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Le covid nourrit le « machinement » des institutions

« Le machinement est un néologisme qui vient signifier la façon dont un ensemble d’éléments constitutifs de l’environnement d’une personne ou d’une institution viennent déposséder celles-ci du sens à être ; il désigne une fabrique des orientations dont le mode d’emploi est pensé par d’autres que les acteurs concernés. Cette forme de modelage de la présence de l’être au monde conduit au renoncement de soi et à une capitulation face au devenir du sujet » Ph. Gaberan 

Renoncement et capitulation sont constitutifs de « méconnaissance », processus actif et non-conscient de non-connaissance. Symétriquement, complémentairement « clients » et soignants, intervenants, infirmiers, éducateurs… la relation de soin s’installe alors, insidieusement dans une tache aveugle commune. On évoquera les résistances chez l’un, les projections chez l’autre, on tournera dans le rond-point sans possibilité d’en sortir comme dans le sketch de Raymond Devos. 

Les recommandations consécutives à la pandémie appuient de toutes leurs forces sur cette mise en machine, ce machinement dans les institutions. La diminution des temps de travail commun, de réunion en présentiel diminue et/ou fait disparaître le processus « intervisonnel » qui n’exerce plus, ou moins, la vigilance sur la machine qui réduit le potentiel de pensée. On finirait par glisser vers le passage à l’acte.

Dans les services résidentiels, hospitaliers… cet épisode pourrait être dévastateur, la nécessité de communiquer sur la pente où nous entraine le machinement, s’affaiblissant. Les logiciels de type Osiris … , gestion des fiches patients, pourraient bien mordre du terrain sur l’émotion et la pensée dans le soin et ainsi disqualifier la fonction essentielle, nécessaire du lien ou se façonne le prendre soin. 

Oui il y a des managements qui étêtent les compétences des collaborateurs alignés sagement sur des référentiels numérisables. Cela ne diminue pas que la réflexion, cela prend en partie le contrôle des émotions de l’intervenant. Et voilà que l’émotion dans le travail social perd sa valeur d’indicateur, voilà qu’elle n’est plus de mise dans le « diagnostic » d’une situation vécue, voilà encore que les instruments du lien s’éteignent, les « résonances » ne sont pas de mises. Et, …qui facilite le contrôle par des concepts d’évaluations, du mesurable, du quantifiable… et nous entrons dans la quantophrénie, cancer des approches soignantes, d’accompagnement dans les approches psycho-sociales… et demain, comme cela existe déjà, l’éducateur, l’infirmier, le soignant devront encoder les actes commis en cours de journées….qui seront analysés, mis en fromages, et qui définiront les bonnes pratiques avec une « justesse » froide qui déniera les individualités chez le soignant, l’accompagnateur. Entrer dans ce métier nécessite que nous entrions en résistance.

Luc Fouarge

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COVID et santé mentale

« … Il se manifeste aujourd’hui par une mise sous silence de la mort, une façon de la cacher, de ne pas y penser, avec pour conséquence une immense angoisse collective face à notre condition d’être humain vulnérable et mortel. »  Marie de Hennezel, « le Monde » du 04 mai 2020. 

J’ajoute que nous vivons dans un climat ambiant suicidaire. https://lucfouarge.com/2020/04/26/pour-en-sortir-parlons-de-cette-suicidarite-mondiale

Sur ces fonds à peine discrets que nous vivons au quotidien. Les infos quotidiennes enfoncent ces clous chaque demi-heure dans les « infos en continu » qui font échos des infos gouvernementales. Les désaccords, bienvenus par ailleurs, entre experts, entre ceux-ci et les autorités, les nuances dans les applications entre niveaux de pouvoirs cultivent le doute. Le citoyen trouvera dans ce fatras de contradictions toutes les occasions d’alimenter ce climat de peurs qui nait dans un productivisme sans égard pour notre environnement. Cela entraine une conscience de notre participation, via le consumérisme,  à une dangereuse évolution du climat. Dans cette lutte, le politique est dépassé. La puissance publique n’assure plus la protection de la population qui participe à sa propre destruction.

