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IMP 140 Société

Journée mondiale de la santé mentale 2020

Mes vœux pour la wallonie

Des lieux « contenants » et soignants répondent comme ils le peuvent aux problèmes de santé mentale des jeunes. Ils sont divers et répondent aux exigences qualitatives et quantitatives d’instances tout aussi diverses des autorités fédérales, communautaires, régionales, provinciales et communales si on accepte de prendre en considération l’école comme lieu de développement, mais aussi de dépistages, de la bonne santé.

Les « résistances » aux soins trouvent dans la difficulté de ces niveaux de penser ensemble les politiques de santé, l’inefficacité de l’aide souhaitée quand familles et jeunes tentent d’ « éviter » leurs mal êtres. 

Des acteurs de ces champs d’interventions se sont volontairement et librement mis à table pour penser ces questions dans la transversalité, l’interdisciplinarité nécessaire tant pour les comprendre que pour agir de façon concertée….ce qu’exigent les troubles que nous évoquons mondialement aujourd’hui. 

Des acteurs d’éducation, de protection et de soin, de façon informelle et librement se réunissent dans les « Jardins pour tous ». Il en existe un par territoire, une structure faitière rassemble la créativité produite, les énergies afin de les redistribuer dans les provinces et de les porter aux autorités administratives et politiques. Ces lieux sont identifiés par leurs participants comme des temps de ressourcements pour leur propre santé mentale. L’abc d’un concept de soin quand il est question de relation d’aide. 

Ces mêmes autorités prises dans des rivalités « politiques » ont sabordé cette démarche. Sans doute parce que le « processus jardin pour tous », aux allures intervisionnelles, a-t-elle eu tort d’interroger un ministre sur une révision de règles en cours dans un de ces champs « pluriels » de la manifestation des troubles de la santé mentale.

Je m’exprime en mes qualités de clinicien et de président du CRéSaM, Centre de référence en santé mentale pour la Wallonie. A l’écoute de l’ AG de cette asbl, de ses chercheurs, des acteurs qui nous sensibilisent sur les politiques et pratiques en santé mentale des enfants et des adultes je formule le vœu que  les autorités administratives et politiques soutiennent toutes actions, réflexions qui s’élaborent dans ces lieux de croisements des champs de santé, de l’amont et de l’aval, de l’école aux hôpitaux en passant par toutes les structures intermédiaires et l’indispensable apport des experts du vécu.

Luc Fouarge

Président de l’ asbl CRéSaM, 

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IMP 140 Société

Le COVID en appelle à l’éthique… entre école et IMP 140

Il tousse ce matin. Son éducateur d’hébergement, après comptabilité des symptômes déclarés, le pousse dehors dans le groupe d’enfants scolarisés. La mine sombre et toussant dans le coude comme il l’a bien appris, il entre dans l’école. Repéré, sans explication, il est renvoyé à l ’« hébergement ». Le directeur l’a entendu renifler

Cet enfant fait l’objet d’une mesure de placement dans un IMP140, SRJ de l’AViQ et est renvoyé de l’école spécialisée qui accueille la majorité des enfants de ce service.

Il est baladé dans un déni complet de ce qu’il peut ressentir, si par bonheur, parce qu’il ne va pas trop mal, il ressent encore. Pour d’autres, plus précocement meurtris, dans une méconnaissance de l’impact de ce rejet qui confirme, si besoin en est, une identité d’objet relégué. Dans l’épisode si dessus la qualité de lien affirmé à cet enfant ne fait que confirmer cette déliaison contre laquelle il construisit très tôt des remparts de protections que l’on qualifiera à minima de troubles de l’attachement.

