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IMP 140

Jeunesse et transversalités à l’heure du COVID

Ecoles d’enseignement spécialisé et IMP140 vivent régulièrement sur un même site et encadrent pour une grande majorité les mêmes jeunes. D’autres sont à distance de plusieurs écoles avec lesquelles ils établissent des collaborations. Historiquement bon nombre de ces services furent créés simultanément, par la même asbl et sous la même direction. A cette époque un seul gouvernement gérait le secteur de l’Education Nationale et celui de la Santé publique et de la Famille tutelle du Fds 81, aïeul de l’AViQ et de PHARE. 

Avec les années les PO et directions se sont autonomisés et les tutelles se sont trouvées dans différents niveaux de gouvernement. Ce bref rappel historique pour mettre en lumière mon étonnement et mon regret de voir qu’au cours de l’actuelle crise les questions de luttes contre l’épidémie, de confinement-déconfinement se traitent sectoriellement, avec peu de transversalité.

Cette absence se retrouve dans les circulaires adressées aux secteurs. Il convient d’élargir cette réflexion aux jeunes accueillis en SRG, sous tutelle de l’AAJ. Les solutions apportées aux questions de retours après confinement en famille et nouvelles admissions sont traitées par secteur. Actuellement 70 jeunes sont accueillis provisoirement, avec l’aide de l’ONE dans des services créés pour la circonstance. Des sas, qui prennent en compte le besoin d’observation avant l’intégration dans un groupe de vie. 

On le sent, dans ces approches, des questions éthiques et peut être idéologiques trouvent des réponses différentes. Il nous manque une étape de travail. Elle doit être transversale, éthique et ensuite politique. il y a urgence à inverser le processus… idéalement. Tentons d’y répondre aujourd’hui et gageons que cela puisse servir pour le futur.

S’il y a bien un concept qui rassemble à propos des troubles du comportement, de l’attachement… c’est la nécessité de leurs offrir de la contenance. Je la définis comme une capacité d’accueillir la personne avec toutes émotions, surtout si elles sont suicidaires ou homicidaires. La recevoir pour soutenir l’émergence de la pensée là où il y a de l’acte. La contenance se construit en équipe dans l’interdisciplinarité. 

Mais dans l’amont elle se construit dans la transversalité des pouvoirs de subventions, administrations et politiques. Il appartient à ces derniers à penser avec les acteurs les besoins d’une population. Les IMP140, si par le passé ont parfois fauté en tentant l’ambition d’être totale, doivent penser les besoins de leurs publics dans la coopération avec d’autres acteurs…scolaires, culturels, AMO, SSM…

Il convient pour cela, que la transversalité souhaitée débute dans les cabinets et les administrations. C’est en tous cas l’ambition des Jardins Pour Tous, des nouvelles politiques en matière de santé mentale. Leurs efficacités seront augmentées par un travail interministériel, intergouvernemental. 

Luc F

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Société

Pour en sortir… parlons de cette suicidarité mondiale !

L’intervention systémique nous apprend qu’il convient de contextualiser le symptôme. Comme l’émergence du COVID, sa transmission pandémique est à lire sur fond de la surexploitation de l’environnement, il convient de lire les  troubles de la santé mentale sur fond d’une suicidarité collective. Le néolibéralisme, suicidarité économique,  exploite la crainte, l’angoisse pour augmenter productions et profits. Dans ce contexte les plates formes destinées aux drames familiaux explosent. On sait que le seul traitement du symptôme entretient le malaise d’un groupe, voire même l’amplifie à terme. Les acteurs de santé mentale, les accompagnateurs de mal-être psycho-sociaux sont des observateurs privilégiés des dysfonctionnements de notre monde. Nous devons penser et agir dans la tridimensionnalité soin-éthique-politique. Sans cela, non seulement nous ratons la cible mais nous contribuons à l’expansion de cette suicidarité d’arrière fond sur laquelle murissent les symptômes. 