Les malaises, les inconforts et les déstabilisations de la santé mentale trouvent là un terreau fertile. Les pharmaciens, les psy, les HP devront faire face à des flambées de plaintes somatiques et mentales. 

Les professionnels de la santé mentale ne se retrouvent pas dans la rue comme l’ont fait le personnel soignant des hôpitaux, ils n’invitent pas la Première pour lui présenter leurs dos et signifier ainsi aux politiques l’urgente nécessité de faire face au climat ambiant délétère. 

Les réponses devront être interdisciplinaires et interinstitutionnelles, la transversalité devra être la règle pour qu’ensemble, spécialistes, population, politiques, ONG et secteurs associatifs et public développent dans la  société une capacité de « contenir », càd accueillir dans la bienveillance les angoisses dites et surtout « non-dites ».

Le traitement de la pandémie par le politique s’est construit dans une « opposition entre eux et nous » Olivia Venet, présidente de la Ligue des droits humains.

Les acteurs de santé mentale, dans une perspective systémique, peuvent contribuer à lire ces évènements sociétaux et sensibiliser les acteurs politiques de l’urgence d’opérer le pas de côté dans la façon d’exercer la gouvernance. 

Les tergiversations des partis depuis quelques législatures jettent le doute sur la capacité des politiques d’assurer la protection de la population et dans la capacité de réguler le marché qui laisse sur le banc une bonne partie de la population. Nous le savons, la précarité est accélératrice des processus de déliaisons et de perturbations psychologiques. 

L’exercice démocratique n’est certes pas l’apanage des seuls politiques. Mais nous devons collectivement penser le passage du PNB au BNB. 

Le soin s’appuie sur un triangle de trois forces, l’éthique, la clinique et le politique. Les secteurs de la santé mentale se doivent de renforcer ce troisième axe. J’ai la conviction qu’une affirmation plus forte de l’axe politique augmenterait la capacité contenante des soignants. Les personnes en besoins d’aide y verraient un rapprochement des soignants vers elles. Le chemin à parcourir semblerait ainsi un peu plus court. Et les soignants n’ignorent pas que la construction du lien dans la relation de soin est parfois ardue, mais nécessaire. 

Sauf à occuper cette fonction dans une posture de gourou. 

Luc Fouarge

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Politique… et nous ?

Plus besoin de proclamer les raisons de créer ce nouveau monde.  Nous attendons qu’il soit respirable et qu’il réponde à des espoirs de justice, de solidarités, de paix, d’amour. 

Nous sommes déjà dans le train infernal. Seules des décisions politiques qui reprendraient le pouvoir abandonné aux financiers, à l’économie, pourraient ralentir sa course.

Nos politiques battent des records d’irresponsabilités dans la cour de récré. 

Il n’y a que nous, vous et moi, qui puissions sonner la cloche. 

De la sphère État, de celle de l’entreprise et de la sphère autonome (nous et le secteur associatif) seule cette dernière est en mesure de faire craindre aux partis de perdre leur électorat. 

Nos silences, nos résignations sont pour eux l’autorisation de poursuivre leurs jeux entre eux. 

La même peur, qui à l’entrée dans l’épidémie les ont mobilisés pour un engagement de quelques mois. 

Le royaume, la république… c’est nous, vous et moi. Ce n’est pas ce corpus de valeurs entretenus par les partis et les élus qui l’entretiennent pour justifier la place qu’ils occupent sur une scène où ils ont abandonné le pouvoir à l’économie néo-capitaliste, aux lobbys…

Ce qui se passe aujourd’hui dans nos nations EU n’est possible que parce que nous avons démissionné de nos devoirs à l’égard de la démocratie. Attendre le changement de société par l’action des partis est illusoire.

Repérons dans les associations, les asbl, les ONG… celles avec lesquelles nous sommes capables d’intimider, les partis, les syndicats…

Nous savons que le temps presse, les modèles dictatoriaux reviennent en force.

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La jeunesse s’époumone dans la rue… on l’ étouffe

On est tous d’accord, le rapport qu’entretiennent les humains avec la nature est à l’origine de ces désastres qui nous menacent; climat, virus, économie, politique, guerres, rapports Nord-Sud…

Des cris des jeunes dans la rue … aux masques qui les font taire…tout cela est allé si vite.

