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COVID on cherche le pilote

Autant l’arrivée de Mme Wilmes, avec des pouvoirs spéciaux, en début de crise covid, a été rassurante pour le public, les politiques semblaient parler d’une seule voix, autant les tergiversations qui suivirent, les tensions entre les politiques, les différents niveaux de pouvoirs, les instances scientifiques, la communication girouette ont déstabilisé le public.

Cette deuxième vague a pris le pouvoir sur les décideurs et les conseillers. Par manque d’anticipation la panique s’installe, le public se sent mal, les médecins sont aux abois.                 Le barrage a cédé, sauve qui peut !

Les chambres, Régions et Fédérale assistent à cette tragédie du balcon. Les partis et nos élus ne nous rassurent pas. L’école a fait sa rentrée dans une grande instabilité, elle-même malmenée par cette déstabilisation ambiante, incapable de rassurer les enfants et les parents. 

Un niveau d’angoisse s’immisce dans le quotidien des familles, des citoyens. 

Sont apparus différents acteurs de décisions, représentants du peuple, politiques, partis, scientifiques qui externalisent la responsabilité, …  « Ce n’est pas moi, c’est l’autre » comme il est normal que cela se pratique à l’adolescence. 

Avant la pandémie nous pouvions nous réjouir que ces adolescents désertent l’école et occupent la rue pour crier le manque de courage des adultes en charge de la responsabilité face aux problèmes environnementaux. C’est encore du balcon qu’ils ont été regardés presque de façon amusée. 

Mais le pilotage de la société par des ados n’est pas la solution.

Nous les acteurs de santé mentale ne somment pas encore agités comme le sont les infirmières en hôpital, mais nous avons à craindre des réponses sous forme de passages à l’acte comme les décrivent les manuels de pathologie mentale des ados. 

Anticipons, sinon, nous aussi nous serons débordés.  Nous pouvons même craindre que leurs parents les précèdent dans l’expression de ces symptômes. 

Nous pourrions éviter le pire en instaurant rapidement des lieux, des temps de démocratie participative, des temps de paroles, de mobilisations, pilotés dans un climat de travail de groupe, travail communautaire. Nous devons en attendre un effet cathartique et de mobilisation des consciences et des comportements. Les risques les plus grands viendront d’un manque d’échanges ou d’échanges sur les réseaux sociaux ou marchent en tête des esprits peu rassurants.

Luc Fouarge

Président du CRéSaM

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L’islamisme n’est pas une religion

L’islamisme n’est pas une religionBien sur comme dans toutes les religions et mouvements spirituels laïcs il y a des dogmatiques qui filent du mauvais coton. En cela, ils ternissent les mouvements desquelles ils se revendiquent. Ici je questionne l’idées que des mouvements terroristes en recherche de pouvoirs, de marchés se déguisent en adeptes de l’Islam, une usurpation d’autorité en quelques sortes.

Sur les réseaux je lis des attentes, odieuses, que les musulmans s’en « excusent ». Adhérents ou non à une religion, quelle qu’elle soit, c’est à nous de répondre en temps que citoyen.

Si nous restons coincés sur la question religieuse, nous ne regarderons pas les tentatives de prises de pouvoir qui se faufilent dans notre dos. La mise à mort cruelle de cet enseignant révèlent que cela fait un bon moment que l’on ose plus critiquer les religions dans l’ école, que l’exercice d’une pensée libre s’y asphyxie.

J’essaye une réponse :

Les musulmans ne peuvent que nous dire que l’islamisme n’a à voir avec l’islam que le costume. Comme l’inquisition de l’ église catholique, et ses terribles assassinats, n’avait rien à voir avec le christianisme. Que le terrorisme n’a rien à voir avec la république, la nation, que la loi et la démocratie nécessitent notre vigilance, celle des journalistes.Que nous plaçons à la tête des gouvernements qui nous protègent, les politiques que nous élisons….

Ces terroristes islamistes ont-ils quelque chose à voir avec les musulmans ? Sans doute assez peu.

Ne fixons pas notre regard dans cette direction, car de l’autre côté, dans notre dos, ceux qui envisagent de tirer profit du terrorisme fourbissent leurs armes, nous risquons de ne pas les voir. Ceux-la recrutent des jouisseurs de violences, des casseurs, des assoiffés de sang encostumés dans des discours « arrangés » et exploitent la perversion à des fins de pouvoir.