Vincent Cespedes décrit la « dévolution »  comme une marche des idées, une culture émergeant du peuple. Il rejoint en cela le concept de l’écologie politique qui consiste a ajouter un troisième terme à la dialectique gauche-droite, Etat-Entreprise où se déroule les combats politiques et qui participe à cette suicidarité. La sphère autonome, aux sens large, l’associatif doit y faire une entrée fracassante pour éclairer, élargir, « systémiser » ce regard sur l’organisation sociétale et mondiale parce que cette sagesse sait qu’un papillon qui bat des ailes ici peut déclencher une avalanche là-bas. 

Bill Gates  « Nous ne sommes pas prêts pour la prochaine épidémie. Le plus grand risque de catastrophe à l’échelle de la planète ressemble [à un virus]. [Le plus grand risque] ce ne sont pas les missiles, mais les microbes« , avait-t-il déclaré en 2015 D’autres, … des scientifiques, avaient déjà lancé de telles alertes. Il est établi que les modifications apportées par l’activité humaine sur l’environnement créent des perturbations dans la chaines de transmissions des virus du règne animal vers l’homme. 

Il n’est donc pas possible de se cacher derrière la surprise. La seule qui tient est celle du calendrier. Et donc la médecine comme les politiques savent depuis longtemps qu’il faudra aborder, tôt ou tard, cette crise que nous vivons aujourd’hui. Tout comme d’ailleurs la nécessité d’anticiper la réponse. Ainsi des équipements de protection, des lits en réanimation devaient être prévus dans une concertation mondiale. Anticipation que l’Allemagne a réussie.

Les détendeurs de la finance, les états ne l’ont pas entendu…et pour cause, faire des stocks, créer des lits de réa en prévision d’une  crise…   immobilisent des fonds sans return. Pas beaucoup d’amateurs…

Nous-mêmes, sans doute aveuglés par le courant d’air de la consommation, courant derrière nos revenus, sous la pression de nos endettements, de l’illusion de la nécessité d’investir plus dans la modernité, sommes pris dans cette tornade dont tirent parti les financeurs qui se déchargent des questions éthiques.

Nous, avec eux, participons à un vaste mouvement de méconnaissances (processus actif et non conscient de non-connaissance) que nos appétits entretenus par le marché. L’école des Schiff, avec le concept des comportements passifs éclairent le processus auquel nous sommes « invités » à participer. Est actif un comportement qui vise à réduire une tension, à résoudre une difficulté. Est passif un comportement qui les évite, les méconnait. Ainsi, dormir est un comportement actif s’il comble un besoin de sommeil, il devient passif s’il est au service de l’évitement d’une réalité désagréable…quelles qu’en soient l’intensité et la conscience qu’on en a.

Au processus de méconnaissance s’ajoutent des mécanismes psychologiques de protection. La peur est nécessaire à la vie pour générer des mesures de protection. La peur est donc utile jusqu’à un certain point, au-delà elle enclenche du déni. L’inconscient ne connait pas la mort, comme une dénégation qui permet de vivre (Cynthya Fleury). C’est cette modalité d’adaptation humaine qui permet le développement de cette suicidarité inconsciente et collective. Ici se fait cette connexion avec un système capitaliste néolibéral excessif qui à terme perturbe complètement notre rapport avec l’environnement.

Je crains que nous soyons embarqués sur la question de la gestion de notre rapport à l’environnement dans un comportement passif collectif, mondialiste. Les sirènes de la consommation, nos rapports à la finance nous conduisent à la méconnaissance de l’impact de nos choix. La fin de ce scénario catastrophique est ce que je nommerais une suicidarité mondiale.

Psychologiquement, j’y vois une forme de suicidarité collective qui en arrière fond entretient cette dose d’angoisse sourde qui participe à cet aveuglement. Les taux de suicides, les dépressions, les états limites, les violences intrafamiliales sont autant de signaux d’alertes dont nous avons coupé les fils qui alimentent les témoins d’alertes.

Cet arrière fond anxieux entretient une forme de fièvre acheteuse. C’est comme si le « marché » que nous alimentons, se portait mieux de cette tension dans laquelle nous vivons. La montée des indicateurs de destructions de notre environnement semble augmenter un besoin d’acquisition de biens et d’outils qui à notre insu atténue ce fond d’angoisse.