Cette image de ces personnes qui se font refouler sur les quais d’Ostende, celle des jeunes qui se réunissent en masse à Flagey à la fermeture des bistrots, ces familles qui attendent les leurs coincés en Afrique du nord, les politiques qui se querellent avec les experts, les experts qui se contredisent, les politiques qui instrumentalisent la crise sanitaire, les réfugiés s’étouffent en avalant  la méditerranée et ceux qu’on chasse des quais de Paris et de Calais, les glaciers qui menacent les familles qui habitent à leur pied ….tout cela est devenu une réalité misérable et anxiogène, mondiale, dont je ne vois pas venir la fin. Et la peur couve, parfois explose et les « Grands » semblent en refuser la mesure. 

Nous suivons le joueur de flûte….nous sommes à quelques pas de la falaise dont nous n’ignorons pas l’existence. Mais nous y allons… feignant d’ignorer, ou ignorant que nous sommes embarqués dans une suicidarité mondiale, on y va… malgré les printemps arabes, malgré les défilés des collégiens durant les heures d’école. 

Ceci est aussi un objet de la santé mentale…trop individualiste. Elle ne contextualise pas suffisamment, elle n’est pas assez systémique. Et surtout, le monde de la santé mentale n’est pas politisé à la hauteur des enjeux qu’elle affronte. 

L’organisation sociétale, l’emprise de l’économie, la légèreté des politiques sur les questions environnementales et sanitaires, l’accès aux loisirs et à la culture, les démissions sur les questions du long terme, les inégalités et injustices… cette atmosphère lourde qui remplit nos poumons, notre coeur, notre esprit sont de nature à pousser les plus fragiles dans les couloirs de la souffrance mentale. Les actions sur les quartiers, la qualité des liens, le vivre ensemble…sont trop peu reconnues et soutenues par les autorités, si peu secouées, éclairées sur ces questions par les intervenants psy. Centré sur une clinique individuelle, avec des risques de médicalisation la santé mentale fait du replis stratégique sur des missions trop étroitement définies. Et, paradoxe, l’éducation et la culture pousse vers la santémentalisation des  » mal-être » du quotidien ? Notre culture vire du côté de la déliaison, du désengagement, du dédouanement. On refait régulièrement les débats sur l’éthique, mais on ne les marche pas suffisamment.

Toutes ces analyses sont connues. B ientôt centenaire, E. Morin nous fait des propositions. Elles sont écologiques, politiques, économiques, philosophiques, démocratiques…

Il serait bon que les élus, les candidats, les militants, ceux qui croient encore que c’est possible, ceux qui vacillent au bord de la falaise, lisent et s’approprient les directions que ce sage nous propose dans « Changeons de voie, les leçons du coronavirus » sorti en juin 20 chez Denoel.  

Luc Fouarge

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#Intégration #inclusion

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Avortement. Dépénaliser et parler.

De la compassion, de la rencontre, sans jugement. De l’humanité d’abord pour elles, venues seules ou accompagnées, mais aussi pour l’équipe soignante. Que ces femmes et les soignants soient dégagés de la culpabilité qui ferait de l’IVG un acte caché, exécuté à la sauvette.

Fiction

Ses épaules l’empêchaient peu à peu de tenir sa tête droite, son visage ne prenait plus le soleil depuis longtemps. Le silence l’habitait, l’étouffait . Elle déambulait les yeux rivés sur le sol comme s’il avait le projet de l’engloutir comme ce… que l’infirmière avait emporté.

Le même silence dans lequel la stagiaire l’avait installée dans une aile de l’hôpital où elle seule occupait une chambre. Des plastics fermaient l’accès à ce couloir pour protéger le service des poussières des travaux en cours. On l’y avait conduite silencieusement pour éviter que le couloir du service ne s’empare du mal-être. Isolée, pour éviter que des rapaces de la presse ne viennent voler des photos pour vendre des larmes.

