Catégories
IMP 140 Non classé Protection de l' Enfance

États d’âme dans le secteur psychosocial

L’émoi de l’aidant et de son service. ( Aux petits soins de nos émotions pour prendre soin de l’autre)

Les états d’âme se mêlent à la conversation dans le travail psycho-médico-social. L’émotion prend place qu’on le veuille ou non. La relation d’aide et de soins psycho-sociaux s’exerce le plus souvent dans des services institués, en équipe. L’émotion pourrait bien devenir gênante dès lors qu’elle est s’immisce dans la réunion clinique où les rationalisations règnent et mettent ou permettent la distance entre les participants, entre eux et le client.
La bonne distance se mesurerait par la maîtrise émotionnelle du participant. Si cette maîtrise fait défaut on vous dira que vous êtes trop impliqués. L’émotion serait cécité.

Si on y prend garde, c’est dans cette absence à soi qu’il faut être présent à l’autre. Comme être à l’écoute en fermant les écoutilles face à ce client qui peut être préfèrerait qu’avec lui on sourde ses émotions.

Dire son émotion serait donc une forme de faiblesse, de fusion avec la personne aidée, confusion donc.
Il faut donc taire son émotion. C’est en tout cas ce que semble véhiculer la professionnalisation de la relation d’aide. Il serait donc question d’aider la personne en souffrance « sans peine ».

L’état d’âme ne serait donc pas un signe pertinent d’une lecture clinique. Le travailleur social serait donc un a-émotionnel aux fins de ne pas contaminer la personne, ni être contaminé par elle.
La culture professionnelle ménagerait-elle ainsi le travailleur social, répondrait-il ainsi à une « commande » homéostasique. Cette distance émotionnelle servirait-elle le non changement et la dépendance à l’aidant.

Le « modelling » voudrait que par la palette de l’expression des émotions que l’aidant donne à voir, il « permette » à son client de ressentir , puis peut-être d’exprimer les siennes.

Cette croyance ne s’est elle pas installée dans les équipes en difficultés dans l’exercice de la tiercité qu’elle doit à son équipier. Une saine tiercité circulante dans l’équipe de travail exige de ses membres de se départir de la frilosité émotionnelle qui régit les rapports humains dans les équipes de travail. Elle accède à l’intime, à la fragilité du travailleur psychosocial.

Soutenir, contenir le processus de métabolisation de l’émotion du travailleur social, à l’heure ou se prescrit la bientraitance institutionnelle, ou se décline la prévention des risques psycho-sociaux des métiers du psychosocial repose prioritairement sur cette offre de l’equipe, de l’institution à son collaborateur.

Il nous faut mesurer cette question à l’aune du concept de résonance. Cela s’impose à la profession comme la question du transfert. Cela va de soi, cela se déroule qu’on le veuille ou non. Et c’est bon signe pour autant que l’institution l’accepte et se donne du temps pour en faire la lecture. Cette fonction soignante de l’institution sera déterminante dans le succès du service rendu. Un temps de travail aussi nécessaire que les gestes de désinfection auquel se livre les chirurgiens avant d’entrer en salle d’opération.

Il serait donc question que l’accueil réservé à l’émotion de son employé porte en soi le soin qu’elle destine à son client par phénomène de cascade. Cette rencontre du travailleur social avec son équipe est donc un temps de travail comme le temps passé par le chirurgien dans le sas de désinfection.
Mais il ne suffit pas qu’il y ait réunion pour que ce processus de soin qui engage à se dire et à recevoir, qui engage à donner… il faut qu’il y ait une réelle rencontre menée par une équipe contenante ou les concepts de don et de contre-don ont cours. Un accueil qui nécessite une formation ad hoc pour la personne qui en est en charge.

Une professionnalisation qui se heurte aux logiques gestionnaires qui menacent les institutions. « Plus, avec moins »… avec moins de réunions, avec moins de temps pour permettre à l’émotion d’apparaître dans l’exposé d’un cas.