C’est ce même fond anxieux qui alimente l’actionnariat des usines pharmaceutiques…

Nous avons besoins de lieux d’échanges citoyens éclairés par des approches psychologiques, philosophiques. Il est également nécessaire que ces analyses soient croisées par des éclairages écologiste, systémique…environnementaliste. De ces partages d’intelligences, nous avons à élaborer des barrières contre les virus…. Mais surtout des barrières contre cette surexploitation que le « monde des affaires » fait des femmes et des hommes, créant des « besoins » qu’ils n’ont pas, en surexploitant les ressources de la nature jusqu’à épuisement.

De ces cercles de réflexions holistiques peuvent naitre des choix qui nous aiderons lors de nos rendez vous avec les scrutins électoraux. Il nous appartient d’écarter les politiques qui commercent avec les opérateurs industriels et financiers qui méconnaissent leurs impacts sur l’hôte qui nous véhicule, la terre.

Les prêts à penser comme les religions, des théories économiques comme le capitalisme tirent profit de cette suicidarité mondiale. Le soin, la bonne attention que nous nous devons, l’amour, la bienveillance sur l’environnement qui nous accueille nous rendront plus vivants et légers. 

Luc Fouarge

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IMP 140 Protection de l' Enfance

Covid ….miroir de la société

Avec Vinent Cespedes et Luc Fouarge

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IMP 140

COVID, miroir de la société…

COVID, miroir de la société… et des institutions pour jeunes en difficultés

Bill Gates  « Nous ne sommes pas prêts pour la prochaine épidémie. Le plus grand risque de catastrophe à l’échelle de la planète ressemble [à un virus]. [Le plus grand risque] ce ne sont pas les missiles, mais les microbes« , avait-t-il déclaré en 2015

D’autres, … des scientifiques, avaient déjà lancé de telles alertes. 

Il n’est donc pas possible de se cacher derrière la surprise. La seule qui tient est celle du calendrier. Et donc la médecine comme les politiques savent depuis longtemps qu’il faudra aborder, tôt ou tard, cette crise que nous vivons aujourd’hui. Tout comme d’ailleurs la nécessité d’anticiper la réponse. Ainsi des équipements de protection, des lits en réanimation devaient être prévus dans une concertation mondiale. 

Les détendeurs de la finance, les états ne l’ont pas entendu…et pour cause, faire des stocks, créer des lits de réa en prévision d’une  crise…   immobilisent des fonds sans return. Pas beaucoup d’amateurs…

Nous-mêmes, sans doute aveuglés par le courant d’air de la consommation, courant derrière nos revenus, sous la pression de nos endettements, de l’illusion de la nécessité d’investir plus dans la modernité, sommes pris dans cette tornade dont tirent parti les financeurs qui se déchargent des questions éthiques.

Nous, avec eux, participons à un vaste mouvement de méconnaissances (processus actif et non conscient de non-connaissance) que nos appétits entretenus par le marché accentuent.

Psychologiquement, j’y vois une forme de suicidarité collective qui en arrière fond entretient cette dose d’angoisse sourde qui participe à cet aveuglement. Les taux de suicides, les dépressions, les états limites, les violences intrafamiliales sont autant de signaux d’alertes dont nous avons coupé les fils qui alimentent les témoins d’alertes.

Dans le secteur de l’accompagnement spécialisé d’enfants en difficultés psychologiques, des enfants sont placés pour les protéger . Les états d’humeur, d’inquiétudes, d’angoisses font souvent l’objet de  méconnaissances symétriques, conjointes côté jeunes, côté personnel. 

Il arrive que ce constat soit très aigu dans quelques-uns de ces services qui ont en partage avec les jeunes ce fort taux de méconnaissance. Les passages à l’acte y sont nombreux. Tant du côté des personnes qui y travaillent que du côté de celles qui y vivent. Les lieux et les temps d’élaboration sur ces manifestations de symptômes sont rares et pauvres. Un vécu de maltraitance rejaillit par phénomènes de cascade sur chacun.

Les tentatives d’y porter un regard sont dénigrées, disqualifiées, écartées. L’expression des craintes est qualifiée de parano. Ceci n’est possible que si tous participent à ce système malsain et dangereux. Les fonctions internes, direction, CA, cadres, syndicats, chacune des personnes dans son rôle et sa fonction partage  les mêmes « taches aveugles » qui ne permettent pas de voir le danger.