Les deux services concernés sont sous tutelle d’autorités de subventions différentes, de cultures et de qualité d’engagements. Un modus vivendi est établi depuis longtemps entre eux, une hostilité parfois, gère des contentieux, sans doute hypothétiques, de risques que l’un des partenaires prenne l’ascendant sur l’autre. Chacun se repliant sur une de ces compétences, l’instruction pour l’un, le soin pour l’autre. Dans ce cas, l’élève perd la qualité de sujet et se moule dans une identité d’objet. Il se spécialisera, aux frais des autorités, dans l’expression de cette identité que tôt, il l’avait expérimentée pour se protéger des absences douloureuses, des manques qu’il dut apprendre à maitriser, contrôler, combattre, méconnaitre…

Cette posture historique des services et des autorités bien en peine de penser les besoins spécifiques de ces enfants dans la transversalité, dans une co-construction entre le niveau Communautaire et le niveau Régional, le projet, le soin de l’enfant se pense rarement dans le lien entre services.

Il s’est installé dans cet entre-deux une symétrie entre le dysfonctionnement des institutions et les mécanismes de défenses, la pathologie de ces enfants qui manifestent des troubles du lien. Il ne sera jamais possible de soulager des enfants et des familles des souffrances de ces troubles de l’attachement « soutenus » par les difficultés d’élaborer des plans de soins soutenus par chacun des partenaires.

C’est cette absence d’éthique qui permet que l’enfant, puissamment, conforte ses remparts, alimentant et s’alimentant des carences de ces institutions. La pandémie, par les directives multiples et variées qu’elle produit, fait caisse de résonnances des carences, de ces aveuglements de nos institutions, écoles et services. 

Avec vous je reconnaitrai que cette photo ne montre à voir qu’une fraction de la réalité. Elle n’est de toute façon pas supportable. Elle nous oblige à prendre la mesure du degré d’éthique dans les rapports entre nos services et le politique, et dans le cas présent, dans les instances entre elles. Elles doivent prendre en compte ces carences qui, « victimisant » davantage ces enfants, les spécialisent dans leurs difficultés.

Luc Fouarge

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IMP 140 Protection de l' Enfance

Ecologie et travail social

Cette règle écologique et systémique s’applique à l’intervention d’aide et de soin en travail social. Malgré les référentiels, les logiciels l’intervention éducative et sociale peut imprimer des changements indésirables dans la famille. Le service a t il la maturité, la sécurité et la contenance qui permette à l’intervenant et à son équipe d’en faire une lecture impartiale, sans polluer la famille. Sans cela le TS enfonce la famille qui tente de sortir la tête de l’eau. L.F.  


sur un extrait de E.Morin-Changeons de voie, les leçons du coronavirus-Denoel juin 20

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IMP 140 Protection de l' Enfance

De l’inter-institutionalité pour accompagner le jeune en situation complexe

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IMP 140 Protection de l' Enfance

Enfant placé….et lien tel avec la famille

Un éducateur spécialisé d’un service résidentiel, relevant du secteur psycho-médico-social, de type ITEP en Belgique, partage avec moi son inquiétude face à l’application de directives de régulation de contacts entre mère et fils. Celle-ci appelle chaque jour. En cas de refus, les manifestations de détresse (ou autre chose, émotions vites nommées) sont impressionnantes. « Il faut discipliner cette mère, c’est deux appels par semaine maxi »

La « machine » institutionnelle asphyxie la réflexion. Cette maman répond peut-être davantage à ses besoins qu’à ceux de son enfant (?). Dans cette hypothèse, l’enfant devient l’objet de la mère. Nous avons pour mission de l’aider à construire cette rencontre mère-fils pour que celui-ci devienne sujet, et donc, que plus tard il grandisse non-dépendant, libre. L’attitude de l’équipe, ainsi décrite, renforce le lien dans la douleur qui « impose » de prendre soin de l’autre, soit l’inverse de la clinique éducative et renforce l’équipe dans la menaçante toute puissance. Pour s’en sortir par le haut, accueillons cette maman pour lui apporter l’aide qui réponde à ses besoins (libérant par le même coup l’enfant) et à ceux de son enfant. Veillons à faire en sorte que chaque partie participe à la réflexion sur la meilleure façon de répondre aux besoins de l’enfant, hors de toutes tyrannies. En nous arrangeant pour que la maman prenne une place prépondérante dans cette recherche de régulation des contacts, d’une distanciation où chacun se sent protégé, reconnu, aimé et garantissons que dans ses légitimes tristesses l’enfant sera bien accueilli. Y faire participer l’enfant, honore et encourage sa capacité de penser, le rassure sur la bonneveillance de l’équipe à l’égard de sa mère et lui ouvre la porte vers sa propre vie. 