Le contrôle émotionnel, pente naturelle sur laquelle dérape les professions du psycho-social trouve là un allié pour justifier qu’il faut laisser l’émotion au vestiaire. Et la logique gestionnaire rencontre et soutient la résistance à laisser voir ses émotions. Les compressions budgétaires et celles du temps d’intervention ne laisse pas de place pour la métabolisation des émotions sous le regard tiers et bienveillant de l’équipe.
Il faut craindre que l’institution, ambulatoire ou résidentielle, contrainte à économiser sur le personnel commence par passer la râpe dans le temps de travail que l’équipe passe à la régénération, à la formation de ses membres.

Catégories
Société

Le voile nous mène en bateau

le-voile-nous-mene-en-bateau       PDF

Catégories
Société

Les réseaux en quête de sens

Dans la Belgique fondée sur la subsidiarité de l’état, entendons que l’état ne fait pas ce que l’associatif peut mieux faire que lui, tant dans les soins que dans l’enseignement, les milieux chrétiens ont été majoritaires. Les laïcs ont pris une large place dans ce secteur, les religieux sont retraités.

Jusqu’il y a peu, la tension entre les deux secteurs se mesuraient entre autre, sur la transmission des valeurs, traduites dans ces dernières institutions par des postures de dons et contre dons. Un plus reconnu aux institutions scolaires et hospitalières chrétiennes.

Ce Plus est-il encore perceptible ?

Dans les hôpitaux, la logique gestionnaire prend le pas sur les directions médicales. Dans un couloir d’hospitalisation j’ai saisi des échanges entre infirmières, aides soignantes dénonçant le minutage attribué à telle ou telle intervention de soin. Un des actes ainsi encodé consiste en une intervention en chambre. L’une des plaignantes signalait que le temps entre l’appel du patient et le trajet pour s’y rendre n’était pas compté.

Cette réflexion me fait craindre que le temps que demande le réconfort qu’offre l’aide soignante ou l’infirmière à l’occasion d’un soin ne figure pas dans la liste des actes à encoder avant toute exécution. Cela, en dépit d’une réalité largement défendue, le climat psychologique, l’accueil, la compassion, le soutien et même l’affection font partie intégrante du soin.

Réflexions qui m’incitent à penser que cette logique gestionnaire est le cancer des soins de santé. Et si j’associe cette observation au concept de maladie iatrogène, je crains.

Récemment je participais à un souper organisé par le comité de parents d’une école « libre ». J’ai pris la mesure du clivage, partiel, entre ce comité de parents et le corps enseignant qui jadis ameutait toute sa famille pour remplir la salle. Plus d’un enseignant était absent. En son temps, le comité de parents était très actif dans la mise en actions de la communauté scolaire. Un climat de service qui unissait parents et instituteurs tant dans la réflexion sur les objectifs pédagogiques et éducatifs, que sur la réfection de l’équipement scolaire et les bâtiments.

Un juge me disait combien la déférence du jeune justiciable à l’égard des magistrats s’étiolait comme le respect à l’égard des enseignants… des personnes dont la mission doit s’exercer avec un minimum d’autorité, de respect. Qu’en est-il de la fonction éducative de l’école ? L’instituteur qui se mêle à la partie de foot de la récré serait d’un autre temps, participation au jeu qu’aujourd’hui on tolèrerait au « surveillant » éducateur.

Il se dit même que l’école n’aurait pas à intervenir dans l’éducation renvoyée aux parents. Dans les nouvelles familles l’éducatif est mis à mal. L’école semble démissionner de sa fonction régulatrice des disparités éducatives. Penser l’enseignement ne peut pas « désinclure » l’éducatif. L’école a un rôle à jouer dans la socialisation des jeunes pour soutenir leurs intégrations dans une société solidaire.

Catégories
Société

Indispensable et douloureuses adolescences – Colloque ENSSYCOFA Lille – oct 14

L’autonomie est la capacité de gérer ses dépendances.                                                                 Les dépendances alcooliques restent très mal connotées.

Même dans les milieux de l’éducation spécialisée et du soin des « ressentis » chargés de colères ferment les dernières ouvertures vers une relation d’aide.

 

Les ados envahis par le doute sur leur image, en questionnement identitaire, peu sur d’eux sont des proies faciles pour les « vérités » qui closent le débat intérieur par les « prêts à penser » et les consommations magiques.