Agissons pour avoir dans nos pays des religions dirigées de chez nous, en accord avec nos lois et pas dirigées de contrées lointaines sur lesquelles nos autorités n’ont pas de contrôle. Si nous en avons besoin, que les chapelles laiques, églises, mosquées, synagogues soient sous contrôle démocratique.

Analysons les parcours de ces recrues diaboliques et anticipons. Et, privons les partis extrémistes de l’exploitation de nos trouilles. Et que nos profs n’exercent pas en saignant.

La pensée est en panne. L’émotion se traduit en acte sans en passer par la pensée qui conduirait à une action. Une évacuation de l’émotion. L’intention traduit la différence entre l’acte et l’action. C’est là, que l’école doit opérer anticipativement. Accueillir l’émotion, l’écouter la partager, la contenir donc. C’est ce qu’il y a bien longtemps la méthode Prodas met en exercice dès la grande maternelle. Il convient de restaurer son apprentissage et sa pratique à l’école.

N’est-il pas naïf de s’arrêter à l’étiquette islamiste, (il l’est probablement mais pas que), quand on évoque l’assassin de Samuel Paty . Le « costume » dont on l’affuble, n’est-il pas l’encre de la sèche ? Quel groupe utilise la « folie », la soif de jouissance perverse de telles personnes ? Est ce que cette tentative de prise de pouvoir, d’instances que je n’identifie pas, n’adopte pas les attributs de l’islam comme un camouflage ? Jouer sur la frontière Islam/islamisme sert quelles monstrueuses ambitions de pouvoir ? Ces questions sont assez naïves, j’en conviens, mais je crains que nos sociétés ne s’arment pas contre le danger originel, qu’on se laisse distraire par les formes qu’un ennemi utilise pour avancer masqué en islamiste. La puissance de l’argent…par ex.

Est ce que des puissances, peu religieuses, n’empruntent pas le « costume » de l’islamisme pour s’en prendre à notre démocratie et dans l’avenir gagner des parts de marchés sur nos territoires, en y prenant le pouvoir ? Est ce qu’en restant enfermés dans la lecture d’une déviance, déformation d’une religion, nous ne détournons pas notre attention d’un danger plus grand ? Dans toutes les églises, chapelles, mosquées…nous devons veiller à l’application de nos lois.

Je fais l’hypothèse que ce genre  d’islamiste est à l’Islam ce que les Black Bloc sont au gillets jaunes. Forcément, les GJ rentrent chez eux dépités et freinés quand les BB, derrière eux, ont bouté le feu à la ville. Ils finiraient par ne plus crier leurs misères comme les profs pourraient mettre en veilleuse la critique des djiadistes. Mais oui, je pense aussi, comme le déclare le recteur de la Grande Mosquée, qu’une autre partie des islamistes est une maladie de l’Islam. Ce que je tente de débusquer, c’est quels intérêts de pouvoirs, quels groupes recrutent ces jeunes et arment ces pulsions de mort. Et chez nous quels intérêts se frottent les mains de l’impact de ces atrocités. 

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IMP 140 Société

Il faut prendre soin des soignants

Depuis la pandémie cette évidence est répétée fréquemment.

Dans les services d’accueil résidentiel, plus qu’ailleurs, ce qui apparait comme une vérité basique, reste bien souvent en rade. 

Si le service est accolé à une grosse structure cette carence s’amplifie.

Plus la structure est grosse, hôpitaux, séniories, résidentiels pour personnes, jeunes ou adultes, handicapées, plus les outils de mesure de la rentabilité, les procédures de gestion prennent de la place, plus les écarts entre décideurs et acteurs de soins souffrent de distanciations…plus le « care » est en souffrance. 

Il me semble que le care s’alimente, comme par phénomènes de cascade, des retombées du soin que le gestionnaire, le dirigeant, le directeur donnera (prendra) à ses équipiers. 

Le « machinement » conduit à un renoncement de soi et de l’altérité, ça va de pair, qui affecte d’abord le « prendre soin », le care,  dans  le soin. La mise au service de la machine, logiciel de contrôle, d’évaluation quantitative des soins, ne comptabilise pas l’indispensable entourage du soin par cette humanité dans le geste qui le rend digeste. 

