Cette préoccupation sur l’adéquation du leadership n’est pas proposée parce que cela ferait plus joli, pas par séduction pour mettre l’équipe au travail, mais en raison d’une nécessité au regard de la « production » du service. Une bientraitance dont on est en droit d’attendre qu’elle rejaillisse sur le public.
Le signe avant-coureur de difficultés apparait quand l’un ou l’autre des équipiers demande à voir les galons de son chef pour d’inutiles raisons, ou d’autres qui appartiendraient à l’histoire personnelle de cet équipier en l’invitant à escalader dans l’expression de l’autorité. Ces incidents appellent un processus d’Intervision. Processus où chacun est invité à partager sa lecture du dévoiement de l’exercice du leadership. Dans la bonneveillance, les échanges permettront à l’auteur de voir de lui ce qu’il ne peut voir de lui, dans cet épisode infructueux et vite désagréable s’il persistait.
Le directeur est donc également membre de l’équipe. Dans cet instant, il veillera, juste un peu plus que les autres, à ce que l’équipe ne faillisse pas à ce besoin de bonneveillance.
Pour aller plus loin en avant : https://wp.me/p19zX5-kC « Equiper » le travailleur psycho-médico-social.
Luc Fouarge
Des vies familiales accidentées, des repérages tardifs, des accompagnements manqués… plein d’émotions débordent de ces enfants, de ces jeunes et se manifestent par des troubles du comportement. Philippe Jeammet, pédopsychiatre, dans « Quand nos émotions nous rendent fous » nous dit bien que l’intensité de ces émotions peut donner aux comportements de ces jeunes des allures de pathologie mentale qui les fera entrer dans des classements, des structures, des institutions dont ils pourraient se passer si les parents, les enseignants, les psy, les éducateurs, les assistants sociaux, juges de la jeunesse croisaient leurs regards, partageaient leurs inquiétudes…bref si ensemble, ils organisaient autour de l’enfant, avec les familles et les professionnels de l’ordinaire, l’accompagnement d’éducateurs spécialisés, des stratégies pour TENIR face à ces troubles qui s’estomperaient si ces jeunes étaient envisagés dans une co-construction de toutes ces personnes qu’ils effrayent. Eux-mêmes ayant peur et s’enfermant dans une vision hostile du monde à leur égard.
Mais les questions, les problèmes posés dépendent d’un trop grand nombre de pouvoirs de tutelle différents qui se renvoient la patate chaude dans le champ de compétence voisin. Et voilà que les acteurs au plus proche du jeune retournent la balle sous prétexte qu’il ne relève plus de ses compétences.
Le TENIR soignant ne peut se construire que dans une transversalité des compétences de terrain, administratives et politiques. Pour l’organiser cette « contenance » il faut autour de la famille des acteurs de l’école, de la protection de l’enfance, de la santé mentale, des hôpitaux pédo-psy, des acteurs culturels, sportifs et de mouvements de jeunesse, du soin et de l’éducation dans un savant mélange. Il convient pour cela de penser ces politiques d’aide avec les cabinets de la Santé, de la Justice, de l’Enseignement, de l’Aide à la Jeunesse, du Handicap… cette magie de la transversalité ne s’opérera que si ce monde désigne l’un d’entre eux pour rassembler dans une énergie commune les politiques en faveur des familles en difficultés avec leur enfant.
Luc Fouarge
Fabrique d’incasables
140 , « incasables », jeunes en situation complexe…
Ainsi les nomme -t-on !
En raison d’un arrêté qui définit les jeunes pris en compte pour bénéficier des SRJ (IMP140) en résidentiel ou en suivi ambulatoire à charge de l’ AVIQ, RW. Ils sont nombreux à être suivis par les SAJ, SPJ soit l’AAJ, de la CFWB. Une grande majorité sont inscrits en enseignement spécialisé de Type III.
« Caractériel » est le diagnostic retenu pour bénéficier d’un service résidentiel.
Ces troubles, voire cette pathologie n’ a rien de génétique, elle s’installe très tôt dans la vie relationnelle de ces jeunes, à la suite d’accidents dans la vie familiale et scolaire. Des troubles psychoaffectifs qui bien souvent s’installent pour longtemps, affectant la santé mentale de ces jeunes accompagnés dans le secteur du handicap.
Handicap, troubles psychiques, troubles psychosociaux, retards scolaires, troubles du comportement…
Jadis ces services pour beaucoup cumulaient sous une même direction l’ensemble des prises en compte spécialisées nécessaires dans la vie quotidienne, l’école, la distanciation « thérapeutique » de la famille dans une Belgique unitaire. Deux ministères, Santé publique et Education nationale subventionnaient ces services. S’y ajoutait le département Justice dans les situations de protections et de délinquances.
Les inspecteurs du secteur du handicap et de l’Education se trouvaient devant un seul directeur pour l’ensemble des activités. En cas de bouleversement comme nous le connaissons aujourd’hui, les conduites à tenir étaient établies et partagées par une direction qui pouvait mettre très facilement autour de la table les personnes œuvrant en classe ou dans le lieu de vie.