La nuit s’était installée peu après que le spécialiste lui avait fait cette injection à l’aide d’une seringue munie d’une grande aiguille pour atteindre ce bout de viande étrangère qui avait pris place dans son ventre. Une telle intervention au-delà des 18 semaines mettait tout le monde dans l’embarras. Sans doute est-ce pour cela qu’on l’avait faite venir à la nuit tombante, qu’elle fut conduite dans une salle d’examen dans la plus grande discrétion, sans même passer par les guichets de l’hospitalisation.

Après l’intervention à laquelle personne n’assista, l’infirmière stagiaire l’avait conduite dans sa chambre à l’étage des travaux, là où personne ne la croiserait. Mariem ne dit rien, ne demanda rien. Le masque du médecin avait retenu toutes expressions, il n’avait rien dit. Il s’était adressé à la stagiaire, mal à l’aise, pour lui dire que l’expulsion démarrerait dans quelques heures, qu’il allait se coucher et qu’elle l’appelle une fois le travail terminé pour faire un curetage. Mariem avait pris quelques pas d’avance quand la jeune femme en tablier blanc la rattrapa. Elle aurait voulu dire quelque chose. Elle ne le put.

Une fois la barrière de plastic franchie, elles étaient dans le noir. Le courant avait été coupé dans le couloir. C’est presque à tâtons que l’infirmière put ouvrir la porte de la chambre de deux lits dans laquelle il n’en restait qu’un. Seule la lumière de la salle d’eau éclairait un peu la chambre. Les tentures enlevées laissaient percevoir un léger reflet lumineux dans les vitres.

La jeune femme en blanc, effrayée, ne put rien dire. Mariem s’est allongé, tournée vers la nuit, tournant le dos à la stagiaire qui, fébrile, quitta la chambre en disant qu’elle repasserait pour vérifier si celle-ci n’avait besoin de rien. Dans cette pénombre, Mariem ne put ni s’endormir, ni penser à ce qui venait de se passe, elle oubliait déjà. Au loin, les lumières clignotantes d’un avion… sans bruit, invitent au voyage. Puis, plus rien, personne. Pas un rêve, pas un songe. Un vide sidéral, comme un bouclier, la protège.La jeune stagiaire revint, maladroitement, lui proposer de l’eau. Le silence la fit fuir, discrètement, sans un bruit. Franchissant la porte, elle invite Mariem à appuyer sur le bouton d’appel, dès que le besoin s’en fait sentir.

Une douleur dans le dos, puis dans l’abdomen font réagir Mariem. Elle se redresse, se met en position assise, les jambes pliées. Instinctivement, regardant l’écran noir de la fenêtre, ses mains repoussent un peu plus loin ce qui sort de son corps. Mariem s’essuie une main sur le drap et appuie sur le bouton d’appel.La jeune femme arrive vite, comme si elle attendait derrière la porte et découvre la chose sur le lit. Instruite par le médecin, elle pince le cordon, le coupe avec une mimique de douleur. Elle dépose l’objet mort dans le haricot préparé sur la table de nuit, elle l’emporte, sans mot dire, sans espoir de croiser les yeux de cette femme dont le regard reste figé sur l’écran noir. Elle ne saura jamais ce que Marien y projette.

Quittant la chambre, tremblotante, elle dit qu’elle téléphone de suite au médecin et qu’elle revient ensuite pour la conduire dans la salle d’intervention.

Dans les trois quarts d’heure, il rentre dans la salle cachant mal ce réveil brutal, il cherche un peu à croiser le regard de Mariem sans y parvenir. Il se limite à dire qu’il va maintenant procéder au curetage et qu’elle pourra ensuite retourner dans sa chambre, se reposer.

Rien d’autre ne s’échange, pas même une interrogation sur l’inconfort, la douleur qui semble bien absente dans cette rencontre qui ne se fait pas. Comme si elle n’avait jamais existé.L’infirmière en quittant la chambre annonce qu’elle viendra à la demande du Docteur pour vérifier que tout va bien. A chaque visite le silence devient un peu plus léger. Le sommeil s’est parfois emparé de Mariem.

Vers 6:30, une femme en blouse bleue, un plateau déjeuner dans les mains, rentre dans la chambre encore dans la pénombre, elle est vide. L.F.

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A déboulonner le réel ne risquons-nous pas de perdre la tête ?