J’observe que la machine n’est pas un sujet de soin dans les équipes qui se mettent à penser la clinique, happées, sidérées par le symptôme, ses variations d’amplitudes. Je fais ici l’hypothèse, que les personnes accompagnées en prennent inconsciemment la mesure, qu’elles jaugent l’insécurité, l’insatisfaction du soignant et réagissent, comme peut-être ils le firent jadis, en distrayant le soignant de cette  préoccupation devenue charge mentale faute d’être lui-même objet de la bonne attention de son institution, sujet d’un « prendre soin » qui rejaillira…ou pas.

Alors oui, amplifions cette découverte qui situe le soignant comme premier sujet de soin de l’institution. 

Luc Fouarge

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IMP 140 Société

Journée mondiale de la santé mentale 2020

Mes vœux pour la wallonie

Des lieux « contenants » et soignants répondent comme ils le peuvent aux problèmes de santé mentale des jeunes. Ils sont divers et répondent aux exigences qualitatives et quantitatives d’instances tout aussi diverses des autorités fédérales, communautaires, régionales, provinciales et communales si on accepte de prendre en considération l’école comme lieu de développement, mais aussi de dépistages, de la bonne santé.

Les « résistances » aux soins trouvent dans la difficulté de ces niveaux de penser ensemble les politiques de santé, l’inefficacité de l’aide souhaitée quand familles et jeunes tentent d’ « éviter » leurs mal êtres. 

Des acteurs de ces champs d’interventions se sont volontairement et librement mis à table pour penser ces questions dans la transversalité, l’interdisciplinarité nécessaire tant pour les comprendre que pour agir de façon concertée….ce qu’exigent les troubles que nous évoquons mondialement aujourd’hui. 

Des acteurs d’éducation, de protection et de soin, de façon informelle et librement se réunissent dans les « Jardins pour tous ». Il en existe un par territoire, une structure faitière rassemble la créativité produite, les énergies afin de les redistribuer dans les provinces et de les porter aux autorités administratives et politiques. Ces lieux sont identifiés par leurs participants comme des temps de ressourcements pour leur propre santé mentale. L’abc d’un concept de soin quand il est question de relation d’aide. 

Ces mêmes autorités prises dans des rivalités « politiques » ont sabordé cette démarche. Sans doute parce que le « processus jardin pour tous », aux allures intervisionnelles, a-t-elle eu tort d’interroger un ministre sur une révision de règles en cours dans un de ces champs « pluriels » de la manifestation des troubles de la santé mentale.

Je m’exprime en mes qualités de clinicien et de président du CRéSaM, Centre de référence en santé mentale pour la Wallonie. A l’écoute de l’ AG de cette asbl, de ses chercheurs, des acteurs qui nous sensibilisent sur les politiques et pratiques en santé mentale des enfants et des adultes je formule le vœu que  les autorités administratives et politiques soutiennent toutes actions, réflexions qui s’élaborent dans ces lieux de croisements des champs de santé, de l’amont et de l’aval, de l’école aux hôpitaux en passant par toutes les structures intermédiaires et l’indispensable apport des experts du vécu.

Luc Fouarge

Président de l’ asbl CRéSaM, 

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Empowerment et Protection de l’ Enfance

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IMP 140 Société

Le COVID en appelle à l’éthique… entre école et IMP 140

Il tousse ce matin. Son éducateur d’hébergement, après comptabilité des symptômes déclarés, le pousse dehors dans le groupe d’enfants scolarisés. La mine sombre et toussant dans le coude comme il l’a bien appris, il entre dans l’école. Repéré, sans explication, il est renvoyé à l ’« hébergement ». Le directeur l’a entendu renifler

Cet enfant fait l’objet d’une mesure de placement dans un IMP140, SRJ de l’AViQ et est renvoyé de l’école spécialisée qui accueille la majorité des enfants de ce service.

Il est baladé dans un déni complet de ce qu’il peut ressentir, si par bonheur, parce qu’il ne va pas trop mal, il ressent encore. Pour d’autres, plus précocement meurtris, dans une méconnaissance de l’impact de ce rejet qui confirme, si besoin en est, une identité d’objet relégué. Dans l’épisode si dessus la qualité de lien affirmé à cet enfant ne fait que confirmer cette déliaison contre laquelle il construisit très tôt des remparts de protections que l’on qualifiera à minima de troubles de l’attachement.