Luc Fouarge

PS: ce problème est connu également dans le placement familial

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IMP 140 Protection de l' Enfance

Diriger une équipe dans le psycho-médico-social

Diriger une équipe dans le psycho-médico-social

Dans ce secteur, la bonne adéquation d’un leadership  est le résultat d’un processus d’aller-retour entre un responsable et ses collaborateurs.  Il ne dépend donc pas des seules valeurs personnelles du responsable du service. Le leadership est au centre de la table et chacun y contribue selon ses expériences et ses besoins. La bonne occupation des places de chacun est nécessaire. Il est attendu du directeur qu’il exerce une vigilance toute particulière sur cette dynamique qui soutient le pouvoir d’agir de ses collaborateurs. Il est  dépositaire d’une autorité reconnue et soutenue parce que l’équipe contribue à sa construction.

Un chemin qui sort des voies descendantes, très à distance de l’autoritarisme.  

C’est le prix à payer pour entretenir l’énergie d’une équipe généralement outillée intellectuellement, pour analyser les méandres institutionnels. 

Dès que le directeur, désigné par un PO, sort de ce processus de construction du leadership, il entre dans une communication qui suscite incompréhensions, diminution de la motivation et ralentissement dans la poursuite des objectifs du service

Ces freins ressentis par chacun  pourraient inviter la direction à accentuer l’usage des attributs classiques de cette fonction.  Il est possible que, par mécanismes de défenses, des membres de l’équipe alimentent ce processus et le service alors se met à tanguer, les rames s’entrechoquent, l’embarcation quitte la route censée la mener à son cap. 

Le processus suggéré  se fixe pour but de soutenir l’intelligence de l’équipe.  Cette préoccupation sur l’adéquation du leadership n’est pas proposée parce que cela ferait plus joli, pas par séduction pour mettre l’équipe au travail, mais en raison d’une nécessité au regard de la « production » du service. Une bientraitance dont on est en droit d’attendre qu’elle rejaillisse sur le public. 

Le signe avant-coureur de difficultés apparait quand l’un ou l’autre des équipiers demande à voir les galons de son chef pour d’inutiles raisons, ou d’autres qui appartiendraient à l’histoire personnelle de cet équipier en l’invitant à escalader dans l’expression de l’autorité.               Ces  incidents appellent un processus d’Intervision. Processus où chacun est invité à partager sa lecture du dévoiement de l’exercice du leadership. Dans la bonneveillance,  les échanges  permettront à l’auteur de voir de lui ce qu’il ne peut voir de lui, dans cet épisode infructueux et vite désagréable s’il persistait. 

Le directeur est donc également membre de l’équipe.  Dans cet instant, il veillera, juste un peu plus que les autres, à ce que l’équipe ne faillisse pas à ce besoin de bonneveillance. 

Pour aller plus loin en avant : https://wp.me/p19zX5-kC  « Equiper » le travailleur psycho-médico-social.

Luc Fouarge

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IMP 140

Fabrique d’incasables

140 , « incasables », jeunes en situation complexe…

Ainsi les nomme -t-on ! 

En raison d’un arrêté qui définit les jeunes pris en compte pour bénéficier des SRJ (IMP140) en résidentiel ou en suivi ambulatoire à charge de l’ AVIQ, RW. Ils sont nombreux à être suivis par les SAJ, SPJ soit l’AAJ, de la CFWB. Une grande majorité sont inscrits en enseignement spécialisé de Type III.

« Caractériel » est le diagnostic retenu pour bénéficier d’un service résidentiel.

Ces troubles, voire cette pathologie n’ a rien de génétique, elle s’installe très tôt dans la vie relationnelle de ces jeunes, à la suite  d’accidents dans la vie familiale et scolaire.  Des troubles psychoaffectifs qui bien souvent s’installent pour longtemps, affectant la santé mentale de ces jeunes accompagnés dans le secteur du handicap. 