Un reportage sur le drame que vivent les enfants du Yemen, décharnés jusqu’à l’horreur, guettés par les charognards. L’autre sur ces milliers de familles qui vivent dans les tombes du cimetière de Manille.

https://www.tf1.fr/tf1/sept-a-huit/videos/sept-a-huit-philippines-familles-vivent-cimetieres.html

et ce reportage du jour dans les infos RTBF.

Une consolation, ces images horribles arrivent jusqu’à nous, des ONG impuissantes connaissent l’existence de ces cauchemars.

Dans ce cimetière, des familles occupent les tombes, y dorment, y mangent, y font des enfants qui à leur tours vont y vivre. Des tombes épiceries, des tombes écoles, des découvertes des os humains qui deviennent des objets de jeux de petits. Des jeunes qui dorment au dessus d’un grand père. Il y fait, la nuit, des températures qui dépassent les 30°. Trop peu ont l’électricité et la clim. Une ville dans le cimetière.

Parfois un enfant qui a appris à lire dans une tombe-école avec un prof d’ONG, pourra peut-être se rendre dans l’école de la ville, si les parents ont économisé sur les 3 € de revenus journaliers d’un papa taxi-moto qui a presté plus de dix heures.

Sur les os des enfants du Yemen, un peu de peau, pas de muscle. ils ne peuvent se tenir debout, encore moins se déplacer. Quelques centaines de milliers d’€ permettraient  aux ONG d’apporter de l’alimentation et des médicaments  qui leur épargneraient une mort atroce.

Les réfugiés meurent en Méditerranée, chez nous. 

Comment notre mental s’organise-t-il pour entendre ou voir ces réalités sans succomber ? Quelle mécanisme psychique s’installe-t-il qui nous permette ainsi de vivre notre vie quotidienne ? Quelle déplacement de ceci sur nos relations ? Quel impact sur notre santé mentale ? Quels accommodements avec la réalité ? Quelles méconnaissances (processus actif et non-conscient) font disparaitre de notre horizon ce réel insupportable ? Comment requalifions ce à quoi assistons de loin ? A déboulonner le réel, ne risquons-nous pas de perdre la tête ?

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Trop de ministres pour les jeunes en difficultés

Des vies familiales accidentées, des repérages tardifs, des accompagnements manqués… plein d’émotions débordent de ces enfants, de ces jeunes et se manifestent par des troubles du comportement. Philippe Jeammet, pédopsychiatre, dans « Quand nos émotions nous rendent fous » nous dit bien que l’intensité de ces émotions peut donner aux comportements de ces jeunes des allures de pathologie mentale qui les fera entrer dans des classements, des structures, des institutions dont ils pourraient se passer si les parents, les enseignants, les psy, les éducateurs, les assistants sociaux, juges de la jeunesse croisaient leurs regards, partageaient leurs inquiétudes…bref si ensemble, ils organisaient autour de l’enfant, avec les familles et les professionnels de l’ordinaire, l’accompagnement d’éducateurs spécialisés, des stratégies pour TENIR face à ces troubles qui s’estomperaient si ces jeunes étaient envisagés dans une co-construction de toutes ces personnes qu’ils effrayent. Eux-mêmes ayant peur et s’enfermant dans une vision hostile du monde à leur égard. 

Mais les questions, les problèmes posés dépendent d’un trop grand nombre de pouvoirs de tutelle différents qui se renvoient la patate chaude dans le champ de compétence voisin. Et voilà que les acteurs au plus proche du jeune retournent la balle sous prétexte qu’il ne relève plus de ses compétences. 

Le TENIR soignant ne peut se construire que dans une transversalité des compétences de terrain, administratives et politiques. Pour l’organiser cette « contenance » il faut autour de la famille des acteurs de l’école, de la protection de l’enfance, de la santé mentale, des hôpitaux pédo-psy, des acteurs culturels, sportifs et de mouvements de jeunesse, du soin et de l’éducation dans un savant mélange. Il convient pour cela de penser ces politiques d’aide avec les cabinets de la Santé, de la Justice, de l’Enseignement, de l’Aide à la Jeunesse, du Handicap… cette magie de la transversalité ne s’opérera que si ce monde désigne l’un d’entre eux pour rassembler dans une énergie commune les politiques en faveur des familles en difficultés avec leur enfant.