Les deux services concernés sont sous tutelle d’autorités de subventions différentes, de cultures et de qualité d’engagements. Un modus vivendi est établi depuis longtemps entre eux, une hostilité parfois, gère des contentieux, sans doute hypothétiques, de risques que l’un des partenaires prenne l’ascendant sur l’autre. Chacun se repliant sur une de ces compétences, l’instruction pour l’un, le soin pour l’autre. Dans ce cas, l’élève perd la qualité de sujet et se moule dans une identité d’objet. Il se spécialisera, aux frais des autorités, dans l’expression de cette identité que tôt, il l’avait expérimentée pour se protéger des absences douloureuses, des manques qu’il dut apprendre à maitriser, contrôler, combattre, méconnaitre…

Cette posture historique des services et des autorités bien en peine de penser les besoins spécifiques de ces enfants dans la transversalité, dans une co-construction entre le niveau Communautaire et le niveau Régional, le projet, le soin de l’enfant se pense rarement dans le lien entre services.

Il s’est installé dans cet entre-deux une symétrie entre le dysfonctionnement des institutions et les mécanismes de défenses, la pathologie de ces enfants qui manifestent des troubles du lien. Il ne sera jamais possible de soulager des enfants et des familles des souffrances de ces troubles de l’attachement « soutenus » par les difficultés d’élaborer des plans de soins soutenus par chacun des partenaires.

C’est cette absence d’éthique qui permet que l’enfant, puissamment, conforte ses remparts, alimentant et s’alimentant des carences de ces institutions. La pandémie, par les directives multiples et variées qu’elle produit, fait caisse de résonnances des carences, de ces aveuglements de nos institutions, écoles et services. 

Avec vous je reconnaitrai que cette photo ne montre à voir qu’une fraction de la réalité. Elle n’est de toute façon pas supportable. Elle nous oblige à prendre la mesure du degré d’éthique dans les rapports entre nos services et le politique, et dans le cas présent, dans les instances entre elles. Elles doivent prendre en compte ces carences qui, « victimisant » davantage ces enfants, les spécialisent dans leurs difficultés.

Luc Fouarge

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Le covid nourrit le « machinement » des institutions

« Le machinement est un néologisme qui vient signifier la façon dont un ensemble d’éléments constitutifs de l’environnement d’une personne ou d’une institution viennent déposséder celles-ci du sens à être ; il désigne une fabrique des orientations dont le mode d’emploi est pensé par d’autres que les acteurs concernés. Cette forme de modelage de la présence de l’être au monde conduit au renoncement de soi et à une capitulation face au devenir du sujet » Ph. Gaberan 

Renoncement et capitulation sont constitutifs de « méconnaissance », processus actif et non-conscient de non-connaissance. Symétriquement, complémentairement « clients » et soignants, intervenants, infirmiers, éducateurs… la relation de soin s’installe alors, insidieusement dans une tache aveugle commune. On évoquera les résistances chez l’un, les projections chez l’autre, on tournera dans le rond-point sans possibilité d’en sortir comme dans le sketch de Raymond Devos. 

Les recommandations consécutives à la pandémie appuient de toutes leurs forces sur cette mise en machine, ce machinement dans les institutions. La diminution des temps de travail commun, de réunion en présentiel diminue et/ou fait disparaître le processus « intervisonnel » qui n’exerce plus, ou moins, la vigilance sur la machine qui réduit le potentiel de pensée. On finirait par glisser vers le passage à l’acte.

Dans les services résidentiels, hospitaliers… cet épisode pourrait être dévastateur, la nécessité de communiquer sur la pente où nous entraine le machinement, s’affaiblissant. Les logiciels de type Osiris … , gestion des fiches patients, pourraient bien mordre du terrain sur l’émotion et la pensée dans le soin et ainsi disqualifier la fonction essentielle, nécessaire du lien ou se façonne le prendre soin. 