Handicap, troubles psychiques, troubles psychosociaux, retards scolaires, troubles du comportement… 

Jadis ces services pour beaucoup cumulaient sous une même direction l’ensemble des prises en compte spécialisées nécessaires dans la vie quotidienne, l’école, la distanciation « thérapeutique » de la famille dans une Belgique unitaire. Deux ministères, Santé publique et Education nationale subventionnaient ces services. S’y ajoutait le département Justice dans les situations de protections et de délinquances. 

Les inspecteurs du secteur du handicap et de l’Education se trouvaient devant un seul directeur pour l’ensemble des activités. En cas de bouleversement comme nous le connaissons aujourd’hui, les conduites à tenir étaient établies et partagées par une direction qui pouvait mettre très facilement autour de la table les personnes œuvrant en classe ou dans le lieu de vie. 

Aujourd’hui, directions, administration, niveaux de pouvoir différents saucissonnent ce public en souffrance des écartèlements, des écartements dont ils ont eu à souffrir. Les décideurs d’orientations différentes n’unifient pas la réflexion capable de penser la « contenance »[1] qu’il convient d’offrir à ces jeunes. Peu, voire pas de continuité de penser les réponses à ces jeunes par des métiers qui affichent de plus en plus leurs différences. L’enseignant enseigne, l’éducateur fait de l’éducation. Les regards portés sur le jeune s’opposent parfois. 

Dans cette période de pandémie, l’accès à l’école est en grande partie fermé à ces jeunes. Une bonne partie d’entre eux ont été confinés dans l’IMP. L’école ne considère pas qu’elle fait partie d’une approche globale d’un soin à apporter à ces enfants. Les adultes ne sont pas forcément formés à participer au curatif, au prendre soin. 

Voilà donc ces jeunes victimes de fractures institutionnelles. Double sanction, après celle de l’écartement familial !

Cette absence, ab-sens[2], de cohésion se manifeste par un « impossible éducatif soignant » co-construit, en symétrie avec l’incapacité de gérer ces secteurs dans la transversalité indispensable pour élaborer une clinique éducative et scolaire digne des besoins de ces jeunes.

Voilà que le système institutionnel, en rupture de concertation, soutient, voire renforce les mécanismes défentiels de ces jeunes et ainsi les spécialise dans une inadaptation au monde auquel nous les invitons. 

Le soin est politique d’abord ! … si l’organisation le pense dans les complémentarités nécessaires à son succès. Politiquement , aujourd’hui on peut, sans beaucoup se tromper, penser que la société renonce à investir dans les conditions de succès d’une bonne intégration de ces jeunes. Un rapport commandité par le comité de gestion de l’ AWIPH, publié en 2006, prônait déjà cette déclaration d’aborder ces questions dans la transversalité.

Plus tard, à la suite de ces conclusions des accord de coopérations AViQ – AAJ, créent les Jardins pour Tous, comme lieu d’activation de cette transversalité. Cela fait un an que sa structure faîtière ne s’est plus réunie à la suite de consignes des administrations dont question. 

On nous rétorquera que les réseaux de la nouvelle politique en pédopsy, sous tutelle du fédéral, s’en occupent. Mais nous avons montré que les missions sont différentes. 

La prise en considération des jeunes en situation complexe est donc reléguée, les moyens insuffisants et les quelques opérateurs des situations les plus difficiles méconnus dans la haute spécialisation que cet accompagnement exige, conduisant jeunes et professionnels à l’échec. 

Une relance de cet atelier de réflexions dans la transversalité sur cette clinique éducative spécifique, le Jardin Pour Tous Faîtier, doit pouvoir reprendre ces activités et produire des recommandations pour les politiques et administrations nombreuses qui regardent cette populations de leurs balcons en raison du fait qu’ils ont un pied dans le jardin du ministre voisin, ou d’un ministre d’un autre niveau de pouvoir. 