Luc Fouarge

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Après la crise COVID…

Revalorisation des bas salaires et des indemnités de chômage … pour relancer la consommation. 

Voilà que le capital fait appel au social, c’est pas tordu…mais dans une économie arégulée, il n’y a pas de borne. C’est donc une politique du court terme. Ainsi, plus le capital a soif, plus on l’abreuve. Et le 1 % qui détenait la richesse, qui, pour s’enrichir, fait courir les 99 %, vous et moi. est atteint par une forme nouvelle de COVID, et a perdu les sensations de satiété. 

Voilà qui nous conduit dans les bras des extrémistes. 

A moins que les 99 % pensent et mettent en actions de nouvelles formes d’appropriation de la production de biens et de pensées. La découverte essentielle de cette pandémie n’est pas la perte de goût mais celle de la satiété des 1 % … GAFA et autres producteurs de biens. Ce mot est un piège, bien, ne contient pas forcement bon. Bon est du registre des valeurs, bien n’en a que les apparences.

3000 signataires issus du monde des sciences, à propos du travail, prônent: démocratiser, démarchandiser, dépolluer.  

L’espoir d’un nouveau monde est dans cette dynamique sociale, ces groupes et réseaux sociaux qui deviennent une force d’énonciations de valeurs susceptibles de remettre l’humain à la place qui est la sienne, dans l’univers et qui accepte sa nécessaire interdépendance avec tout le vivant et l’inerte sur terre. Une force capable d’alimenter les partis. Luc Fouarge

https://democratizingwork.org  dans toutes les langues

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Pour en sortir… parlons de cette suicidarité mondiale !

L’intervention systémique nous apprend qu’il convient de contextualiser le symptôme. Comme l’émergence du COVID, sa transmission pandémique est à lire sur fond de la surexploitation de l’environnement, il convient de lire les  troubles de la santé mentale sur fond d’une suicidarité collective. Le néolibéralisme, suicidarité économique,  exploite la crainte, l’angoisse pour augmenter productions et profits. Dans ce contexte les plates formes destinées aux drames familiaux explosent. On sait que le seul traitement du symptôme entretient le malaise d’un groupe, voire même l’amplifie à terme. Les acteurs de santé mentale, les accompagnateurs de mal-être psycho-sociaux sont des observateurs privilégiés des dysfonctionnements de notre monde. Nous devons penser et agir dans la tridimensionnalité soin-éthique-politique. Sans cela, non seulement nous ratons la cible mais nous contribuons à l’expansion de cette suicidarité d’arrière fond sur laquelle murissent les symptômes. 

Vincent Cespedes décrit la « dévolution »  comme une marche des idées, une culture émergeant du peuple. Il rejoint en cela le concept de l’écologie politique qui consiste a ajouter un troisième terme à la dialectique gauche-droite, Etat-Entreprise où se déroule les combats politiques et qui participe à cette suicidarité. La sphère autonome, aux sens large, l’associatif doit y faire une entrée fracassante pour éclairer, élargir, « systémiser » ce regard sur l’organisation sociétale et mondiale parce que cette sagesse sait qu’un papillon qui bat des ailes ici peut déclencher une avalanche là-bas. 

Bill Gates  « Nous ne sommes pas prêts pour la prochaine épidémie. Le plus grand risque de catastrophe à l’échelle de la planète ressemble [à un virus]. [Le plus grand risque] ce ne sont pas les missiles, mais les microbes« , avait-t-il déclaré en 2015 D’autres, … des scientifiques, avaient déjà lancé de telles alertes. Il est établi que les modifications apportées par l’activité humaine sur l’environnement créent des perturbations dans la chaines de transmissions des virus du règne animal vers l’homme. 

Il n’est donc pas possible de se cacher derrière la surprise. La seule qui tient est celle du calendrier. Et donc la médecine comme les politiques savent depuis longtemps qu’il faudra aborder, tôt ou tard, cette crise que nous vivons aujourd’hui. Tout comme d’ailleurs la nécessité d’anticiper la réponse. Ainsi des équipements de protection, des lits en réanimation devaient être prévus dans une concertation mondiale. Anticipation que l’Allemagne a réussie.