De l’extérieur, les inspections dites audits ne sont pas équipées pour faire une telle lecture de cette dynamique suicidaire. Il en est de même des autorités en charge des règles d’organisations du travail. Il y a donc peu d’extérieurs, peu d’exercice sde regards tiers, peu de tiércité. En effet, cette forme d’adhésion au système pourrait même être décrit positivement. 

Le propos que je vous tiens est refusé par les services de la catégorie. Ils sont sur la défensive, comme pour se protéger d’être éventuellement vus sous l’angle de cette analyse.

Ce type de service ne connait pas d’association de parents et/ou d’usagers susceptibles d’éclairer ce processus pathologisant. 

Une homéostasie, une forme d’équilibre qui s’inscrit dans un climat sociétal suicidaire. Elle va privilégier une lecture des troubles sous l’angle de la pathologie des jeunes accueillis. « Qui soigne qui ? »  pourrait être la conclusion de cette réflexion. La sortie est dans le miroir si on veut bien s’y regarder. Ce qui n’est possible que dans un climat de sécurité. Climat qui ne fait pas l’objet de soin ni de l’externe, ni de l’interne de ces institutions.

Ouf, fort heureusement, je vous précise que ce constat ne peut en aucun cas être généralisé…mais les questions qu’il pose pourront être revisitées. Et, j’en connais, qui ne tireront aucun bénéfice de la lecture de cette réflexion.

Luc Fouarge

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Société

Les vieux ne pleurent plus…. Pâques 2020

Au lendemain de la guerre, loin des côtes, la route longeait un village abandonné. Quelques maisons grises criblées d’impacts de gros calibres, restaient debout à attendre le retour de leurs hôtes. Une fenêtre ouverte sur un balcon à l’étage saisit mon regard inquiet sidéré… une femme en noir y était recroquevillée, immobile et sourde. Le bruit de ma moto, seul moteur qui chahuta depuis des jours dans ce village reculé, ne la distrait pas de sonattente silencieuse. 
Je pensais alors à Rosa, 98 ans, assise immobile sur le tabouret de sa cuisine, il était 10:00, toutes ses tâches, celles du potager comprises étaient finies. Elle nous dit qu’elle attendait… nous ne pouvions que comprendre que son attente était celle du silence terminal.

Pâques, c’est presque en cortège que l’on conduit nos vieux en ambulance accompagnés de personnes méconnaissables dans leurs combinaisons …à la morgue, après un bref passage par les chambres de la mort… 

Les vieux ne parlent plus… disait le grand Jacques. Je crois qu’il souhaiterait réveiller cette angoisse qui semble avoir paralysé l’organisation de notre société trop occupée à consommer. L.F.

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Société

Confession d’un confiné

L’intériorité… j’ai un peu de mal … réveil de manques, de culpabilités… alors je poste, j’écris pour les autres… ce petit bout de chemin enfonce le clou de cette question de la motivation aux métiers d’aide…. de qui…. question qui m’est toujours pertinente et que j’esquive encore par la relation d’aide…. mais ça je sais depuis longtemps, j’ exerce la-dessus une grande vigilance, pour moi… pour les autres…. il me faudrait deux vies… l’une dans un monastère tibétain, l’autre dans un Ashram, pour sans doute conclure….qu’il faut vivre avec… ce genre de questions. Et donc, une partie de mon énergie passe à éviter ces instants d’ intériorité…pas tous fort heureusement … L.F.

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Protection de l' Enfance

Et si le confinement révélait que nos interventions pétrifient, étouffent les compétences des familles ?

La Protection de l’Enfance et le secteur psycho-médico-social sont touchés de plein fouet par l’épidémie. Des enfants « protégés » sont en famille dans des conditions  plus difficiles que jamais. Résultats des inquiétudes de débuts de crises. Des enfants n’ont pu réintégrer le lieu de séjour, de placement. 

Dans les bilans que nous aurons à faire  avec ces familles et les travailleurs sociaux, ils s’en trouveront qui s’en sont fort bien débrouillés, peut-être que quelques uns de ces jeunes auront manifesté moins de troubles qu’ils n’en avaient avant le confinement.

Nous devrons avoir le courage d’examiner toutes les hypothèses, celles de décisions de maintien de placement abusif, ou devenu tel. Le placement entretenait-il  le problème ?