Les éducateurs spécialisés dans ces questions seront unanimes. Une approche qui se donne des chances répondra aux lectures systémiques des évènements, entre autre. Il convient que les regards soignants posés sur ces jeunes soient eux-mêmes nourris des regards des acteurs  de la santé mentale, de l’enseignement, de la protection de l’enfance et de la justice, du champ du handicap, de l’éducation spécialisée. A ce jour, ces points de vue sont morcelés. Cela me fit dire jadis qu’ils étaient victimes d’un saucissonnage schizophrènogène. Lisez, qu’il est question d’en faire des bombes humaines. Secouée par la covid 19, notre société ne demande à ce que nous rajoutions des causes à nos craintes. 

Je plaide pour ces jeunes, je leur souhaite de rencontrer des adultes cohérents et soutenus par leurs partenaires, de sorte que les uns et les autres puissent tenir face aux tentatives de rejets qu’initient les troubles qu’ils manifestent. J’aspire à ce qu’ils cessent d’être des patates chaudes et qu’ils puissent gonfler les rangs des acteurs de sociétés plutôt que les HP, 

les prisons, les CPAS… 

Il nous arrive de penser qu’en faire de bons utilisateurs des systèmes d’allocations est un succès.

Luc Fouarge


[1] Capacité d’accueillir et de contenir les émotions parfois suicidaires et homicidaires pour qu’elles ne se transforment pas en passage à l’acte. 

[2] Philippe Gaberan – Oser le verbe aimer en éducation spécialisée – Eres 2016

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IMP 140

Le mythe de la transversalité en faveur des jeunes en difficultés

On n’est pas obligé …

Les IMP 140 accueillent à temps complet, en collectif, durant l’épidémie également, de nombreux jeunes pour lesquels des mesures protectionnelles des services de l’AAJ découragent ou interdisent les séjours en famille. Beaucoup sont scoalrisés dans une école d’enseignement spécialisé voisine, proche. Une coopération Ecole/IMP  qui tente de répondre à l’ensemble des besoins de ces jeunes.

« On n’est pas obligé »… entendu de la bouche d’enseignants, dans une rencontre entre un IMP140 et une école d’enseignement spécialisé, pour évoquer le déconfinement, interroge les propos des autorités de tutelle en l’amont.

J’y lis une rupture de coopération autour de la prise en compte des besoins spécifiques de ces jeunes. Un repli stratégique des uns et des autres, au final un saucissonnage des besoins de ces jeunes dont l’évolution est particulière.

J’y lis également l’incapacité des autorités politiques de penser de concert les questions relatives aux besoins particuliers de ces jeunes tellement «en  déliaison ». J’y lis donc une cause supplémentaire pour ceux-ci de se défendre contre les tiraillements, les déchirures, les ruptures accompagnés souvent de violences. J’y lis aussi que le système est symétrique à cet éclatement qui spécialise ces jeunes dans les mécanismes de défenses contre une société incohérente quant à son discours sur une « société inclusive ».

A cette incohérence AViQ/Enseignement, s’ajoutent les difficultés récurrentes avec le secteur de l’AAJ. Un comble quand on se réfère à la dimension protectionnelle de ce secteur. Les tentatives de mettre ces trois secteurs au travail, dans la collégialité, la mise en commun des moyens, dans une unicité qui compenserait les ruptures vécues dans l’environnement de ces jeunes. 

Je ne serais pas complet si je n’évoquais les carences de coopérations avec le secteur de la santé mentale qu’introduisaient jadis les dispositions sur l’évaluation et la ré-évaluation, positionnant ainsi l’ambulatoire comme tiers dans la construction psychique déjà si fragile de ces jeunes. 

Je persiste, ces carences de coopérations sur le terrain sont induites par l’incapacité de ces secteurs de penser et d’agir d’une seule voix dans les rencontres avec ces jeunes et leurs familles. Un saucissonnage qui a des conséquences schyzophrènogènes.

Ces secteurs dépendent des gouvernements fédéraux, CFWBxl, RW et des administrations SPFS, Enseignement, AAJ, AViQ.  Conclure sur un échec de l’indispensable transversalité dans la gestion de ce public à besoins spécifiques est redondant. Le Jardin Pour Tous faîtier s’est donné cette ambition d’être le caillou dans la chaussure des autorités qui semblent vouloir s’en débarrasser  pour taire la douleur plutôt que de se mettre à son écoute.