L’attrait de ces « prêts à penser » est mis en évidence de façon hurlante pour ces trop nombreux jeunes qui répondent à l’appel des sirènes djihadistes.

 

Ils se heurtent souvent à des discours catégoriques d’adultes paniqués usant de d’affirmations sentencieuses. Celles-ci tentent de camoufler le doute des adultes de références auxquels ils ne peuvent plus se cogner pour se construire.

 

La rapidité avec laquelle les adultes évoquent la dépendance aux nouveaux médias et réseaux sociaux traduit la méconnaissance des adultes repères face à ces nouveaux modes relationnels et/ou ces refuges. Les « éducateurs » sont dépassés par les jeunes dans cette modernité qu’ils ne savent pas encadrer.

 

L’ado sensible, anxieux à son insu, en quête de cadre ne reçoit donc pas les réponses qui lui permettraient de prendre la distance critique nécessaire quand il se hasarde et se perd dans des recherches de sens et de confort dans les consommations de produits et de médias.

 

L’adolescent est confronté à des adultes inquiets, anxieux. Les nouvelles réalités socioéconomiques, les peurs de l’avenir, l’insécurité, la déglingue politique et la déqualification de l’école qui fait un repli sur la fonction instruction larguant la fonction éducative …. tant que l’adolescent pourrait bien s’investir dans une quête de moyens de réassurer sa famille ou de la questionner. Dans les deux cas il est invité à une inversion des générations.

 

Avec ENSSYCOFA je souhaite que cette journée participe à proposer aux adultes des pistes pour penser avec les adolescents nos légitimes inquiétudes et de jeter un regard systémique sur les signes que nous adressent ces adolescents.

 

 

Catégories
IMP 140

Si tu es prêt à l’accueillir, le bonheur te court après

Au téléphone. Il a 51 ans, 2 enfants. Il a séjourné au coga. Que je me souvienne de lui, le touche. Le passage au coga lui a permis de rompre avec l’instabilité qui l’empêchait de réussir à l’école. Tout en restant en IMP de la catégorie 140, il a pu reprendre un cycle de scolarité ordinaire. Il est employé aujourd’hui dans une société de services aux hôpitaux. Le temps écoulé lui permet de prendre la mesure de l’impact de son séjour chez nous. Il nous remercie. Il dit la nostalgie qu’il retrouve depuis peu sur cette époque qui l’a sorti d’un circuit infernal. Les grands parents qui lui « servaient » de parents à cette époque sont décédés. Il repense aux personnes auxquelles il s’est cogné pour se construire. Comment avez-vous fait pour croire en moi est une des questions qui l’occupe quand il songe à cette époque turbulente, insécurisante de sa vie. L’autre question parle de ses ressentis douloureux quand il prépare la Noel pour ses enfants. Il n’ y a plus personne pour lui dans la génération qui le précède. Il nous reconnait dans cette place qu’il nous donne comme substitut paternel. Ce regard courageux qu’il jette en arrière, sur les réalités douloureuses qu’il a traversées l’aideront à se sentir moins seul face à ces enfants au prochain Noel. Cet appel TF, les sms que je reçois au nouvel an à minuit, nourrissent les ressources dans lesquelles je construis l’empathie. Elle est possible seulement si l' »accordage » entre eux et nous éducateurs existe. Ils nous aident à la construire, si nous acceptons qu’ils ont à faire la plus grande partie du chemin. Et, si quand elle s’amorce, nous pouvons les remercier.

Catégories
IMP 140 Non classé Protection de l' Enfance

Collaboration IMP 140 – Hospitalisation psychiatrique Adolescents

Une co-construction autour d’un adolescent difficile. Approche inter-institutionnelle.