Il nous faudra beaucoup d’humilité pour accepter que peut-être nos interventions censées traiter le problème sont devenues avec le temps le problème. Mais alors, ne voulions nous pas voir l’évolution de la famille ? Nous prémunissions-nous excessivement de nos peurs de l’échec du retour ? Nos services et institutions sont ils, elles, parfois inducteurs des difficultés, faisons nous face à des effets iatrogènes des interventions trop vite conclues dans des cercles professionnels trop techniques, trop exigeants ?

Espérons que ces évolutions favorables soient nombreuse en qu’on en fasse une fête. L.F.

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Protection de l' Enfance

…du saucissonage schyzophrènogène des politiques en faveurs des jeunes en difficultés psychologiques.

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débriefer pour soigner

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Le soin à l’épreuve de l’organisation ….

Le soin à l’épreuve de l’organisation ….  dans les services résidentiels

Mondialement nous sommes appelés à faire montre de civisme et de citoyenneté.Nations, continents, le monde sont en devoir de construire des réponses dans la solidarité. Au niveau individuel nous sommes invités à cultiver l’altérité qui nous conduit à modifier nos projets en fonction des besoins de l’autre. 

Mais nous sommes de mauvais élèves dès que ces autres viennent sur notre territoire tenter de partager nos acquis, nos avoirs, nous refermons nos portes. On meurt plus en méditerranée et au-delà que de l’épidémie.

Les services (services résidentiels pour adultes et pour jeunes) dans lesquels nous travaillons dans cette entrée de crise sanitaire, sociale et économique nous conduisent à mettre en œuvre de l’engagement, de l’écoute, du don, du respect, de la solidarité, de l’humilité et de l’humanité. Une démarche dans laquelle il convient de restaurer et d’adapter le concept de « devoir ».

Hélas, dans quelques institutions, les rapports de « classes » prennent trop de place dans la vie institutionnelle pour entretenir, exercer toutes ces qualités. L’organisation prend le dessus.  Des replis « égoïstes » font obstacles aux nécessités d’exercer dans ces valeurs en raison de combats sectoriels auxquels on a donné trop de place.

Exercer ces valeurs se heurte aux pyramides hiérarchiques, aux mouvements ascendants descendants de l’exercice du pouvoir dans ces services faute d’exercer en tout temps les réflexions horizontales qui seules peuvent entretenir cette culture institutionnelle de service.

Ce déploiement d’humanité est nécessaire pour faire reculer ces virus. Une obéissance à des instructions qui demandent à changer nos comportements individuels, nos volontés de déplacements et de consommations.

Au-delà des mesures prises par nos scientifiques et politiques nos services doivent modifier le rapport au travail. Bon nombre de nos collaborateurs peuvent exercer à distance. Les résistances des directions sont d’autant moins compréhensibles que ces solutions se justifient en termes de bon fonctionnement, d’écologie et d’économie. Mais cela demande de revisiter le rapport de l’institution aux personnes qu’elle emploie.

Ce qui est questionné ce sont les modèles d’organisation de nos services. 

Copiés sur le management de l’entreprise, en raison de leur taille bien souvent, ils génèrent des préoccupations centrées sur ce management pas toujours compatibles avec ces valeurs constitutives du soin et de l’accompagnement.

Il se peut que s’inverse le sens de la mission. L’organisation se met à vivre pour elle-même. 

Les priorités se modifient, « usagers » et personnels sont au service de l’organisation dans cette recherche d’autojustification et de performance. Un état d’esprit, caché derrière des slogans accueillants, qui par phénomène de cascade pourrait bien priver les « bénéficiaires » et les membres du personnel de déployer leur pouvoir d’agir, leur autonomie.

La crise que nous abordons est une opportunité de prendre du recul vis-à-vis des objectifs et moyens que nous mettons en œuvre en faveur des plus démunis, pour autant que nous les associons à ces réflexions chaque fois que c’est possible. 

Lorsque les logiques gestionnaires prennent le pas dans ces organismes elles utilisent ce que l’entreprise a expérimenté en termes managérial et économiques. L’évaluation de la productivité n’a pas sa place dans notre secteur. 

Luc Fouarge