Aujourd’hui, tout se passe comme si ce public était condamné d’avance. Comme si l’entrée dans ces secteurs spécialisé destinait ce public à devenir bénéficiaire des CPAS ultérieurement. Cette immobilité politique dans cette dimension transversale, cette passivité signerait-elle une croyance « morbide » sur les compétences des services et des agents désignés, subventionnés pour  conduire ces jeunes vers une réelle intégration dans la participation à l’action sociale.

Luc Fouarge

PS :

Les urgences de cette crise ne se traitent pas dans la transversalité plus nécessaire que jamais.
En temps qu’acteur de santé mentale, de protection de la jeunesse, du handicap
je prends la mesure de la nécessité de traiter les questions que posent l’accompagnement des jeunes qui prennent appui sur ces secteurs appartenant à au moins trois niveaux de pouvoirs. 

La question de fond est celle de la place que la société souhaite donner à ces jeunes à besoins particuliers
qui prennent la porte de l’ES, de l’AAJ et TJ, des IMP 140, des SSM et hôpitaux pédo-psy… et régulièrement
il les franchissent toutes… sont-ils destinés à emprunter plus tard celle des CPAS, HP, Prisons,… 
Il ne peut y avoir de réponses efficaces hors de cette transversalité tant attendue…

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IMP 140 Protection de l' Enfance

LE NÉCESSAIRE BAVARDAGE DANS NOS EQUIPES

Durant cette période de confinement-déconfinement, plus d’un mois maintenant, J’entendais des directeurs signaler l’inquiétude croissante dans les équipes. 

Inquiétudes pour les jeunes qu’elles accompagnent, crainte de les infecter, crainte d’être infectées à leur tour et d’infecter leurs familles. Une charge émotionnelle cachée derrière l’urgence du don de sa personne dans cette caisse de résonnance de l’abandon qu’engendre le confinement.

L’organisation du temps de travail shunte les temps de réunion d’équipe, les circulaires affichées, venant des autorités, ne permettent pas d’être opérationnalisées dans un temps de travail d’équipe dans lequel un effet de réassurance pourrait être distillé.

Dans un climat de peur et de méfiance, s’immisce un sentiment d’être piloté dans l’opérationnalisation des directives par les cadres. Un processus qui met à mal l’exercice de la démocratie du service que nous connaissons habituellement et que nous savons correspondre à une réorganisation qui répond à la crise. Nous y entrons bien volontiers comme toute la population est entrée dans le confinement sous bonne garde des autorités.

La peur atténue l’esprit critique, les devoirs de préserver l’autre, de nous préserver, nous poussent à entrer dans un nouveau système. La rapidité de la dispersion du virus fait le reste.

Tout cela pour mettre en évidence la perte de ce travail « en chambre » auquel participent nos équipes de façon hebdomadaire quand elles vont bien. Des lieux, des temps de bavardages qui permettent souvent informellement de se départir des craintes, inquiétudes et questions liées à l’accompagnement des jeunes. 

On le sait, cette urgence que l’on espérait brève, quelques semaines tout au plus, nous conduira à septembre et même plus sans doute. Seuls, traitements et vaccins pourraient modifier le cours des évènements.

Notre créativité doit se mettre au service de ce nécessaire bavardage dans l’interdisciplinarité et dans la hiérarchie des rôles et fonctions pour que cette fonction de métabolisation des émotions, souvent non dites, puisse à nouveau répondre à cette nécessaire recherche de réassurance des bruits de couloirs et des temps de réunions institutionnelles et de synthèses.

Les cadres s’en sortent par des réunions zoom, teams… mais d’autres moyens doivent s’instituer pour permettre l’exercice du bavardage. 

Dans débriefer pour soigner https://lucfouarge.com/2020/03/25/debriefer-pour-soigner/

J’abordais cette urgence à compenser cette diminution des rencontres dont la fonction « soignante », tant pour les professionnels que pour les jeunes, est indispensable.