Power Point  p-4-x-eme-sept-2014-2

Catégories
Formations

« Vivre et communiquer avec des adolescents difficiles »

PDF    Adolescents difficiles ENSSYCOFA

Formation organisée avec ENSSYCOFA Lille. www.enssycofa.fr

Catégories
Formations

« Vivre et communiquer avec des adolescents difficiles » avec ENSSYCOFA – Lille

Numérisé depuis un périphérique multifonctions Xerox001

www.enssycofa.fr

Catégories
Société

« Ca va bien l’école ?  » Interview de Vincent CESPEDES, Philosophe.

http://www.ventscontraires.net/article.cfm/13669_vincent_cespedes___a_l_ecole_ca_ne_va_pas_du_tout_.html

Catégories
IMP 140

« tu es le bienvenu avec toutes tes émotions. »

Chez le nourrisson en détresse qui semble prisonnier d’émotions répétitives, ressenties comme destructrices,  toutes hypothèses organiques étant écartées, le maintient physique maternel aimant semble être apaisant. Un maintient qui contient, au cours duquel la maman ne se laisse pas avoir mal et ne se laisse pas aller à faire mal.

 

Chez l’enfant plus grand, cette image chaleureuse d’enveloppement pourrait bien se transformer dans un combat dont le ressort serait que l’un des deux perde, abandonne, s’enfuie, détruise.

Les soignants sont tentés de penser que cet enfant, à ce moment, est en proie à des rages destructrices dont on pourrait penser qu’elles sont de natures suicidaire et/ou homicidaire.

Les thérapies du maintient, de la contention contractuelle, de l’enveloppement, du « bonding » ne peuvent être apaisantes que si le lien est augmenté. Dans ces interventions toutes les sécurités doivent être prises pour que le lien ne cède pas. Il s’exprime par la voix, le langage, le toucher. Ce qui veut dire que personne, ni le soigné ni le soignant, ne peut en sortir que dans un sentiment où l’attachement est grandi.

« Contenir » c’est offrir le lien, l’attachement qui autorise l’expression de l’émotion de quelques natures qu’elle soit, et qui garantit qu’au bout du chemin, le soignant est là :  aimant et protecteur de lui et de l’autre.

 

Ce temps se prémunit des risques de toutes violences. La pression exercée doit être protection, sécurité physique et psychologique. Un temps qui ne permet pas à l’enfant de « voler » des confirmations que le monde lui serait hostile. Un temps où la traversée du désespoir, de la rage est soutenu par plusieurs personnes que rien d’autre que cet instant ne peut distraire de cette mission de protection. Un temps où aucun parmi  les personnes engagées dans cet instant contenant ne s’éclipse ou disparaît si faible soit sa participation active à l’intervention.

Ce temps qui encourage la traversée émotionnelle traduite dans l’action, le mouvement nécessite que personne n’abandonne et qu’à son terme, cette action soit accueillie par le lien, l’affection, l’amour.

Il est question de manifester présence et attention, là où l’émotion ne peut encore se dire. Sans aucune équivoque, il s’agit de répondre de son engagement lorsque l’on déclare : tu es le bienvenu avec toutes tes émotions.

Et surtout celles qui t’effrayent le plus et alimentent tes angoisses indicibles.

Ces interventions  deviendront thérapeutiques si la parole qui accompagne le geste prend le pas sur l’agir.

 

Chez l’adolescent, le nombre de personnes actives dans ce processus doit augmenter se rappelant qu’aucune d’elle ne peut disparaître. Ce qui entretiendrait la peur que la puissance de l’émotion de la personne au travail est encore destructrice.

Au lieu de cela, ces accompagnants sont là, aimants et reconnaissants de la confiance qui leur est faite.

Cela réduit donc le nombre de services d’éducation et de soins susceptibles de garantir que le geste se situe dans le soin. Un soin élaboré où chacun sait la place qu’il occupe, les mots qui conviennent aux maux que les soignants contiennent, c’est à dire qu’ils accueillent dans la protection et la sécurité infaillible et aimante.

 

Cela fait tant de conditions que je crains que l’usage du packing si l’on ne veut pas qu’il alimente les torpeurs, s’il s’agit bien de cela, pourrait bien être impossible à pratiquer. Elaborer sur le packing comme réponse aux autismes fut une erreur. S’il entre dans les moyens d’accueil de la personne, c’est parce qu’il permet d’apporter du soin à des enfants, des personnes en proie à des explosions émotionnelles qui alimentent, aujourd’hui, des angoisses archaïques.

 

Le nouveau-né de Georges de la TourMere enfant