Oui il y a des managements qui étêtent les compétences des collaborateurs alignés sagement sur des référentiels numérisables. Cela ne diminue pas que la réflexion, cela prend en partie le contrôle des émotions de l’intervenant. Et voilà que l’émotion dans le travail social perd sa valeur d’indicateur, voilà qu’elle n’est plus de mise dans le « diagnostic » d’une situation vécue, voilà encore que les instruments du lien s’éteignent, les « résonances » ne sont pas de mises. Et, …qui facilite le contrôle par des concepts d’évaluations, du mesurable, du quantifiable… et nous entrons dans la quantophrénie, cancer des approches soignantes, d’accompagnement dans les approches psycho-sociales… et demain, comme cela existe déjà, l’éducateur, l’infirmier, le soignant devront encoder les actes commis en cours de journées….qui seront analysés, mis en fromages, et qui définiront les bonnes pratiques avec une « justesse » froide qui déniera les individualités chez le soignant, l’accompagnateur. Entrer dans ce métier nécessite que nous entrions en résistance.

Luc Fouarge

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COVID et santé mentale

« … Il se manifeste aujourd’hui par une mise sous silence de la mort, une façon de la cacher, de ne pas y penser, avec pour conséquence une immense angoisse collective face à notre condition d’être humain vulnérable et mortel. »  Marie de Hennezel, « le Monde » du 04 mai 2020. 

J’ajoute que nous vivons dans un climat ambiant suicidaire. https://lucfouarge.com/2020/04/26/pour-en-sortir-parlons-de-cette-suicidarite-mondiale

Sur ces fonds à peine discrets que nous vivons au quotidien. Les infos quotidiennes enfoncent ces clous chaque demi-heure dans les « infos en continu » qui font échos des infos gouvernementales. Les désaccords, bienvenus par ailleurs, entre experts, entre ceux-ci et les autorités, les nuances dans les applications entre niveaux de pouvoirs cultivent le doute. Le citoyen trouvera dans ce fatras de contradictions toutes les occasions d’alimenter ce climat de peurs qui nait dans un productivisme sans égard pour notre environnement. Cela entraine une conscience de notre participation, via le consumérisme,  à une dangereuse évolution du climat. Dans cette lutte, le politique est dépassé. La puissance publique n’assure plus la protection de la population qui participe à sa propre destruction.

Les malaises, les inconforts et les déstabilisations de la santé mentale trouvent là un terreau fertile. Les pharmaciens, les psy, les HP devront faire face à des flambées de plaintes somatiques et mentales. 

Les professionnels de la santé mentale ne se retrouvent pas dans la rue comme l’ont fait le personnel soignant des hôpitaux, ils n’invitent pas la Première pour lui présenter leurs dos et signifier ainsi aux politiques l’urgente nécessité de faire face au climat ambiant délétère. 

Les réponses devront être interdisciplinaires et interinstitutionnelles, la transversalité devra être la règle pour qu’ensemble, spécialistes, population, politiques, ONG et secteurs associatifs et public développent dans la  société une capacité de « contenir », càd accueillir dans la bienveillance les angoisses dites et surtout « non-dites ».

Le traitement de la pandémie par le politique s’est construit dans une « opposition entre eux et nous » Olivia Venet, présidente de la Ligue des droits humains.

Les acteurs de santé mentale, dans une perspective systémique, peuvent contribuer à lire ces évènements sociétaux et sensibiliser les acteurs politiques de l’urgence d’opérer le pas de côté dans la façon d’exercer la gouvernance. 

Les tergiversations des partis depuis quelques législatures jettent le doute sur la capacité des politiques d’assurer la protection de la population et dans la capacité de réguler le marché qui laisse sur le banc une bonne partie de la population. Nous le savons, la précarité est accélératrice des processus de déliaisons et de perturbations psychologiques. 

L’exercice démocratique n’est certes pas l’apanage des seuls politiques. Mais nous devons collectivement penser le passage du PNB au BNB. 

Le soin s’appuie sur un triangle de trois forces, l’éthique, la clinique et le politique. Les secteurs de la santé mentale se doivent de renforcer ce troisième axe. J’ai la conviction qu’une affirmation plus forte de l’axe politique augmenterait la capacité contenante des soignants. Les personnes en besoins d’aide y verraient un rapprochement des soignants vers elles. Le chemin à parcourir semblerait ainsi un peu plus court. Et les soignants n’ignorent pas que la construction du lien dans la relation de soin est parfois ardue, mais nécessaire. 

Sauf à occuper cette fonction dans une posture de gourou. 