Cette préoccupation étayera nos équipes en leurs apportant la reconnaissance à la sur-sollicitation émotionnelle qu’elles endurent aujourd’hui.  Luc Fouarge

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COVID 19… éthique(s)

Les circulaires en disent peu. Elles opérationnalisent. Elles sont attendues. Qu’attend-t-on d’elles ?

Dans les espaces vides, une liberté d’apprécier les bonnes mesures qu’un service doit prendre. Deux niveaux de pensées, l’un répondant aux besoins supposés des résidents, l’autre en direction des équipes professionnelles, avec des interactions. 

Venant au travail sans savoir ce qu’il en est de ma charge virale, est-ce que je risque d’infecter un résident, rentrant chez moi est ce que je mets en danger ma famille ?

Des jeunes qui ont abordé le confinement en famille, ou leur famille, sollicitent le retour au service en raison du climat familiale insupportable. Faut-il les faire passer par le testing ? Dans les situations douteuses quant à l’observation des mesures barrières en famille, faut-il organiser un isolement sur le lieu de confinement…

Nos services ne sont-ils pas en train de se transformer en lieux de réclusion si au nom du « collectifs » on empêche visites, promenade, usage des lieux de loisirs de la ville comme les autres enfants ? Le testing est-il traumatisant pour les enfants ? Peut-on y renoncer ? Si oui sur quels arguments ? Au nom de quelle délégation de pouvoir ? 

Le masque « fortement recommandé » est-il obligatoire chez nous ? Pour qui ?

Quand le testing-screening donnera les premiers résultats, qu’en fera-t-on ?

Une partie des questions qui font le quotidien des équipes, au mieux avec les cadres, ou rien qu’entre cadres ? deux façons diamétralement opposées ? Quelles transversalités et quelles cohérences entre les tutelles, Affaires Sociales et Santé d’une part, Emploi et Travail de l’autre, organisations représentatives des travailleurs, protection du travail et médecine du travail. Un carrefour ou se font des politesses politique et éthique. 

Est-il possible de tenir un discours éthique partagé, dicté ?

Tout cela sur fond de peur. Des émotions que l’action, la créativité, la suractivité mettent en sourdine et qui risquent de se réveiller dans des formes dramatiques. Préoccupations qui ne tiennent pas devant l’urgence et le devoir. Diminution, voire disparition des temps de travail d’équipe. 

Les circulaires ne donnent que ce qu’elles peuvent donner d’autant qu’elles sont pensées sans la participation des personnes concernées. C’est donc là que le service est en devoir de produire des décisions et de s’inspirer de principes éthiques qui devraient faire l’objet de débats dans l’institution…oui, mais avec qui, quand ? C’est la que s’entrechoqueront les statuts…et que se cultivent les différences, les inquiétudes, le stress et ses conséquences.

C’est dans la caisse de résonnances des attentes des jeunes et des familles, de la peur des conjoints et des enfants du personnel que s’installe ou pas ce difficile dialogue. 

C’est une question de tout temps, mais nous nous étions peut-être accommodés, dispensés d’y songer et d’y travailler…et le COVID nous précipite dans ces zones que nous découvrons à tâtons. Aller au-delà du déclaratif : « Au nom de mon éthique je décide que… ». Il est question maintenant de décliner, d’argumenter… de sorte que notre décision, pensée ensemble, soit portée par l’équipe. C’est à ce prix qu’elle peut trouver de l’apaisement dans le collectif. 

Dans le soin, dans la clinique éducative nous savons que le lien est essentiel. La question des affects en jeu, confère à nos interventions des questions de grandes valeurs éthiques.          Ne serait-ce que pour nous éclairer sur la question de l’amour attendu par le jeune, de l’amour éprouvé par le professionnel, et bien évidement celle de l’absence d’affects, mais est-ce possible ? Une rencontre que nous devons gérer dans la bonneveillance dans notre équipe interdisciplinaire. Le confinement, les infos terrifiantes sur la maladie et la mort intensifient les questionnements, les évitements. C’est donc là que le service, l’équipe doit s’engager vis-à-vis de chacun de ses collaborateurs. Une réflexion qui associe éthique, clinique et politique. « Je t’aime, je te protège, je me masque »

Luc Fouarge