Les détendeurs de la finance, les états ne l’ont pas entendu…et pour cause, faire des stocks, créer des lits de réa en prévision d’une  crise…   immobilisent des fonds sans return. Pas beaucoup d’amateurs…

Nous-mêmes, sans doute aveuglés par le courant d’air de la consommation, courant derrière nos revenus, sous la pression de nos endettements, de l’illusion de la nécessité d’investir plus dans la modernité, sommes pris dans cette tornade dont tirent parti les financeurs qui se déchargent des questions éthiques.

Nous, avec eux, participons à un vaste mouvement de méconnaissances (processus actif et non conscient de non-connaissance) que nos appétits entretenus par le marché. L’école des Schiff, avec le concept des comportements passifs éclairent le processus auquel nous sommes « invités » à participer. Est actif un comportement qui vise à réduire une tension, à résoudre une difficulté. Est passif un comportement qui les évite, les méconnait. Ainsi, dormir est un comportement actif s’il comble un besoin de sommeil, il devient passif s’il est au service de l’évitement d’une réalité désagréable…quelles qu’en soient l’intensité et la conscience qu’on en a.

Au processus de méconnaissance s’ajoutent des mécanismes psychologiques de protection. La peur est nécessaire à la vie pour générer des mesures de protection. La peur est donc utile jusqu’à un certain point, au-delà elle enclenche du déni. L’inconscient ne connait pas la mort, comme une dénégation qui permet de vivre (Cynthya Fleury). C’est cette modalité d’adaptation humaine qui permet le développement de cette suicidarité inconsciente et collective. Ici se fait cette connexion avec un système capitaliste néolibéral excessif qui à terme perturbe complètement notre rapport avec l’environnement.

Je crains que nous soyons embarqués sur la question de la gestion de notre rapport à l’environnement dans un comportement passif collectif, mondialiste. Les sirènes de la consommation, nos rapports à la finance nous conduisent à la méconnaissance de l’impact de nos choix. La fin de ce scénario catastrophique est ce que je nommerais une suicidarité mondiale.

Psychologiquement, j’y vois une forme de suicidarité collective qui en arrière fond entretient cette dose d’angoisse sourde qui participe à cet aveuglement. Les taux de suicides, les dépressions, les états limites, les violences intrafamiliales sont autant de signaux d’alertes dont nous avons coupé les fils qui alimentent les témoins d’alertes.

Cet arrière fond anxieux entretient une forme de fièvre acheteuse. C’est comme si le « marché » que nous alimentons, se portait mieux de cette tension dans laquelle nous vivons. La montée des indicateurs de destructions de notre environnement semble augmenter un besoin d’acquisition de biens et d’outils qui à notre insu atténue ce fond d’angoisse.

C’est ce même fond anxieux qui alimente l’actionnariat des usines pharmaceutiques…

Nous avons besoins de lieux d’échanges citoyens éclairés par des approches psychologiques, philosophiques. Il est également nécessaire que ces analyses soient croisées par des éclairages écologiste, systémique…environnementaliste. De ces partages d’intelligences, nous avons à élaborer des barrières contre les virus…. Mais surtout des barrières contre cette surexploitation que le « monde des affaires » fait des femmes et des hommes, créant des « besoins » qu’ils n’ont pas, en surexploitant les ressources de la nature jusqu’à épuisement.

De ces cercles de réflexions holistiques peuvent naitre des choix qui nous aiderons lors de nos rendez vous avec les scrutins électoraux. Il nous appartient d’écarter les politiques qui commercent avec les opérateurs industriels et financiers qui méconnaissent leurs impacts sur l’hôte qui nous véhicule, la terre.

Les prêts à penser comme les religions, des théories économiques comme le capitalisme tirent profit de cette suicidarité mondiale. Le soin, la bonne attention que nous nous devons, l’amour, la bienveillance sur l’environnement qui nous accueille nous rendront plus vivants et légers. 

Luc Fouarge