Aujourd’hui, directions, administration, niveaux de pouvoir différents saucissonnent ce public en souffrance des écartèlements, des écartements dont ils ont eu à souffrir. Les décideurs d’orientations différentes n’unifient pas la réflexion capable de penser la « contenance »[1] qu’il convient d’offrir à ces jeunes. Peu, voire pas de continuité de penser les réponses à ces jeunes par des métiers qui affichent de plus en plus leurs différences. L’enseignant enseigne, l’éducateur fait de l’éducation. Les regards portés sur le jeune s’opposent parfois.
Dans cette période de pandémie, l’accès à l’école est en grande partie fermé à ces jeunes. Une bonne partie d’entre eux ont été confinés dans l’IMP. L’école ne considère pas qu’elle fait partie d’une approche globale d’un soin à apporter à ces enfants. Les adultes ne sont pas forcément formés à participer au curatif, au prendre soin.
Voilà donc ces jeunes victimes de fractures institutionnelles. Double sanction, après celle de l’écartement familial !
Cette absence, ab-sens[2], de cohésion se manifeste par un « impossible éducatif soignant » co-construit, en symétrie avec l’incapacité de gérer ces secteurs dans la transversalité indispensable pour élaborer une clinique éducative et scolaire digne des besoins de ces jeunes.
Voilà que le système institutionnel, en rupture de concertation, soutient, voire renforce les mécanismes défentiels de ces jeunes et ainsi les spécialise dans une inadaptation au monde auquel nous les invitons.
Le soin est politique d’abord ! … si l’organisation le pense dans les complémentarités nécessaires à son succès. Politiquement , aujourd’hui on peut, sans beaucoup se tromper, penser que la société renonce à investir dans les conditions de succès d’une bonne intégration de ces jeunes. Un rapport commandité par le comité de gestion de l’ AWIPH, publié en 2006, prônait déjà cette déclaration d’aborder ces questions dans la transversalité.
Plus tard, à la suite de ces conclusions des accord de coopérations AViQ – AAJ, créent les Jardins pour Tous, comme lieu d’activation de cette transversalité. Cela fait un an que sa structure faîtière ne s’est plus réunie à la suite de consignes des administrations dont question.
On nous rétorquera que les réseaux de la nouvelle politique en pédopsy, sous tutelle du fédéral, s’en occupent. Mais nous avons montré que les missions sont différentes.
La prise en considération des jeunes en situation complexe est donc reléguée, les moyens insuffisants et les quelques opérateurs des situations les plus difficiles méconnus dans la haute spécialisation que cet accompagnement exige, conduisant jeunes et professionnels à l’échec.
Une relance de cet atelier de réflexions dans la transversalité sur cette clinique éducative spécifique, le Jardin Pour Tous Faîtier, doit pouvoir reprendre ces activités et produire des recommandations pour les politiques et administrations nombreuses qui regardent cette populations de leurs balcons en raison du fait qu’ils ont un pied dans le jardin du ministre voisin, ou d’un ministre d’un autre niveau de pouvoir.
Les éducateurs spécialisés dans ces questions seront unanimes. Une approche qui se donne des chances répondra aux lectures systémiques des évènements, entre autre. Il convient que les regards soignants posés sur ces jeunes soient eux-mêmes nourris des regards des acteurs de la santé mentale, de l’enseignement, de la protection de l’enfance et de la justice, du champ du handicap, de l’éducation spécialisée. A ce jour, ces points de vue sont morcelés. Cela me fit dire jadis qu’ils étaient victimes d’un saucissonnage schizophrènogène. Lisez, qu’il est question d’en faire des bombes humaines. Secouée par la covid 19, notre société ne demande à ce que nous rajoutions des causes à nos craintes.
Je plaide pour ces jeunes, je leur souhaite de rencontrer des adultes cohérents et soutenus par leurs partenaires, de sorte que les uns et les autres puissent tenir face aux tentatives de rejets qu’initient les troubles qu’ils manifestent. J’aspire à ce qu’ils cessent d’être des patates chaudes et qu’ils puissent gonfler les rangs des acteurs de sociétés plutôt que les HP,
les prisons, les CPAS…
Il nous arrive de penser qu’en faire de bons utilisateurs des systèmes d’allocations est un succès.
Luc Fouarge
[1] Capacité d’accueillir et de contenir les émotions parfois suicidaires et homicidaires pour qu’elles ne se transforment pas en passage à l’acte.
[2] Philippe Gaberan – Oser le verbe aimer en éducation spécialisée – Eres 2016
Après la crise COVID…
Revalorisation des bas salaires et des indemnités de chômage … pour relancer la consommation.
Voilà que le capital fait appel au social, c’est pas tordu…mais dans une économie arégulée, il n’y a pas de borne. C’est donc une politique du court terme. Ainsi, plus le capital a soif, plus on l’abreuve. Et le 1 % qui détenait la richesse, qui, pour s’enrichir, fait courir les 99 %, vous et moi. est atteint par une forme nouvelle de COVID, et a perdu les sensations de satiété.