Luc Fouarge

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Protection de l' Enfance

La nuit, le jour, l’inceste Mathilde Brasilier L’Harmatan

Comme un écrit fait pour soi, comme des confidences que l’on se fait à soi-même, intimiste, comme s’il avait été écrit secrètement pour ne jamais être lu, comme des phrases abandonnées sur un divan… on y avance lentement, pas à pas, pour en chemin respirer toutes les senteurs, pour en ressentir les vibrations, sans ce sentiment de regarder par le trou de la serrure….mais d’écouter, sûr que ça fait du bien à celui qui raconte.

Maud, la narratrice, au long de la première moitié de ce récit autobiographique romancé, ne décrit pas l’inceste, mais à la façon des pointillistes, elle nous fait découvrir comment ces viols par le P____ sur Fabien, son petit frère et elle, confisque l’enfance. Lignes par lignes nous entrons dans une démarche empathique sur le suicide comme issue d’une vie volée.
Ils ne doivent leurs survies qu’à l’amour que se vouent les deux enfants, dès cinq et quatre ans.
L’inceste est le pire acte d’humiliation. Il incruste cette idée que l’enfant serait mieux aimé s’il était mort, il installe le téléchargement constant d’un processus de suicidarité auquel Maud échappera. Il lui faudra longtemps pour vivre sans sourdine et sans bâillon.
« J’ai l’idée que l’on me met la main dessus, comme une main mise insupportable »
« L’inceste, c’est peut-être la perte de tous les droits alors qu’on les avait tous. C’est le ressentiment à la place de l’amour »

Ce témoignage est précieux pour les professionnels de l’enfance qui souhaitent accompagner ces enfants victimes d’agressions, de viols, de climat incestuel au sein de la famille. Comment se déroule cette prise de pouvoir sur la pensée de l’enfant, le réduit au silence et à vivre une vie faussement vivante ?
Comment ce drame qui ici ne concerne que les deux derniers des cinq enfants, réclame-t-il le silence de la famille, ici en particulier de la mère ?
Cette lecture aidera à regarder l’invisible, à écouter l’indicible, à regarder là où il semble que rien ne se dit, à écouter ce qui ne se voit pas ?
Hormis la mère, peu maman, qui aurait pu dévoiler un tel drame ? Un médecin « pique » régulièrement Maud au Valium, anesthésiant ainsi toutes émergences de plaintes ? Le symptôme de l’insomnie est endormi.
Comment le petit frère devient tuteur de résilience de Maud dans une famille où les places sont vacantes, inter changées ?
Un récit écrit, sur une trame poétique, sur un fond philosophique qui alimentera puissamment les séminaires de formation des professionnels de la relation d’aide. A offrir avec « Bord de mer » de V. Olmi aux futurs travailleurs sociaux, psychothérapeutes, psychiatres mais aussi à toute la première ligne d’accompagnement de l’enfance, enseignants, médecins.
Luc Fouarge 

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Société

Politique… et nous ?

Plus besoin de proclamer les raisons de créer ce nouveau monde.  Nous attendons qu’il soit respirable et qu’il réponde à des espoirs de justice, de solidarités, de paix, d’amour. 

Nous sommes déjà dans le train infernal. Seules des décisions politiques qui reprendraient le pouvoir abandonné aux financiers, à l’économie, pourraient ralentir sa course.

Nos politiques battent des records d’irresponsabilités dans la cour de récré. 

Il n’y a que nous, vous et moi, qui puissions sonner la cloche. 

De la sphère État, de celle de l’entreprise et de la sphère autonome (nous et le secteur associatif) seule cette dernière est en mesure de faire craindre aux partis de perdre leur électorat. 

Nos silences, nos résignations sont pour eux l’autorisation de poursuivre leurs jeux entre eux. 

La même peur, qui à l’entrée dans l’épidémie les ont mobilisés pour un engagement de quelques mois. 

Le royaume, la république… c’est nous, vous et moi. Ce n’est pas ce corpus de valeurs entretenus par les partis et les élus qui l’entretiennent pour justifier la place qu’ils occupent sur une scène où ils ont abandonné le pouvoir à l’économie néo-capitaliste, aux lobbys…

Ce qui se passe aujourd’hui dans nos nations EU n’est possible que parce que nous avons démissionné de nos devoirs à l’égard de la démocratie. Attendre le changement de société par l’action des partis est illusoire.

Repérons dans les associations, les asbl, les ONG… celles avec lesquelles nous sommes capables d’intimider, les partis, les syndicats…

Nous savons que le temps presse, les modèles dictatoriaux reviennent en force.