Voilà qui nous conduit dans les bras des extrémistes.
A moins que les 99 % pensent et mettent en actions de nouvelles formes d’appropriation de la production de biens et de pensées. La découverte essentielle de cette pandémie n’est pas la perte de goût mais celle de la satiété des 1 % … GAFA et autres producteurs de biens. Ce mot est un piège, bien, ne contient pas forcement bon. Bon est du registre des valeurs, bien n’en a que les apparences.
3000 signataires issus du monde des sciences, à propos du travail, prônent: démocratiser, démarchandiser, dépolluer.
L’espoir d’un nouveau monde est dans cette dynamique sociale, ces groupes et réseaux sociaux qui deviennent une force d’énonciations de valeurs susceptibles de remettre l’humain à la place qui est la sienne, dans l’univers et qui accepte sa nécessaire interdépendance avec tout le vivant et l’inerte sur terre. Une force capable d’alimenter les partis. Luc Fouarge
https://democratizingwork.org dans toutes les langues
On n’est pas obligé …
Les IMP 140 accueillent à temps complet, en collectif, durant l’épidémie également, de nombreux jeunes pour lesquels des mesures protectionnelles des services de l’AAJ découragent ou interdisent les séjours en famille. Beaucoup sont scoalrisés dans une école d’enseignement spécialisé voisine, proche. Une coopération Ecole/IMP qui tente de répondre à l’ensemble des besoins de ces jeunes.
« On n’est pas obligé »… entendu de la bouche d’enseignants, dans une rencontre entre un IMP140 et une école d’enseignement spécialisé, pour évoquer le déconfinement, interroge les propos des autorités de tutelle en l’amont.
J’y lis une rupture de coopération autour de la prise en compte des besoins spécifiques de ces jeunes. Un repli stratégique des uns et des autres, au final un saucissonnage des besoins de ces jeunes dont l’évolution est particulière.
J’y lis également l’incapacité des autorités politiques de penser de concert les questions relatives aux besoins particuliers de ces jeunes tellement «en déliaison ». J’y lis donc une cause supplémentaire pour ceux-ci de se défendre contre les tiraillements, les déchirures, les ruptures accompagnés souvent de violences. J’y lis aussi que le système est symétrique à cet éclatement qui spécialise ces jeunes dans les mécanismes de défenses contre une société incohérente quant à son discours sur une « société inclusive ».
A cette incohérence AViQ/Enseignement, s’ajoutent les difficultés récurrentes avec le secteur de l’AAJ. Un comble quand on se réfère à la dimension protectionnelle de ce secteur. Les tentatives de mettre ces trois secteurs au travail, dans la collégialité, la mise en commun des moyens, dans une unicité qui compenserait les ruptures vécues dans l’environnement de ces jeunes.
Je ne serais pas complet si je n’évoquais les carences de coopérations avec le secteur de la santé mentale qu’introduisaient jadis les dispositions sur l’évaluation et la ré-évaluation, positionnant ainsi l’ambulatoire comme tiers dans la construction psychique déjà si fragile de ces jeunes.
Je persiste, ces carences de coopérations sur le terrain sont induites par l’incapacité de ces secteurs de penser et d’agir d’une seule voix dans les rencontres avec ces jeunes et leurs familles. Un saucissonnage qui a des conséquences schyzophrènogènes.
Ces secteurs dépendent des gouvernements fédéraux, CFWBxl, RW et des administrations SPFS, Enseignement, AAJ, AViQ. Conclure sur un échec de l’indispensable transversalité dans la gestion de ce public à besoins spécifiques est redondant. Le Jardin Pour Tous faîtier s’est donné cette ambition d’être le caillou dans la chaussure des autorités qui semblent vouloir s’en débarrasser pour taire la douleur plutôt que de se mettre à son écoute.
Aujourd’hui, tout se passe comme si ce public était condamné d’avance. Comme si l’entrée dans ces secteurs spécialisé destinait ce public à devenir bénéficiaire des CPAS ultérieurement. Cette immobilité politique dans cette dimension transversale, cette passivité signerait-elle une croyance « morbide » sur les compétences des services et des agents désignés, subventionnés pour conduire ces jeunes vers une réelle intégration dans la participation à l’action sociale.
Luc Fouarge
PS :
Les urgences de cette crise ne se traitent pas dans la transversalité plus nécessaire que jamais.
En temps qu’acteur de santé mentale, de protection de la jeunesse, du handicap
je prends la mesure de la nécessité de traiter les questions que posent l’accompagnement des jeunes qui prennent appui sur ces secteurs appartenant à au moins trois niveaux de pouvoirs.
La question de fond est celle de la place que la société souhaite donner à ces jeunes à besoins particuliers
qui prennent la porte de l’ES, de l’AAJ et TJ, des IMP 140, des SSM et hôpitaux pédo-psy… et régulièrement
il les franchissent toutes… sont-ils destinés à emprunter plus tard celle des CPAS, HP, Prisons,…
Il ne peut y avoir de réponses efficaces hors de cette transversalité tant attendue…